Nicolas, « prisonnier politique »

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Pour s’être « rebellé » face à une arrestation arbitraire et avoir refusé un prélèvement d’ADN, Nicolas, jeune manifestant, passera deux mois en prison. Il aurait fallu s’inquiéter il y a longtemps des dérives de la police et de la justice, en un mot de l’Etat.

Pour s’être « rebellé » face à une arrestation arbitraire et avoir refusé un prélèvement d’ADN, Nicolas, jeune manifestant, passera deux mois en prison. Il aurait fallu s’inquiéter il y a longtemps des dérives de la police et de la justice, en un mot de l’État.

Par le Parisien Libéral.

À quoi joue le pouvoir socialiste ? S’achemine-t-on vers une France apaisée ?

Manifestement, non.

Hier soir, Nicolas, 23 ans, sciences politiques et histoire à la Catho et en troisième année d’école d’ingénieur, co-fondateur des Veilleurs, a été condamné en comparution immédiate à deux mois de prison ferme pour «rébellion», après avoir manifesté, avec quelque 1500 opposants au mariage dit pour tous, devant les locaux de la chaîne de télévision M6, à Neuilly-sur-Seine. Nicolas avait refusé de se livrer à un prélèvement de ses empreintes ou à un prélèvement ADN. Lors d’une audience en comparution immédiate, il a donc été condamné pour «rébellion et refus de prélèvement» à quatre mois de prison, dont deux fermes, avec mandat de dépôt et 1000 euros d’amende.

Comment peut-on accepter une telle peine ? C’est simple. Même si elle est sévère voire révoltante, c’est la loi. Le refus de prélèvement ADN est criminalisé.

C’est la où on a envie de dire à nos amis de l’UMP, avec un certain dépit, que le soutien aveugle qu’ils ont affiché pendant 5 ans, voire plus, à l’État, à la police, au dirigisme, était bien suicidaire.

Rappelez-vous, amis conservateurs, quand vos amis libéraux (« ultralibéraux », vous disiez) vous parlaient de la matrice qui s’installait progressivement, que ce soit Jospin et Chirac ou Fillon et Sarkozy au pouvoir, et que cette matrice, composée de toutes les lois sécuritaires, allait tous nous tuer ? Vous souriez ou, pire, vous nous accusiez de dérive « gauchiste » et de « bienpensance anti-police ».

Nous y sommes. Les lois que le gouvernement socialiste utilise, le droit du plus fort, la toute puissance de la police, la froide application de la loi par la justice, ce ne sont que des instruments qui étaient déjà un problème sous Sarkozy, mais contre lesquels vous ne disiez rien car vous aviez l’impression que l’État ne peut rien avoir à reprocher « aux gens biens » et que seules les racailles se retrouvent en prison.

Les contrôles d’identité, les arrestations arbitraires, la méconnaissance du droit par certains policiers, la vidéosurveillance, les fichiers policiers, tout cela nous concerne tous, et non pas juste les jeunes basanés en casquette et roulant en guimbarde immatriculée dans le 93, tout comme, en 1940, c’est la police républicaine, et non pas l’occupant, qui a fait du sale boulot.

Quand l’État s’octroie un droit (de taxer, de ficher, de contrôler, d’emprisonner, de sanctionner), ce droit est appelé à croître sans cesse. C’est pour cela que, quelle que soit la loi, quel que soit l’impôt, quel que soit le sujet, il faut lutter contre l’étatisme, partout et toujours.

Rappelez-vous le FNAEG ? Au début, Jospin l’a créé juste contre les violeurs. Qui peut être contre cela, entendait-on ? Ensuite, on y a ajouté tous les criminels, puis, au final, les auteurs de délits communs, puis, les manifestants. C’est quand José Bové refuse d’être fiché qu’il faut protester. Quand c’est au tour de Nicolas, 23 ans, c’est trop tard. La matrice s’est déjà refermée sur nous.

L’avenir de nos libertés est sombre. Et au-delà de la question du mariage dit pour tous, le problème est que nous vivons tous dans un environnement où nous sommes finalement tous seuls face à la machine. Le centre et la droite sont en pleine réflexion programmatique. Espérons qu’ils intègrent l’objectif de démantèlement du pouvoir unilatéral étatique.

Les étatistes disent : « La sécurité est la première des libertés« . On aurait de plus en plus envie de rétorquer : « la liberté (de surveiller celles et ceux qui assurent notre sécurité) est la première des sécurités.

Il va de soi que nous sommes solidaires avec Nicolas, non pas forcément pour les Manif pour Tous, mais pour sa peine de prison, totalement disproportionnée, voire illégale comme le note Nouvelles de France.


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