L’EDF, un conte fantastique

La Cour des comptes a épinglé EDF dénonçant les avantages versés aux dirigeants et salariés sans lien avec la performance de l'entreprise.
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Tour EDF à la Défense (Crédits Olivier Durand, licence Creative Commons)

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L’EDF, un conte fantastique

Publié le 20 février 2013
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La Cour des comptes a épinglé EDF dénonçant les avantages versés aux dirigeants et salariés sans lien avec la performance de l’entreprise.

Par Michel de Poncins.

Le siège d’EDF à Paris (CC, Tangopaso)

La Cour des Comptes vient de jeter tout tranquillement un pavé dans la mare à l’occasion de son rapport annuel paru le mardi 12 février. C’est la totale. L’EDF est théoriquement privée et cotée en bourse. Dans les faits, elle est jalousement gérée par l’État, lequel est rempli de camarades des dirigeants. Or le rapport est très critique sur les pratiques de ces dirigeants. Les salariés bénéficient de salaires et d’avantages très généreux sans lien évident avec la performance de l’entreprise. De ce fait et contrairement aux salariés du secteur privé, ils n’ont pas subi de ralentissement de la progression de leur rémunération globale depuis 2008 en dépit des résultats contrastés d’EDF. Parmi les heureux bénéficiaires de ce généreux mouvement, il est évident que le groupe des hauts dirigeants est amplement gâté. Il se trouve aussi que de proche en proche tout le personnel se trouve favorisé. Parmi les avantages divers se trouvent de fastueuses retraites. Parmi les coûts, ne pas oublier les niches confortables offertes à des camarades en panne dans leur carrière.

La Cour pousse son analyse dans le détail. Elle pointe de nombreux avantages pour les salariés comme des tarifs avantageux ou des abonnements gratuits. Espérons modestement que cette possibilité pour une dépense essentielle ne conduit pas certains agents particulièrement serviables et peu scrupuleux à faire bénéficier leurs gentils voisins de cette aubaine !

Les origines historiques

Le conte fantastique a des racines historiques profondes. Après la guerre, le premier acte fut une opération de banditisme d’État, par laquelle le pouvoir  politique nationalisa les diverses compagnies d’électricité qui remplissaient parfaitement leur office et auraient pu continuer ainsi à la satisfaction générale.

Malgré l’ambiance révolutionnaire de l’époque, une indemnisation des actionnaires fut prévue sous forme d’un titre donnant droit à 1% du chiffre d’affaires pendant de longues années. Le banditisme initial conduisait inévitablement à des problèmes, car on n’imagine pas facilement une entreprise rembourser ses actionnaires par un pourcentage sur le chiffre d’affaires tout en continuant son développement. Les titres spéciaux ont été considérés longtemps comme des placements de pères de famille atteignant des valeurs inattendues : pour certains, la rapine initiale fut une véritable chance !

Parallèlement, un autre 1% du chiffre d’affaires était dévié vers les syndicats sous couleur d’action sociale. Ces sommes énormes ont été captées, illico presto, par la CGT et ont servi clairement à l’enrichissement des syndicats et donc des chefs syndicalistes et de leur entourage. Le comité d’entreprise, plaque tournante de cet argent, avait été accroché durement pat la Cour des comptes en 1990 et 2007. La richesse du syndicat lui a permis d’acheter et d’entretenir plusieurs luxueux châteaux dans la France profonde. Les camarades qui dirigent ces demeures doivent bénéficier de jobs fort sympathiques !

Au premier acte de banditisme, il s’en est ajouté un deuxième par un prélèvement abusif de 2% du chiffre d’affaires. L’énormité des sommes a pesé pendant des années sur les utilisateurs du courant, donc sur toute la France : un calcul honnête devrait tenir compte des intérêts composés et des variations monétaires ; il est  impossible à faire mais il montrerait sur des décennies l’immense déperdition de richesse qui en est résulté. Un principe financier veut que les dégâts initiaux ne se réparent jamais. C’est comme si des paquets de billets avaient été déchirés.

Le monopole

De toute façon, la brutalité du monopole assurait les arrières. Bien sûr et, mensongèrement, la propagande dira que la France fut ainsi équipée et que sa technique était « enviée dans le monde entier ». L’information dans le cadre du monopole étant télécommandée par EDF, personne ne saura jamais la vérité.

Pendant des lustres, les pouvoirs successifs logèrent dans ce fromage très républicain leurs amis et connaissances. C’était la belle époque où, à l’échelon d’en-dessous, les fils d’EDF devenaient facilement EDF. Nous ignorons si ce système perdure.

Il faut rappeler le temps pas si lointain où les énarchos-socialos au pouvoir avaient imaginé investir en Amérique latine. L’idée géniale consistait à se rattraper sur  les populations de ces pays en leur faisant supporter la mauvaise gestion de l’EDF en France. Trois pays d’Amérique latine furent visés : Brésil, Mexique, Argentine. Il a fallu plier bagage après des milliards d’euros de pertes.

L’action EDF fut introduite à la cotation en novembre 2005 au cours de 25,54 et se retrouve aujourd’hui à 14,65. Si l’on tient compte de la dépréciation monétaire la chute est sévère.

Pour les économistes, une nationalisation ouvre dès le début la porte à diverses causes de ruine. Quand, plus tard, un autre pouvoir veut légitimement dénationaliser, la ruine s’inscrit dans les faits. Des exemples de ce type ont foisonné dans les pays de l’Est !

—-

Le CE d’EDF encore épinglé par la cour des comptes.

Le CE d’EDF trébuche en salto arrière. Encore.

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  • Mon message s’adresse particulièrement à l’auteur de cet article. J’ai envie de vous dire vous êtes jaloux ou quoi? ça vous choque de voir des agents EDF qui bénéficient de certains avantages acquis depuis des décennies. Aujourd’hui vous êtes entrain de remettre en question tous ces avantages. Mais ça vous choque moins de voir une banque comme Goldman Sachs qui a ruiné la Grèce et continue à ruiner d’autres pays, pourquoi vous ne parlez pas de cette entreprise? pourquoi n’êtes-vous pas révolté contre eux ? Mais qui êtes-vous pour donner des leçons à l’EDF,? économiste soit disons, vous êtes tous alignés derrière cette économie capitaliste qui continue d’enrichir les riches et mettre les pauvres dans des situations encore plus précaire.
    Continuer à défendre les banquiers et les financier, c’est normal , c’est eux qui vous payent pour défendre leurs intérêts. Quand on lit ce genre d’article c’est en ce moment la qu’on se rend compte que la bêtise et l’égoïsme humaines n’ont pas de limite….Hommage à toutes les victimes qui vont croire vos conneries.

    • Oui cela me choque de voir les agents d’EDF avoir des avantages qu’ils ne méritent pas. Avantages que je paie sur ma facture.

      Oui cela me choque de voir les syndicats français qui ont des châteaux pour eux…
      http://www.dreuz.info/2012/12/cecile-duflot-pour-les-sans-abris-requisitionnez-ces-14-chateaux-quasi-vides-des-syndicats/

      Oui cela me choque de savoir que pour rentrer dans les « entreprises d’état » il faut avoir une coaptation, et non pas de la compétence.

      Oui cela me choque de savoir que l’état a nationalisé des entreprises privées alors qu’il n’a pas le droit de le faire.

      Oui cela me choque qu’il fasse croire que tout va bien grâce aux monopole d’état, alors que se sont les entreprises privées qui paient la charge.

      Oui cela me choque que l’état s’arroge un droit de monopole alors qu’il l’interdit aux entreprises privées…

      Oui cela me choque que le gouvernement socialiste revienne sur le seul jour de carence des fonctionnaires, et laisse le privé avec trois jours de carence…

      Oui cela me choque que les agents de l’état puissent prendre une retraite à taux plein à 55 ans, alors que pour un agriculteur, un commerçant, un artisan se sera à 67 ans.

      Oui cela me choque que les « régimes spéciaux » de retraite existe, alors que c’est totalement injuste. Que des gens touchent une pension 4 ou 5 fois supérieur au minimum vieillesse et qu’en plus ils ont le droit de travailler sans perte de pension…

      Quand à Goldman Sachs : ce n’est pas cette banque qui a mis la Grèce en faillite, mais c’est l’état socialiste grecque. Goldman Sachs a été payée pour trafiquer les comptes de la Grèce, elle a été payé par le parti socialiste grecque. Si la banque est coupable c’est d’avoir accepté le marché. De toute manière une autre banque l’aurait fait… Car c’est bien le PS grecque qui a fait la demande. C’est lui le vrai coupable.

      Exactement comme le PS en France (avec Mitterrand) qui a maquillé la dette de la France en ne prenant pas en compte les encours de crédits et les engagements. La France va devoir trouver 900 milliards d’euros d’ici 2020 pour payer UNIQUEMENT LES RETRAITES DES 4 MILLIONS DE FONCTIONNAIRES ENGAGES SOUS MITTERRAND !!!!

      • Si on fait le comparatif les agents edf ne bénéficient pas de meilleurs salaires et avantages que les salariés des grosses boites du CAC 40 comme sanofi total etc..
        la vrai chose à reformer et je vous rejoint est le régime spécial des retraites totalement abusif et la prise de pouvoir de la cgt sur le comité d’entreprise d’edf avec opacité totale pour rappel le budget du ce est de 1% du CA total d’edf soit environ 340 millions d’euros..

  • « certains agents particulièrement serviables et peu scrupuleux à faire bénéficier leurs gentils voisins de cette aubaine ! »
    Vous rigolez j’espère… Avez-vous déjà vu des fonctionnaires faire de la « justice sociale » avec leurs propres deniers… Au mieux ils ignoreront leurs voisins, draper dans la suffisance de leur statut de « Membres d’EDF », au pire ils revendront l’électricité à un prix inférieur à celui d’EDF, mais suffisamment haut pour leur assurer une jolie rente !!!

    « à l’échelon d’en-dessous, les fils d’EDF devenaient facilement EDF. Nous ignorons si ce système perdure. »
    Bien sur qu’il perdure… Essayer de vous faire engager (ou un membre jeune de votre entourage) chez EDF si vous n’avez pas « une connaissance » dans la place. J’ai bossé pour EDF en consultant externe (cdd) durant des années. Chaque fois que je demandais un poste en cdi, il n’y en avait pas. Pourtant des flopées de jeunes étaient recrutés… tous enfants d’agents EDF…

    « Quand, plus tard, un autre pouvoir veut légitimement dénationaliser, la ruine s’inscrit dans les faits. »
    On comprend mieux pourquoi personne ne veut privatiser EDF en France. Il faudrait solder les comptes d’abords… et tout les français verraient enfin la vérité sur la « machine à cash de l’état »…

  • Les commentaires sont fermés.

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