Le caractère immoral de l’abaissement du plafond du quotient familial

Au lieu de réduire les allocations, le gouvernement a choisi d'abaisser le plafond du quotient familial, au nom de la "justice". Cette mesure est pourtant immorale.
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Le caractère immoral de l’abaissement du plafond du quotient familial

Publié le 4 juin 2013
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Au lieu de réduire les allocations, le gouvernement a choisi d’abaisser le plafond du quotient familial, au nom de la « justice ». Cette mesure est pourtant immorale.

Par l’auteur du site « Bobo libéral ».

Un nouveau mini-drame vient de se jouer dans notre chère patrie. Dans sa quête de sauvetage perpétuel de notre système social, le gouvernement a décidé de ne point toucher aux allocations familiales mais plutôt de baisser le plafond du quotient familial. En somme d’augmenter les impôts d’une partie de la population.

Les raisons sont diverses et multiples ; on invoque la simplification de mise en œuvre ne nécessitant « pas d’administration supplémentaire qui aurait coûté plusieurs centaines de postes » oualorsde façon presque ironique le caractère supposé indolore, car« aucun contribuable n’est en mesure de savoir combien lui rapporte le quotient familial, contrairement à la clarté des versements provenant de la CAF. »

Mais au-delà de ces distinctions, il y en a une autre qui, à la lumière de la philosophie libérale, mérite d’être mentionnée : la distinction entre le fait de bénéficier d’un allégement d’impôt et le fait de recevoir une subvention n’est pas que d’ordre technique, mais aussi d’ordre moral.

Dans le premier cas, on échappe à la spoliation légale qu’exerce l’État, on bénéficie d’un peu plus de liberté, ce qui est parfaitement légitime. Même si par ce biais on paye moins d’impôt que d’autres, et que cela peut s’interpréter comme une rupture d’égalité sous l’impôt – idée en vérité erronée –, la liberté recouvrée par ce moyen n’est en rien injuste. C’est l’exact opposé ; c’est juste. Toute liberté qu’un individu peut obtenir, même si d’autres n’y accèdent pas, n’est pas amorale. Murray Rothbard vilipendait ceux qui favorisaient ou encourageaient l’égalité de l’impôt (comme la flat tax) ; c’était, selon lui, favoriser l’égalité de servitude ou d’oppression. Qu’un esclave puisse bénéficier, dans un monde tyrannique, d’un peu plus de liberté qu’un autre, n’est pas répréhensible en soi. Tant mieux pour lui. Qu’un foyer dit aisé puisse diminuer sa charge fiscale par le nombre de ses enfants ne peut être répréhensible ; il ne fait que conserver ce qui de droit lui appartient.

Au contraire, bénéficier d’allocations est plus que tendancieux. C’est obtenir l’argent des autres. Même si c’est, par exemple, par le biais de l’assurance maladie, qui se prétend être une assurance pour laquelle on cotise et qui nous donne droit à des allocations en conséquence, ses fondations sont corrompues et reposent sur la coercition. C’est une simagrée de mutuelle privée. Ceux qui reçoivent ces allocations sont coupables de vivre d’argent volé. L’accusation est violente, mais elle n’en est pas moins vraie. Les bénéficiaires peuvent se défendre de payer de nombreuses taxes et cotisations, aussi bien directes qu’indirectes, et que dans cette atmosphère de matraquage fiscal, ils tentent de récupérer ce qu’ils peuvent. On peut comprendre l’argumentation ; il y a circonstance atténuante. Mais cela n’ôte en rien le caractère immoral du procédé. Et tout ce que cela peut engendrer et encourager.

En allant jusqu’au bout du raisonnement, et contrairement à ce que l’on pense intuitivement comme juste, baisser les allocations familiales eut été plus juste (mais il n’est pas certain par contre que les cotisations ou les impôts baisseraient en conséquence).

Cette distinction peut paraître au premier abord excessive, mais elle est de taille. Elle nous rappelle le caractère immoral de l’action de l’État, mais aussi la différence entre le fait de spolier et celui de ne pas spolier. Il n’existe pas de dépense fiscale, ni d’économie réalisée quand l’État abaisse le plafond du quotient familial. Considérer cela pour vrai, c’est prétendre que tout ce que chaque être humain possède appartient a priori à l’État, et qu’il n’est propriétaire de rien. Mettre fin à une niche fiscale n’économise en rien pour le budget de l’État, ce n’est qu’un artifice sémantique pour justifier le vol par l’augmentation des impôts.

Dénoncer cela n’est pas appeler à l’abolition immédiate de l’État, ce qui serait catastrophique à court terme, mais considérer les choses pour ce qu’elles sont, et non pas pour ce qu’elles prétendent être. C’est mieux connaître la nature du Léviathan qui nous gouverne.


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  • « Qu’un esclave puisse bénéficier, dans un monde tyrannique, d’un peu plus de liberté qu’un autre, n’est pas répréhensible en soi. Tant mieux pour lui. »

    Ce n’est pas si simple. L’esclave un peu plus libre qu’un autre devra généralement payer une contrepartie à celui qui lui accorde le supplément de liberté. Par exemple, on lui demandera de tenir le fouet. Et tant pis pour le dos des autres !

    Une liberté recouvrée conditionnée à une réduction de la liberté d’autrui ne peut être considérée comme juste. C’est même illibéral, contraire au principe de non agression. Le liberté est inconditionnelle ou n’est pas.

    • Cavaignac,
      Vous avez donné un exemple où l’affirmation de l’auteur se révèle fausse. Vous avez donc démontré que ce qu’il avançait n’était pas toujours vrai.
      Si vous contester véritablement son propos, vous devez montrer que son affirmation ne se trouve vérifiée dans aucun cas.
      Bel effort, mais l’argument de l’auteur tient toujours à mes yeux.

  • C’est vrai, vous avez raison. J’aurais du dire, une liberté gagnée qui ne le soit pas aux dépends des autres.

    Mais le problème, c’est que l’Etat fait en sorte que cette liberté le soit aux dépends des autres, pour nous culpabiliser. On se retrouve dans un dilemme moralement insoluble.

  • Plutôt que de toujours lire des informations relatives au pillage du peuple qui travaille par les politiciens de notre pays, j’aurais préféré lire le scoop du jour suivant:
    Par mesure d’économie, afin de faire enfin de vraies économies d’Etat les décrets suivants seront appliqués avec effet immédiat:
    Décret N°1 : Hollande 1er vient de décider de ramener le nombre de députés et de sénateurs à 100 ! 1 député et un sénateur par département et 3 pour les français de l’étranger.
    Décret N°2: Afin de mettre fin aux inégalités en France et compte tenu du fait qu’un français riche gagne en moyenne 4500 € par mois, la rémunération totale des députés et des sénateurs est ramenée à 5500 € net/mensuel.
    Décret N°3: Afin d’établir l’égalité devant l’impôt de tous les français, Hollande 1er a décidé que l’intégralité des traitements, indemmnités et autres avantages en nature serait taxables et soumis à l’impôt dès le premier euro perçu.
    Voilà l’égalité telle qu’elle devrait être… Si nous n’étions pas aux mains des escrocs et des voleurs…

  • Les différences de contributions, ne sont acceptables que dans des institutions qui protègent la concurrence fiscale. Ou quand elles ont un caractère vraiment impersonnel et général.
    Les diminutions pour impot se rapprochent du second critère, mais pas les impôts bas d’un lobby bien organisé comme la presse avec sa TVA à 2%. Leur impôt devrait être augmenté et le même diminué d’autant chez les autres.

  • cette affaire va me couter 1000 €/an. Pourtant, objectivement, je reste convaincu que c’est la socialisation des enfants qui est immorale à la base.
    Avoir des enfants n’a pas à être subventionné du tout.
    Mais bien sûr réciproquement les vieux sans enfants n’ont qu’à se débrouiller tout seul (alors que je sais que je pourrais compter sur les miens, comme mes parents peuvent compter sur moi). Exit la « répartition ».

  • Je n’aime pas cet article. Pourquoi ? Parce qu’il parle d’un dahu, d’une licorne : l’allègement d’impôt.
    Ce truc n’existe pas, pas plus que la bouteille gratuite dans le pack de 12, ou les 2000 € d’économie sur une bagnole par rapport à un prix catalogue théorique.
    La seule chose qui compte c’est l’euro que vous payez pour de bon, pas les calculs alakon ™ selon lesquels on aurait pu vous en réclamer 10, ou 100, ou 1000, mais on vous a fait un cadeau de 9, ou 99, ou 999 sur cette base foireuse.

    • Entièrement d’accord : le quotient familiale ne correspond pas à de l’argent que l’Etat donne à des familles.

      Or l’Etat ne débourse rien : c’est de l’argent qui n’entre pas dans ses caisses par le biais de l’impôt direct mais par le biais de l’impôt indirect via la TVA car ces familles consomment obligatoirement plus : plus d’alimentation, plus d’électricité, plus de vêtements, …

  • Nicolas Rouvière
    4 juin 2013 at 17 h 31 min

    Les voleurs ….

  • Il y a un problème majeur dans votre raisonnement : la « branche famille » ne relève pas de la sécurité social ni même de la politique du même nom !

    Le quotient familiale est une invention française qui permet la justice : une famille avec 4 enfants a plus de frais obligatoires qu’un célibataire qui aurait le même salaire que cette famille. Il est donc normal que certains coûts obligatoires tiennent compte de cette réalité. Ce qui n’est pas toujours le cas en France, par exemple le malus automobile qui est l’exact inverse.

    concernant les allocation familiale, rappelons qu’elles sont d’origine privée et que face à cette manne, l’Etat a voulu centraliser leur gestion et « l’étatiser », ce qui a conduit aux Caisse d’Allocation Familiales ou CAF, indépendantes des CPAM.
    Les CAFs fonctionnent plutôt bien et c’est pourquoi l’Etat a décidé de prélever dans leur budget de quoi subventionner les retraites, ce qui provoque le déséquilibre financier.

    Voilà le vrai problème et le véritable trou de la poche percée. Le financement des retraites, qui posent un grave problème depuis le changement de l’équation sous Mitterrand. Depuis, les gouvernements n’ont fait que jouer sur les différents facteurs de l’équation : montant des cotisations, durée de cotisation, … Mais sans jamais régler le problème.
    La preuve : il faut déjà y retoucher !

    Donc la solution du gouvernement est forcément mauvaise : elle ne s’attaque pas au problème. Lorsqu’un sceau est percé, il est stupide d’ajouter de l’eau au lieu de colmater le trou. C’est pourtant ce qu’ont annoncé Ayrault / Hollande.
    Ils seraient alors rendu compte de l’utilisation des fonds de la branche famille à autre chose que la politique familiale et auraient pu imaginer d’autres solutions : cessation nette de cette utilisation abusive, réduction de cette utilisation pour retrouver l’équilibre, …

    Au contraire, ils ont choisi de maintenir le système en déséquilibre et d’augmenter l’impôt en ayant semer la confusion entre politique social (les « riches » aident les « pauvres ») et politique familiale (tout le monde aide toutes les familles, avenir de la nation, car tous les enfants de ces familles sans distinction, « riches » ou pauvres », sont l’avenir de la nation)

    Cela remet par contre en cause la dernière nouveauté : faire profiter de la politique familiale nationale des étrangers, pas même immigrés !

    • « Le quotient familiale est une invention française qui permet la justice »

      Les personnes qui n’ont pas d’enfants n’ont pas à payer pour ceux qui en ont ou en veulent. Quand on fait un choix, on l’assume intégralement.

  • Question redoutable que celle du renouvellement des générations en régime libéral: Ceux qui n’ont pas d’enfant sont-ils des passagers clandestins ?
    Selon moi oui, et le quotient familial les pénalise à juste titre.

    Sans compter la retraite obligatoire par répartition, paroxysme de l’absurdité nihiliste, qui récompense énormément le choix stérile !
    Qui pénalise à l’extrême les femmes qui font l’effort d’y contribuer en enfantant – tout simplement parce que les concepteurs ont été assez stupides pour rejeter l’incivisme des passagers clandestins…

    • Parce que vous pensez qu’il a fallu que l’humanité attende les collectivistes/constructivistes pour pouvoir enfin renouveller ses générations ?

    • On pourrait aussi penser qu’il n’appartient pas à l’État de gérer la solidarité entre générations.
      On voit bien par exemple, que le système de retraite, qui est inspiré par le concept de solidarité entre génération se réduit en fait à un montage financier de type « Ponzi » dès que le profil démographique n’est pas suffisamment conforme à une pyramide, pour la très simple raison qu’il n’est doté d’aucun système d’autorégulation.
      Dans un cadre familial naturel, les variations de ce profil provoquent des ajustements, voire des terminaisons du système de solidarité entre générations.
      Il n’y a donc pas dans l’ordre naturel de « passager clandestin ».
      Seul le caractère coercitif du système de retraite par répartition peut vous le laisser penser.

  • Moi je veux comprendre un truc: face à cette dictature élitiste et socialiste qui nous asphyxie chaque jour un peu plus, POURQUOI personne n’est dans la rue ? J’ai l’impression d’être le seul à me rebeller, où est elle la révolte des masses qui réclamerait leurs têtes sur le billot?
    Le peuple Français ne serait en fin de compte qu’un peuple de moutons anémiques dont l’heure de la tonte vient d’arriver!!

  • C’est toujours amusant de faire de Rothbard l’alpha et l’oméga de la philosophie libérale. En réalité l’égalité devant l’impôt à toujours été une grande revendication des libéraux classiques, évidemment.

    De plus je trouve assez étrange l’idée qu’il y aurait une différence fondamentale entre payer 10 et recevoir 5 d’un coté et payer directement 5 de l’autre. C’est une simple manipulation comptable.

    Et le problème ce n’est évidemment pas que ceux qui y ont droit profite d’une allocation ou d’une niche fiscale… le problème c’est que ces allocations et ces niches existent. Le libéralisme est une philosophie politique, pas un mode de vie.

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