Logement social : la catastrophe

Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

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Logement social : la catastrophe

Publié le 12 septembre 2012
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Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

Par Michel de Poncins.

Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement,

Nous avons, hélas, un ministre du logement et probablement dans la cacophonie coutumière nous souffrons de plusieurs autres ministres s’en occupant. Derrière tout cet aréopage, s’agitent à nos frais une multitude de fonctionnaires amplifiée par tous les démembrements dans les régions. Le résultat, depuis longtemps, est que l’industrie du logement en France est malade. Les pouvoirs publics dirigistes depuis des décennies l’avouent eux-mêmes en parlant de « crise du logement » et en entassant des dispositifs pour la corriger sans jamais y parvenir.

Il en résulte un nombre conséquent de blocages qui empêchent les gens de construire là où ils voudraient, comme ils le voudraient et au prix qu’ils voudraient. Construire pour se loger s’apparente à un vrai  parcours du combattant. Des milliers de personnes se considèrent comme mal  logées compte tenu de leurs besoins.

Dans l’empilage des politiques de la ville et autres, le logement social est une grosse verrue. Le voici qui s’invite depuis peu dans tous les journaux. Cécile Duflot, la dame la plus en charge, a indiqué que le gouvernement voudrait construire 150 000 logements sociaux par an dont 30 000 très sociaux (sic).

Dans le programme, d’ici 2016, pousseraient 110 000 logements sur des terrains plus ou moins publics cédés à vil prix.

Par ailleurs, il est anormal et contreproductif que l’on oblige des communes à construire un quota de logements sociaux. La loi les contraignant va être durcie et les villes récalcitrantes verront leurs pénalités multipliées par cinq.

La floraison des dispositifs divers censés encourager le logement locatif est une des causes de la crise du logement. Les logements sont noyés sous l’abondance des lois. L’une d’entre elles, le Scellier, sera supprimé fin 2012 et « perfectionné » avec une nouvelle loi dans une forte odeur d’usine à gaz.

Au global, dans ses promesses électorales, François Hollande avait promis la construction de 500 000  logements par an. Seulement 310 000 environ seront livrés en 2012 compte tenu de la conjoncture. L’on note, ici, l’absurdité du stylisme électoraliste. Pour gagner le gros lot, les candidats doivent jeter à la foule des promesses intenables sur des sujets que seule la liberté économique totale devrait résoudre.

La même Cécile Duflot a participé au récent blocage des loyers, lequel est une agression directe contre les propriétaires et indirecte contre les locataires.

Madame Duflot  réfléchit aux moyens de contraindre ou d’inciter les banques, les compagnies d’assurance et les foncières à être propriétaires de logements : de quel droit le gouvernement s’introduirait-il dans la gestion de ces firmes privées ?

Les prétextes

Les prétextes ne manquent pas.

Le coût du logement vient en première ligne. Personne ne fait remarquer, dans la presse ou dans la prétendue opposition étrangement muette sur le sujet, la vraie cause de ce désastre, à savoir l’intervention de l’État. Un promoteur a calculé naguère que le coût du dossier administratif du logement majorait de 20% le prix de revient. Les riches s’en arrangent. Celui qui ne dispose que de 20 m2 se trouve privé par la « bureaucratie » de 4 m2. Or l’espace est sans conteste un élément de richesse.

À ce faux prétexte s’ajoute l’idée de ne laisser personne au bord de la route, le logement devenant un droit que l’on fait valoir contre l’État. La dernière innovation est le droit opposable au logement instauré sous le nom de loi « Dalo », nouveauté socialisante en application depuis le 1er janvier 2008. Quand une personne se trouvant sur le territoire français n’est pas logée ou logée d’une façon qui ne la satisfait pas, elle a le droit de se retourner contre l’État à l’aide d’une instance juridique pour exiger un logement qui lui convienne ! La simple création de ce droit suscite  à l’intérieur de la France des besoins nouveaux et artificiels, car finalement, beaucoup de personnes peuvent se prétendre mal logées.

Qui peut juger valablement de la convenance ou non convenance d’un logement pour quelqu’un ? Une conséquence est que, la paupérisation s’amplifiant, les listes d’attentes s’allongent. Le mécanisme donne aux gens l’idée folle que pour se loger il ne faut pas compter sur ses propres efforts mais compter uniquement sur les pouvoirs publics. L’attribution des logements sociaux ne peut être qu’arbitraire. Une fois le logement obtenu il existe chez l’heureux « gagnant » le désir de rester, même si la famille se réduit par le départ des enfants. Ce  manque de souplesse est observé fréquemment.

Si le processus n’est pas inversé, il n’y aura jamais assez de logements sociaux, le système se nourrissant par sa nature même avec en plus cette vraie bombe qu’est la loi Dalo.

Les conséquences

Plusieurs conséquences résultent de cette situation.

Les HLM et autres logements de même acabit sont mal entretenus, voire à l’abandon. C’est la misère pour les occupants. Il se trouve  aussi et ce n’est pas un hasard que les logements sociaux sont en grand nombre dans les banlieues à problèmes : causes et effets s’entrecroisent. Les centaines de quartiers où police et médecins ne pénètrent pas sans danger sont constitués de logements sociaux.

À l’inverse certains HLM de luxe sont attribués, dans le cadre de combines, à des amis du pouvoir. Cette méthode est utilisée par les villes voulant résister aux oukases du pouvoir. Ajoutons le désordre dans les comptes quand l’État fait pression sur ses dépendances pour céder à vil prix des terrains.

L’architecture administrative gigantesque qui gouverne cet ensemble pèse lourdement sur l’économie du pays et empêche les gens, par les prélèvements nécessaires, de se loger convenablement.

Un gouvernement attaché au bien commun aurait une double voie bien tracée.

Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

Pour le logement social, il faut progressivement vendre tout l’immense parc existant. Il sera de ce fait sur la voie de la rénovation. Bien entendu, il est nécessaire de couper tous les appels d’air qui à présent rendent le système ingérable.

Les gens seront logés quand personne n’aura plus besoin d’un ministre du logement. Les villes de France sont très belles et ont été bâties sans un tel ministère.

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  • Par « très sociaux », il faut probablement entendre « très socialistes » : une part du parc est réservée aux riches amis qui copinent avec le pouvoir et qui veulent vivre aux crochets des autres malgré leur aisance financière.

    Par ailleurs, il me semble avoir entendu une fois que dans l’immobilier privé, si on gagne par exemple 2000 euros par mois, il fallait prendre un logement (je donne un chiffre au hasard) à 400 euros de loyer minimum ou plus. Et que donc le loyer doit représenter un pourcentage minimum du salaire pour être loué. Quelqu’un peut me confirmer ?

    • Théo31, on considère généralement que si vos revenus ne sont pas 4 fois supérieur au montant du loyer, vous présentez un risque de défaut de paiement important. Et en France, il vaut mieux éviter les locataires potentiellement indélicats parce que ça peut vous entraînez loin.

      En région parisienne, on se contente de 1 à 3. (Sinon même les cadres vivraient à 8 dans des studios.)

      Evidemment ceci n’a rien d’un absolu. C’est un indicateur parmi d’autres.

  • Tout cela est exact, mais il faut y ajouter la facilitation de l’accès au foncier.

    Par ailleurs bcp de quartiers sont fuis par les Français, y compris socialistes, non seulement pour l’insécurité ou la malpropreté, mais parce que les usages en vigueur n’y correspondent pas à leur culture. L’immigration remplit les HLM et fait fuir les Français (du moins sa composante principale) qui ne souhaitent pas avoir à se plier à des usages (notamment des interdits) illégitimes à leurs yeux.

    Cette immigration, et la répression contre toute velléité de s’isoler des changements qu’elle impose, est encore plus illibérale que les politique de logement, et a des conséquences encore plus néfastes.

    Comme aucune libéralisation n’est prévisible dans ces domaines, nous n’avons d’alternative qu’entre l’enfer ou l’exil.
    La dégradation des conditions de vie en France va s’accélérer.

  • On ne peut pas aborder le problème du logement social en France sans évoquer l’immigration. L’entrée en France de 300 000 (officiellement) personnes qui sont sans revenu, sans travail, qui n’ont pas la même culture, en particulier du bien public, est une cause majeure 1) du besoin croissant de logements sociaux, 2) de la dégradation des logements existants 3) de la rupture sociétale de certains quartiers.
    C’est le refus de l’actuelle comme de l’ancienne majorité, de prendre cette dimension du problème en compte qui amène nos politiques à des mesures stupides et coercitives. La loi SRU? A la fois éviter la ghettoïsation de populations immigrées et la nécessité de mélanger ces populations aux autochtones en espérant créer un phénomène d’assimilation. Le financement étatique? Inimaginable que le secteru privé s’engage dans la construction de logements qui auraient vocation à n’avoir qu’une faible part des loyers payés et à être dégradés en deux fois moins de temps que l’amortissement.
    La mise en place d’une politique d’immigration de travail et non de peuplement avec, comme ce fut le cas avec les mines ou l’industrie automobile, obligation de participer à l’accueil, y compris le logement, est un passage obligé pour résoudre la problématique du logement social en France.

  • Jamais la France, au plus fort des années 60 et 70 au cours desquelles on construisait à tout-va avec plus ou moins de bonheur, n’a atteint les 500.000 logements construits par an.
    A l’époque, il y avait davantage de terrains disponibles, moins de réglementations et beaucoup plus d’entreprises du bâtiment capables de sortir des immeubles neufs de par leurs capacités techniques et de personnel.
    On était dans les 400/450.000 logements par an et un immeuble de 50/60 logts était une « petite » opération!
    Maintenant le terrain urbain est plus rare, plus petit, la réglementation s’est alourdie considérablement et la construction urbaine tient plus du remplissage de « dent creuse » que du bétonnage de vastes espaces libres où une opération de 50/60 logts est une « belle »opération…
    Il n’y a de toutes façons plus assez d’enreprise du bâtiment disponibles pour tenir de telles cadences, à supposer que toutes les autres difficultés soient aplanies.

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