Et si nos économies étatisées entraient en Carême ?

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Nos économies étatisées continuent à fêter le Mardi gras perpétuellement. Elles vont devoir se rendre compte qu’elles pèchent économiquement et entrer en Carême.

Nos économies étatisées continuent à fêter le Mardi gras perpétuellement. Elles vont devoir se rendre compte qu’elles pèchent économiquement et entrer en Carême.

Par Philippe Bouchat, depuis la Belgique.

Il n’aura échappé à personne – enfin je l’espère – que ce mercredi 13 février 2013 marquait, en tant que Mercredi des cendres, l’entrée dans le Carême. Pour rappel, le Carême succède au Mardi gras avec ses festivités carnavalesques et se caractérise par les actes de jeûne, prière et partage. Il constitue une montée vers Pâques qui débouche sur la Résurrection.

Je voudrais, dans ces quelques lignes, faire le rapprochement entre cette période qui vient de s’ouvrir et l’état de nos économies étatisées.

Les économies étatisées et le Mardi gras

Le Mardi gras est jour de réjouissances où l’on s’amuse, fait la fête et dépense sans compter. Qui ne saurait y voir de comparaison avec nos économies keynésiennes ? Rappelez-vous. Au début des Trente Glorieuses, le plein emploi permet les dépenses publiques les plus folles, auxquelles succèdent cependant les crises pétrolières et monétaires et l’explosion des dépenses de chômage. Libéralisation, mondialisation, globalisation, crises des dettes privées et souveraines : la société s’est ensuite complètement transformée à partir des années 80, n’ayant absolument plus rien à voir avec les années d’après-guerre. Or, notre État-providence demeure fondé sur le modèle élaboré par le Conseil national de la résistance : on continue toujours à dépenser sans compter de manière inconsidérée. Et les plans actuels de rigueur et d’austérité me diriez-vous ? Force est de constater que la plupart de ces plans sont constituées en grande partie d’augmentations importantes de la fiscalité plutôt que d’économies dans les dépenses publiques. Au contraire ! Les voix s’élèvent partout pour lancer des plans de relance par la croissance des dépenses. Bref, malgré les importantes difficultés passées et présentes, on continue à privilégier l’ouverture du robinet public. Nos économies continuent ainsi à fêter le Mardi gras perpétuellement…

Les économies étatisées et le Mercredi des cendres

Le Mercredi des cendres doit son nom aux cendres qui proviennent du buis brûlé, représentant symboliquement les péchés qui nous sont imputables. Le Carême marque ainsi un temps de purification. Ici aussi, le parallèle avec l’économie est éloquent. La dépense à tout-va engendre  clientélisme, déficit et endettement ; elle pervertit l’économie et l’éthique de l’effort. Bref, la prodigalité publique est péché économique. Comme telle, elle devrait donc être réduite en cendres. Les plans de rigueur, au lieu de spolier la classe moyenne, les entreprises et les investisseurs par des prélèvements confiscatoires et illégitimes, seraient bien inspirés de viser des mesures drastiques et intelligentes de réductions des dépenses publiques. Cette mauvaise graisse doit fondre. Il est donc nécessaire que nos économies entrent en Carême…

Le jeûne, le partage et la prière de nos économies étatisées

Nos États, non contents de brûler leurs mauvaises graisses dépensières, doivent se mettre à jeûner. Concrètement, ils doivent se remettre en question profondément, c’est-à-dire réfléchir aux secteurs desquels ils doivent se retirer, n’ayant rien à y faire. Nos états doivent en revenir aux missions régaliennes, protéger la propriété privée, les contrats, la concurrence. À titre très exceptionnel, les États pourraient intervenir pour suppléer le marché, en application des effets de voisinage.  Ce ne sont pas uniquement les dépenses qui doivent diminuer, mais la taille même des activités étatistes : tel est le jeûne économique que nous prônons.

Concomitamment au jeûne, les États doivent entrer en prière, c’est-à-dire méditer la bonne parole des évangiles libéraux. À ma connaissance, seuls Mitt Romney et plus encore Ron Paul se sont déclarés partisans des recettes de l’école autrichienne d’économie. Absolument aucun de nos dirigeants n’a le courage de proposer, défendre et expliquer par exemple la théorie schumpétérienne de la création destructrice à nos concitoyens. Aucune famille politique, pas même celle qui se réclame pourtant de son héritage, n’ose reprendre à son compte la proposition du général De Gaulle qui voulait remplacer le système actuel de sécurité sociale par l’octroi d’un crédit annuel dont l’inutilisé serait conservé pour moitié par le citoyen et l’autre moitié reversée à la solidarité nationale, conjuguant ainsi simplification administrative, liberté et responsabilité ? Personne n’ose proposer les bons d’éducation, comme la Suède et la Finlande le font par exemple. Il est temps de revenir aux fondamentaux et d’avoir enfin la foi de les mettre en pratique !

Enfin, les États doivent encourager le partage, la solidarité, non pas de manière contrainte, par la voie légale, mais en favorisant le recours à la charité privée.

La Résurrection de nos économies étatisées

Après avoir fait la fête inconsidérément comme lors du Mardi gras, nos économies étatisées vont devoir se rendre compte qu’elles pèchent économiquement et diminuer drastiquement leurs dépenses. Mieux encore : les États vont devoir se remettre en question et diminuer leurs tailles ; ils doivent en (re)venir aux fondamentaux du libéralisme authentique, sans oublier de veiller à l’éclosion de toute solidarité spontanée. Ce chemin de rémission est long et s’apparente à un chemin de croix. Mais une nouvelle société en jaillira, plus forte, car plus libre et plus respectueuse de tout un chacun. Il est toutefois douloureux de constater que nous ne sommes pas encore complètement sortis de la période de Mardi gras et que des dépenses continuent à être effectuées en dépit du bon sens. Quand donc nos économies étatisées entreront-elles en Carême ? C’est aujourd’hui ou jamais…

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