UE : vers l’empire galactique ?

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Quelle comparaison peut-on dresser entre l’Union Européenne et la célèbre série Star Wars (La Guerre des Etoiles) ?

Quelle comparaison peut-on dresser entre l’Union européenne et la célèbre série Star Wars (La Guerre des Étoiles) ?

Par Florent Belon.

Star wars : l’instauration de l’empire galactique

La célèbre série La Guerre des Étoiles (Star Wars) conte l’ascension de l’empire galactique sur les décombres d’une république décadente, et la lutte d’une rébellion refusant ce régime autocrate et surtout dirigiste. L’artisan de cet empire est le sénateur Palpatine, sith membre du côté obscur de la force.

Il mène une politique très habile. S’étant forgé une image effacée et rassurante éloignée de celle du dictateur mégalomane, il organise des troubles afin de mettre en difficulté le régime de république existant et susciter le besoin d’un régime plus musclé.

Il manœuvre quelques politiciens influençables afin de se voir proposer des pleins pouvoirs, qu’il met à profit pour amplifier en sous-main les désordres et par conséquent le besoin d’interventionnisme du pouvoir central.

Le point de rupture est un faux attentat permettant une crise permettant l’affirmation de son pouvoir totalitaire et la chasse des gardiens des valeurs de liberté du régime ancien, qui sont les jedi, accusés d’être une menace.

L’UE : d’un outil de promotion des libertés à une fin politique

L’UE fut pendant longtemps un outil de promotion des libertés individuelles, élargissant les libertés de (circulation, échanges…). Elle communique d’ailleurs sur ces « acquis » pour promouvoir une image des plus positives. Mais, comme tout organisme, elle a une tendance à prendre son indépendance, augmenter ses moyens et pouvoirs. D’organe collégial, elle devient institution, qui s’approprie éléments de souveraineté après éléments de souveraineté dans une quête de pouvoir continue. L’Europe n’est plus synonyme de protection des libertés mais de puissance avec des objectifs propres. Les politiques qu’elle mène deviennent de plus en plus dirigistes, s’éloignant des principes de protection des libertés individuelles pour embrasser des politiques d’harmonisation, trop souvent synonymes d’uniformisation.

L’UE est devenue La Mecque des constructivistes de tout poil, environnementalistes, protectionnistes, lobbyistes véreux (ascenseurs), socialistes, féministes… qui voient dans cette structure la promesse d’un pouvoir bien plus grand que celui de l’État national soumis aux pressions de la réalité, qu’il peut nier de plus en plus difficilement (sauf en France pendant encore quelques mois de sursis) et à la démocratie qui surprend encore parfois à adopter un sursaut en faveur de la liberté. Je frémis à l’écoute du mot « projet politique européen » imaginant toutes les catastrophes socialistes en gestation. Ce terme est presque aussi terrible que « l’intérêt général », tout aussi insaisissable et pratique pour justifier l’atteinte aux droits individuels. J’avais évoqué dans le texte Big is beautiful cet attrait qui constitue une fuite en avant invraisemblable face à l’échec patent de ces politiques socialistes.

Et bien entendu, cet accroissement du pouvoir de l’UE est vendu comme la solution nécessaire à la protection du citoyen contre l’étranger (Chine et USA en tête), la spéculation et autres légendes socialistes, mais également contre des risques vraiment terrifiants : la disparition d’espèces de crapauds ou encore la taille des bananes (précisément entre 14 et 27 cm – Cette réglementation s’appliquera-t-elle à d’autres protubérances ?).

Dans ce contexte, les candidats au Palpatine d’or sont nombreux : Barroso, Van Rompuy (qui imaginerait dans cet homme un risque quelconque, brillant !), ou bien les politiques français (le discours européen de Hollande est terrifiant… mais celui de Bruno Lemaire et autres centristes est également inquiétant…).

Comment ne pas regretter de ne pas compter parmi nos politiques français ne serait-ce qu’un Nigel Farage, personnage non socialiste, non dirigiste, portant un regard factuel sur l’UE avec une éloquence rare. Van Rompuy, Barroso, et Sarkozy en son temps, ne répondent qu’avec des propos généraux et fuyants, sans consistance, tout cela au milieu de ce parlement sans âme, aux dizaines de langues, où siège une foule aussi hétéroclite et morne que celle du Sénat de la République déclinante.

Comment ne pas regretter un éventuel départ du Royaume-Uni de l’UE qui freinait les ambitions de ce monstre (terme choisi non en raison de la puissance mais de l’absence de qualification et de contours) que l’Europe tend à devenir, si ce n’est de se dire qu’il deviendra un asile proche, alternative à la Suisse ? Comment les rébellions s’organiseront-elles si rébellions il y a ? Seront-elles nationales ou européennes ? En dehors de l’UE ?

Si l’on assimile l’UE à une URSS en devenir, le sentiment national pourrait de nouveau être le catalyseur de la liberté. Mais on exprimera des réserves dans le cas de la France où les partis attachés à l’idée de Nation sont aussi gangrenés par les idées socialistes que le parti conservateur anglais avant l’arrivée de Thatcher au pouvoir. L’émergence d’une personnalité alliant l’idée nationale et la défense des libertés individuelles me semble le remède le plus apte à lutter contre le côté socialiste obscur de la force, mais il n’est pas encore incarné.