« Band Cochon » : la cyber-jacquerie réunionnaise

Après les pigeons entrepreneurs, voici les cochons réunionnais ! « Band Cochon » : une cyber-jacquerie visant à dénoncer la façon dont les pouvoirs publics locaux traitent le problème des déchets sur l’île.

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« Band Cochon » : la cyber-jacquerie réunionnaise

Publié le 15 octobre 2012
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Après les pigeons entrepreneurs, voici les cochons réunionnais ! Depuis quelques temps déjà, le site bandcochon.re a vu le jour à la Réunion. Son objectif : organiser une cyber-jacquerie visant à dénoncer la façon dont les pouvoirs publics locaux traitent le problème des déchets sur l’île.

Par « Princesse Fraise » et « Prince Cuberdon », les auteurs du site bandcochon.re (*).

Loin des yeux, loin du cœur, il en va de l’amour comme des départements français d’outre-mer et en particulier de l’Île de La Réunion. Petit bout de terre française, poussière résiduelle de l’Empire français, elle se situe fièrement  dans l’Océan Indien entre Madagascar et l’Île Maurice.

Loin des yeux, loin de la Loi de la République ; ici les compromissions, les réseaux d’influences et les petits arrangements entre amis prévalent sur le bien commun.

La situation sanitaire est à ce point préoccupante que la dernière épidémie de Chikungunya en 2005-2006 fait office de répétition générale pour d’autres à venir (dengue, leptospirose…).

Le problème

La Réunion est une île magnifique. Ses paysages sauvages sont d’une beauté si stupéfiante que ses pitons, cirques et remparts ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Seulement, la corruption, le copinage et l’assistanat sont à ce point ancrés dans les mentalités que personne ne veut prendre le problème de la saleté à bras le corps. Mettre une amende à une personne qui jette un frigo est perçu comme politiquement incorrect, l’élu ayant peur de perdre une voix à la prochaine élection. Pire, certaines personnes considèrent que jeter permet de créer des emplois verts largement subventionnés par leurs propres impôts.

Alors personne ne fait rien. Personne ne vous dira rien si vous balancez un camion plein de pneus dans la nature. La mise à la casse d’une automobile vous coûtera plus de 230 €. À cela il faut bien sûr compter le transport sur un camion plateau. Alors, les carcasses d’automobiles s’accumulent un peu partout, déversant leurs polluants dans la nature.

Carcasse de voiture.

La mise en place des filières privées de retraitement est bridée afin que les sociétés des « amis » ou des SEM dans lesquelles siègent les mêmes « amis » puissent continuer à exister. La situation de quasi monopole fait le reste.

Autre exemple, il n’y a qu’une seule association spécialisée dans le retraitement des batteries : l’ATBR. Ses statuts sont opaques, son chiffre d’affaires est de l’ordre du million d’euro mais quand vous importez des batteries, vous êtes obligé d’y faire appel, car elle est la seule sur le marché réunionnais. Alors l’association fait un peu ce qu’elle veut puisque les professionnels sont captifs.

Inaction politique + sentiment d’impunité + absence de verbalisation + arrangement entre amis

L’équation est terrifiante, et les déchets s’accumulent.

Ce que nous avons réalisé

Face à ce constat, le site bandcochon.re, apolitique et sans but lucratif a été mis en place le 7 novembre 2011 par deux particuliers anonymes, Princesse Fraise et Prince Cuberdon, afin d’alerter le plus grand nombre de personnes possible sur l’état de crasse de La Réunion. Nous voulions montrer la saleté et l’exposer au grand jour afin de faire réagir.

Le principe est simple : chaque utilisateur prend une photographie d’une cochonnerie, la télécharge sur le site, la géolocalise, écrit une description et la publie.

Nous avons actuellement 8717 cochonneries trouvées allant de la simple canette jusqu’aux montagnes de batteries. 2315 cochonneries ont été signalées nettoyées.

Montagne de batteries.

Nous alertons les pouvoirs publics en demandant à nos visiteurs d’écrire directement aux élus locaux et nationaux via une interface logicielle spécifique.

Nous avons réalisé une interface particulière pour les collectivités afin qu’elles puissent gérer avec nous le problème des déchets. Celles-ci nous ignorent officiellement tout en nous visitant très fréquemment.

Nous alertons les médias locaux et nationaux mais nous savons que les tentacules des acteurs politiques et économiques s’étendent jusqu’à Paris. Seuls quelques journaux locaux ont réagi. Certains médias privés, largement subventionnés par le Conseil Général et la Région Réunion ne veulent surtout pas parler de nous et les commentaires de nos chasseurs sur leur site internet sont très souvent effacés.

Nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux et nous touchons le monde entier (USA, Suisse, Allemagne, Danemark, Belgique, Arabie, Afrique du Sud, Japon, Indonésie, Hong-Kong, Grande Bretagne, Pérou, Martinique, Canada etc… ).

Cette « Cyber-jacquerie » n’a eu pour l’instant qu’un très maigre résultat. Malgré les 16000 heures de travail fourni, seule la commune de Saint Paul s’est inscrite. Alors que nous savons par le suivi des activités du serveur que toutes les communes et collectivités se connectent au moins une fois par semaine.

Depuis la publication de nos photos chocs dans des médias locaux, les collectivités ont publié des « justifications » de leurs actions passées et semblent s’étonner de la situation actuelle.

Nous avons subi des tentatives de piratages « gros doigts », des campagnes de désinformation, mais nous sommes pugnaces et les chasseurs aussi.

Ce que nous voulons

Hors de toute considération politique, nous voulons simplement que les autorités fassent leur travail que nous payons via nos impôts. Nous voulons une vraie campagne de sensibilisation, les anciennes campagnes très coûteuses du style Bisounours n’ayant interpellé qu’eux-mêmes.

Et s’ils ne sont pas capables de faire leur travail, nous demandons au minimum qu’ils laissent faire celui des autres. Car pour un entrepreneur futé, il y a matière à exploiter une matière première gratuite et abondante…

Conclusion

À la différence des « Pigeons » notre cause n’est pas « sympathique ». Nous exhibons publiquement des cadavres d’animaux jetés sans aucune considération, des tonnes de batteries jetées dans la nature (nous en sommes à 10 T), des monceaux de télévisions « ancienne génération » ou des pneus à ne plus en pouvoir qui se mélangent aux déchets ménagers en pleine nature.

Le terme même de « Band Cochon » est en train de passer dans le langage courant.

Un panneau « Band Cochon ».

Il y a de plus en plus de Réunionnais qui expriment leurs inquiétudes et leur dégoût du système en place et par corollaire non voulu, Band Cochon est la première cyber-jacquerie qui apprend aux Réunionnais et par extension à tout le monde qu’Internet est aussi un moyen de dire « Non ».

Alors, faites-nous plaisir, cliquez sur « j’aime » et retwittez.

—-
(*) Princesse Fraise et Prince Cuberdon ne sont pas des écolos bon teint car ils n’ont pas de 4×4 pour se déplacer. Ils ne sont pas des politiques, ils sont anonymes et le restent. http://www.bandcochon.re/

Voir les commentaires (8)

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  • je ne vois pas comment vous pouvez placer « assistanat » dans un article comme celui ci. si c’est seulement pour faire réagir c’est minable.

    • Vous habitez la Réunion ??? Parce que moi si et honnêtement je trouve cet article très en dessous de ce qu’il y aurait à dire. Les deux créateurs du site (site que je connais) ont certainement voulu ne pas rentrer dans le lard des politiques.

      Ici monsieur, la socialie française s’exprime dans toute sa splendeur. Et le taux de chômage monte jusqu’à 47% dans certaines communes… et bien sûr, tout ce gentil monde est au RSA.

      Ici monsieur, l’interventionnisme étatique y est tel qu’on est incapable de vouloir faire quelque chose librement comme créer une société.

      Ici monsieur, si vous voulez créer une activité, il faut faire attention de ne pas marcher sur les plate bandes des gros poissons, sinon, on cours à la faillite.

      Ici monsieur, les électeurs votent en fonction de ce que l’élu(e) promet en argent, en travail ou en nature.

      La France telle que Normal Ier la voudrait.

      Renseignez vous avant de l’ouvrir.

    • @dfd: vous n’habitez pas à la Réunion c pas possible ça! ou alors vous êtes aveugle. L’île est une décharge à ciel ouvert, j’y patauge tous les jours. C’est une honte de vanter le patrimoine de l’UNESCO et de subir l’inertie de la population assistée jusqu’à la moelle et le silence des autorités. Ca c’est la REALITE.

  • @Grain2Sel
    Je suis de Martinique (d’où le 972) et je reprend mot pour mot votre commentaire à propos de mon île…
    En ajoutant que, bien qu’ayant tout ce qu’il faut comme idées (en fait j’en ai trop, au point d’avoir du mal à faire le tri…) et surtout comme contacts, accessoirement comme formation et niveau de compétence à défaut de posséder les diplômes indispensables en diplômocratie pour exercer toute autre activité, je ne monte pas d’entreprise jusqu’à ce que la situation de ce pays le permette!
    Je vis du RSA chez ma mère, au point de passez pour un Tanguy pour avoir compris trop tôt quelques faits qui commencent ENFIN! À devenir évidents pour, sinon chacun, du moins une proportion de plus en plus significative de la population en France, a fortiori dans les « régions ultrapériphériques » , parmi lesquelles :

    – Monter une entreprise en France relève actuellement du masochisme pur et simple! Tous ceux qui sont malades au point de se lancer doivent composer avec une administration tatillonne pour ne pas dire dictatoriale, qui plus est renforcée dans certaines branches par des contrôles médicaux obligatoires exposant à vie aux conséquences de la moindre erreur de diagnostic (expérience vécue mais je de citerai aucun nom, n’ayant pas de preuve formelle de ce que j’avance -1-) ; celui qui se plante (3/4 des tentatives strict minimum) passe pour le crétin de service et constitue l’unique « catégorie sociale » française n’ayant aucun « droit » ; celui qui réussit se fait assassiner par impôts « et tout ça » auxquels viennent s’ajouter des syndicalistes s’occupant essentiellement de l’intérêt de (l’entreprise concurrente généralement installée de longue date) qui les paie (idem -1-) et parfois même de celui suffisamment mal compris des employés pour mettre l’entreprise à terre, le coup de grâce étant asséné quand ceux qui vous volent&exploitent vous traitent de voleur et d’exploiteur sous prétexte que vous appartenez à la même « classe sociale » que certains dirigeants foutant objectivement le bordel, et si en plus vous vous êtes débrouillé pour ne pas tout perdre lors du naufrage : bon courage!

    – Ce système d’exploitation de l’homme par l’homme tiendra aussi longtemps qu’il existera des victimes consentantes pour lui servir d’ossature.

    Au final, je suis en mode John Galt, j’occupe la seule place que ce pays m’autorise, ce qui en France correspond au RSA sous réserve d’œuvrer bénévolement en parallèle.

    • Il y a beaucoup de DOMiens libéraux qui souffrent encore plus que leurs homologues vivant en métropole.

      Il ne faut pas oublier que si le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme, le communisme c’est l’inverse 😉

      Mais honnêtement, je préfère le capitalisme. Au moins il y a des morceaux d’espoirs dedans.

  • Cela dit, la CACEM essaie quand même de faire son travail, avec un délai permettant aux ‘djobbeurs de récupérer toute pièce détachée fonctionnelle sur les Véhicules Hors d’Usage. Disons que l’économie informelle contribue à sauver le pays, comme d’habitude.

  • Bintiens, quand la météo rassemble les ultramarins autour de l’actualité écologique… http://www.bondamanjak.com/index.php/guadeloupe/a-la-une/14580-pollution-gratuite-en-guadeloupe.html

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