Le projet de budget britannique pour 2013-2014

La politique de David Cameron est souvent présentée comme une politique d’austérité. C’est surprenant pour un gouvernement qui repose sur des déficits publics élevés et un accroissement des crédits.

La politique de David Cameron est souvent présentée comme une politique d’austérité. C’est surprenant pour un gouvernement qui repose sur des déficits publics élevés et un accroissement des crédits.

Par Vladimir Vodarevski.

David Cameron

Le Chancelier de l’Échiquier britannique, George Osborne, a présenté le budget du gouvernement britannique pour l’exercice 2013-2014, qui débute le 1er avril 2013. Les caractéristiques de ce budget sont les suivantes. D’abord, c’est toujours un budget basé sur un déficit élevé. Ensuite, il vise à encourager l’activité des entreprises et de la population en âge de travailler. Enfin, il accentue la politique monétaire. Un bon résumé de ce budget est disponible sur le site de BBC News, Budget 2013 at a glance, et What does it mean for you.

La politique du gouvernement de David Cameron est généralement présentée comme une politique d’austérité. Ce qui est surprenant pour une politique qui mène à l’un des déficits publics les plus élevés de l’Union Européenne, et qui veut limiter les hausses d’impôts touchant la classe moyenne. C’est plutôt d’une politique de relance qu’il s’agit, comme cela a été expliqué dans l’article L’austérité au Royaume Uni. Le déficit prévu pour 2013-2014 s’élève ainsi à 7,4% du PIB, comparé à un déficit au cours de l’année 2012 de 3,7% prévu en France. Les chiffres de 2011 fourni par Eurostat sont aussi éloquents. Par ailleurs, la politique de la Banque d’Angleterre est très accommodante. Elle soutient l’économie par la création monétaire.

Malgré cette politique de déficits, le gouvernement diminue des budgets publics, plafonne des rémunérations. Ce qui est qualifié d’austérité. La vérité, c’est que l’économie britannique a été soutenue à la fois par les déficits, la dépense publique, et le crédit, sous les précédents gouvernements travaillistes. Elle a subi la crise de plein fouet. Le gouvernement de David Cameron a choisi de ne pas trop combattre le déficit, pour, selon lui, préserver la croissance. On ne peut pas vraiment appeler cela de l’austérité. Cependant, l’ampleur de la crise oblige à des efforts, bien que le déficit soit très élevé. En maintenant un déficit élevé, le gouvernement poursuit dans cette voix.

Pour relancer la croissance, le gouvernement britannique mise sur l’activité. L’activité des entreprises, par une diminution de l’impôt sur les sociétés, qui passe de 21% en 2014 à 20% en 2015, sachant que le taux était de 28% en 2010. Les cotisation sociales sont diminuées. Par ailleurs, le droit de timbre sur les transactions boursières est supprimé pour les actions des sociétés cotées sur le marché des entreprises de croissance, comme l’AIM de la bourse de Londres. C’est donc un budget qui veut favoriser les entreprises, l’embauche par les entreprises, et le développement de nouvelles entreprises.

Le budget veut aussi favoriser l’activité de la population active. Il augmente le plafond des réductions fiscales pour les couples avec enfants. C’est une réduction fiscale destinée aux couples qui travaillent (cf. le site du HMRC et cet article du Daily Mail).

Ces baisses de prélèvements sont financées par une baisse d’1% du budget de la plupart des ministères, l’éducation et la santé n’étant pas concernées. Une limitation à 1% des hausses de salaires dans la fonction publique, inférieure à l’inflation. Le taux de pension de retraite sera uniformisé. Le budget social verra aussi sa progression limitée.

Le second volet de la politique de George Osborne est un approfondissement de la politique monétaire accommodante. Le Chancelier de l’Échiquier veut ainsi garantir pour 130 milliards de livres de prêts immobilier, pour encourager l’achat immobilier. De plus, George Osborne veut modifier les attributions de la Banque d’Angleterre, pour la voir favoriser encore plus la croissance qu’elle ne le fait aujourd’hui, en utilisant des outils non conventionnels. Il s’agit donc de relancer la croissance par la création monétaire, c’est-à-dire le crédit.

Le projet de George Osborne est un beau mélange. D’un côté, il facilite l’entrepreneuriat, et le développement des entreprises. D’un autre, c’est une politique de relance, par les déficits et la monnaie. Ce dernier point est d’ailleurs inquiétant. En effet, la crise provient de l’excès de crédit. De l’excès de crédit dans l’immobilier notamment, aux USA, mais aussi en Grande Bretagne. Or, voici que cette dernière veut à nouveau soutenir l’économie par le crédit. Va-t-on vers une nouvelle bulle ? George Osborne prend un grand risque avec la politique monétaire. Il est vrai que son objectif ce sont les élections, dans deux ans. Le calendrier de l’État est le très court terme, tandis que celui de l’entreprise et de l’économie est plus dans le long terme.


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