Collectivités territoriales : la ruine

La France se caractérise par un empilage ridicule de collectivités qui propagent la ruine.
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Collectivités territoriales : la ruine

Publié le 28 mars 2013
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La France se caractérise par un empilage ridicule de collectivités qui propagent la ruine.

Par Michel de Poncins.

La ruine de la France avec la paupérisation du peuple français s’inscrit tous les jours dans les faits. C’est en particulier la panne de croissance avec en conséquence le chômage, lequel par un effet boomerang accentue la panne. Régulièrement dans ces billets nous mettons en lumière telle ou telle explication de la paupérisation.

Aujourd’hui ce sont les collectivités territoriales que nous allons accuser formellement de propager la ruine. Tout le monde sait que la France est la risée par son empilage ridicule des collectivités. Les gouvernements s’en plaignent régulièrement et amèrement ; toutefois comme nous le verrons, ils ne se gênent pas pour en ajouter d’autres.

De mémoire et au risque de nous tromper voici une liste imparfaite. 36 000 communes, 100 départements, 22 régions et 4000 cantons. Les délimitations de ces cantons ne coïncident pas forcément avec celles des communes qu’ils sont censés regrouper. Mais, en plus, sont nés des groupements divers du type intercommunalités et agglomérations ou « agglos ». Le tout aboutit à une armée impressionnante et redoutable de 600 000 élus. C’est le fruit de deux décentralisations : Deferre en 1982 et Raffarin en 2003.

Sur le plan administratif il existe des arrondissements à l’intérieur des départements avec un sous-préfet. Bien que les découpages administratifs ne soient pas à proprement parler des collectivités territoriales, nous les comprenons dans l’analyse car ils participent allègrement à la ruine générée par les collectivités.

Comment la ruine s’est installée

Il n’est pas possible d’en énoncer toutes les causes venant des collectivités qui dévastent l’économie comme un véritable tsunami. Voici un inventaire. Les avantages personnels fabuleux alliant des salaires coquets aux avantages indirects, exonérations fiscales, cumuls multiples, usage de palais, salles à manger de directions, fêtes en tout genre. Bien entendu, cet ouragan est amplifié par une augmentation du nombre des fonctionnaires. Les deux décentralisations se sont concrétisées par le refus de transfert des fonctionnaires parisiens qui font ainsi double emploi avec des fonctionnaires locaux.

Pour ce qui a trait aux titulaires eux-mêmes il faut ajouter un phénomène que les économistes indépendants des pouvoirs successifs connaissent bien, à savoir le frein à la croissance venant du jeu des multiples intervenants, ceci dans une galaxie d’usines à gaz. C’est d’autant plus évident que les compétences de ces intervenants sont différentes et parfois contradictoires. Dans un univers super-étatisé, n’importe quel projet se trouve dépendant d’autorisations ou d’aides qui prennent un temps interminable en concertations de tous genres. Le temps étant de l’argent, cet argent s’évapore dans les miasmes bureaucratiques. Une autre source de paupérisation est constituée par les dépenses de communication qui sont mal contrôlées et ouvertes aux combines. N’oublions pas les prêts toxiques que des élus imprudents ont imposés à leurs concitoyens, ni les multiples et inutiles subventions !!

De nouvelles collectivités

Devant ce vrai désastre, les gouvernements se frappent la poitrine et affirment qu’ils veulent simplifier. L’un des projets est de supprimer les sous-préfectures. Les palais et jardins de certaines d’entre elles sont célèbres. Bravo pour le projet. Cependant les forces coalisées pour le statu quo sont telles que les calendes grecques ne sont pas loin.

Parallèlement, les gouvernements de toutes sortes ont entrepris l’augmentation de l’empilage. Le projet d’un Grand Paris dont personne n’a besoin et surtout pas la province s’inscrit dans ce contexte. Par un mouvement naturel, la propagande mensongère sur sa prétendue utilité est alimentée par les formidables appétits individuels. Cette voracité des politiques est d’autant plus forte, que plus les unités s’agrandissent, plus la richesse personnelle des dirigeants augmente et moins les contrôles s’exercent.

Au Grand Paris, se surajoute Paris Métropole qui complique l’édifice. En effet les métropoles sont la création d’une loi de 2010 permettant aux ensembles de 500 000 habitants de créer un être administratif nouveau. Pour les mêmes raisons que pour le Grand Paris, l’envie de créer une métropole est forte ainsi que l’intensité de la ruine future.

De l’optimisme

Nous allons surprendre une nouvelle fois en terminant sur une note optimiste.

Il nous arrive souvent dans ces billets de dénoncer les multiples catastrophes générées par les Hommes de l’État, politiques, fonctionnaires et autres. Cela va jusqu’à de véritables Mammouths. Chacun des verrous s’explique d’une façon ou d’une autre, avec en dominante les intérêts personnels de la mafia étatique.

Si tous ces verrous sautaient d’un seul coup, les flots tumultueux de la richesse se déverseraient sur le peuple français.

Qui peut et souhaite le faire ? C’est la question.

Voir les commentaires (9)

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  • Quand l’homme est atteind par le cancer , il meurt en général avec lui. J’ai bien peur que notre pays connaisse le sort le l’empire romain,ou celui, à répétition de l’Argentine.

  • Excellent billet, merci

  • Connétable de Ranzay
    28 mars 2013 at 15 h 21 min

    Les fonctionnaires ne sont pas plus idiots, paresseux, incapables, de mauvaise humeur … que les autres français mais ils travaillent au service d’une organisation qui est construite pour empêcher.
    Le moindre rond-point est l’occasion de faire travailler quatre ou cinq administrations ou collectivités qui chacune ont un point de vue, qui s’échinent à apparaître comme utile ; ce qui conduit à des délais délirants et de ce fait a des coûts exorbitants et à faire travailler cinq personnes là où une seule aurait suffi.

  • rodolphe.champion@gmail.com
    28 mars 2013 at 22 h 12 min

    L’empilage des des collectivités locales

  • Je viens de vivre à mon niveau ce que permet le mille feuilles administratif, où chaque feuille peut, du jour au lendemain se découvrir une compétence et mettre son nez dans ce qui ne la concerne pas.
    Pour faire court, après des retards déjà inqualifiables (car l’Europe fait fort également dans ce domaine) des fonds FEDER relatifs à des dépenses de 2011 ( pas de 2012, faut pas rêver!!) sont enfin arrivés dans une trésorerie… sur le compte de la communauté de communes dont dépend le bénéficiaire c’est à dire notre association qui participe à un projet européen). Eh bien il aura fallu UN MOIS plein pour que l’ordre de virement soit passé. Et cette communauté de communes n’a pas le plus petit rapport avec le projet.
    Ce pays mourra étouffé sous ce mille feuilles et ses réglementations.

  • Effet « dominos » ?

    • Hélas, peut-être faisons-nous une erreur de stigmatiser tant l’inefficacité du gouvernement Hollande ou même le cas de la France. Il s’agit sans doute d’un problème « systémique » bien plus grave, au-delà des partis et des nations ? Ma modeste expérience de la « brillante » administration locale allemande me reste encore dans la gorge. L’attribution d’un « compte de mécénat » voté par la municipalité d’Altona, avait permis à des entrepreneurs privés ayant montré leur accord de principe, de financer le don de deux belles sculptures (d’ Erich Engelbrecht) pour agrémenter un parc public. Deux ans de travail sur leur motivation et la sensibilisation du public furent réduits à néant. Le compte avait été ouvert si tardivement après la décision majoritaire du conseil… que les mécènes avaient entretemps quitté la municipalité, et ne se rappelaient plus d’aucun engagement.

      • Schirren: « Hélas, peut-être faisons-nous une erreur de stigmatiser tant l’inefficacité du gouvernement Hollande »

        L’article pointe bien que c’est le résultat d’une longue accumulation et le site est remplis d’article sur la dérive qui dure depuis presque un demi-siècle.

  • Bon article : comment être léger devant l’effroyable !

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