Logement social : la catastrophe

Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

Par Michel de Poncins.

Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement,

Nous avons, hélas, un ministre du logement et probablement dans la cacophonie coutumière nous souffrons de plusieurs autres ministres s’en occupant. Derrière tout cet aréopage, s’agitent à nos frais une multitude de fonctionnaires amplifiée par tous les démembrements dans les régions. Le résultat, depuis longtemps, est que l’industrie du logement en France est malade. Les pouvoirs publics dirigistes depuis des décennies l’avouent eux-mêmes en parlant de « crise du logement » et en entassant des dispositifs pour la corriger sans jamais y parvenir.

Il en résulte un nombre conséquent de blocages qui empêchent les gens de construire là où ils voudraient, comme ils le voudraient et au prix qu’ils voudraient. Construire pour se loger s’apparente à un vrai  parcours du combattant. Des milliers de personnes se considèrent comme mal  logées compte tenu de leurs besoins.

Dans l’empilage des politiques de la ville et autres, le logement social est une grosse verrue. Le voici qui s’invite depuis peu dans tous les journaux. Cécile Duflot, la dame la plus en charge, a indiqué que le gouvernement voudrait construire 150 000 logements sociaux par an dont 30 000 très sociaux (sic).

Dans le programme, d’ici 2016, pousseraient 110 000 logements sur des terrains plus ou moins publics cédés à vil prix.

Par ailleurs, il est anormal et contreproductif que l’on oblige des communes à construire un quota de logements sociaux. La loi les contraignant va être durcie et les villes récalcitrantes verront leurs pénalités multipliées par cinq.

La floraison des dispositifs divers censés encourager le logement locatif est une des causes de la crise du logement. Les logements sont noyés sous l’abondance des lois. L’une d’entre elles, le Scellier, sera supprimé fin 2012 et « perfectionné » avec une nouvelle loi dans une forte odeur d’usine à gaz.

Au global, dans ses promesses électorales, François Hollande avait promis la construction de 500 000  logements par an. Seulement 310 000 environ seront livrés en 2012 compte tenu de la conjoncture. L’on note, ici, l’absurdité du stylisme électoraliste. Pour gagner le gros lot, les candidats doivent jeter à la foule des promesses intenables sur des sujets que seule la liberté économique totale devrait résoudre.

La même Cécile Duflot a participé au récent blocage des loyers, lequel est une agression directe contre les propriétaires et indirecte contre les locataires.

Madame Duflot  réfléchit aux moyens de contraindre ou d’inciter les banques, les compagnies d’assurance et les foncières à être propriétaires de logements : de quel droit le gouvernement s’introduirait-il dans la gestion de ces firmes privées ?

Les prétextes

Les prétextes ne manquent pas.

Le coût du logement vient en première ligne. Personne ne fait remarquer, dans la presse ou dans la prétendue opposition étrangement muette sur le sujet, la vraie cause de ce désastre, à savoir l’intervention de l’État. Un promoteur a calculé naguère que le coût du dossier administratif du logement majorait de 20% le prix de revient. Les riches s’en arrangent. Celui qui ne dispose que de 20 m2 se trouve privé par la « bureaucratie » de 4 m2. Or l’espace est sans conteste un élément de richesse.

À ce faux prétexte s’ajoute l’idée de ne laisser personne au bord de la route, le logement devenant un droit que l’on fait valoir contre l’État. La dernière innovation est le droit opposable au logement instauré sous le nom de loi « Dalo », nouveauté socialisante en application depuis le 1er janvier 2008. Quand une personne se trouvant sur le territoire français n’est pas logée ou logée d’une façon qui ne la satisfait pas, elle a le droit de se retourner contre l’État à l’aide d’une instance juridique pour exiger un logement qui lui convienne ! La simple création de ce droit suscite  à l’intérieur de la France des besoins nouveaux et artificiels, car finalement, beaucoup de personnes peuvent se prétendre mal logées.

Qui peut juger valablement de la convenance ou non convenance d’un logement pour quelqu’un ? Une conséquence est que, la paupérisation s’amplifiant, les listes d’attentes s’allongent. Le mécanisme donne aux gens l’idée folle que pour se loger il ne faut pas compter sur ses propres efforts mais compter uniquement sur les pouvoirs publics. L’attribution des logements sociaux ne peut être qu’arbitraire. Une fois le logement obtenu il existe chez l’heureux « gagnant » le désir de rester, même si la famille se réduit par le départ des enfants. Ce  manque de souplesse est observé fréquemment.

Si le processus n’est pas inversé, il n’y aura jamais assez de logements sociaux, le système se nourrissant par sa nature même avec en plus cette vraie bombe qu’est la loi Dalo.

Les conséquences

Plusieurs conséquences résultent de cette situation.

Les HLM et autres logements de même acabit sont mal entretenus, voire à l’abandon. C’est la misère pour les occupants. Il se trouve  aussi et ce n’est pas un hasard que les logements sociaux sont en grand nombre dans les banlieues à problèmes : causes et effets s’entrecroisent. Les centaines de quartiers où police et médecins ne pénètrent pas sans danger sont constitués de logements sociaux.

À l’inverse certains HLM de luxe sont attribués, dans le cadre de combines, à des amis du pouvoir. Cette méthode est utilisée par les villes voulant résister aux oukases du pouvoir. Ajoutons le désordre dans les comptes quand l’État fait pression sur ses dépendances pour céder à vil prix des terrains.

L’architecture administrative gigantesque qui gouverne cet ensemble pèse lourdement sur l’économie du pays et empêche les gens, par les prélèvements nécessaires, de se loger convenablement.

Un gouvernement attaché au bien commun aurait une double voie bien tracée.

Il faut abolir les lois et pratiques officielles par lesquelles, depuis si longtemps, le logement est détruit en France. Cela revient à laisser la plus grande place au marché libre.

Pour le logement social, il faut progressivement vendre tout l’immense parc existant. Il sera de ce fait sur la voie de la rénovation. Bien entendu, il est nécessaire de couper tous les appels d’air qui à présent rendent le système ingérable.

Les gens seront logés quand personne n’aura plus besoin d’un ministre du logement. Les villes de France sont très belles et ont été bâties sans un tel ministère.