L’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes se réduit

L’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes ne cesse de baisser dans les pays développés depuis 40 ans. Pourquoi ?

L’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes ne cesse de baisser dans les pays développés depuis 40 ans. Pourquoi ?

Par Alexis Vintray.

Pendant la majeure partie du XIXe et du XXe siècle, l’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes n’a eu de cesse de se creuser,  les femmes vivant relativement de plus en plus longtemps que les hommes. En 2006 en France, le nombre de centenaires chez les femmes est six fois supérieur au nombre de centenaires chez les hommes. Comme le note une étude du Longevity Science Advisory Panel britannique citée par The Economist, l’écart d’espérance de vie entre les sexes à 65 ans a culminé à 4 ans en 1965, alors qu’il n’était que de moins d’un an en 1841. À la fin des années 1980, l’écart était encore de plus de 3 ans et demi. L’écart d’espérance de vie à la naissance a même atteint 6,3 années à la fin des années 1960. Autant pour l’égalité des sexes !

Ce phénomène pourrait pourtant bien être en train de s’effacer dans les pays développés. L’écart d’espérance de vie à la naissance a ainsi chuté à 4,1 années en 2005, une baisse d’un tiers en moins de 40 ans. L’écart d’espérance de vie à 65 ans est quant à lui passé sous les 3 ans et continue à baisser fortement (voir graphique). Un phénomène qui s’observe dans tous les pays développés à l’exception du Japon et de la Russie. Ainsi, si l’espérance de vie a augmenté rapidement dans les pays développés, elle a relativement plus augmenté pour les hommes que pour les femmes.

Les explications possibles à la croissance de cet écart et à sa baisse contemporaine sont nombreuses, mais la principale est la consommation de tabac selon les chercheurs du Longevity Science Advisory Panel britannique. Dans les années 1960, quand fumer était beaucoup plus répandu qu’aujourd’hui, les hommes étaient ainsi beaucoup plus susceptibles de fumer que les femmes. Depuis, ils ont aussi été beaucoup plus nombreux à arrêter de fumer. Le ratio entre le nombre d’hommes et de femmes morts de la cigarette a chuté de 2,1 à 1,7, nourri par la chute de 64% du nombre d’hommes mourant de la cigarette. Comme le cite The Economist, les décès imputables aux cancers des poumons, de la trachée ou des bronches chutent ainsi de 39% chez les hommes de plus de 49 ans entre 1991 et 2005. Chez les femmes, la chute n’est que de 3%.

La croissance de l’obésité explique également la réduction de l’écart : si le phénomène touche autant les hommes que les femmes en Europe, ses conséquences sont plus graves pour les femmes, en particulier en terme d’hypertension et de diabète.

Enfin, la baisse de plus de 50% de la mortalité liée aux maladies vasculaires entre 1991 et 2005 au Royaume-Uni a permis d’accentuer la chute, puisque les hommes en sont beaucoup plus victimes (deux fois plus d’hommes que de femmes meurent de problèmes de cœur).

Voilà qui ravira nos lecteurs hommes, même si les femmes restent toujours avantagées par la biologie : en particulier, comme le souligne le journal britannique, le second chromosome X des femmes les protège de potentielles mutations génétiques sur le premier, là où le chromosome Y des hommes ne remplit pas cette fonction protectrice. Ce qui protège les femmes de maladies comme l’hémophilie.

Surtout, la testostérone, différence biologique essentielle entre les sexes, provoque chez l’homme des comportements plus agressifs et stimule la prise de risque. Avec les conséquences associées en termes de mortalité. Au point qu’une étude avait conclu que les eunuques vivent 13,5 années de plus que le reste des hommes. L‘égalité des sexes n’est pas pour demain.

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