Hiver solidaire, une véritable initiative de solidarité

Clochard à Paris

Hiver solidaire, une initiative de vraie solidarité intéressante de l’église catholique à Paris touche à son terme pour cette année.

Hiver solidaire, une initiative de vraie solidarité intéressante de l’Église catholique à Paris touche à son terme pour cette année.

Par Alexis Vintray

Dimanche dernier, l’initiative Hiver solidaire touchait à son terme pour les paroisses catholiques de Paris qui l’organisaient pour la 5e année consécutive. Pendant les 2-3 mois les plus froids de l’année, plusieurs dizaines de paroisses à Paris ont ainsi  à nouveau accueilli des SDF, en leur offrant un toit pour la nuit, des repas chauds et surtout la possibilité de trouver une écoute et de se reposer.

Dans chacune de ces paroisses, des groupes de plusieurs dizaines de bénévoles se sont relayés, pour dîner, dormir ou prendre le petit déjeuner avec 2 à 5 (ou plus encore) SDF accueillis dans différents locaux de l’Église catholique à Paris.

Chaque paroisse, en fonction de ses moyens ou de la taille de ses locaux, héberge un nombre variable de sans-abris. À Saint-Séverin (Paris 5e) une quarantaine de bénévoles ont ainsi accueilli près d’une dizaine de SDF, hommes et femmes. À Sainte-Marie des Batignolles dans le 17e arrondissement, ce sont plus d’une centaine de bénévoles d’Hiver Solidaire qui ont accueilli, avec ses locaux plus petits, deux SDF « seulement » : Paulo, 76 ans, et Amid, la cinquantaine. Si les soirées finissent toujours par une prière, les différentes paroisses accueillent indifféremment catholiques et non catholiques parmi leurs hôtes de quelques mois.

Un point commun dans toutes ces initiatives, la philosophie, qui va bien au-delà de la simple assistance matérielle : aider leurs hôtes à reprendre pied en essayant de leur offrir une famille d’adoption pour quelques mois, en « créant une relation d’amitié fraternelle entre les habitants d’un quartier et les gens de leurs rues« . Le soutien humain, l’écoute et le dialogue bien plus que la distribution aveugle de chèques comme peut le faire un État-providence incapable de répondre à la diversité et à la grande difficulté de ces parcours de vie tous différents.

Au traitement en masse, les bénévoles d’Hiver Solidaire préfèrent le traitement individuel de chacun, qui toujours est appelé par son prénom. Comme le déclarait Bertrand Cavalier, diacre à Saint Séverin, « l’objectif n’est pas de faire du chiffre. D’abord nous n’en aurions pas les moyens. Et notre optique est de pouvoir accorder du temps aux personnes. »

De belles initiatives de solidarité qui ne sont pas sans en rappeler d’autres, telles ces colocations entre anciens SDF et jeunes à Paris, et qui tranchent surtout avec le discours des hommes politiques : ceux-ci, Cécile Duflot en tête, sont les premiers à blâmer les uns et les autres, les accusant de ne pas être assez solidaires et prônant une « solidarité » évidemment forcée par vos impôts. Pourtant, ce sont aussi les derniers à aider réellement ceux qui sont dans le besoin.

À l’inverse, les vraies initiatives de solidarité comme Hiver Solidaire sont souvent occultées par des médias préférant le brassage de vent inutile des politiciens aux actions réellement utiles de la société civile. Espérons que cela change enfin car de telles initiatives émanant de la société civile sont infiniment préférables à l’aide publique aveugle, pour de nombreuses raisons.

Là où la distribution d’aides sociales ne sert qu’à masquer le problème et l’amplifie plutôt, ces initiatives associatives sont bien plus efficaces pour aider à la réinsertion. D’un côté, un accueil en foyer surpeuplé et la distribution d’allocations qui n’enrichissent que les vendeurs d’alcools, de l’autre un véritable accueil et une écoute pour reprendre pied et essayer de repartir dans la vie. Incomparable.

Plus largement, les aides publiques sont-elles là pour lutter contre la pauvreté ou y maintenir des électeurs captifs ? Comme le disait avec beaucoup de justesse Margaret Thatcher, « l’objectif inavoué du socialisme est d’accroître la dépendance », pour augmenter son électorat. Doit-on avoir pour objectif d’avoir toujours plus de logement sociaux, ou au contraire de sortir les individus de la pauvreté pour qu’ils se logent par eux-mêmes ?

Rendons aux Français leur argent gaspillé par un État-providence inefficace, pour que puissent fleurir de nombreuses initiatives authentiquement solidaires comme celle-ci. Ainsi seulement pourra-t-on aider les plus démunis au lieu de les enfermer dans le cercle vicieux de l’assistanat.

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