Une classe moyenne mondiale de 5 milliards d’individus en 2030

foule démographie

La mondialisation des échanges s’est traduite par une augmentation sensible des revenus moyens de la population humaine. Ce phénomène a permis l’apparition d’une classe moyenne dans de nombreux pays émergents.

La mondialisation des échanges s’est traduite par une augmentation sensible des revenus moyens de la population humaine. Ce phénomène a permis l’apparition d’une classe moyenne dans de nombreux pays émergents.

Par Aymeric Pontier.

À l’heure actuelle, la classe moyenne mondiale qui est en pleine expansion compte environ 2 milliards d’individus selon les dernières statistiques de l’OCDE, dont 500 millions vivent en Asie. Et dans les décennies qui viennent, l’essor de la classe moyenne va largement s’amplifier. Toujours selon l’OCDE, la classe moyenne mondiale devrait dépasser les 3 milliards d’individus en 2020, pour atteindre les 5 milliards en 2030 ! À cette date, plus des 2/3 tiers de la classe moyenne mondiale devrait vivre en Asie. Un bouleversement radical !

L’Asie ne sera donc plus à cette date un simple lieu de production pour les entreprises globales, et va devenir rapidement (dès 2020) leur principal marché. Les États-Unis et l’Europe étant relégués au rang de marchés secondaires… Autrement dit, les produits de demain seront fabriqués pour correspondre d’abord aux goûts et aux normes des populations asiatiques. Et non plus aux nôtres.

Mais ce n’est pas la seule conséquence de ce vaste mouvement de « tectonique des plaques ». Par exemple, si la classe moyenne représente 5 milliards d’individus sur une population de 8 milliards d’habitants (d’après les prévisions démographiques), cela signifie qu’en 2030 la majorité des êtres humains vivant sur Terre aura accès à des soins de santé de qualité, et pourra offrir une éducation convenable à ses enfants ! Toutes choses qui étaient uniquement l’apanage des occidentaux il y a peu. Une première dans l’Histoire ! Et une merveilleuse nouvelle…

Par ailleurs, l’émergence d’une classe moyenne s’est toujours traduite dans le passé par un gain démocratique. En effet, après avoir satisfait leurs besoins de base et gagné en confort de vie, les populations tendent généralement à demander de nouveaux droits ou libertés. Et à les obtenir compte tenu de leur pouvoir d’influence grandissant ! Les répercussions en cascade sont tellement vastes qu’il est difficile d’imaginer ou même de concevoir ce monde pas si lointain, que nous verrons de notre vivant (pour les chanceux).

Cependant, certains esprits chagrins avancent l’idée que cette montée en puissance de la classe moyenne asiatique ne peut se faire qu’au détriment de notre propre classe moyenne. Voilà une idée bien curieuse très éloignée de la réalité. Car, en ce qui concerne le « fantasme du déclin » de la classe moyenne française, l’économiste et sociologue Éric Maurin a démontré chiffres à l’appui dans un récent ouvrage que la classe moyenne ne s’était pas appauvrie, contrairement aux idées reçues. En revanche, il est vrai que l’anxiété et la peur du déclassement se sont accrues, ainsi que la sensation de devoir « faire bien plus d’efforts » pour parvenir au même résultat.

Mais ces difficultés s’expliquent surtout par les hausses spectaculaires de loyers et du prix du marché immobilier en général, depuis plus de 20 ans. La mondialisation des échanges est certes un bouc-émissaire facile et séduisant, toutefois se focaliser dessus c’est se tromper de combat.


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