Les idées de Ron Paul expliquées simplement

Ron Paul vient de prendre sa retraite du Congrès américain, en rappelant ses principes. L’occasion de présenter rapidement ses idées.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Ron Paul, man of the year

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les idées de Ron Paul expliquées simplement

Publié le 27 novembre 2012
- A +

Ron Paul vient de prendre sa retraite du Congrès américain, en rappelant ses principes. L’occasion de présenter rapidement ses idées.

Par Damien Theillier.

Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre,  vient de prendre sa retraite. Dans un discours de 48 minutes au Congrès, il a réaffirmé les principes qui ont guidé son action au cours de sa carrière.
Ce qui est remarquable c’est que Paul n’est pas un homme de pouvoir, c’est un homme d’idées, chose rare pour un homme politique, bien que ses idées soient non-conventionnelles. Ce discours-testament vient d’être traduit par l’Institut Coppet (avec la vidéo sous-titrée tout en bas du discours).

Mais si vous voulez un simple aperçu de ses idées, on en trouve une bonne présentation dans un article d’Alex Altman dans le Time magazine du 5 Septembre 2011, (traduction Benoît Malbranque) :

« C’est le 15 Août 1971 que le destin politique de Ron Paul est né. Ce jour-là, Richard Nixon, espérant relancer une économie américaine tombée en récession, annonçait la suspension de la convertibilité du dollar en or. Peu de gens ont compris ou se sont souciés de ce changement. Mais pour Paul, c’était une calamité. « C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que quelque chose de très étrange était en train d’arriver au sein du gouvernement » se rappelle-t-il, assis à un bureau dans son siège de campagne. Paul considère qu’une monnaie qui n’est pas basée sur l’or est basée, en fait, sur rien, et qu’imprimer simplement de la monnaie de papier mène inévitablement à la ruine. « J’ai pensé que c’était un véritable désastre » précise-t-il. »

« Paul, homme politique original, est aussi un messager des problèmes économiques. Né dans la banlieue de Pittsburgh, il intégra l’école de médecine de Duke avant de rejoindre la Air Force en 1963. Il fut chirurgien durant la guerre du Vietnam, une expérience qui suffit pour le convaincre de la folie de l’impérialisme américain. Tandis qu’il ouvrait son cabinet à Brazoria County au Texas, il passa son temps libre à étudier les théories de Friedrich Hayek et de Ludwig von Mises, deux géants de l’école autrichienne d’économie, favorables à des marchés pleinement libres, aux droits individuels et à une monnaie basée sur une matière comme l’or ou l’argent. »

« En 1974 il se présenta au poste de membre du Congrès pour le Texas, promettant « liberté, honnêteté, et une monnaie métallique ». Il perdit cette élection mais obtint le siège deux ans plus tard. Les dernières campagnes publicitaires pour Paul proclament qu’il est « guidé par ses principes », et son bilan soutien cette affirmation. Bien qu’il représente un district rural et côtier, Paul vote régulièrement contre les subventions agricoles et les assurances contre les inondations. Il n’a jamais voté pour une augmentation d’impôt ni un budget en déficit. Il s’est opposé à la distribution de médailles congressionnelles pour Rosa Parks, Ronald Reagan, le Pape Jean Paul II et Mère Thérésa, ainsi qu’à l’aide aux victimes de l’ouragan Katrina, considérant que le Congrès n’avait pas à se mêler de ce genre de choses. »

« Il ne se prononce pas en faveur de l’avortement ou du mariage homosexuel ; il considère que ce sont les États qui devraient avoir la main sur ces sujets. Mais il a une vision du monde cohérente : il croit que la liberté individuelle est le plus grand idéal de l’Amérique, et qu’une économie de marchés libres en est le socle. La monnaie de papier est un mirage fondé sur la confiance envers un État qui ne mérite pas cette confiance. L’allégeance à la Constitution nécessite d’en accepter les parties que vous pourriez ne pas aimer, que ce soit le droit de votre voisin de se shooter à l’héroïne ou de gaspiller son salaire dans les jeux d’argent. « Vous pouvez utiliser votre vie pour être très productif, ou pour être destructeur », explique-t-il, « mais vous ne pouvez pas vous immiscer dans la vie des autres. » »

En conclusion, pour Ron Paul, le plus important n’est pas de gagner les élections. C’est de s’en servir comme une tribune pour faire passer un message, indépendamment des tactiques de campagne. « Je fais ce que je fais parce que je crois que la vérité finit toujours par l’emporter » explique-t-il.

Pour ceux qui veulent approfondir, l’Institut Coppet vient également de publier un livre de Ron Paul sur les idées de Ludwig von Mises, son maître de l’école autrichienne. Le livre, traduit par Benoît Malbranque, est très court et très abordable :


La personnalité de Mises et son influence
La théorie subjective de la valeur
L’importance de la monnaie
Quelques points de détail
Les cycles économiques
Politique internationale
Droits naturels
Résumé

Lire aussi :

Sur le web

Voir les commentaires (31)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (31)
  • Ron Paul est très bien d’un point de vue économique uniquement. Un peu trop libertarien à mon gout… Prétendre que l’Iran a droit à la bombe atomique me fait sourir..

    • entièrement d’accord avec vous. Un grand monsieur, avec des convictions, et une politique économique plus qu’intéressante.

      Mais effectivement je le trouve trop libertarien selon moi.

    • Ceci dit quand il a explique que fabriquer une bombe et la lancer sur les USA sont deux choses differentes, il a raison. Quand il dit qu’on a des relations a avec le PAKISTAN et qu’on ne fait pas tant de chichis, il a raison. Quand il dit que les discours anti nucleaire iraniensont avant tout de la propagande de guerre pour des lobbys militaro industriels, le tout facture au contribuable, il a raison. Quand il dit que le principal danger est l’alienation de pays etrangers a cause de la presence militaire, il a raison aussi.

    • Un peu trop libertarien ? Non, il est juste libertarien, je penses que c’est vous qui ne l’êtes pas assez 😉

      • Je pense que la critique de fond est celle-ci: Les libertariens considèrent que leur vision est si naturelle à l’homme qu’il n’y a aucun besoin de l’imposer.

        Pour les conservateurs, bien au contraire, la liberté n’est jamais à plus d’une génération d’être éradiquée (Reagan).
        Une puissante armée est donc requise, et, pour un pays de l’importance politique des États-Unis, des interventions à l’étranger nécessaires et inévitables.

        D’ailleurs condamner le renversement de Saddam Hussein ou des Talibans au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est délirant.
        Ron Paul n’était pas du tout réaliste et aurait fortement changé s’il avait dû exercer le pouvoir.

        La réalité est que la tentation totalitaire est forte, les systèmes totalitaires agressifs, et que le pacifisme ne fait que les inciter à pousser plus fort et plus loin leur écrasement des libertés.

        • Fucius: « D’ailleurs condamner le renversement de Saddam Hussein ou des Talibans au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est délirant. »

          Ça dépend quel exemple on considère, le droit d’ingérence ouvre quand même la porte à toute sorte de résultats pour le moins discutable voir contraire au but visé.

          Que vaut une liberté conquise par un tiers états ? Dans le cas de la France occupée c’était une réussite certes, le pays était déjà démocratique… euh, enfin républicain avant. Dans le cas des talibans de l’irak et de moult autres pays c’est bien plus discutable:

          Au prix de quelques centaines de millier de morts il est bien plus probable qu’ils retombent dans les même travers, la société civile n’a tout simplement pas évoluée d’elle-même, conquise sa liberté. Une guerre ce n’est pas anodin non plus, il faut en plus se relever des haines des destructions et l’idée de liberté et de démocratie peut même être utilisée ou associée (avec raison) aux bombardements et retarder l’évolution naturelle du peuple. Les pires régimes ont toujours mieux réussi à fédérer leurs peuples en cas d’agression alors que laissé dans leurs coin sans « ennemis » ils s’effondrent.

          Si on regarde l’Afrique et pleins d’exemples la liberté et la démocratie ne peuvent s’imposer par la force.

          L’idée de ron serait dès lors qu’il vaut mieux privilégier une évolution des peuples eux-même beaucoup plus durable et ancrée dans le marbre social qu’une liberté artificiel conquise surtout pour la satisfaction immédiate des vainqueurs et de l’industrie des vainqueurs.

          Je ne connais pas du tout Ron paul, ces arguments me semblent censés et j’imagine juste que c’est à ce titre qu’il a cette position.

          • J’ajouterais que je crois de plus en plus que les peuples ont une « âme » héritée de leur longue histoire, de leur propre vision du monde et de la société.

            Les pays germanique et les pays latins on grosso modo les mêmes régimes, ce qu’en font les peuples est différents.

            Imposer un régime qui n’est pas naturel à un peuple n’a aucune chance de marcher dans la durée.

  • Quelqu’un peut-il m’expliquer l’avantage de lier une monnaie à un métal? Au final la valeur d’un métal n’est que celle qu’on veut bien lui donner, idem pour un billet. Je veux bien que dans le cas du métal, sa quantité en circulation évolue presque pas, mais sa valeur reste totalement subjective.

    • L’avantage principal est de ne laisser a personne le droit de jouer avec la masse monetaire. Mais il ne faut pas oublier que le veritable credo de Ron Paul n’est pas l’etalon or mais plutot la liberte monetaire. Sauf que comme c’est pas un ignorant, il sait que generalement ca se traduit par une selection naturelle de l’or et de l’argent comme monnauie de reference par l’intermediaire du marche…

      • On peut pourtant manipuler le cour d’un métal, par exemple en en cachant une grande quantité. Cela se fait pour les diamants.

        • Debeers le fait avec les diamants. Mais soyons franc, aucune entreprise ni personne ni Etat ne peut a lheure actuelle acheter assez d’or pour qu’un accaparement conduise a une hausse artificielle du taux.
          Neanmoins, meme si ca devait se produire, il ne faut pas oublier que la solution dont on parle est la LIBERTE monetaire. Si l’or se prend des batons dans les roues avec une speculation a tres long terme (ce que fait De beers avec les diamants) alors une autre monnaie prendra le pas: L’argent, les paniers d’actions sures, les monnaies marchandise agricoles (droits sur la production de telle ou telle terre) etc… Si on laisse la liberte monetaire, les consommateurs utiliseront toujours celle qui leur semble le plus repondre a leurs besoins. Si l’or ne le fait pas ils ne s’acharneront pas. Pourquoi le feraient ils?

        • Faute d’or, on utilise l’argent. C’est ce qu’à longtemps fait la chine, et même les USA avant les ruées sur l’or.

        • C’est tout de même difficile de battre des pièces d’or papier.

    • « mais sa valeur reste totalement subjective. »

      Tout comme la valeur de quoi que ce soit. Mais généralement la valeur (subjective, donc) qu’attribuent aux choses les gens ne varie pas brutalement ni unilatéralement, ce qui vaut aussi pour la monnaie basée sur du tangible. Mais n’est pas le cas d’une monnaie papier.

    • L’étalon-or a pour vertu d’empêcher les politiciens de manipuler la monnaie.
      Nos tourments actuels, et montants, sont dus à cela; mais le pire est qu’ils étaient parfaitement prévisibles, car les monnaies non gagées sur l’or finissent toujours ainsi.
      Dans le système actuel, les banques devaient contrôler les gouvernements (ils ne peuvent pas emprunter à leur banque centrale): Elles ont promptement été perverties.
      Ce n’est pas possible avec l’or, dont la quantité en est une réalité contre laquelle la politique ne peut rien.

      L’étalon-or est efficace, une banque centrale très indépendante et focalisée sur l’inflation aussi; mais selon moi il y a mieux: La démocratie directe, qui met les politiciens sous tutelle du peuple.
      Cela pare à toutes les grandes ambitions socialistes, et donc élimine le besoin de bloquer la création de monnaie.

      • L’étalon-or c’est très bien pour éviter l’inflation… mais c’est à peu près tout. Concrètement, un taux de change fixe entre des zones économiques de productivité différente ça débouche sur la situation de l’Euro entre l’Allemagne et la grèce: une catastrophe économique principalement due à une rigidité monétaire artificiellement entretenue.

        Une monnaie efficace est libre, et notamment libre de fluctuer contre les autres monnaie et de refléter, autant que faire se peut, la productivité d’une zone éco à un instant t.

        • Je ne suis pas tout à fait d’accord pour nommer la situation en Grèce : « une catastrophe ». C’est un ajustement. La violence de ce dernier ne me semble pas venir uniquement de la rigidité de la monnaie, mais aussi (et surtout) de la rigidité de la politique locale et des solutions apportées (placer plus de contraintes contre de nouvelles dettes qui entraînent de nouvelles contraintes etc…).

          Sans parler du fait que l’indexation d’une monnaie sur l’or n’empêche en rien sa dévaluation (ça risque juste de se voir un peu beaucoup).

          Par contre je pense que, effectivement, une monnaie libre est l’idéale. Mais comme il a été dit plus haut : c’est la monnaie la plus « solide » qui sera systématiquement préférée et donc, probablement, celle indexée sur l’or.

          Enfin, empêcher l’inflation est déjà une excellente chose. Sachant que cette dernière explique en grande partie les crises les plus violentes rencontrées (l’inflation, quand elle ne se retrouve pas sur les marchés de consommation a tendance à créer des bulles).

  • un médecin qui étudie une partie des théories éco ça donne du n »importe quoi

    • Et quelle est votre profession pour être aussi péremptoire, que l’on rigole un peu ?

    • Possible. Mais quand ce médecin a pour position de principe de ne jamais chercher à imposer son avis, ça ne peut pas faire autant de mal qu’un avocat, enseignant, ou militant professionnel qui, lui, ne se gênera pas pour décider à la place des autres sous prétexte qu’il a gagné une élection…

    • Et le fait qu’il soit médecin est une entrave au fait qu’il s’y connait en économie ? Donc, d’après votre subtil raisonnement, quand on est médecin, c’est qu’obligatoirement on n’y connait rien dans les autres domaines ?

      Faudra nous expliquer ça… Ca risque d’être passionnant !

    • C’est sur les économistes professionnels ont un track record d’enfer…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
inflation
0
Sauvegarder cet article

Par Pascal Salin et Philippe Lacoude.

Première partie de la série ici Seconde partie de la série ici Troisième partie de la série ici Quatrième partie de la série ici Cinquième partie de la série ici Sixième partie de la série ici Septième partie de la série ici Huitième partie de la série ici Neuvième partie de la série ici Dixième partie de la série ici Onzième partie de la série ici Douzième partie de la série ici

On peut appeler seigneuriage le profit obtenu dans la production de monnaie. Mais on parle aussi souvent de l’imp... Poursuivre la lecture

Par Aurélien Chartier.

Il y a seulement 7 ans de cela, l’avenir semblait radieux pour le mouvement libéral aux États-Unis. Alors que des années très creuses avaient succédé à la présidence de Ronald Reagan, une nouvelle génération naissait dans le sillage des campagnes à la primaire républicaine de Ron Paul en 2008 et 2012. Dans un parti où l’aile néo-conservatrice religieuse avait fini par obtenir un contrôle quasi-total, un candidat défendait enfin un programme radical de défense du capitalisme et d’isolationnisme en politique extéri... Poursuivre la lecture

Par Damien Theillier.

Ce texte est librement adapté de divers discours de Ron Paul, ancien candidat à l’élection présidentielle américaine (2008 et 2012), aujourd’hui à la retraite. On me demande souvent s’il vaut la peine de s’impliquer en politique. Je réponds qu’il ne suffit pas de voter ou d’espérer gagner le pouvoir. L’enjeu est d’abord intellectuel et moral, avant d’être politique, au sens militant du terme. Il s’agit de formuler un ensemble de principes simples, applicables dans tous les domaines pour atteindre l’harmon... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles