2012 : L’âge d’or du capitalisme à visage humain

Publié Par Contrepoints, le dans Économie générale

Selon le magazine britannique The Spectator, 2012 a été la meilleure année de l’histoire de l’humanité. Cela ressemble à une affirmation extravagante, mais elle est corroborée par des preuves.

Par Ralph Benko, depuis les États-Unis.

Il existe une légende urbaine selon laquelle le capitalisme est un système de privilèges conçu pour les Scrooge Ebenezer du monde. C’est faux. Le capitalisme fonctionne au moins aussi bien, si ce n’est mieux, pour nous autres les Bob Cratchit, comme il le fait pour les avares. Le capitalisme est le seul mécanisme éprouvé par lequel les travailleurs du monde entier peuvent s’unir en vue de rompre leurs chaînes.

Le tableau est dressé dans un article récent du magazine britannique The Spectator, qui se targue, avec beaucoup de modestie, d’être « le meilleur journal et le plus divertissant de langue anglaise » :

Même si nous n’en avons pas pris conscience, 2012 a été la meilleure année de l’histoire de l’humanité. Cela ressemble à une affirmation extravagante, mais elle est corroborée par des preuves. Il n’y a jamais eu aussi peu de problèmes de faim, de maladies ou autant de prospérité. L’Occident s’enlise dans le marasme économique, mais la plupart des pays en voie de développement vont de l’avant, et les gens sont sortis de la pauvreté à un rythme jamais égalé. Le nombre de morts causés par les guerres et les catastrophes naturelles est aussi miraculeusement faible. Nous vivons un âge d’or.

Cette tribune déroule paragraphe après paragraphe un nombre impressionnant de preuves qui confortent sa thèse. L’un des points les plus convaincants est le suivant :

En 1990, l’ONU a annoncé ses objectifs du millénaire pour le développement, dont le premier était de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté d’ici 2015. On a constaté cette année que l’objectif avait été atteint dès 2008. Pourtant, ce succès n’a bénéficié d’aucune annonce officielle, sans doute parce qu’il n’est à mettre au crédit d’aucun État, mais est dû au rythme du capitalisme mondial. Acheter des jouets en plastique bon marché fabriqués en Chine a réellement contribué à faire disparaître la pauvreté. Et les inégalités mondiales ? Elles aussi sont bien plus faibles aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été. La mondialisation ne permet pas uniquement l’enrichissement de l’humanité, mais aussi un monde plus juste.

Garry Kvistad, fondateur et propriétaire de Woodstock Chimes®. Photo de l’auteur. [Reproduction autorisée.]

Comme je l’ai fait remarquer précédemment dans The End of Politics, la paix mondiale est éclatante. Ce fait est masqué par les médias qui se focalisent sur les conflits. Et pourtant la paix, bien réelle, représente un vent frais arrière pour les forces de gouvernance libérales et républicaines (au sens classique de ces termes) et un vent de face pour l’étatisme (le côté obscure de la force). Comme le dit The Spectator, sortir des milliards d’âmes de l’extrême pauvreté ne méritait aucune annonce officielle, sans doute parce que cet objectif n’a été réalisé non pas grâce aux États, mais grâce au capitalisme mondialisé. La prospérité mondiale de même que la paix se font jour : « un âge d’or. »

Le capitalisme réel est une force de progrès humanitaire. Faire du capitalisme le synonyme de l’avarice n’est rien d’autre que ce que les marxistes appellent de la fausse conscience. Un bel exemple de capitalisme à visage humain – avec une barbe ! – est Garry Kvistad, fondateur et propriétaire de Woodstock Chimes®.

Lorsque vous voyez ou entendez un carillon à vent dans une boutique de souvenirs, il y a de fortes chances que ce soit un carillon Woodstock. Woodstock est – de loin – le leader du marché. Cette place de leader a été gagnée en offrant un produit de qualité exceptionnelle à un prix compétitif, un service fiable, le tout avec une saine gestion. Comme pour tant d’entreprises, tout a commencé avec la passion de son fondateur. Sur le site Chimes.com, on peut lire :

À peine diplômé du college, Garry trouva des matériaux pour son métallophone à la déchetterie locale – il le fabriqua à partir de tubes d’aluminium de chaises de jardin abandonnés ! Garry était fasciné par les échelles d’Olympos, une gamme pentatonique grecque du 7ème siècle qui ne pouvait être jouée sur un piano moderne. Fort du succès de son premier métallophone, il eut l’idée de couper et d’ajuster les tubes de chaise de jardin à la fréquence exacte de l’échelle et de créer un carillon avec les tubes. (…) Le carillon d’Olympos fut le premier carillon Woodstock…

Kvistad, musicien primé d’un Grammy Award, est également le fondateur et l’un des participants de Nexus, l’ensemble de percussions le plus apprécié en exercice aujourd’hui. Et comme il me le dit, devant une bière artisanale : « Il est clair que si vous souhaitez poursuivre une carrière dans la musique contemporaine – l’interprétation d’œuvres de compositeurs extraordinaires tels que Steve Reich et John Cage – vous feriez bien d’avoir une source supplémentaire de revenu. »

Non content de permettre à Garry de jouer la musique qui lui plaît (et qui plaît à son public dans le monde entier), les Kvistads ont distribué des millions de dollars de profits de façon philanthropique. Parmi ceux qui se sont enrichis, nombreux sont les généreux donateurs. (En fait, comme l’indique une étude de George Will, l’électeur républicain moyen, moins riche que l’électeur moyen de gauche, se révèle être plus généreux et charitable que ce dernier. Allez comprendre. Mais cela n’implique pas que les Kvistads soient de sinistres républicains. Jamais de la vie.)

Que l’on ne croit pas pour autant que les lois régissant le capitalisme Hippie soient en quelque sorte plus charitables, plus douces ou plus équitables que celles du capitalisme républicain. À la surprise générale de tous, il s’avère que les lois de l’économie, en tant que lois de la nature, s’appliquent à tous de la même façon. La loi de l’offre et de la demande, comme la loi de la gravité, s’applique aux progressistes de même qu’aux conservateurs.

Il y a quelques années, Kvistad a remarqué que des fournisseurs internationaux commençaient à vendre des carillons presque aussi bons que ceux de Woodstock, mais moins chers. La nécessaire réponse n’impliquait pas de replonger dans les déchetteries de la ville en quête d’autres chaises de jardin abandonnées. « Nous avons toujours fabriqué nos carillons ici, près de Woodstock », dit Kvistad. « C’était très gratifiant d’être en mesure de proposer ici du travail à des artisans qualifiés dans ma ville natale. Pourtant, il était clair pour moi que si j’avais continué à les fabriquer ici, cela nous aurait bientôt conduit à la faillite et à ne fournir plus aucun travail du tout. Alors j’ai cherché et trouvé des fournisseurs éthiques, fiables et de haute qualité – en Chine et en Indonésie – et … entre l’usure naturelle de la force de travail, le turn-over de la main d’œuvre, et la formation de mes équipes pour qu’elles parviennent à appréhender la complexité de la gestion de matériels fabriqués à l’étranger, j’ai non seulement réussi à sauvegarder les emplois ici en Amérique, mais aussi créé ici des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés. Ç’a été un jeu à somme positive, et non pas négative. (Nous soulignons.) Nous vendons également en Europe, au Canada et avons ouvert un centre de distribution au Royaume-Uni. Tout cela va créer encore plus d’emplois américains. »

L’action de Kvistad fournit la preuve empirique, si besoin en était, de la loi de Tamny (du nom de l’éditorialiste de Forbes.com qui a formulé cette idée à multiple reprises et, on l’espère, continuera de le faire jusqu’à ce que les élites politiques prennent la mesure de la réalité) : « La technologie supprime le travail inutile de sorte que nous pouvons constamment nous tourner vers des activités plus productives. Nous détruisons des emplois pour en créer de meilleurs. »

Comme le chroniqueur du Spectator l’a dit avec enthousiasme, il semble que le monde soit entré dans « l’âge d’or ». Cet âge d’or peut s’avérer l’annonciateur, et non la caractéristique, d’un retour à l’étalon-or classique. Les lois naturelles qui régissent la production de biens et de services dans le reste du monde permettent plus de prospérité… et de justice. Les élites des pays développés vont-elles continuer d’adopter leurs politiques qui engendrent le « marasme économique » ? Peut-être que la vue d’une prospérité équitable qui s’épanouit tout autour de nous inspirera nos propres décideurs politiques à adhérer au capitalisme.

Pour paraphraser Keynes, aucun moyen plus sûr et plus subtil que l’étalon-or classique n’a été observé en vue de restaurer une prospérité équitable pour la société. Le processus engage toutes les forces obscures des lois économiques aux fins du plein épanouissement des hommes, et cela se produit de telle sorte qu’il n’est pas un homme sur un million qui ne soit en mesure de le diagnostiquer. Peut-être n’aurons-nous pas à attendre une génération ou deux pour que, comme l’a observé The Spectator, le Bangladesh devienne aussi riche que l’Angleterre, que l’Amérique et l’Occident en tirent les leçons et comprennent qu’une bonne dose de capitalisme libéral, comme l’a montré l’exemple de l’étalon-or, est tout ce qu’ils ont besoin pour prospérer.


Sur le web.
Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

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    1. Comme on peut aussi paraphraser Keynes en disant que après les émeutes et les troubles vient la prospérité.

      Il faut être totalement aveugle pour ne pas voir que le capitalisme se dévelloppe sur l’appauvrissement d’autrui s’il n’est pas correctement encadré par un état de droit.

      Et l’étalon or permet certes de contrôler la croissance du capital en rapport avec la matière première, mais cela ne change pas le principe fondamental de comment obtenir cet or….
      Combien de vies cela vaut-il?

      1. @Raphael
        « l’enrichissement généralisé qui profitent aux plus pauvres »
        Enrichissement généralisé, surement mais à vérifier (quelques indicateurs humain svp).
        « Qui profite aux plus pauvres »
        On doit pas vivre dans le même monde, le capitalisme même si il est source d’enrichissement généralisé, accroît surtout les inégalités et profite essentiellement aux riches.
        Il suffit de ré ouvrir les livres d’histoire pour s’en assurer. Le capitalisme peu maîtrisé du 19eme n’a profité qu’aux riches, et il a fallut attendre l’état providence et le socialisme (ou keynésianisme) pour qu’il profite aussi aux pauvres.
        Me trompe-je?

        1. En un mot : oui
          Accroitre les inégalités, ça veut dire qu’avant, tout le monde gagnait 1, et que maintenant, les gains s’étalent de 1 à 1000
          Si tu lutte contre les inégalités, tu ne fait qu’empêcher les gens de s’enrichir, et d’enrichir les autres par rebond.
          Ensuite, si tu pense réellement que le capitalisme du XIX n’a profité qu’aux riches, je t’invite à ouvrir un livre d’histoire, effectivement.
          Et pour les indicateurs humains, Google est ton ami.
          Il faut un peu chercher par soit même parfois, ne pas attendre que tout le monde t’explique tout, chiffre à l’appuie.

        2. C’est quoi ce problème avec les inégalités ? A partir du moment où les gens ont à manger, à se chauffer l’hiver, et où en plus leur confort de vie augmente, qu’est-ce que cela peut faire qu’il y ait des inégalités ? Il n’y a guère que les esprits mesquins que la vue de la prospérité supérieure d’autrui empêche de jouir de leurs biens.

        3. Le capitalisme du 19e siècle n’a pas profité qu’aux riches que cela soit en Angleterre ou ailleurs. Je ne nie pas la misère de l’ouvrier mais je n’oublie pas non plus la misère qui avait cours lors de la période pré-révolution industrielle et où le peuple était complètement tributaire des conditions climatiques. Les revenus ont gagné en régularité et c’est un progrès.

          1. Mettons que la révolution industrielle n’a pas profité au riche pre-existant.
            Il y a eu une minorité de personnes qui se sont énormément enrichie par leur travail, leur chance et leurs capacités durant cette période, et la noblesse, vivant sur ses terres agricoles, s’est énormément appauvrit.
            Pour le paysan/ouvrier c’est une légère amélioration, et la grande amélioration qui a suivie n’a rien a voir avec un état social, il est simplement dû aux hausses de productivité

        4. « Me trompe-je ? » Oui, complètement ! Le XIXe siècle a été l’époque bénie de la première prospérité moderne pour les peuples qui se sont libérés de l’agriculture de subsistance comme l’attestent le boom démographique, la chute de la mortalité, l’augmentation de l’espérance de vie, l’essor de l’éducation pour le plus grand nombre, l’extraordinaire développement des transports, la réduction de la pénibilité avec la mécanisation… Il y aurait tant à dire de positif !

          Bien sûr qu’il y avait quelques aspects négatifs mais ils étaient faibles au regard des bienfaits du capitalisme pour l’humanité entière. Au nom de la prétendue régulation socialiste, le dévoiement collectiviste a plongé le XXe siècle dans la guerre technologique, les massacres de masse, la haine de son prochain comme idéologie, la mise en esclavage des peuples pour satisfaire l’ego de quelques doctrinaires illuminés.

          Le monde sort enfin de la pauvreté collectiviste en profitant pleinement des effets du capitalisme et de la liberté. Le XXIe siècle sera nécessairement libéral.

          1. Certes, l’histoire bégaye parfois. Ceci dit, nul excès d’optimisme ici. La mondialisation va contraindre les pays à faire le choix de plus de libéralisme. Ceux qui s’entêteront à s’enfermer dans le collectivisme seront rapidement déclassés jusqu’à leur l’effondrement. D’ailleurs, la crise actuelle est riche d’enseignements pour l’avenir.

  1. Mush mon grand,

    Qui a écrit :

    « La bourgeoisie … a accompli des merveilles qui surpassent et de loin les pyramides d’Egypte, les aqueducs romains et les cathédrales gothiques; elle a conduit des expéditions qui rejettent dans l’ombre les croisades et tous les précédents exodes de nations, … elle a sauvé une part considérable de la population de l’hébétude de la vie rurale… La bourgeoisie durant son règne d’à peine un siècle a créé des forces productives plus massives et colossales que n’en ont créé toutes les générations précédentes réunies. L’assujettissement à l’homme des forces de la Nature, les machines, l’application de la chimie à l’industrie et à l’agriculture, la navigation à vapeur, les chemins de fer, le télégraphe électrique, le défrichage de continents entiers pour l’agriculture, les rivières canalisées, des populations entières jaillies du sol… »

    Un libéral enragé, fanatique, buveur du sang des pauvres?

    Tu n’y est pas Mush.

    Marx. Oui Marx lui même.

    Marx, dans le « Manifeste Communiste » I Bourgeois et Prolétaires

    Et Engels aussi bien sûr.

    Lisons nos classiques Mush!

  2. Intéressant, et pas étonnant.

    Mais d’où vient donc cette obsession de certains pour l’imbécilité qu’est l’étalon-or ? (qui ne reviendra jamais qui plus est)

    1. Pourquoi une absurdité ?
      Je pense que si le free banking se généralisait, l’étalon or deviendrait une norme de facto. Depuis plus de 10000 ans, l’or était une monnaie dans la plupart des civilisations de la plupart des continents. Il est inaliénable, en stock constant, sa pureté est facile à mesurer, bref, il a tout ce que l’on peut attendre d’une monnaie.
      Quel sont vos arguments ?

      1. « si le free banking se généralisait » >> Il ne se généralisera pas, sortez de la science-fiction. Et même si c’était le cas (un étalon-or imposé de force) il serait remis en cause à la première crise puisqu’étant intrinsèquement déflationniste, et que la déflation générale est à peu près la pire chose qui puisse arriver à une économie, devant l’hyper-inflation. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé au XXème siècle: la dépression de 29 est directement imputable à l’étalon-or, on en parle même au Mises Institute: https://mises.org/journals/qjae/pdf/qjae6_4_7.pdf

        Si vous voulez la liberté, la prospérité et la croissance, vous voulez une monnaie flexible, dont la masse croit au fur et à mesure que la production augmente (en se rappelant bien que la monnaie n’est pas neutre, et qu’elle ne se le sera jamais). L’étalon-or empêche ceci, c’est une absurdité.

        BàV

        1. Henri, vous citez un papier de Guido Zimmermann paru dans une des revues éditées au Mises Institute, mais ça m’en fait pas un autrichien pour autant. L’homme est à peu près inconnu en tant qu’autrichien, et d’ailleurs il intervient en tant que représentant de ce qui est intellectuellement à la mode chez les « New Keynesians ».

          Avec une telle logique, on conclurait que Commentaire serait une revue socialiste, puisqu’elle a fait paraître dans ses colonnes en 1978 un article de Pierre Uri, l’irresponsable du projet fiscal socialiste de l’époque.

          L’article a été publié parce qu’il est bon de se rappeler de ce que ses adversaires pensent, et qu’il est bon de les réfuter en direct (ce qu’avait fait Pascal Salin dans Commentaire, et ce qu’a fait Hülsmann dans le QJAE daté de l’hiver 2003 que vous citez).

          1. Je ne fais pas de Zimmermann un autrichien, mais je sais que le Mises Institute ne publierait pas un avis critique sans que celui-ci soit construit et intelligent, même si en complet désaccord.

            Maintenant, il se trouve que la validité des points abordés dans ce papier sont renforcés avec les évènements macro récents, et que certains autrichiens persistent à vouloir y répondre avec des arguments pour le moins capillo-tractés pour ne pas dire absurde comme l’étalon-or, c’est pourquoi il m’a semblé pertinent d’en amener le lien. Ceci est d’ailleurs intéressant à mettre en parallèle avec d’autres écoles hétérodoxes qui reprennent du poil de la bête avec des positions se voulant, elles, aussi réalistes que possibles (MMT par ex).

            Enfin, loin de moi l’idée d’être keynésien, bien que j’aie probablement une réaction bien moins épidermique à ses travaux que certains autrichiens de contrepoints !

          2. Henri : « Je ne fais pas de Zimmermann un autrichien, mais je sais que le Mises Institute ne publierait pas un avis critique sans que celui-ci soit construit et intelligent, même si en complet désaccord.  »
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            Zimmerman fait plutôt une recension de divers points de vue sur l’étalon-or et montre le débat parmi les économistes sur le sujet. Donc ça ne réfute en rien les avantages de l’étalon-or car c’est un sujet trop complexe pour qu’on puisse décréter « le débat est clos » comme vous voudriez le faire croire. D’ailleurs, vous le voulez tellement que vous n’hésitez pas à exagérer : Zimmerman n’a jamais dit que « la dépression de 29 est directement imputable à l’étalon-or ». Il dit que « il y a énormément de preuves que » (tu parles d’un argument d’autorité) … et que « la dépression de 29 s’est propagée partout à cause de l’étalon d’or qui impose une politique déflationniste » (affirmation spécieuse vu que la dépression est quasi-inexistante en GB par exemple) « Second, there is overwhelming evidence that the Great Depression of the 1930s was initiated by a series of negative aggregate demand shocks (and not malinvestments as Austrians suggest), and that the Great Depression spread worldwide because the gold standard dictated the pursuit of deflationary policies (Eichengreen and Temin 2001; Eichengreen 2002; DeLong 1997).

            En clair, il dit que l’étalon d’or entraîne la déflation car on a « la preuve » que la dépression de 29 s’est généralisée à cause de l’étalon d’or qui… entraîna la déflation, on ne peut guère faire mieux comme démonstration circulaire !

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            Henri : « vous voulez une monnaie flexible, dont la masse croit au fur et à mesure que la production augmente. L’étalon-or empêche ceci, c’est une absurdité.  »
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            Ce qui est absurde, c’est de décréter que l’étalon-or empêche de rendre compte de la hausse de production en s’appuyant sur l’hypothèse non moins absurde que la production d’or et son stock n’augmenteraient pas alors qu’on produit (officiellement) 2500 t or /an et que la production annuelle a doublé en 20 ans et n’a aucune raison de se ralentir vu les nouveaux procédés d’extraction qui sont inventés en permanence (renseignez-vous sur le sujet, vous verrez à quel point la technologie a progressé). Hypothèse fausse => conclusion fausse.

          3. @ miniTAX

            Je vais être plus clair alors: l’étalon-or, s’il est cohérent dans certaines circonstances qui ne se retrouvent que de moins en moins (typiquement une société fermée de petite taille), a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages et est en conséquence logiquement écarté par les économistes.

            C’est comme le communisme: le débat n’est pas clos puisqu’on trouvera toujours une minorité pour le défendre, voire en faire des expérimentations à petite échelle et vouloir faire croire que c’est transposable partout, mais ça n’en reste pas moins une mauvaise idée sur le papier comme dans la réalité, et de toute façon dans le futur qui nous concerne ce n’est pas prêt de revenir sur le devant de la scène. Débattre in extenso de ses composantes relève donc de la masturbation intellectuelle et non pas de mesures concrètes à proposer à nos dirigeants dans le monde réel dans lequel nous vivons.

            Ensuite, je sais très bien que l’extraction d’Or continue, mais ça n’équivaudra jamais la capacité d’impression d’une planche à billet, ce n’est donc pas un argument solide. Et si votre principale raison pour promouvoir l’étalon-or est d’empêcher les gouvernements d’imprimer par peur de l’inflation: rassurez vous, le monde ne fonctionne pas comme vous le croyez (regardez les taux, regardez l’inflation, regardez M2-M1 avec le QE Eternity, bref regardez le monde réel). De plus, vous vous focalisez sur un point, mais l’essentiel est ailleurs: dans une zone économique comme l’Euro par exemple, si votre pays (par exemple un PIGS) n’est plus productif, sur un marché libre sa monnaie se dévalue et cela permet la reprise. Dans un régime de taux de change fixe (imposé par l’Etat ou par un adossement à une commodité comme l’or), vous êtes condamné à la déflation généralisé avec les magnifiques résultats que l’on observe tous les jours. C’est stupide économiquement, et ça fout les cocos ou les nazis au parlement, bravo !

            Vous pouvez donc disserter tant que vous voulez sur le monde théorique parfait de l’étalon-or, c’est de la science fiction basé sur des hypothèses irréalistes, et vivant dans le monde réel j’ai bien d’autres chats à fouetter (et des taux de plus en plus bas, malgré de plus en plus de dettes souveraines, à trader).

          4. Henri : « Je vais être plus clair alors: l’étalon-or, s’il est cohérent dans certaines circonstances qui ne se retrouvent que de moins en moins (typiquement une société fermée de petite taille), a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages et est en conséquence logiquement écarté par les économistes.  »
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            L’étalon-or n’a pas été écarté par les économistes mais par les politiciens, à chaque fois pour réparer leur conneries, à savoir la ruine causée par les guerres. Vous ne connaissez même pas les faits historiques les plus élémentaires, alors votre argument d’autorité à deux balles, poubelle. Et en quoi répéter sans preuve que l’étalon-or aurait « plus d’inconvénients que d’avantages » constitue un « argument clair » ? Répéter 100x une chose fausse ne la rend pas plus vraie.

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            Henri : « C’est comme le communisme: le débat n’est pas clos puisqu’on trouvera toujours une minorité pour le défendre »
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            Le débat sur le communisme est clos non pas parce que certains le ***pensent*** ainsi mais parce que le communisme a foiré partout où il a été appliqué. C’est clos non pas par la pensée magique mais parce que c’est prouvé par les faits, massifs et incontestables, constatés sur des milliards de gens pendant 1 siècle ! Alors qu’au contraire, l’étalon-or a été utilisé avec succès pendant des siècles. Il a permis de longues périodes de prospérité économique, comme la révolution industrielles jusqu’à la première guerre ou les trentes glorieuses jusqu’à ce les Etats-Unis renient les accords de Bretton Woods pour pouvoir faire turbiner leur planche à billets. A chaque fois que l’étalon-or a été abandonné, c’est systématiquement pour des raisons politiques et non économiques (presque toujours pour financer ou rembourser des guerres ruineuses) et tôt ou tard, ça finit en désastre, que ce soit avec l’hyperinflation des années 30 ou avec la dette et les QE actuels. Donc oser faire le parallèle entre le communisme, qui a toujours échoué et l’étalon-or, qui a à son actif les périodes de plus fort développement économique, c’est soit de l’inculture, soit de la mauvaise foi.
            Bref, vous n’avez strictement aucun fait avec vous, tout ce que vous avez, c’est de l’approximation et des parallèles foireux. Mais bon, on s’en serait douté.

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            Henri : »non pas de mesures concrètes à proposer à nos dirigeants dans le monde réel dans lequel nous vivons. »
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            La mesure concrète, c’est de revenir à l’étalon-or pour empêcher les Etats de dépenser à tout va en faisant marcher la planche à billet et exploser l’endettement, banane ! L’étalon-or a très bien marché pendant 90% de la période de l’économie moderne mondialisée, que vous faut-il de plus comme mesure concrète ?

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            Henri : « regardez les taux, regardez l’inflation, regardez M2-M1 avec le QE Eternity, bref regardez le monde réel »
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            Bah oui, je regarde le monde réel, et… ??? A part brasser du vent en balançant une bouillie incohérente, pour l’instant vous avez démontré que dalle. Mais merci quand même pour la tentative d’enfumage.

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            Henri : « Ensuite, je sais très bien que l’extraction d’Or continue, mais ça n’équivaudra jamais la capacité d’impression d’une planche à billet, ce n’est donc pas un argument solide. »
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            Vous aviez affirmé gratuitement que l’or n’a pas la capacité de croître en même temps que la production de richesse, et quand je démontre chiffres à l’appui que c’est archi-faux, vous changez de sujet. N’empêche que vous continuez à débiter sans fin des bêtises : la capacité d’impression d’une planche à billet n’est PAS un « argument solide », c’est justement la racine du problème.
            L’expansion de la production de l’or peut parfaitement répondre à l’expansion de l’économie car l’or produit reste éternel et **s’accumule** alors que la richesse économique produite en terme de PIB se déprécie (quand une voiture est produite, la richesse correspondante devient quasiment zéro quand on la met à casse, d’ailleurs, même en détruisant la richesse, on augmente le PIB aussi alors bon, comme indicateur de richesse, pardon !). Quand bien même, si l’or ne suffisait pas, on peut très bien faire un étalon-argent, qui du coup colle encore plus à la production de richesse car l’argent-métal est toujours co-extrait avec d’autres minerais et suit parfaitement le volume de la production industrielle. Ah mais j’oublie, l’étalon-argent, c’est ce que l’homo economicus a utilisé depuis la nuit des temps ! Bref, les monnaies-étalons crédibles et non soumis à l’arbitraire et l’incompétence des politiciens n’ont jamais manqué. Votre prétexte de la « monnaie pas flexible » est ce qu’il est : un prétexte, sorti du chapeau, faute d’argument réfléchi et crédible.

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            Henri : « De plus, vous vous focalisez sur un point, mais l’essentiel est ailleurs: dans une zone économique comme l’Euro par exemple, si votre pays (par exemple un PIGS) n’est plus productif, sur un marché libre sa monnaie se dévalue et cela permet la reprise. »
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            Bah dans ce cas, pourquoi la zone euro, qui est en plein marasme, ne dévaluerait-elle pas l’euro pour permettre la reprise, c’est si simple pourtant… d’après vous, non ?? Mieux encore, il suffit de faire marcher la planche à euros à fond, l’euro se dévaluera de lui-même et tout le monde sera content avec plein de billets dans les poches, la reprise, le bonheur, les jolies blondes aux gros seins, toussa.
            Allez, Marcel, encore une autre tournée, c’est Henri, champion des brèves de comptoirs, qui régale.

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            « Dans un régime de taux de change fixe (imposé par l’Etat ou par un adossement à une commodité comme l’or), vous êtes condamné à la déflation généralisé avec les magnifiques résultats que l’on observe tous les jours. C’est stupide économiquement, et ça fout les cocos ou les nazis au parlement, bravo ! »
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            Les nazis étaient au parlement non pas à cause de la déflation mais à cause de l’INFLATION, càd la planche à billets justement !!! Pareil à chaque fois qu’il y a une révolution, c’est parce que l’Etat est endetté jusqu’au cou et imprime de la monnaie de singe, c’est prouvé encore et partout, que ce soit par 5000 ans de civilisation chinoise ou par la révolution française. Même avant que le bloc communiste s’effondre, son économie était de facto en hyperinflation puisque les gens avaient des roubles à foison et rien à acheter dans les magasins.
            C’est bête hein, quand vos propres exemples fichent en l’air votre propre théorie, monsieur l’expert dans l’art de se tirer une balle dans les pieds. Soit dit en passant, la déflation, que je sache, n’a jamais été un problème pour un économiste autrichien car ça fait partie de l’autorégulation du système. C’est comme la faillite d’entreprise ou les accidents, il n’y a que les constructivistes gauchistes qui veulent les faire disparaître, et pire qui sont convaincus qu’ils savent comment faire, avec le succès que l’on sait. Mais bon, est ce que vous êtes intéressé pour savoir plus que votre poncif la-déflation-c’est-mal, j’en doute.

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            Henri : « Vous pouvez donc disserter tant que vous voulez sur le monde théorique parfait de l’étalon-or, c’est de la science fiction basé sur des hypothèses irréalistes, et vivant dans le monde réel j’ai bien d’autres chats à fouetter (et des taux de plus en plus bas, malgré de plus en plus de dettes souveraines, à trader). »
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            D’abord, personne n’a dit que l’étalon-or est « parfait », ne soyez pas ridicule. Ensuite, l’étalon-or n’a rien de théorique, il a été utilisé avec succès pendant les plus grandes périodes d’expansion économiques modernes, et son abandon est dû, je le rappelle encore une fois pour les malcomprenants, à des décisions purement politiques et non économiques, c’est un FAIT. Et enfin, les taux ne sont pas « de plus en plus bas », ils sont bas mais pas partout et ce n’est pas tenable (vu que ça n’a même pas servi au désendettement), cf l’Espagne, l’Italie ou le Portugal qui malgré la « protection » de l’euro ont des taux 3x plus élevés que ceux des autres grands pays. Quand ça nous explosera à la gueule, et ça va arriver d’un seul coup, comme avec la chute du mur de Berlin, la crise des subprimes ou n’importe quelle bulle financière, Henri, on peut être sûr qu’il sera aux abonnés absents ou en train de colporter d’autres fables. Alors si vous croyez que votre rhétorique bon marché peut cacher votre inculture économique, vous vous mettez le doigt dans l’oeil.

          5. @ miniTAX

            Cours de libéralisme autrichien: comme absolument tout, l’or n’a pas de valeur intrinsèque, et en tant que monnaie elle est basée sur la confiance comme toute monnaie fiduciaire.

            Si vous étiez intelligent, vous auriez de plus compris que ce n’est pas l’étalon-or que vous appelez de vos vœux, mais un certain jeu de propriétés monétaires: une monnaie dont la masse ne peut pas varier rapidement et qui fixe les taux de change. Ce sont des propriétés arbitraires voulues (et politiquement imposables, même pour une monnaie fiat) pour un moyen d’échange donné dont on doit pouvoir discuter les résultats. Et là, miracle, les faits montrent que c’est une mauvaise idée et qu’au contraire, une bonne monnaie doit pouvoir fluctuer librement contre les autres monnaies, et doit permettre d’adresser des crises de liquidité, ce que l’étalon-or ne permet pas. (je passe sur votre perception de la déflation, c’est juste votre inculture qui parle.)

            Votre seul argument est donc que l’étalon-or empêche les crises en empêchant l’État de faire de l’inflation et en permettant la régulation du marché du crédit, ce qui est une simplification fallacieuse de la théorie autrichienne des cycles, et qui est aussi objectivement faux.

            Bref, vous ne savez pas lire et vous continuez de troller. Désolé, mais je ne mordrai pas, aller dire votre messe dogmatique ailleurs. Merci, et bon vent.

      2. « Je pense que si le free banking se généralisait, l’étalon or deviendrait une norme de facto. » C’est loin d’être évident. Même pour les caisses d’épargne : la garantie complète par l’or implique une rentabilité négative de l’épargne, une épargne fondante.

        Il ne faut pas mélanger la concurrence monétaire avec l’étalon-or, la première est l’évolution nécessaire des monnaies, le second ne sert à rien et crée plus de problèmes qu’il n’en résout.

    2. Peut-être tout simplement que l’étalon d’or permet la stabilité des prix, limite la capacité des gouvernements de fausser le marché, vu que les conséquences sont directes aux actions politiques.
      Parce que le cours de la monnaie dépend de processus naturels et non décrétés.
      Miser sur les gouvernements et leurs monnaies papiers, c’est miser contre 6000 ans d’histoire, disait De Gaulle.

      1. L’étalon-or n’assure pas la stabilité des prix, et encore moins celle du crédit (histoire économique du 19ème siècle, quelqu’un ?), et il donne même du pouvoir aux États puisqu’ils peuvent contrôler les mines d’or, mener une politique mercantiliste, etc, les exemples ne manquent pas.

        L’étalon or est une brute aveugle en plus d’être une relique, regardez les conséquences en Europe des taux de change fixes entres pays différents.

        1. Henri : « et il donne même du pouvoir aux États puisqu’ils peuvent contrôler les mines d’or, »
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          A supposer que ce soit vrai (ce qui n’est pas le cas, vu que l’industrie aurifère est gérée dans son immense majorité par le privé, que ce soit le petit prospecteur ou des conglomérats industriels), il vaut mieux que l’Etat contrôle la production de l’or plutôt que la planche à billet. Le risque de dérives est infiniment plus faible et c’est ça l’argument principal pour l’étalon-or. Personne n’a dit que c’est parfait : ce qui doit être discuté, c’est ses avantages/inconvénient par rapport à la planche à billets, faut pas faire du HS.

          1. Avec l’étalon-or, les états mercantilistes ont tout intérêt à contrôler la production d’or, ça s’est déjà vu. Sans, non.

            Et la discussion n’est pas entre l’étalon-or et la planche à billet, les banques centrales ne vont pas disparaitre et les inconvénients de l’étalon-or sont trop important pour que l’on en discute sérieusement; non, la discussion est: comment gérer la masse monétaire de sorte qu’elle évolue de manière appropriée pour permettre la croissance et le plein emploi ? +2%/an comme dit Friedman ? NGDPLT avec 3% de croissance et 2% d’inflation ? Les idées ne manquent pas.

          2. Henri : « comment gérer la masse monétaire de sorte qu’elle évolue de manière appropriée pour permettre la croissance et le plein emploi ? +2%/an comme dit Friedman ? NGDPLT avec 3% de croissance et 2% d’inflation ? Les idées ne manquent pas. »
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            Oui donc en clair, vu que chacun y va de son avis, ça veut dire personne ne sait si une politique monétaire permet ou non ou jamais la croissance et le plein emploi, et ce n’est pas faute d’avoir essayé pourtant.
            Effectivement donc, « les idées ne manquent pas » comme vous dites… surtout les idées alakon !

  3. « Le tableau est dressé dans un article récent du quotidien britannique The Spectator… »

    Personne n’a encore relevé que The Spectator n’est pas un quotidien, mais un hebdomadaire?

      1. Moi ça me fait douter de ce Ralph Benko, l’auteur.

        Si je voyais un article de, disons Tartempion, parlant de « Le Monde Diplomatique, quotidien français de référence », j’aurais des doutes quant aux sérieux de Tartempion.