Les citoyens de la Convention pour le Climat envoyés au casse-pipe

Les citoyens de la Convention pour le Climat vont devoir résoudre en quelques weekends ce qui n’a pas été réalisé depuis des décennies.

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Les citoyens de la Convention pour le Climat envoyés au casse-pipe

Publié le 18 novembre 2019
- A +

Par Michel Negynas.

 

Parmi les documents fournis sur le site de la Convention pour le climat, on trouve une synthèse des objectifs de la France pour atteindre la « neutralité carbone » en 2050.

Les citoyens ont donc une feuille de route imposée, et il semble qu’aucune remise en question ne soit à l’ordre du jour.

Et pourtant…

 

Voici la « trajectoire » déjà définie par les Institutions

Convention climatCe diagramme à lui seul appelle un grand nombre de remarques et de questions :

─ les « puits », en vert, c’est-à-dire l’absorption par la biomasse et l’enfouissement du CO2 apparaissent négligeables dans l’équation.

─ de 1990 à 2015, on a diminué de 3,4 Mt/an, avec une baisse drastique de notre activité industrielle. Entre 2014 et 2017, on a même stagné comme on peut le voir sur le diagramme visible sur le site du CITEPA, organisme chargé de comptabiliser les émissions en France. Comme par miracle, ou extraordinaire créativité des 150 citoyens, on passe directement à une baisse de 10 Mt/an… On attend donc les résultats de la Convention avec un espoir immodéré.

─ la trajectoire a été déterminée « sans faire de paris technologiques. » Sauf qu’il faut identifier, quand même, les « verrous technologiques. » S’il y a des verrous, c’est que toutes les technologies ne sont pas disponibles. Alors comment peut-on éviter de faire des paris ?

─ une trajectoire linéaire, ça ne s’est jamais vu : les dernières émissions de CO2 seront bien plus difficiles à éliminer que les premières…

─ l’objectif de moins 40 % à 2030 paraît pour le moins extrêmement ambitieux… C’est dans 10 ans… C’est-à-dire que s’il faut mettre en place des technologies lourdes (véhicules hydrogène, électricité à tous les étages etc.), il faut vraiment se dépêcher !

 

Mais regardons où on peut faire des gains

C’est ce que je ferais si j’avais été tiré au sort.

Ci-dessous, les contributions et leur évolution des principaux secteurs comme montré par ce diagramme du site de la convention (données Secten, consultables sur le site du CITEPA).

Convention climat

Convention climat

Sur ces diagrammes, on voit que seules l’industrie (autant par gain d’efficacité que par délocalisation) et l’énergie ont baissé leurs émissions. Les autres sont rigoureusement constants.

Et encore, l’énergie a sans doute baissé car une partie des émissions de l’industrie lourde est comptabilisée dans l’énergie.

Alors, citoyens tirés au sort, que faire ?

Hé bien, heureusement, le document du site de la convention donne des pistes, voir le tableau ci dessous pour « notre » neutralité carbone et pour notre empreinte carbone, c’est-à-dire tenant compte de notre balance import export ; qui, il faut le dire en passant, est le seul indicateur vraiment significatif.

Convention climat Convention climat

Avec les chiffres de consommation en 2017, on voit d’emblée les enjeux sur l’éolien et le solaire…

Reprenons les pistes d’action :

décarboner l’énergie :

Pour l’électricité, c’est déjà fait. Pour le reste, par quoi peut on remplacer les 120 Mtep d’énergie fossile consommée en 2017 ? Par l’électricité ?

Il faudrait au moins doubler le nombre de centrales nucléaires, et/ou pour le chauffage alimenter un chauffage urbain généralisé par des chaudières nucléaires. Pourquoi pas, mais ça sera difficile à proposer… par exemple construire 100 réacteurs entre 2030 et 2050… car il va sans dire que pour l’éolien et le solaire, à 2 Mtep en 2017, il y aurait du chemin à faire.

L’hydrogène, sous forme de gaz liquéfié ou converti en méthane ? Mais c’est aussi, au départ, de l’électricité. Et le rendement global est ridicule.

La biomasse ? Au début XIXe siècle, dans une France encore peu industrialisée et de 20 millions d’habitants, il n’y avait plus de forêts dans un rayon de 100 km autour des villes… L’arrivée du charbon a sauvé les forêts françaises.

Mais faisons confiance à « l’expertise des non-experts », domaine d’un des cabinets mandatés pour l’organisation.

réduire fortement les émissions de l’agriculture et de l’industrie :

Une idée géniale, d’autant que ça reporte le bébé sur le secteur privé.

Or on a vu que c’est justement l’industrie qui a diminué depuis 1990, et malheureusement pas que pour des raisons d’efficacité.

Supprimer l’industrie, les citoyens tirés au sort vont-ils oser ? C’est possible : en France seule 10 % de la population travaille pour l’industrie, cela fait statistiquement 15 citoyens sur les 150, difficile de faire entendre sa voix aux 135 autres, sutout avec des organisateurs comme Cyril Dion, qui trouve anormale la présence d’un représentant des entreprises dans le comité de gouvernance.

Quant à l’agriculture, rigoureusement constante depuis 1990, on voit mal ce qui pourrait provoquer un bouleversement… ou plutôt on le voit très bien. (voir plus loin)

─ augmenter des puits de carbone :

On voit sur le diagramme que cela participe peu des enjeux, de l’avis même du ministère de l’Écologie.

Et la capture et l’enterrement du CO2 est un fiasco coûteux en énergie, risqué sur le plan environnemental (le CO2 fait de l’acide carbonique avec de l’eau).

─ le dernier moyen, réduire la consommation :

Bien sûr, des gains d’efficacité sont possibles, mais il faut surtout retenir une idée : « la sobriété des modes de vie. »

C’est donc cela que les citoyens tirés au sort doivent développer. Bon sang mais c’est bien sûr…

Sans viande, l’agriculture émettra moins (peut-être, ce n’est pas si simple). Et à 19 degrés dans les maisons, ça gagne. Et sans avions, il fera bon rester chez soi…

En fait, ce plan d’action est conforme à Negawatt, le projet de Greenpeace, qui prévoit que la sobriété comptera pour 60 % dans les gains énergétiques.

─ Un autre moyen, ne plus rien faire, tout importer, et exporter de l’immatériel :

Évidemment, pour la planète, c’est pareil, et même peut-être pire. Il faudra donc comptabiliser les empreintes carbone…

C’est certain, les Chinois vont nous donner aimablement le détail de leurs procédés de production, pour que nous puissions calculer une empreinte carbone qui servira à taxer leurs produits…

 

Moi, si j’étais un citoyen tiré au sort, j’aurais du mal à trouver le sommeil.

Voir les commentaires (43)

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  • Bonjour,
    Pas une seule fois, l’état n’évoque pas une solution simple, que l’état dépense moins, et son bilan carbone (puisque bilan il y a) baissera.
    Non non augmentons les impôts pour continuer à construire des équipements inutiles, comme les JO de Paris, les citoyens auront double peine, moins de pouvoir d’achat et en même temps (macronien) moins de confort.
    Elle est pas belle la vie ?
    CPEF.

    • Ho , oui supprimer la flotte presidentielle et la remplacer par des bateaux a voiles..ou il pourrait se deplacer en sous marin nucleaire…et des trotinettes pour le petit personnel…la garde republicaine en trottinette , cela aurait de la gueule !

    • qu’on fasse un referendum si on veut vraiment savoir si le peuple entérine toutes ces conneries

      • avec l’intense propagande qui dure depuis 20 ans a tout les niveaux du berceau à la tombe je paris que ces cons de français approuveraient.

  • Rajoutez à cela une fable et une erreur de fond dans le document de base qui sert à cette convention, à savoir celui de la « stratégie nationale bas carbone » du gouvernement.
    – La fable : la décorrélation entre émissions de GES et croissance économique en France. Rappelons que la France détruit son industrie, donc externalise les émissions nécessaires à la production de ce qu’elle consomme et que, bon an mal an, le pays n’affiche de croissance économique que parce que’il emprunte 4 fois plus qu’il ne créé de richesse (80 milliards d’emprunt pour à peu près 20 milliards de richesse créée)
    – L’erreur de fond. Toute la stratégie bas carbone se base sur l’hypothèse que la croissance économique, le PIB, sera croissant entre 1 et 1.2% jusqu’à 2050. Vieille inconsistance totale des économistes qui pense que seuls le capital et le travail sont les ingrédients de la croissance. Ils oublient juste que, sans matières premières et surtout sans énergie, on pourra s’agiter à l’infini en mangeant des billets de banque, on ne produira pas grand chose.
    Donc, good luck aux participants de ce débat…

    • D’accord avec vous pour ce qui est de l’erreur de fond. Mais j’ai cru comprendre que Jean-Marc Jancovici est membre du comité de gouvernance. Il expliquera aux citoyens.

    • L’erreur de fond, c’est de croire que l’augmentation de CO2 est la cause de l’augmentation des températures.

  • Iront ils jusqu’a interdire le petrole et le gaz pour le remplacer par le nucleaire ?
    Pourtant c’est l’unique solution possible pour atteindre l’objectif dement de zero emisson..et ,bien sûr…..meme cette solution est irréalisable ,il faudrait un investissement colossale en centrales nucleaires et dans le reseau d’interconnexion de tout ca …on a interet des maintenant a envahir les producteurs de matieres premieres comme le cuivre et le lithium et l’uranium.

    Donc , achetez un velo et des couvertures ..et un stock de rustines les routes seront dans un etat lamentable..plus de goudron ,plus de ciment , ne comptez pas sur le bois ,les tronconneuses électrique , ca n’existe pas et les gros bras de bucherons tenant la hache sont devenus tres rares.
    Mais ce n’est pas l’unique et seule solution ,il y a aussi la dépopulation …

  • voyons…despolitiques ont pris des décisions aux résultats ruineux et inaccessibles..

    ils « demandent » que le truc soit approuvé par le »peuple », hop responsabilité du ratage éludée…
    le peuple le voulait.. quoi…

    • On peut aussi imaginer l’inverse , nos 150 ne trouvent pas de solution , le gvt abandonne ce projet ridicule hérité de ses prédécesseurs….

      • Il faudrait vraiment beaucoup, beaucoup d’imagination. Et peut-être ne pas vivre en France, pour le coup…

      • Pas question d’abandonner. Songez à tous ces Homards Géants, à tout ce Champagne et Bourgogne dégustés par l’élite autoproclamée …
        On leur glissera la solution dans l’oreille, fusse-t-elle totalement pourrie et criminelle 🙁

  • Le président Marcheur s’est transformé en Coureur Farceur … De plus en plus rapide et de plus en plus gros…
    Et cela Marche 😉
    Vive le Venezuela, euh pardon, la France 😉

  • « et il semble qu’aucune remise en question ne soit à l’ordre du jour. »
    sans déconner vous vous attendiez a quoi?

  • C’est intéressant de détailler la connerie, pour la démontrer, ce que fait cet article. Mais intuitivement toutes personnes intelligentes ayant un minimum d’instruction et d’expérience sait que tous les écolos qui prétendent supprimer le centrale électriques et rouler en bagnoles électriques en 10 ou 15 ans sont abrutis et des tarés irrécupérables tout comme les politicards qui croient a ces incantations irréelles. Le problème , il suffit de regarder le score de Jadot aux européennes c’est totalement effrayant !

  • Sachant qu’après la chute de l’URSS la production de CO2 a bien baissé (et c’est la seule baisse significative sur ces 50 dernières années), il faut je pense détruire l’industrie et l’économie française.
    Pour un objectif de -40%, je pense qu’un Mélenchon suffira.
    Pour la suite, un successeur tel Maduro suffira (il a fait bien diminuer la consommation, même de nourriture).
    Sinon il y aurait la guerre et les camps, mais Mélenchon s’en occupera sans doute, donc ça revient au même.
    Plus sérieusement, pour des objectifs plus raisonnables (le problème étant que la France est déjà peu émettrice!):
    -Rénovation énergétique des logements avec pompe à chaleur
    -construction massive de réacteurs nucléaires et d’hydraulique là où c’est encore possible
    -Le faire à bas cout pour faire baisser le prix du kwh: cela permettra d’exporter pour substituer les centrales à charbon allemandes.

    • Pas de solutions simples dans l’esprit de gens compliqués…..pour les pompes a chaleur…je commence a avoir des doutes ,un radiateur dure une vie ,une pompe a chaleur ne pompe pas grand chose pour se chauffer et finie rapidement sa vie pour un cout de renouvellement astronomique…et quand on est nucléaire la consommation electrique n’a guère d’importance .

      • Sur la pompe à chaleur, un ami, expert en sinistres électriques /énergétiques (un truc du genre…) m’a dit que sur leur équipe de 10 sur la France, un seul avait choisi une pompe à chaleur pour sa maison.
        c’est dire la confiance relative qu’ils ont pour cette technologie.

        • Le problème c’est la loi. La rénovation énergétique considère l’énergie primaire, et donc tout ce qui passe par l’électricité a un facteur de pénalité de 2 ou 3. Du coup le gaz est très avantagé par la loi, c’est le système de chauffage le plus installé.
          Je ne vous parle même pas du fait qu’une pompe à chaleur puisse faire clim aussi, car en France l’installation d’une climatisation dans du neuf est quasi impossible à cause de la réglementation thermique.
          Les promoteurs proposent ce qu’ils ont le droit de proposer. Puis quand il s’agit de remplacer, c’est bien plus facile de remplacer par la même chose.
          Enfin le gvt a la pompe à chaleur dans le collimateur car c’est écologique et utilise l’électricité nucléaire, et le lobby frigoriste cadenasse tout ça pour empêcher l’installation par soi même.

    • Ben voilà, avec Mélanchon, on a à coup sûr nos trois cloches 🙂
      On va pouvoir chanter 🙂

  • SI j’étais membre de ce comité, je commencerais par demander qu’on me prouve de façon tout à fait scientifique et sans artifice que le CO2 est nocif alors que, par ailleurs, c’est le gaz de la vie (sans CO2, nous sommes tous morts).

  • Rien de tel pour garder le pouvoir que de faire plancher les citoyens sur des problèmes créés de toutes pièces…

  • On peut aussi masser la population vers le Sud-ouest de la France : On évite le froid, l’humidité et la sécheresse des autres régions !

    « Negawatt, le projet de Greenpeace, qui prévoit que la sobriété  »
    Pas la sobriété, mais l’inverse de l’abondance : Voici un lien vers une liste de termes adéquat : https://www.cnrtl.fr/antonymie/abondance

    • Attention ! le fleuron industriel du Sud-Ouest, Toulouse et Bordeaux, est l’aéronautique. Alors si on supprime les avions et que migrants du nord arrivent en masse, bonjour les dégâts.

  • On voit à quel point nos contemporains sont débiles pour bâtir des plans sur la comète… irréalisables! Et tout ça pour lutter contre un réchauffement naturel et largement fantasmé!

  • « ─ Un autre moyen, ne plus rien faire »

    Encore plus efficace : mourir, au moins là nous serons sûrs de ne plus émettre de gaz à effet de serre.
    Enfin, surtout les sans-dents, parce que les bobos écolos, eux, n’ont pas l’intention de mourir.

    En passant, ce qui est assez drôle (ou pas) est que la majorité des autres pays n’a pas l’intention de réduire ses émissions de GES, et donc que nos efforts franco-français, même suicidaires, ne réduiront pratiquement pas les émissions globales (et empêcheront encore moins le climat de continuer à changer)… nos dirigeants sont en train, avec l’accord hébété de la multitude, de nous suicider : nous vivons dans un pays de fous.

    • Oui, on devrait se demander pourquoi produire des avions si cela pollue autant.
      Si ce sont des armes, soyons honnêtes et arrêtons la production 😉
      Peace and love, hein 😉

  • Partir d’un constat faux est le meilleur moyen d’arriver à un résultat délirant. En l’occurrence, les documents présentent des émissions amplement exagérées tandis que les absorptions sont lourdement sous-estimées, pour ne pas dire niées.

    La réalité est que la France est dès aujourd’hui à la neutralité carbone, les absorptions équilibrant déjà les émissions, bénéficiant du développement de son agriculture intensive, de son parc nucléaire et des progrès industriels dans l’optimisation des moteurs automobiles.

    La première chose que doivent exiger les participants à la mascarade escrologiste citoyenne, c’est des données fiables et correctes au lieu des documents remplis d’affirmations fantasques et de chiffres faux. A partir de là, leur conclusion à destination des escrologistes sera simple : foutez nous la paix !

  • Les commentaires sont fermés.

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