2025, l’animale utopie

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« Imaginez un radieux deux mille vingt-cinq pour qu’ensemble à notre action les animaux trinquent » dit le Panda qui se voulait Lion.

« Imaginez un radieux deux mille vingt-cinq pour qu’ensemble à notre action les animaux trinquent » dit le Panda qui se voulait Lion.

Une fable politique de Thierry Guinhut.

Au creux de l’animal été deux mille treize,
Un niais Président Panda qui se voulait Lion
Assit ses doux Ministres sur un rond de chaises
Pour un devoir de vacances de conviction :
« Imaginez un radieux deux mille vingt-cinq
Pour qu’ensemble à notre action les animaux trinquent. »

Aussitôt le Chien de Bercy
– Qu’on appelait « Moscou ici ! » –
Prédit le plein emploi à notre confrérie.
Gras de miel, les griffes avides, l’Ours fiscal
Promit de taxer riche et pauvre à cent pour cent.
L’Âne vantard monta une bourde, rêvant
Une autarcie économique nationale.
« D’un flot de logements, la savane est bâtie ! »
S’écria la Crapaude, enrichissant son nid
Et nationalisant le sol et le bâti.
Quant à femelle Héron des affaires sociales :
« Donnons allocations aux victimes du Mal,
Banque et grand capital qui clouent le peuple au pal ! »
La Taupe brune – qu’on appelait « Trop dira » –
Offrit de garder les seaux à vider prisons
Et de les remplir de libérés Cancrelats
Qui, à l’appel de son nom, fêtaient la baston.
Le fringant Cheval prit son manuel de police
Et le réécrivit comme un champ de délices,
Où le bon vivre ensemble et le sain métissage
Réjouissaient les naseaux, sabots et queue du Sage :
On prierait dans les rues entre jeune et bombance,
Charia républicaine et belle délinquance
Uniraient voile et viol, offrant égalité
Aux classes et confessions d’animalité.

Mais, à ces billevesées, le monde animal
Cessa de payer la dîme au spectre fiscal
Et quitta le pays, laissant le socialisme
Aux rêveurs exaltés du monstre Dirigisme.
Sur leurs seuls excréments,
La rage entre les dents,
Président et Ministres
Braillaient des cris sinistres.

La satire est féroce, dira le censeur ;
Mais plus douce en effet que le Réel en pleurs :
Car qui veut Utopie
Trouve ici Tyrannie.


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