Les bouffées de chaleur du réchauffement climatique

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Le débat autour du réchauffement climatique d’origine humaine « indiscutable » a dépassé les frontières de l’absurde au point d’en devenir comique.

Le débat autour du réchauffement climatique d’origine humaine « indiscutable » a dépassé les frontières de l’absurde au point d’en devenir comique.

Par Stéphane Montabert depuis la Suisse.

« La Terre est en passe de devenir plus chaude que lors des 11300 dernières années », clame une étude soigneusement relayée sur le site d’information Romandie.com.

Bien entendu, sitôt la manchette passée (mais combien de gens lisent-ils encore les articles?) le soufflé se dégonfle assez vite :

Se fondant sur des analyses effectuées sur 73 sites autour du globe, des scientifiques ont pu reconstituer l’histoire des températures terrestres depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11.000 ans.
Ils ont constaté que ces dix dernières années ont été les plus chaudes, comparé à 80% des 11.300 années passées.
Virtuellement, tous les modèles climatiques évalués par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent que la Terre sera plus chaude d’ici la fin du siècle qu’à n’importe quel moment durant les 11.300 dernières années et ce, selon tous les scénarios plausibles d’émissions de gaz à effet de serre.

Après l’affirmation d’une caution scientifique à toute épreuve, on apprend donc incidemment que les dix dernières années auraient été les plus chaudes que quatre-vingt pour-cents des 11.300 dernières années, ce qui laisse tout de même plus de 2.000 années plus chaudes qu’aujourd’hui. Expliqué de cette façon, c’est un peu moins effrayant et beaucoup moins spectaculaire.

Oubliant que toutes les températures du passé sont basées sur des estimations hasardeuses et imprécises voire manipulées (sans parler d’une notion de « température moyenne mondiale » extrêmement douteuse), l’article reprend vite le laïus habituel sur la Terre-condamnée-à-se-réchauffer sur la base des modèles climatiques évalués par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le fameux GIEC.

Vu de Suisse, ce genre de dépêche sensationnaliste ne provoque même plus de réaction. Le public est blasé, mais aussi, hélas, convaincu. À en croire les reportages de la télévision publique helvétique impeccablement alignés sur les thèses réchauffistes, le climat ne se réchauffe nulle part plus vite qu’en Suisse.

Les médias prennent un soin particulier à occulter tout débat. Science is settled, comme disent les inquisiteurs en dressant le bûcher. Il y aurait pourtant un intérêt public prépondérant à relayer les nombreuses polémiques faisant rage sur ce dossier, certaines impliquant des factions à l’intérieur même du camp des partisans du réchauffement climatique.

L’une d’elle a trait à l’utilisation de modèles par le GIEC. Les températures étant très complexes à extrapoler, il faut « simplifier » les mécanismes climatiques selon divers axes, étudier quelques phénomènes aux dépens du reste et ajouter un zeste de poudre de perlimpinpin.

Déjà, le GIEC emploie plusieurs modèles – FAR, SAR ou AR4 pour citer quelques acronymes aussi engageants qu’une marque de chewing-gum d’Allemagne de l’Est – et ces modèles livrent des résultats incompatibles entre eux. Comment proclamer que la Terre se réchauffe de façon « rapide » voire « catastrophique » lorsque cinq thermomètres statistiques n’arrivent pas à faire mieux que livrer cinq températures différentes ?

Certes, on répondra que si tous indiquent de la fièvre, il y a peut-être des raisons de s’inquiéter. L’argument semble tenir la route, à ceci près que le monde politique (et en son sein les écologistes les plus extrémistes) fait preuve de bien peu de modération dans ses analyses en prenant systématiquement pour argent comptant les chiffres les plus dramatiques. Le bon sens ne réclamerait-il pas plutôt de choisir enfin un seul thermomètre – le meilleur, le plus juste – et de s’y tenir ? Mais aborder le problème sous cet angle soulève encore plus de questions sur la pertinence de ces fameux modèles…

En effet, le monde s’inflige la théorie du réchauffement climatique depuis maintenant suffisamment longtemps pour que les mesures actuelles examinant la Terre sous toutes les coutures, même depuis l’espace, soient confrontées aux prédictions des modèles.

Et le moins que l’on puisse dire est que ça ne colle pas :

Graphique extrait du rapport préliminaire AR5 du GIEC, décembre 2012.

Il suffit d’avoir des yeux ouverts et un peu de matière grise entre les oreilles pour constater que les températures réelles mesurées (en noir) sont, qu’on le veuille ou non, bien en-deçà de l’apocalypse réchauffiste (surfaces d’incertitudes de chaque modèle colorées de diverses teintes) que nous servent en chœur avocats de la cause et journalistes. Et encore, par pudeur, le graphique ne montre pas les tendances de ces modèles jusqu’en 2100.

Ne comptez pas trop sur les médias helvétiques pour vous rapporter ce genre d’information.

Ne croyez pas non plus que ce modeste graphique soit un instant d’égarement ou une erreur de publication ; les choses deviennent vraiment intéressantes quand M. Pachauri, le président du GIEC en personne, admet publiquement le mois dernier qu’il n’y a pas eu de réchauffement climatique mondial au cours des dix-sept dernières années.

Pas de réchauffement climatique.

Dans les dix-sept dernières années.

Relisez, encore et encore.

Combien de reportages et de documentaires sur la réalité-du-réchauffement-climatique-ici-et-maintenant avez-vous vu sur la même période ?

Venant de n’importe quel climato-sceptique forcément aux ordres des multinationales pétrolières, l’affirmation ferait sourire et serait immédiatement défaussée. Mais de la part du directeur du GIEC lui-même, il y a de quoi douter. C’est un peu comme si le Pape affirmait à un journaliste que cette histoire de Jésus et de résurrection n’est finalement qu’un gros malentendu.

Science is settled, vous disait-on ?

Mais au fait, quelle mouche a piqué M. Pachauri ? Tout simplement l’écart de plus en plus net entre le réchauffement hystérique proclamé par les modèles du GIEC et la réalité, rendant intenables les cris de panique habituels. Certains avancent l’hypothèse que M. Pachauri se lance dans un modeste mea culpa pour restaurer une crédibilité en miettes et pouvoir proclamer quelque chose comme « le temps nous aura donné raison » des fois que les températures augmentent réellement d’ici quelques années ; le pari est audacieux, mais le GIEC est si mal en point qu’il n’a plus guère le choix.

Le plus terrible est que tout cela aurait pu être évité simplement en abordant dès le départ une attitude précisément scientifique. Comme l’explique le professeur Robert Carter :

Compte tenu de la grande variabilité naturelle manifestée par les données climatiques, et l’incapacité à ce jour d’y sélectionner ou d’y identifier un signal anthropique [c’est-à-dire provoqué par l’Homme], la bonne hypothèse de départ est l’hypothèse nulle, parce qu’elle est la plus simple qui soit compatible avec les faits connus, et qui peut être formulée ainsi : les changements climatiques globaux sont présumés être d’origine naturelle, au moins jusqu’à ce que des preuves spécifiques parviennent à démontrer la causalité anthropique.

C’est une des caractéristiques les plus extraordinaires du GIEC que les études qui y sont menées procèdent d’une inversion (injustifiée) de l’hypothèse nulle, à savoir : les changements climatiques globaux sont présumés résulter des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, au moins jusqu’à ce qu’une preuve spécifique n’indique le contraire.

Évidemment, une posture aussi biaisée scientifiquement ne pouvait que faillir sur le long terme :

La réalité scientifique actuelle est que l’hypothèse du GIEC sur le réchauffement climatique dangereux a été testée à plusieurs reprises, et que ces tests ont échoué. Malgré l’investissement d’importantes sommes d’argent au cours des 25 dernières années (plus de 100 milliards de dollars), et l’immense effort de recherche effectué par les scientifiques liés au GIEC et par des scientifiques indépendants, à ce jour, aucune étude scientifique n’a établi un lien avéré entre les changements d’un quelconque paramètre environnemental significatif et l’origine humaine des émissions de dioxyde de carbone.

Sans parler du fait que la planète ne se réchauffe même pas…

Mais peu importe ! Dans la sphère médiatique européenne le combat continue, même contre des moulins à vent. On joue sur les mots ; on ne parle plus de réchauffement climatique, mais dérèglement climatique, ce qui induit l’idée que le climat a été réglé un jour, une parfaite hérésie ; ou encore de changement climatique, ce qui induit que précédemment le climat ne changeait pas, une autre excellente plaisanterie !

Le débat autour du réchauffement climatique d’origine humaine « indiscutable » a dépassé les frontières de l’absurde au point d’en devenir comique. Il sera intéressant d’examiner pendant combien d’années les médias, et en particulier les médias suisses, continueront sur leur lancée avec le même cap idéologique, éloignés d’une réalité qui a réussi à s’imposer même au directeur du GIEC.

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