Goodyear : Montebourg, démission !

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Quoi que l’on pense de la polémique entre Arnaud Montebourg et le PDG de Titan, il faut se rendre à l’évidence : la France n’a vraiment plus la cote.

Quoi que l’on pense de la polémique entre Arnaud Montebourg et le PDG de Titan, il faut se rendre à l’évidence : la France n’a vraiment plus la cote.

Par Philippe Robert.
S’agissant de l’usine Goodyear sise à Amiens-Nord, et quoi qu’on puisse penser du style employé par Maurice M. Taylor dans sa lettre comminatoire adressée à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, il faut se rendre à l’évidence : la France n’a vraiment plus la cote.

En effet, il ressort de cette passe d’armes que l’action des syndicats, et tout spécialement la CGT communiste qui ne cesse depuis plus de 60 ans de pourrir l’esprit des travailleurs français en particulier et du peuple français en général, est devenue un repoussoir pour les investisseurs internationaux.

« Les syndicats n’existent que sous la perfusion de l’État, des collectivités locales et des entreprises, puisque les cotisations ne représentent que 3 à 4% de leurs budgets. Si bien que Taylor, en dépit d’un cynisme agaçant, a raison quand il souligne que la CGT politisée (…) ne tient que grâce au gouvernement français » (La CGT est-elle un “syndicat fou ?”).

À partir de 1981, tous nos Présidents de la République et à fortiori tous leurs gouvernements successifs n’ont finalement été capables, selon la forte expression de Christian Saint-Etienne, que d’entretenir à grands frais une médiocrité consentie que notre pays, désormais, s’apprête à payer au prix fort.

La chute de la France dans la “médiocrité consentie” est l’effet d’un grand renfermement sur soi qui procède du refus d’analyser le monde et de surfer sur les grandes vagues qui modèlent l’environnement économique, social et politique. En France on ne surfe pas ! On disserte sur la légitimité des grandes vagues au regard des préjugés d’une pensée devenue archaïque. Noyade garantie.

C’est exactement ce que vient aussi de nous rappeler sans mâcher ses mots ni vaines fioritures le PDG de Titan, Maurice M. Taylor Jr, dans sa missive (explosive) adressée au ministre Arnaud Montebourg. Mais rien n’y fait, le coq gaulois à la sauce socialiste campe fièrement sur ses ergots.

Ainsi, la réponse indignée du berger (français), jouant les vierges effarouchées, à la bergère (américaine) montrant ses muscles ne s’est-elle pas fait attendre : « Vos propos aussi extrémistes qu’insultants témoignent d’une ignorance parfaite de ce qu’est notre pays (…) Soyez assuré de pouvoir compter sur moi pour faire surveiller (…) avec un zèle redoublé vos pneus d’importation”. Jamais David ne terrassera Goliath s’il se contente de l’abreuver de vaines invectives…

Arnaud Montebourg se trouve désormais pris entre deux feux : d’un côté la puissante Amérique lui fait la leçon, certes de manière cavalière, mais à qui la faute ? De l’autre, l’imprudent ministre doit rendre des comptes à ceux qu’il a contribué à enfumer. À sa place, j’aurais déjà démissionné.