Reconquérir la liberté aujourd’hui, c’est lutter avec l’État, pas contre lui

Faire tomber les têtes ne fera pas avancer la liberté. On ne peut l’obtenir qu’en s’impliquant pour elle.

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Reconquérir la liberté aujourd’hui, c’est lutter avec l’État, pas contre lui

Publié le 16 avril 2013
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Un sénateur PS dénonce le système clanique au sein du Parti aujourd’hui au pouvoir. Ses accusations sont graves pour un parti politique, a fortiori quand il détient la majorité à tous les échelons administratifs, mais ne surprennent plus grand monde. Et c’est cela qui devrait nous interroger profondément.

Par Baptiste Créteur.

Gaëtan Gorce, sénateur PS de la Nièvre, prône une refondation du PS, gangréné par des clans qui représentent des intérêts particuliers plutôt que des courants d’idées. L’interview qu’il a accordée au Monde est très instructive, elle se trouve ici. En quelques mots, le changement est nécessaire et il ne suffira pas de faire tomber quelques têtes pour les remplacer par de plus jeunes, plus féminines ou plus nombreuses pour qu’il survienne. Et il a raison. Il ne suffit pas d’un « coup de balai », plus dangereux que salvateur.

Les partis politiques d’aujourd’hui sont des machines à prendre le pouvoir, mais sont incapables de l’exercer à bon escient. Confronté à un choix entre blanc bonnet et bonnet blanc, les électeurs choisissent le moins sale des deux bonnets, ou le moins irritant pour leurs peaux sensibles car régulièrement tondues. Que pourraient-ils faire d’autre ?

Ce n’est pas là qu’est le problème. La corruption et les affaires qui éclaboussent régulièrement les institutions et pourraient le faire plus sont un problème, mais il est mineur au regard des vrais problèmes.

Même la dette, colossale ; la dépense publique, que les politiques ont du mal à compresser ; le chômage, massif ; la croissance, atone voire négative ; les privations de liberté, innombrables et croissantes ; la politique monétaire, dangereuse ; et tant d’autres manifestations visibles du mal n’en sont que des manifestations, pas le mal lui-même.

Le mal lui-même a déjà été largement identifié, théorisé, analysé, compris, mais visiblement pas assez combattu. Ce mal, c’est le collectivisme.

C’est l’idée que l’individu doit se sacrifier pour la société, ou être sacrifié pour elle. C’est l’idée que le bien-être et le bonheur doivent être apportés à l’individu plutôt qu’atteints par lui. C’est l’idée que chacun peut et doit vivre aux dépens des autres, financer les avantages accordés à autrui en espérant qu’autrui lui en finance d’autres. C’est l’idée que la richesse doit être distribuée avant d’être produite. C’est l’idée que la société a plus de droits sur l’individu que l’individu sur lui-même, que chacun est à la fois créancier et débiteur de son voisin et du voisin de son voisin.

La meilleure défense de l’individu, ce sont les droits théoriquement imprescriptibles que l’État est chargé de garantir pour lui. Nous les connaissons tous ; ils sont inscrits dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à l’article 2, juste après l’article 1 qui les garantit également à tous : liberté, propriété, sûreté et résistance à l’oppression.

Aujourd’hui, l’oppression vient de l’État, qui se veut au service de tous ; l’oppression vient de chacun d’entre nous. Tout ce que nous demandons à l’État et qui constitue un devoir ou une privation de liberté pour autrui va à l’encontre de ces droits naturels et imprescriptibles.

La revendication des droits naturels et imprescriptibles n’est pas la première qu’il faudrait que nous formulions tous aujourd’hui ; elle est la seule. Le reste ne peut qu’en découler, et n’a pas de sens tant que ces droits n’auront pas été réaffirmés par chaque citoyen. En l’état actuel des choses, il est illusoire de penser qu’on peut se passer de l’État qui a permis et commis le piétinement de ces droits. Nous ne devons pas nous battre contre l’État. Nous devons nous battre pour lui pour qu’il se batte avec nous.

Nous devons être vigilants. L’État est, aujourd’hui, à la fois le meilleur garant de ces droits et la plus grande menace qui pèse sur eux. Il n’est pas une fin, il est un moyen, et nous devons nous le réapproprier. Remettons l’État au service des citoyens, au service de la conservation des droits naturels et imprescriptibles.

Libéraux, nous avons pris une longueur d’avance dans notre compréhension de l’importance de ces droits. Ne nous focalisons pas sur un objectif lointain et distant, mais sur la conquête des droits individuels dont nous avons progressivement été privés. C’est un combat plus digne d’être mené que des querelles d’idées qui nous éloignent de notre objectif – qu’elles cherchent pourtant à mieux définir.

J’invite tous les défenseurs de la liberté à la défendre, de la façon qu’ils jugeront la plus appropriée. Contrepoints se veut une caisse de résonance des idées libérales mais n’est pas leur mode exclusif de diffusion. Le nombre de nos partenaires en atteste, et tous les défenseurs de la liberté n’en font pas partie, loin s’en faut. De la compréhension et de la diffusion des idées à l’implication dans les initiatives libérales, en passant par la lutte contre les entraves et obstacles à la liberté, les moyens d’agir sont nombreux. Si vous croyez dans la liberté et voulez vraiment l’atteindre, votre implication, quelle qu’elle soit, la fera avancer.

Nous ne sommes pas seuls, avançons ensemble.

 

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  • Vous voulez vous présenter en 2017 ?
    Gauche et droite utilsent le prétexte du collectivisme pour cacher leur immense besoin d’argent gratuit du peuple pour faire tourner leur petit paradis et imposer leur pouvoir. La diffusion du patrimoine des Ministres est une profonde insulte au peuple : les déclarations sont toutes fausses.
    Un ministres qui touche plus de 5000 € en cash par mois avec un compte de 17000 € sur en PEA….une maison de 122 000 €…non mais on va où là. Je pense qu’il n’y a que deux positions : celle du chien qui offre sa gorge ou celle du chien qui est dessus !

  • Chaque fois que j’ai des discussions économiques/politiques en entrant par le thème de la défense du droit de propriété, je constate qu’il y a du boulot au niveau de la défense des droits individuels imprescriptibles.
    Et pourtant cela me semble la porte d’entrée la plus évidente en ces temps de confiscation évidente des biens individuels par la société.

    Quant aux autres droits, n’en parlons même pas.

    Les Français ont un réel problème avec la responsabilité individuelle, l’autodétermination et le libre arbitre.

  • Il convient surtout de prendre le contrepied des idées reçues françaises sur les définitions respectives de l’individualisme, et de l’altruisme.
    Par ailleurs, la responsabilité individuelle, avec l’effort qu’elle exige, et est une condition sin e qua non à la quête de liberté. Par conséquent, nous devons défendre nos propres intérêts, avant de chercher de contrôler, de jalouser ceux du voisins, ou encore de compter sur l’assistanat de l’état pour arriver à nos fins. Car, non seulement cette quête assistanat à un coût financier, mais il détruit progressivement le goût de l’effort, et anhile tout désir d’accomplissement pourtant recherché par le travail.
    Les rapports à l’argent et à la réussites sont ainsi largement biaisés en France par un état prônant depuis toujours des « valeurs » altruistes, collectivistes et égalitaristes. La réussite, et donc le mérite, sont tabous, et on ne fait donc aucune distinction entre l’assistanat et la solidarité réele, la récompense et le cadeau, le droit de jouissance de la propriété individuelle et sa spoliation légale.
    La corruption est le fruit du collectivisme et de la volonté de vouloir biaiser, en faisant appel au pouvoir, la libre concurrence. Elle n’a aucune raison d’exister dans un monde ou des individus responsables, agissent selon leurs propres intérêts dans un contexte d’échange alors naturellement gagnant/ gagnant.
    Tout individu travailleur et volontaire peut s’épanouir grâce au libre échange, car tout individu possède un talent qui lui est propre ainsi qu’une volonté naturelle à produire afin de vouloir améliorer, par le fruit de ses propres efforts, son actuelle condition. Par conséquent, au lieu de condamner la réussite et dénigrer le mérite sous prétexte d’un partage injuste car indifférent de l’effort produit, l’état réduite à son rôle primaire, doit simplement veiller à ce que les individus puissent, chacun, s’épanouir en échangeant librement
    Ainsi nous prendrons conscience que son rôle de l’état se limite à celui servir et de protéger des individus responsables et productifs, qui auront pu, librement, trouver leur source personnelle d’épanouissement.

    • L’égalitarisme s’oppose à ce discours libéral randien parce que les talents sont inégaux.
      Est-ce ma faute si je n’ai pas les talents de Bill Gates ? Non, par conséquent il ne mérite pas ses revenus et il faut le spolier à mon bénéfice.

      La même dialectique est à l’oeuvre sur le mariage homosexuel: Est-ce la faute des homosexuels si leur orientation sexuelle est stérile ? Non, par conséquent il est injuste de ne pas encourager l’homosexualité au même titre que l’hétérosexualité.

      Nous sommes actuellement témoins à la fois du désastre entraîné par le socialisme passé, et de l’accélération du socialisme…

  • Le libéralisme ne peut pas être qu’économique, contrairement à ce que semblent croire bien des contributeurs de ce site – qui doivent bondir en lisant que la dette et la dépense publique ne sont pas le problème mais l’un de ses symptômes.

    Je crois pour ma part fermement que BC a parfaitement raison. Aussi grave que soit le désastre économique actuel, il ne doit pas occulter l’ensemble du socialisme. Quelle inconséquence que le laisser consolider son emprise au prétexte de la catastrophe économique imminente, alors qu’il en est précisément à l’origine !

    Il faut suivre BC et revenir aux fondements du libéralisme. Il faut défendre dans tous les domaines la liberté et son corollaire, la responsabilité, contre le collectivisme et son corollaire, l’égalitarisme.
    Toute limite posée par la loi à la liberté ou à la responsabilité doit correspondre à une nécessité objective et rationnelle.

    Or le socialisme est sur le point de marquer un point décisif dans l’indifférence de la plupart des libéraux, avec le mariage homosexuel, victoire de l’égalitarisme sur la responsabilité individuelle.
    Le mariage civil est fondé sur la nécessité de maximiser la proportion d’enfants élevés dans les meilleures conditions. Un libéral, s’il conteste cette nécessité, doit rejeter entièrement le mariage civil. Si en revanche il l’admet, il doit rejeter le mariage homosexuel, qui va à l’encontre de cette nécessité.

    Les conséquences funestes du mariage homosexuel seront à terme : Le progrès de l’égalitarisme dans les esprits, donc dans les institutions, donc dans l’économie; et un délitement encore accéléré de la société, d’où une dépendance encore accrue envers l’État et ses services « sociaux », et une mainmise encore accrue de la cléricature socialiste sur la soi-disant Éducation Nationale.

  • « Aujourd’hui, l’oppression vient de l’État, qui se veut au service de tous ; l’oppression vient de chacun d’entre nous. » 200% d’accord.

    • Faux. Avant l’état, les gens ne s’opprimaient pas à ce point là les uns les autres, au sens où une telle oppression, où un tentative d’oppression était perçue comme pure agression physique ou envers de la propriété privée matérielle. Avec l’état, les gens ont commencé à s’opprimer ainsi mutuelle, souvenons-nous de Bastiat et de la « grande fiction ». Une fois de plus, l’erreur classique : confondre cause et conséquence, ou bien ne pas clairement séparerer l’une de l’autre. Ce pays est foutu.

      • « Avant l’état, les gens ne s’opprimaient pas à ce point là les uns les autres »

        C’était quand, « avant l’État », au juste ?

        • 1. Tribu, 2. village. Dans un groupe tribal nomade ou principalement, je suis curieux de savoir ce qu’il en est de la propriété privée. Il semble en tout cas assez évident qu’aucun membre ne peut vraiment en accumuler des masses. Problématiques très différentes de la vie sous l’Etat.

          • Si je vous suis, je dois considérer que :

            1. il n’y a pas d’oppression caractérisée (j’entends : durable, installée, traditionnelle) dans les sociétés tribales, ni dans les sociétés villageoises,

            2. avant l’apparition des États, il n’y avait pas d’oppression caractérisée.

            Je ne sais pas d’où vous tirez ces informations. Du moins, ce que je sais des sociétés tribales ne colle en rien avec cette théorie. Existe-t-il des livres d’Histoire (écrits par des historiens, j’entends) qui corroborent vos propos ? Ma question n’est pas ironique.

            S’il s’agit de promouvoir le modèle suisse, je vous suis à 200%. Mais le modèle suisse n’est ni tribal, ni villageois, loin s’en faut.

            S’il s’agit de revenir à un passé idéal, je ne vous suis plus. Parce que je ne crois pas du tout à un passé idéal. Et parce que le revivalisme est une impossibilité théorique autant que pratique : l’Histoire ne se remonte pas comme le cours d’un fleuve. Vous ne pourrez jamais faire que l’avenir ressemble au passé, même de loin. Les royalistes les plus lucides l’ont compris : ils ont perdu la partie pour toujours.

            Les communistes, eux aussi, veulent revenir au bon vieux temps d’avant l’État, et pour exactement les mêmes raisons que certains libéraux : abolir l’oppression. Mais leur vision de l’Histoire est fausse de bout en bout. En quoi le revivalisme libéral vaut-il mieux ?

  • Ce fut la stratégie des dissidents russes des années 60 et 70. Elle a admirablement fonctionné.

    Partant du principe que critiquer le communisme était interdit, ils ont eu l’idée d’exiger du communisme ce qu’il promouvait : le respect de la loi.

    Comme la Constitution soviétique était mensongère, elle promettait tout et n’importe quoi… dont les libertés fondamentales. Alors, il firent de ces libertés mensongèrement promises une étendard réel. Le système se trouve pris à son propre jeu.

  • Moi pas comprendre l’objet de cet article.

    Donc l’Etat piétine les libertés individuelles et il faudrait se battre à ses côtés ?

    Il faudra m’expliquer !

    • Et oui c’est la ou le raisonnement des minarchistes cesse d’être cohérent. Ils devraient méditer la célèbre citation de Bastiat lorsque ce dernier mettait à l’épreuve ces collègues de l’assemblée de trouver une définition du mot état : cette grande fiction à travers laquelle …………. Le génial landais avait fort bien compris que l’état est une abstraction et la seule chose qui existe c’est ce que Rothbard a défini plus d’un siècle plus tard : des hommes de l’état. Qui sont-ils, des pillards, des escrocs et des criminels sinon ils ne parviendraient pas aux postes qu’ils occupent tant la compétition est rude pour vivre d’argent volé. Donc il faut se réapproprié le néant et devenir calife à la place du calife avec toutes les conséquence que l’exercice du pouvoir va induire sur la personnalité de l’Elu. En fait, si l’on pousse le raisonnement, il est presque tentant de dire que les minarchistes se considèrent comme les socialistes, étant une classe à part, supérieure au bas peuple qui sait et qui va œuvrer pour le bien des petites gens à grand coups de droits imprescriptibles et inaliénable qu’ils violeront bien évidemment dès que le premier et moindre prétexte se présentera. Tout un programme.

      • « Le génial landais avait fort bien compris que l’état est une abstraction »

        Si on va par là, la Main Invisible en est une cent fois plus hypothétique. Ce n’est pas l’abstraction, le problème, mais l’absence de vérité.

        « Qui sont-ils, des pillards, des escrocs et des criminels sinon ils ne parviendraient pas aux postes qu’ils occupent tant la compétition est rude pour vivre d’argent volé. »

        Et quand ils sont profs libéraux en fac, ils sont quoi ? Cent fois, je pose la question à des libéraux, jamais je n’ai de réponse claire. C’est pourtant simple : en quoi un fonctionnaire libéral est-il moins un salaud qu’un autre fonctionnaire ?

        • Pardon. À la place de « profs libéraux en fac », il faut lire « libéraux et profs en fac ».

          • Et les étudiants libéraux, aussi, tiens. Qui ne payent pas leurs études. Qui bénéficient de bourses, de réductions sur les transports en commun, sur les spectacles et sur tant d’autres choses. Les libéraux qui ont la carte d’étudiant et s’en servent tant qu’ils peuvent. Ils ne sont pas un peu parasites de la nation sur les bords, ceux-là ? « On n’a pas le choix ! », s’exclament-ils. Ah, tiens. Le parasite socialiste a le choix, mais pas le libéral ? Comme c’est étrange. Ayan Rand a ses raisons que la raison ignore, alors.

            Un exemple. Jacques Garello est fonctionnaire depuis plus de quarante ans. Il ne pouvait pas se trouver un boulot dans le privé, au lieu de taper inlassablement dans le blé des contribuables ? Pourquoi bénéficie-t-il d’une remise de peine aux yeux des libéraux ? Quelle différence avec un gauchiste en entreprise, qui dit vouloir « niquer le capitalisme » ? Sachant que le dit gauchiste ne vit pas à nos crochets, lui.

            D’où la phrase de cet article : « l’oppression vient de chacun d’entre nous. » Elle est admirable parce qu’elle est courageuse.

          • « Dès lors que l’État français squatte une énorme partie des activités socio-économiques, il est logique que des libéraux entrent dans le cadre étatique. »

            Totalement d’accord ! Mais alors, pourquoi reprocher à tant de socialistes d’être fonctionnaires ? Où se trouve le critère de jugement permettant de juger les profs libéraux innocents (ou encore mieux : victimes !) et les autres parasites ? Leurs opinions ? J’espère que non.

            Ne me dites pas « les libéraux sont fonctionnaires contre leur gré », s’il vous plaît. Si on ne veut PAS DU TOUT être fonctionnaire, on choisit un métier qui permet de ne pas l’être.

          • Mais depuis quand juge-t-on les fonctionnaires en fonction de leurs opinions ? En vertu de quel principe philosophique ?

            Par ailleurs, le prof libéral est tout aussi parasite que le socialiste : il ne coûte pas moins cher. Ses idées ne rendent pas moins lourd le poids qu’il fait peser sur la nation.

            On pourrait même dire, si l’on voulait, que le fonctionnaire libéral est moins honnête que le socialiste, puisqu’il n’a pas le courage de travailler dans le privé (dans une école de commerce, par exemple), mais qu’il tire bénéfice de cette défaite personnelle.

          • « contre notre gré ou pas, consciemment ou pas »

            J’entends : quelles que soient les excuses que nous invoquons.

          • Quant à l’argument « On reprend à l’État l’argent qu’il nous a pris », il est économiquement faux, puisque l’argent donné à l’État disparaît à tout jamais, volatilisé, vaporisé par l’incompétence, le gâchis et la dette : l’État ne peut en aucun cas nous rendre cet argent, et les libéraux le savent mieux que personne. Cet Euro que nous prétendons « récupérer », nous le volons à quelqu’un d’autre. Ce n’est pas en soi un crime, mais il faut assumer le caractère profondément hypocrite de cette tactique « récupératrice ». À la rigueur, un socialiste peut penser comme ça, puisque pour lui, la richesse de la nation est un gâteau, dont la masse est un invariant. Mais un libéral sait que c’est faux.

            Le libéralisme, c’est comme le christianisme : ça aggrave la responsabilité morale de celui qui y adhère. Et c’est pour ça que c’est grand.

          • « Les libéraux ne sont ni des moines-soldats et encore moins des saints, mais au moins ils ne défendent pas le mal. »

            Je vous rejoins complètement sur ce point. Mais Garello POUVAIT être prof dans le privé. Quitte à moins bien vivre, évidemment. Ou mieux, d’ailleurs. Je me refuse à envier les fonctionnaires.

            Je soupçonne certains libéraux de crier partout « La France, c’est l’URSS ! » pour faire croire qu’ils n’ont pas eu le choix, qu’ils sont entrés dans l’État parce qu’ils avaient un revolver sur la tempe. Or, pas un seul fonctionnaire français n’a été condamné à être fonctionnaire. Pas un seul. Et surtout pas les libéraux, qui sont les mieux armés intellectuellement pour ne pas devenir des parasites.

            « Nous n’avons pas besoins de théories, mais d’exemples. »
            Benoît XVI

          • « On peut être professeur d’université dans le privé en France ? »

            On n’a pas besoin d’être prof d’université. On peut être prof dans le privé, si on a la vocation. Ou partir enseigner à l’étranger. Etc. On est libre, libre, libre. 100% libre.

            « Qui plus est : pourquoi ne pas considérer l’entrée de libéraux dans la fonction publqiue comme de l’entrisme ? »

            L’entrisme is for losers. My humble opinion.

            « Moi, voir Garello diffuser la bonne parole libérale au sein même de la socialie cristallisée qu’est l’EdNat, je trouve cela éminemment positif. »

            Très bien. Mais c’est moi qui le paye. Et comme il a totalement échoué à faire passer son message, comme le libéralisme va de plus en plus mal en France, comme personne ne connaît Garello, comme ses livres ne se vendent pas, comme ses assoces tournent en rond, comme les politiques baillent en l’écoutant, son utilité ne me semble pas suffisante pour que je me félicite de le rémunérer.

            Garello n’est pas la question, bien entendu. Le brave homme est dévoué à la cause de la liberté, et n’est en rien comptable de la catastrophe ambiante. Évidemment. Mais le libéralisme français des trente dernières années un échec cuisant, magistral, colossal. Les libéraux français – si l’on s’autorise à faire d’eux un ensemble – se sont plantés en beauté. C’est pourquoi je ne nous fais pas de cadeaux. Je m’inclus dans le lot. C’est pourquoi je nous chambre, je nous bouscule autant que je peux. Qu’au moins, nous n’ayons pas l’orgueil de croire avoir bien fait.

            Sur les raisons de cet échec, c’est un autre débat. Passionnant. Où il y a, pour un libéral, autant de coups à prendre de la lucidité que de coups à donner à l’État.

        • C’est très difficile de débattre avec des gens sur des concepts lorsqu’ils ne connaissent pas le sens des mots qu’ils utilisent. La main invisible porte bien son nom, ce qui existe ce sont des individus, des échanges, des interactions. L’une des heureuse conséquence c’est l’harmonie économique que le brillantissime landais n’a pas eu le temps de rédiger. Pour ce qui concerne les fonctionnaires, la encore on nage en plein délire. Il faudrait être aussi bête et haineux qu’un socialiste à l’égard d’un riche pour ne pas comprendre que les fonctionnaires dans leur très large majorité réalise un travail remarquable. Ils n’ont juste pas conscience de vivre d’argent volé aux autres. La plupart serait bien plus productif, bien mieux payé et effectuerait un travail beaucoup plus valorisant dans le privé. Enfin, Le pouvoir est exercé en France par les hommes politiques et la haute fonction publique que l’on peut intégrer sous la dénomination homme de l’état. On pourrait aussi ajouter les patrons des grandes société parachutés par le pouvoir en place et même les autres qui ont préféré pseudo investir dans le marché politique plutôt que de se mettre aux services des consommateurs, le capitalisme de connivence. (Désolé pour les fautes d’orthographe, j’écris vite et je me relis très peu).

          • Je voulais dire les harmonies sociales à propos de Bastiat, ouvrage non achevé, puisque son chef d’œuvre c’est justement les harmonies économiques.

  • Plusieurs détails me font penser que soit Pascal Avrot ne comprend pas, soit il fait exprès de mal comprendre. On lui dit « opprimait moins que » et il comprend « n’opprimait pas », et embraye son bullshit quasi-classique. « I refuse to engage in a rational discussion with someone who is unrational. » HHH.

    • N’exagérez pas, mon bon. Je dis simplement qu’un régime à parti unique réprimant toute forme d’opposition, enfermant 5 millions de personnes dans des camps de concentration, maintenant 900 millions de paysans dans un état de quasi-esclavage et mû par une vision officiellement impérialiste n’est pas un pays « sur la bonne voie » sous prétexte qu’une minorité (laquelle vit pieds et poings liée aux quatre volontés du susdit parti unique) s’y enrichit de manière spectaculaire. Je ne dis pas que les Chinois répriment autant que sous Mao, je dis qu’ils répriment encore beaucoup trop pour que des cadres sup occidentaux appellent cela… un « miracle ».

      « Le miracle chinois » ! Faut-il être aveugle, pour parler de miracle au sujet de ce pays-là…

  • je propose une idée toute con :
    un système electoral avec pour chaque citoyen de plus de 18 ans: 1 voix
    chaque citoyen qui travaille: 2 voix
    chaque citoyen qui travaille a son compte: 3 voix
    avec un tel processus, assez rapidement, il devrait etre possible de ralentir l’etat providence, et de faire enfin des reformes.

    • Encore faut-il que les gens s’intéressent à la politique. Or, plus un pays est libéral, moins ils ont tendance à s’intéresser à la politique, et c’est tout à leur honneur. Du coup, votre vision me semble se mordre un peu la queue.

      Ne penser qu’à la politique, c’est une habitude de peuples malheureux.

      • alors oui, il y a la solution du parti communiste chinois:
        citoyen : 0
        citoyen qui travail ( c’est a dire tous le monde ) : 0
        a son compte : 0
        pas besoin de s’interressé a la politique.

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