Le gaz de schiste, la noblesse de la politique et le libéralisme

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Pourquoi est-il impossible en France de débattre de l’exploitation du gaz de schiste ?

Pourquoi est-il impossible en France de débattre de l’exploitation du gaz de schiste ?

Par Philippe Bouchat.

À l’heure où seront publiées ces quelques lignes, les États-Unis auront choisi leur nouveau président. Mais pas seulement. Car, sans que le terme ne soit galvaudé, cette élection est pour une fois réellement historique tant les deux visions du pays qui s’opposaient étaient radicalement différentes. Prenons l’exemple de la vision énergétique des deux camps principaux en présence. D’un côté, les Démocrates militaient pour une politique énergétique à moyen-long terme qui fait la place belle aux énergies renouvelables et visaient à se passer autant que possible des énergies fossiles. De l’autre côté, les Républicains optaient résolument pour la recherche de nouveaux gisements pétroliers. Cet antagonisme est aussi symbolisé par la lutte que se sont livré les deux camps autour de l’exploitation du gaz de schiste ou, plutôt, des conséquences sur l’environnement des déchets liés à l’extraction de ce gaz. Mon propos n’est pas ici d’avancer les arguments pro et contra (bien que cela me chatouille y étant personnellement favorable et abasourdi par la stupidité de certaines affirmations des contra).

Je voudrais souligner plutôt l’impossibilité actuelle de tenir ce débat actuellement en France (et pire encore en Belgique qui ne se passionne guère que pour les nouveaux exploits de son équipe nationale de foot…). Que les lobbies écologistes gonflent le torse et notre « brave » [1] président Guimauve-le-Non-Conquérant affiche son veto élyséen. Que le ministre Vidalies en charge des relations avec le Parlement affirme que « le gaz de schiste n’est pas à écarter pour l’éternité » et aussitôt, le taliban vert de la Haute Assemblée, le ci-devant Jean-Vincent Placé s’estime violé et l’accord PS-EELV déchiré ! Enfin, que le rapport de Louis Gallois, commissaire général chargé de l’Investissement, mentionne également la piste du gaz de schiste et ce rapport est jeté aux orties, avec l’eau du bain du choc de la compétitivité…

Est-cela de la politique ? Tourner comme le vent va et gérer tant bien que mal les incendies souvent causés par une équipe de pyromanes ? La véritable noblesse de la politique va bien au-delà de la gestion que l’on peut aisément confier aux techniciens. Cette noblesse consiste à fixer, après de vrais débats, un cap, une ligne clairs, à enthousiasmer les foules, lui donner du rêve, dresser un horizon ! Dès lors pourquoi balayer d’un revers de la main tous les débats et en l’occurrence celui de l’extraction du gaz de schiste quand on connaît les enjeux en termes d’indépendance énergétique, mais aussi de pouvoir d’achat (en effet quand le nucléaire ne fournira plus que 50% des besoins en électricité, comme promis par Guimauve, les factures des entreprises et des citoyens exploseront comme en Allemagne) ?! Viser à l’indépendance énergétique, maintenir voire diminuer les coûts, développer une alternative au pétrole, n’est-ce pas là un projet enthousiasmant pour un peuple ? Le politique ferait bien de s’emparer de ce débat au lieu de l’occulter… pour un plat de lentilles écologistes…

Si notre gouvernement était libéral – rêvons un peu – il s’emparerait de la question et donnerait d’abord la parole aux acteurs concernés (entreprises d’extraction, entreprises clientes, associations de citoyens) selon le principe de subsidiarité qui leur est si cher ! Il réfléchirait au coût des effets de voisinage comme le suggèrent les grands penseurs tels Friedman et Hayek. Il ne laisserait certainement pas les lobbies pseudo scientifiques et écologistes empêcher le débat d’avoir lieu…

Osons la politique noble ! Osons le libéralisme ! Ouvrons les fenêtres…

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Notes :

  1. En wallon, un « brave » est un simplet.  On dit aussi un « gentil ».