Chômage en Europe, solution américaine

Tout jeune européen au chômage, s’il était informé de ses intérêts réels, devrait manifester pour le libre-échange.

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Chômage en Europe, solution américaine

Publié le 16 juillet 2013
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Tout jeune européen au chômage, s’il était informé de ses intérêts réels, devrait manifester pour le libre-échange.

Par Guy Sorman.

L’échange entre les nations enrichit tous les partenaires, tandis que l’autarcie appauvrit. Cette efficacité du libre-échange a été démontrée en théorie, depuis le dix-huitième siècle et l’histoire économique depuis lors n’a cessé de le confirmer. Cette efficacité du libre-échange est un rare point d’accord entre économistes de tout bord, keynésiens et libéraux ; mais elle est contestée par de nombreux non économistes qui défendent les intérêts de certaines industries protégées ou sont, par idéologie, hostiles à la mondialisation. Il est donc important de rappeler ces faits établis à l’instant où s’ouvre à Washington une négociation pour un accord de libre-échange transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis. Rappelons pour mémoire que le gouvernement américain est engagé dans une négociation parallèle avec les nations du pourtour de l’Océan Pacifique, pour un pacte Transpacifique qui, pour l’instant, inclut le Japon et exclut la Chine.

Si la négociation transatlantique aboutissait, ce que l’on devrait savoir d’ici une année, l’ensemble euro-américain constituerait le plus vaste marché au monde, relativement unifié. Le supplément de croissance annuelle qui en est espéré serait de l’ordre de 1 % par an, dit-on, mais toute prévision quantifiée est aléatoire. De même est-il présomptueux d’annoncer par avance qui bénéficiera de ce libre-échange et qui en pâtira ? On ne peut qu’en espérer, avec de solides raisons, un supplément de croissance globale en raison de spécialisations accrues, d’une meilleure division du travail, de l’agrandissement du marché : les bénéficiaires du libre-échange seront ceux qui en comprennent les mécanismes et les anticiperont.

Pourquoi négocier un nouveau traité de libre-échange alors que les droits de douane ont pratiquement disparu : leur niveau moyen des deux côtés de l’Atlantique est de l’ordre de 4%. Les obstacles aux échanges qui subsistent – les normes –  apportent prétendument aux consommateurs un supplément de sécurité, d’hygiène, voire de culture nationale, raison pour laquelle le gouvernement français a exclu la production de films de la négociation. En vérité, les normes sauvegardent des rentes, des monopoles ou des habitudes ; elles favorisant des privilégiés bien abrités tout en nuisant au plus grand nombre. Cette querelle des normes qui nuisent à l’échange et aux gains de productivité, comme au libre choix du consommateur, concerne essentiellement les secteurs de l’automobile, de la santé et de l’alimentation.

Sur un marché ouvert, quels seraient les avantages compétitifs des entrepreneurs européens ? Considérables, certainement parce que l’Europe, la France en particulier, incarne un art de vivre qui fait rêver les Américains. Les marques « Made in Europe » bénéficieraient, au terme d’un accord de libre-échange, d’un capital de sympathie spontané. Anticiper sur l’accord exigerait donc de la part des Européens un effort accru de spécialisation, de quête de la qualité et de promotion des marques : les marques et la qualité constituent la seule chance pour l’Europe de se positionner entre les États-Unis qui ont l’avantage de l’innovation et la Chine qui a l’avantage du prix.

La négociation aboutira-t-elle ? Ce n’est pas certain car les lobbies brandiront des arguments nationalistes auxquels les peuples sont sensibles : ces intérêts particuliers sauront se faire entendre. À l’inverse, les bénéficiaires du libre-échange ne sachant pas à l’avance s’ils le seront, restent dispersés et n’ont aucune capacité d’organisation. Dans cette négociation asymétrique, il reviendra aux gouvernements, aux médias et aux  économistes de soutenir la position libre-échangiste par la pédagogie. Ce combat pour une économie efficace est de même nature que le soutien aux politiques dites d’austérité alors qu’on devrait les appeler politiques de bon sens. La convergence de ces politiques de bon sens et de cette nouvelle zone de libre-échange serait le seul « plan de relance » qui permettrait aux Européens de renouer avec la croissance et l’emploi : la seule relance aussi qui ne coûterait rien aux contribuables.

Tout jeune européen au chômage, s’il était informé de ses intérêts réels, devrait manifester pour le libre-échange. Malheureusement, le manque d’éducation économique de base en Europe, le nationalisme de certains partis, la démagogie de publicistes ignorants, la propagande des industries subventionnées et protégées, vont rendre laborieux le chemin de la négociation. Les technocrates qui négocient, ne pourront aboutir qu’avec le soutien de l’opinion publique. Mais celle-ci est pour l’instant maintenue dans l’ignorance comme si le Traité était technique : en vérité, la survie du modèle européen en dépend. Voici des circonstances où l’on souhaiterait que des  hommes d’État éclairés et persuasifs se révèlent.


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  • « Cette nouvelle zone de libre-échange serait le seul « plan de relance » qui permettrait aux Européens de renouer avec la croissance et l’emploi »

    Non, bien sûr ! Que sont 1 ou 2% de croissance supplémentaires espérés quand l’Etat écrase l’économie en spoliant entre 57% (directement) et 75% (indirectement) du PIB. L’impact de cet accord sera du même ordre, au signe près, que la concurrence chinoise (environ 1,5% du PIB). Autrement dit, pratiquement insignifiant.

    Nous n’avons pas besoin d’un plan de relance mais bien d’un plan de libéralisation de l’économie, d’un plan de libération du pays de l’Etat socialiste obèse. La libération, voilà ce que les jeunes et les moins jeunes doivent réclamer !

    L’accord de libre échange sera indubitablement bénéfique mais, au mieux, il restera accessoire relativement à l’ampleur de la spoliation étatique.

  • « On ne peut qu’en espérer, avec de solides raisons, un supplément de croissance globale en raison de spécialisations accrues, d’une meilleure division du travail, de l’agrandissement du marché : les bénéficiaires du libre-échange seront ceux qui en comprennent les mécanismes et les anticiperont. »
    Pas totalement d’accord du moins dans l’hypothèse (utopique, pour la France) d’un marché libre, c’est-à-dire sans interventionnisme (notamment sous forme d’aide à l’export, qui bénéficie paradoxalement au pays importateur, et dessert l’exportateur) ou protectionnisme de toute forme, et avec un marché du travail flexible. La théorie de l’avantage comparatif nous montre que le libre échange permet de se spécialiser dans les secteurs au sein desquels la productivité est la plus forte ou la moins faible, ce qui permet donc aux entreprises de pouvoir dégager davantage de profits, et donc de pouvoir investir et innover pour se spécialiser dans ces secteurs les plus productifs. Il est alors évident que la rigidité de la politique de l’emploi française, et le soutien de certains secteurs moins compétitifs, annihilent les bénéfices du libre échange, en forçant le maintien des emplois moins productifs et donc coûteux pour le contribuable. Par ailleurs, le protectionnisme ne fait que défavoriser cette recherche d’avantage comparatif, la subvention poussant même les entreprises à vendre à perte, et impacte les consommateurs (et donc les secteurs les plus « compétitifs ») : en effet ces derniers pourraient acheter les mêmes produits que ceux « nationaux protégés » moins chers, et donc acheter davantage de produits aux entreprises « compétitives ».
    1 http://fr.wikipedia.org/wiki/Avantage_comparatif

  • Il n’est nul besoin de négotier, il y a juste besoin d’enlever les barrières Européennes (par exemple la politique agricole commune). Peu importe si les Etats-Unis conservent, ou non, leurs propres barrières.

    Le seul but des négociations est d’échanger un système protectioniste pour un autre système protectioniste. Alors qu’un économiste libéral souhaite réellement abolir les barrières, un économiste keynésien ne voit dans le commerce international qu’un outil de politique, un outil de dirigisme supplémentaire.

  • La tuile c’est que ces négociations démarrent sous Hollande, qui est incapable de comprendre ce qu’est le libre échange.

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