Les idées de Ron Paul expliquées simplement

Ron Paul, man of the year

Ron Paul vient de prendre sa retraite du Congrès américain, en rappelant ses principes. L’occasion de présenter rapidement ses idées.

Ron Paul vient de prendre sa retraite du Congrès américain, en rappelant ses principes. L’occasion de présenter rapidement ses idées.

Par Damien Theillier.

Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre,  vient de prendre sa retraite. Dans un discours de 48 minutes au Congrès, il a réaffirmé les principes qui ont guidé son action au cours de sa carrière.
Ce qui est remarquable c’est que Paul n’est pas un homme de pouvoir, c’est un homme d’idées, chose rare pour un homme politique, bien que ses idées soient non-conventionnelles. Ce discours-testament vient d’être traduit par l’Institut Coppet (avec la vidéo sous-titrée tout en bas du discours).

Mais si vous voulez un simple aperçu de ses idées, on en trouve une bonne présentation dans un article d’Alex Altman dans le Time magazine du 5 Septembre 2011, (traduction Benoît Malbranque) :

« C’est le 15 Août 1971 que le destin politique de Ron Paul est né. Ce jour-là, Richard Nixon, espérant relancer une économie américaine tombée en récession, annonçait la suspension de la convertibilité du dollar en or. Peu de gens ont compris ou se sont souciés de ce changement. Mais pour Paul, c’était une calamité. « C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que quelque chose de très étrange était en train d’arriver au sein du gouvernement » se rappelle-t-il, assis à un bureau dans son siège de campagne. Paul considère qu’une monnaie qui n’est pas basée sur l’or est basée, en fait, sur rien, et qu’imprimer simplement de la monnaie de papier mène inévitablement à la ruine. « J’ai pensé que c’était un véritable désastre » précise-t-il. »

« Paul, homme politique original, est aussi un messager des problèmes économiques. Né dans la banlieue de Pittsburgh, il intégra l’école de médecine de Duke avant de rejoindre la Air Force en 1963. Il fut chirurgien durant la guerre du Vietnam, une expérience qui suffit pour le convaincre de la folie de l’impérialisme américain. Tandis qu’il ouvrait son cabinet à Brazoria County au Texas, il passa son temps libre à étudier les théories de Friedrich Hayek et de Ludwig von Mises, deux géants de l’école autrichienne d’économie, favorables à des marchés pleinement libres, aux droits individuels et à une monnaie basée sur une matière comme l’or ou l’argent. »

« En 1974 il se présenta au poste de membre du Congrès pour le Texas, promettant « liberté, honnêteté, et une monnaie métallique ». Il perdit cette élection mais obtint le siège deux ans plus tard. Les dernières campagnes publicitaires pour Paul proclament qu’il est « guidé par ses principes », et son bilan soutien cette affirmation. Bien qu’il représente un district rural et côtier, Paul vote régulièrement contre les subventions agricoles et les assurances contre les inondations. Il n’a jamais voté pour une augmentation d’impôt ni un budget en déficit. Il s’est opposé à la distribution de médailles congressionnelles pour Rosa Parks, Ronald Reagan, le Pape Jean Paul II et Mère Thérésa, ainsi qu’à l’aide aux victimes de l’ouragan Katrina, considérant que le Congrès n’avait pas à se mêler de ce genre de choses. »

« Il ne se prononce pas en faveur de l’avortement ou du mariage homosexuel ; il considère que ce sont les États qui devraient avoir la main sur ces sujets. Mais il a une vision du monde cohérente : il croit que la liberté individuelle est le plus grand idéal de l’Amérique, et qu’une économie de marchés libres en est le socle. La monnaie de papier est un mirage fondé sur la confiance envers un État qui ne mérite pas cette confiance. L’allégeance à la Constitution nécessite d’en accepter les parties que vous pourriez ne pas aimer, que ce soit le droit de votre voisin de se shooter à l’héroïne ou de gaspiller son salaire dans les jeux d’argent. « Vous pouvez utiliser votre vie pour être très productif, ou pour être destructeur », explique-t-il, « mais vous ne pouvez pas vous immiscer dans la vie des autres. » »

En conclusion, pour Ron Paul, le plus important n’est pas de gagner les élections. C’est de s’en servir comme une tribune pour faire passer un message, indépendamment des tactiques de campagne. « Je fais ce que je fais parce que je crois que la vérité finit toujours par l’emporter » explique-t-il.

Pour ceux qui veulent approfondir, l’Institut Coppet vient également de publier un livre de Ron Paul sur les idées de Ludwig von Mises, son maître de l’école autrichienne. Le livre, traduit par Benoît Malbranque, est très court et très abordable :


La personnalité de Mises et son influence
La théorie subjective de la valeur
L’importance de la monnaie
Quelques points de détail
Les cycles économiques
Politique internationale
Droits naturels
Résumé

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