Écologie : attention, un massacre peut en cacher un autre

La France va-t-elle exploiter ses ressources de terres rares au nom de l'écologie ? Avec quelles conséquences ... écologiques ?
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Écologie : attention, un massacre peut en cacher un autre

Publié le 21 août 2013
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La France va-t-elle exploiter ses ressources de terres rares au nom de l’écologie ? Avec quelles conséquences… écologiques ?

Par Jean-Pierre Riou.

Voici bientôt un an, la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie présentait les grandes lignes de la réforme du code minier annoncée par le Premier ministre dans son discours de politique générale. Le projet de loi est attendu pour les mois prochains.

Cette réforme a pour objet, entre autres, de faciliter les démarches d’autorisation d’exploiter le sous sol national. Ce sous-sol recèle, en effet, des ressources d’intérêt capital. Entre autres, le gaz de schiste, mais particulièrement, les terres rares.

Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) s’est inquiété du risque de dépendance de la France pour ces terres rares en préconisant en priorité la recherche de ces terres rares sur le territoire national (note du 10/07/2013).

L’exploitation, et surtout le raffinage des ces terres rares est fort peu écologique, chaque tonne de ces terres rares produisant, pendant son raffinage, entre 9600 et 12 000m3 de gaz contenant fluorures, SO2, SO3, 75m3 d’eaux usées acides, et 1 tonne de résidus radioactifs. C’est la principale raison du quasi monopole de la Chine dans ce domaine (95% de la production), pour être la seule à accepter des scandales sanitaires comme celui de Baotou, en Mongolie, surnommé par les médias « le village du cancer ».

La Chine, consciente de ce monopole de premier plan stratégique, restreint ses exportations pour en faire flamber les prix et faire trembler l’Occident. Elle a échoué in extremis, par le véto de Canberra, dans sa première tentative de rachat de gisements hors de ses frontières, lors de sa proposition d’investissement majoritaire du gisement australien de Mout Weald par la China Non-Ferrous Metal Mining Co.

Ces terres rares sont en effet d’une importance cruciale en raison de leur présence dans de nombreuses applications technologiques modernes, comme les écrans vidéo, les téléphones portables, les composants de circuits électroniques…

Mais les applications les plus voraces restent les énergies renouvelables. Plus de 150kg de néodyme par MW de puissance éolienne installée sont nécessaires, selon le chiffre du ministère du Développement. La filière photovoltaïque n’est pas en reste et s’orienterait vers une technologie de couche mince, dite CIGS (Cuivre, Indium, Galium, Selenide).

Selon Novethic, le média expert du développement durable du 4/4/2011, 5g d’indium sont nécessaires à la fabrication d’un module de 130W, ce qui peut sembler anodin. Cela correspond pourtant à 38 tonnes d’indium pour une puissance d’1GW. Ce GW ne fonctionnant, de surcroît, qu’avec un facteur de charge entre 12% et 15%. La production mondiale d’indium n’est, elle, que de 1200 tonnes.

Le développement des énergies renouvelables est, pour cette raison, particulièrement responsable, non seulement des scandales sanitaires dus à l’exploitation des terres rares, mais aussi à cette véritable menace qui pèse sur l’Occident.

D’autre part, l’intermittence de la production éolienne renforçant la dépendance au thermique à flamme, chargé du « back up », l’énergie fossile nécessaire pour ce « back up » lorsqu’il n’y a pas de vent se trouvera d’autant plus nécessaire qu’il y aura plus de puissance éolienne installée.

Il ne semble pas nécessaire d’insister sur le lien entre l’importance du développement éolien et la nécessité de trouver du gaz de schiste.

Grâce au nouveau code minier, la France ne sera plus seulement hérissée de mâts qui vont la transformer en ventilateur géant, mais labourée, éventrée et souillée pour des décennies par des prospecteurs dont l’opportunité aura été provoquée en majeure partie par ces mêmes éoliennes.

Et tout cela sous la conduite d’un même ministère supposé en charge de l’écologie.

Voir les commentaires (18)

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Créer un compte Tous les commentaires (18)
  • Les écologistes et leurs énergies soit disant propres, ne seraient que des utopistes plein d’ego, mais manquants d’experts qualifiés.

  • Il suffit de jeter un oeil aux anciens sites d’exploitation américains. En dehors de tout aspect économique le résultat écologique et humain fait froid dans le dos. Bref, dans ce pays où le pollueur a tous les droits s’il génère du dollar, les études toxicologiques et environnementales ont été effectuées sous la coupe des lobbies.
    Devons-nous établir un parallèle de plus avec le gaz de schiste si on évoque le long terme?

  • Il est vraiment lamentable de ne pouvoir que constater ce que subissent les populations riveraines de ces mines de terres rares qui sont totalement démunies face aux géants miniers, que n’ont-ils pas honte ceux qui au nom de l’écologie laissent faire.
    Après cela comment peuvent-ils encore nous assurer que les énergies renouvelables aléatoires sont propres …

  • Ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas. C’est jours la même chose.

    Derrière le joli moulin à vent bien propre (quoi que … voir les éoliennes décaties de californie et de hawai), ils ne veulent pas voir qu’il s’agit d’une industrie comme une autre, faisant face aux mêmes problèmes de consommation de ressources, de traitements des coproduits (déchets), et de rendement.

  • Excellent article qui révèle de manière cinglante l’utopie des écologistes. La question est de savoir si l’ancien faucheur d’OGM maintenant promu ministre de l’environnement et de l’énergie (belle promotion !) lit Contrepoints, un des rares sites qui ne désinforme pas avec Atlantico, le Guardian (pour les anglophones) et le Temps de Genève.

    • Trop con tu es. L’écolo en question est dans la droite ligne de ton post, réfléchi que diable, lis les articles complètement.

  • Très bon article, clair et concis.
    Et oui l’extraction des terres rares est très polluante. Il y a cependant des moyens de faire ća proprement mais cela coute cher.
    Ce sont pour ces raisons que leur recyclage est absolument primordiale et que leur utilisation dans les énergies renouvelables est un gaspillage scandaleux.
    Une petite précision, cependant. Les terres rares vraiment stratégiques sont les terres rares dites lourdes, abondantes et faciles à extraire…dans les gisements chinois.
    Je serais ravi de connaitre en France métropolitaine des occurrences de ce type. Je ne crois pas qu’il y en ai. Le seul prospect crédible que j’entrevoie serait en Guyane

  • Je reste plein de questions, avec vos chiffres, pas question de produire du photovoltaïque, pas assez d’indium pour fabriquer les millions de m2 de panneaux installés tous les ans, de même avec les éoliennes. Soit vous ne savez pas calculer, soit ce qui est produit ne produit rien.
    Mais de toute façons; les alternatives sont là pour rire, car elles coûtent financièrement et écologiquement 100 fois plus qu’elle ne pourraient rapporter. On est en plein village de cons….

    • La moindre des choses quand on fait de telles affirmations, c’est de mettre les chiffres sur la table…sinon cela ne vaut pas tellement plus que du trolling.

    • Jean Pierre Riou
      25 août 2013 at 10 h 37 min

      Bonjour Will, j’ai adressé les principaux chiffres et calculs dans une lettre ouverte au Président de la République publiée dans Contrepoints
      http://www.contrepoints.org/2013/06/21/128624-lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-sur-la-politique-denergies-renouvelables
      Je pense que votre expression de village de cons…décrit bien le problème. Pour les terres rares, j’ai surtout voulu montrer que les énergies renouvelables, qui coûtent très cher au contribuable, gaspillent une quantité extravagante de cette ressource précieuse pour un résultat ridicule.
      La puissance du parc éolien français, capable de varier entre 62MW (le 15/11/2012) et plus de 6000MW (le 27/12/2012), oblige les centrales thermiques à des régimes partiels et à coups de fonctionnement qui augmentent leurs facteurs de pollution et entraîne des surcoûts de fonctionnement.
      Pour ce qui est de mes calculs sur la quantité d’indium vous avez raison, là encore, les millions de m2 de panneaux installés tous les ans ne produisent rien, ou presque:3.5GW de puissance totale en France, au 31/12/2012 (bilan RTE). Et ils ne produisent même pas quand on en a besoin….cordialement, J.P.Riou.

      • Question:
        Cela voudrait-il dire qu’une quantité absolument écrasante de panneaux solaires produits ne sont pas des panneaux de technologie Cu-In-Se et Cu-In-Se-Ga?

        • ce sont effectivement des technique marginales, les panneaux solaires sont quasiment tous fait à partir de silicium.
          Et encore heureux qu’ils ne produise pas grand chose, parce qu’ils produisent à un coût monstrueux (50 à 60 cts HT par kWh), alors vous imaginez votre facture si ils étaient plus répandus…

        • Jean Pierre Riou
          25 août 2013 at 15 h 40 min

          J’aurais peut être dû apporter une réponse plus complète à votre interrogation en précisant que les 45 000t de néodyme qui ont donc été nécessaires à l’installation des un peu plus de 300GW de puissance mondiale actuelle, représentent donc,à peu près, la totalité de l’utilisation mondiale de néodyme pour une année (2012).
          (48 000tonnes prévues en 2015 en utilisation mondiale par le ministère du développement.)
          Concernant l’indium, j’ai bien écrit, que la technologie CIGS était celle VERS laquelle on s’orientait actuellement, mais quand bien même tous les panneaux solaires auraient cette composition, les
          3 800tonnes nécessaires aux un peu plus de 100GW de puissance photovoltaïque installée dans le monde, n’auraient donc nécessité « que » un peu plus de 3 ans de production mondiale d’indium. Je ne vois donc pas bien l’origine de ce problème de calcul.
          On s’oriente, en tout état de cause vers une gabegie de cette ressource indispensable à de nombreuses technologie. Mais je crois que sur ce point, nous sommes d’accord. J.P.Riou.

  • L’indium est particulièrement problématique et ce bien plus que les terres rares et apparentés.
    C’est un sous-produit des gisement de zinc avec des teneurs très faibles de l’ordre de 50 ppm. Je n’ose pas imaginer le coût d’extraction pour des teneurs aussi faibles même si elles sont compensées en parti par le zinc.

  • quand je lis les commentaires je me dis dommage qu’il n’y ait pas autant d’intervenants de si bonne qualité dans notre pays pour contrer les écologistes ou alors serions nous une trop petite minorité,qui sait!

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