Pascal Bruckner : l’empreinte carbone comme péché originel

Adam et Eve, Rubens.

Et si l’empreinte carbone vendue par les environnementalistes était une version moderne du péché originel ? C’est la théorie de Pascal Bruckner.

Et si l’empreinte carbone vendue par les environnementalistes était une version moderne du péché originel ? C’est la théorie de Pascal Bruckner.

Par Anthony Watts, depuis les Etats-Unis.

Adam et Eve, Rubens.

Un essai paru aujourd’hui dans The Chronicle Review pose une question intéressante:

« Quelle est l’empreinte carbone, après tout, si ce n’est pas l’équivalent gazeux du péché originel, la souillure que nous infligeons à Mère Nature ? »

Pascal Bruckner écrit ainsi :

« Il y a au moins deux écologies : l’une est rationnelle, l’autre est un non-sens ; l’une élargit nos perspectives tandis que l’autre les rétrécit ; l’une est démocratique, l’autre totalitaire. La première veut nous parler des dommages causés par la civilisation industrielle, la seconde en déduit la culpabilité de l’espèce humaine. Pour cette dernière, la nature n’est qu’un bâton à utiliser pour taper sur les êtres humains. Tout comme le tiers-mondisme était la honte de l’histoire coloniale et la repentance était de faire pénitence aujourd’hui, le catastrophisme constitue le remords anticipé de l’avenir : le sens de l’histoire s’étant évaporé, chaque changement est un effondrement potentiel qui ne laisse présager rien de bon.

« Le mode d’expression préféré du catastrophisme est l’accusation: les révolutionnaires voulaient effacer le passé et recommencer à zéro ; maintenant l’accent est mis sur la condamnation des erreurs du passé et du présent et de les traduire devant le tribunal de l’opinion publique. Aucune clémence n’est possible, notre crime a été calculé en termes de forêts dévastées, de terres incendiées, et d’espèces disparues.

« L’inquiétude qui prévaut est à la fois une reconnaissance des problèmes réels et un symptôme du vieillissement de l’Ouest, un reflet de sa fatigue psychique. Notre pathos est celle de la fin du temps. Et parce que personne ne pense jamais seul, parce que l’esprit d’une époque est toujours un travailleur collectif, il est tentant de tomber les armes face à cette sombre marée. Ou, au contraire, nous pourrions nous réveiller de ce cauchemar et nous en débarrasser. »

L’essai complet est accessible ici.

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Sur le web – Traduction Laurett/Contrepoints