La Suède, l’exemple à suivre

Comment gérer nos Etats-providence tout en maintenant une bonne compétitivité, c’est-à-dire comment empêcher qu’une croissance incontrôlée du poids de l’Etat n’étouffe le système productif ? Peut-être en regardant du côté de Stockholm…

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La Suède, l’exemple à suivre

Publié le 29 août 2012
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Comment gérer nos États-providence tout en maintenant une bonne compétitivité, c’est-à-dire comment empêcher qu’une croissance incontrôlée du poids de l’État n’étouffe le système productif ? Peut-être en regardant du côté de Stockholm…

Par Charles Gave.
Un article de l’Institut des libertés.

 

« Je hais le mouvement qui déplace les lignes », Baudelaire ou Trichet ?

Certains crimes se payent comptant. Pour d’autres, la note est présentée au coupable bien des années après, et les crimes économiques rentrent sans conteste dans cette deuxième catégorie. Pour illustrer mon propos, je vais prendre une année clé dans l’Histoire moderne où quatre pays, confrontés au même défi, ont choisi quatre solutions différentes pour y faire face, alors même qu’il n’en existait qu’une seule convenable. Vingt ans après, celui qui a choisi la bonne solution caracole en tête de toutes les statistiques de croissance et de santé financière tandis que les trois autres souffrent de maux divers et variés qui engendrent absence de croissance, chômage, endettement, crises financière et politique…

Le défi était simple : comment gérer nos États sociaux-démocrates tout en maintenant une bonne compétitivité, c’est-à-dire comment empêcher qu’une croissance incontrôlée des systèmes sociaux ne débouche à terme sur une situation où le poids de l’État n’étouffe le système productif.

Avant 1992, les quatre pays en question, France, Italie, Grande-Bretagne et Suède avaient tous choisi la même solution qui était d’avoir un taux de change fixe avec l’Allemagne et donc d’avoir leurs politiques monétaires gérées par la Bundesbank. L’idée était simple et d’origine française (Giscard, à l’origine de quasiment toutes les mauvaises idées) ; pour éviter que les politiciens ne fassent n’importe quoi il était urgent de leur ôter le contrôle de la monnaie pour le confier à quelqu’un de sérieux, la Bundesbank. Ces quatre pays au début de 1992 faisaient partie d’un machin technocratique qui s’appelait le système monétaire Européen (SME) où le contrôle de chaque monnaie nationale était de fait exercé par la Bundesbank. Si quelqu’un dans un pays faisait des bêtises, la monnaie était attaquée et il fallait la dévaluer contre le DM, ce qui ne faisait pas vraiment sérieux et voulait dire qu’aux élections suivantes, en général, les gens pas sérieux étaient virés.

Mais en 1992, la Bundesbank décide que la réunification avec l’Allemagne de l’Est comporte un risque inflationniste pour l’Allemagne – et porte les taux courts réels à plus de 7 %, ce qui est proprement monstrueux. Nos quatre pays européens sont de ce fait littéralement étouffés par ce durcissement invraisemblable de la politique monétaire outre-Rhin et doivent prendre une décision difficile, dévaluer et rester à l’intérieur du SME, sortir du SME ou rester à l’intérieur du SME en subissant une perte de compétitivité gigantesque créée par la hausse du DM dopée par des taux réels à 7 %.

Trois de nos pays, Italie, Grande-Bretagne et Suède n’eurent même pas à prendre de décision et furent  sortis du SME manu militari par les marchés tandis que notre quatrième, la France, s’accrochait non sans mal à sa parité vis-à-vis du DM.

Vingt ans après, il est intéressant de voir comment l’économie de  chacun de ces quatre pays a évolué…

Commençons par la Grande-Bretagne et la Suède qui au début eurent des destins communs.

Libérés  du carcan du SME, la couronne suédoise et la livre britannique chutèrent très fortement pour se retrouver rapidement à un niveau sous-évalué. Pour profiter de ce niveau sous-évalué, les capitaux en provenance de l’extérieur affluent, les actifs financiers montent énormément (bull market) et les taux d’intérêts s’écroulent. En fait, la dévaluation permet un transfert de richesse massif des rentiers (fonctionnaires, livret d’épargne à court terme) vers les entrepreneurs qui deviennent subitement concurrentiels. Les deux économies décollent tandis que dans les deux pays commencent des réformes pour continuer à réduire le poids de l’État dans l’économie, en Grande-Bretagne sous l’égide des conservateurs  et en Suède sous la direction des modérés, puis des sociaux-démocrates.

Changement de décor en mai 1997 en Grande-Bretagne, les travaillistes sont élus et s’engagent immédiatement dans une politique d’augmentation de la dépense publique qui fait remonter le poids de l’État dans l’économie britannique de moins de 35 % (contre plus de 50 % quand Margaret Thatcher était arrivée au pouvoir) à nouveau à plus de 50 % quand Monsieur Brown, l’architecte écossais du désastre actuel, est battu par Monsieur Cameron qui se retrouve de ce fait dans une situation impossible.

La Suède par contre continue de façon impavide à se réformer, que les socialistes soient au pouvoir ou pas, et sans renier en rien les principes de solidarité qui constituent l’âme de ce pays. Pour arriver à ce résultat, l’analyse faite fut très simple. Par exemple, il est du devoir de l’État de s’assurer que tous les enfants doivent recevoir une éducation gratuite et de qualité. L’État, par l’impôt, lève les sommes nécessaires. Sur ces deux premiers principes, tous les citoyens suédois sont d’accord. Par contre rien ne dit que la meilleure façon d’assurer une éducation de qualité serait que la dite éducation soit délivrée par des fonctionnaires, bien au contraire. Chaque famille reçoit donc un bon pour éducation qu’elle présente à l’école de son choix et la liberté d’enseigner est donnée à tous les entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans cette activité. Ces mêmes principes furent appliqués par exemple aux transports en commun, au domaine des retraites et à une partie importante de la santé. Pour faire simple, l’État sort du domaine de la production tout en conservant ses fonctions éminentes de définition des priorités et de contrôle et de financement.

Depuis ces réformes, l’économie suédoise n’a cessé de croître, les surplus extérieurs s’accumulent, la couronne suédoise a été l’une des monnaies les plus fortes du monde, le chômage est au plus bas, l’inflation contenue tandis que la Bourse suédoise faisait trois fois mieux que la Bourse de Paris par exemple

Pendant la même période en Grande-Bretagne, Monsieur Brown embauchait à tour de bras des fonctionnaires, profitant des taux  d’intérêt bas que la politique de son prédécesseur autorisait, le poids de l’État dans l’économie ne cessait de monter, la dette tant privée que publique battait de nouveaux records, jusqu’au point où nous sommes arrivés aujourd’hui où la Grande-Bretagne ne s’en sort que parce que la Banque centrale anglaise achète à tiroirs ouverts des obligations de ce pauvre État pour éviter que les taux ne montent… Un vrai désastre comme seuls les socialistes savent en organiser et gageons que ce pauvre Monsieur Cameron aura bien du mal a nettoyer ces écuries d’Augias. Ce n’est pas tous les jours que l’on trouve un Hercule du style de madame Thatcher pour faire le sale boulot.

Passons à l’Italie, qui elle aussi dévalue fortement en 1992, voit son économie redémarrer, ses finances s’améliorer et décide sous le leadership incroyablement incompétent de Monsieur Prodi d’utiliser cette période de rémission non pas pour effectuer les réformes de structure bien nécessaires, mais au contraire pour intégrer le plus vite possible cette sinistre farce que constitue l’euro et supprimer la lire. Pour mener à bien cette noble entreprise, le très suffisant Monsieur Prodi augmente massivement les impôts en Italie, ce qui fait que depuis, l’économie italienne étranglée par un taux de change qui avec le temps devient de plus en plus insoutenable et par une pression fiscale en augmentation constante a cessé de croître et stagne ou baisse depuis 2000 et que l’Italie a remplacé la probabilité d’une récession par la certitude d’une faillite. Brillant !

Pour faire simple :

  • La Suède a décidé d’utiliser la manne venant de la dévaluation pour sortir l’État de la production (où il n’a rien à faire) tout en conservant ses fonctions de contrôle et de financement. Sur les vingt dernières années, le succès de cette stratégie a été tout simplement prodigieux.
  • La Grande-Bretagne a décidé qu’embaucher et créer des fonctionnaires était une très bonne idée si on voulait être réélu. Échec total.
  • L’Italie quant à elle a décidé que les entrepreneurs gagnaient trop d’argent (à cause de la dévaluation) et qu’il était urgent de les imposer pour lui permettre de tenir sa place dans ce qui se révèle être le plus grand désastre monétaire de l’Histoire, l’euro. Après tout, et comme chacun le sait, monsieur Prodi avait succédé à monsieur Delors, et avait toujours été toute sa vie fonctionnaire international ou professeur d’économie. On pouvait donc craindre le pire… qui n’a pas manqué de se réaliser… Échec total aussi.

Et la France me direz-vous ?

Eh bien la France, comme d’habitude, fut gouvernée par un fonctionnaire, et de la pire espèce, c’est-à-dire par un inspecteur des finances. Comme gouverneur de la Banque de France, pendant la période où les taux allemands étaient insensés, il décida simplement de maintenir les taux français à des niveaux encore plus exorbitants, ce qui fit qu’étranglés par des taux de change et des taux d’intérêts sans aucun rapport avec la rentabilité du capital en France, les entrepreneurs se mirent à faire faillite en masse, en particulier dans l’immobilier (qui se souvient de la faillite du Crédit Lyonnais, au conseil duquel monsieur Trichet siégeait ?), ce qui bien entendu déclencha une forte récession, de gigantesques déficits budgétaires et une explosion de la dette nationale.

Fort de cette brillante réussite, il fut nommé à la présidence de la BCE où sous son magistère éclairé, des bulles immobilières gigantesques se développèrent tant en Espagne qu’en Irlande, tandis que les taux trop bas et les taux de change fixes permettaient à la France de s’autoriser quelques douceurs du style des 35 heures sans en payer le prix. Bref et depuis 1992, la France, grâce à monsieur Trichet et à l’euro n’a fait que suivre une politique favorable au rentier (le fonctionnaire de nos jours) et défavorable à l’entrepreneur, ce qui est bien normal quand tous les systèmes politiques, monétaires, et économiques sont sous le contrôle de fonctionnaires. Bref, des quatre pays mentionnés plus haut, la France est sans aucun doute celui qui a le plus mal négocié les vingt dernières années. Comme de plus nous venons d’élire une majorité qui, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, a constitué un gouvernement qui ne comporte aucun représentant du secteur privé, on peut  légitimement craindre le pire pour le futur proche.

Sur la tombe de l’économie française, il conviendra donc de mettre :

« Ci-git l’économie française, sacrifiée par monsieur Trichet, comme l’armée française le fut par Gamelin en 1939, autre Baudelaire de son temps. »

Mais ce qui est le plus irritant pour un observateur non engagé comme j’essaie de l’être, c’est la réalisation que la Suède a mis en place tous les instruments pour se sortir de la panade, et avec beaucoup de succès et que personne n’en parle. C’est cette omerta sur les vraies solutions qui est la chose qui me surprend le plus. Il n’y a aucune malédiction nous condamnant au chômage ou à la faillite.

Il n’existe que des groupes de pression qui veulent protéger leurs prés-carrés à tout prix, quand bien même cela entrainerait la faillite du pays. C’est le phénomène bien connu des spécialistes que certains d’entre eux ont appelé « la préférence européenne pour le chômage ».

Voila qui est incompréhensible… sauf bien sur si l’on est fonctionnaire en France.

—-
Sur le web.

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  • Certes. Mais ne pas oublier que le rentier c’est aussi le retraité, qui pèse aussi lourd dans l’électorat de droite que le fonctionnaire dans l’électorat de gauche. La droite aussi a une préférence pour la rente…

  • « Pour faire simple, l’État sort du domaine de la production tout en conservant ses fonctions éminentes de définition des priorités et de contrôle et de financement. »

    Voilà! Bon, ça ne plaît pas tellement aux libertariens minarchistes et aux anarcap, mais il faut être réaliste: JAMAIS les Français ne voudront se défaire du financement étatique de l’éducation ou de la santé…

    Par contre pour en avoir parlé avec du bon gros gauchiste anti-libéral, mais tout de même ouvert à la discussion (et d’esprit), l’idée que l’État peut être en charge du financement sans être en charge de la fourniture du service (chèque éducation par ex.) arrive à être acceptée. Ça paraît « révolutionnaire » (donc irréaliste) mais acceptable à ses yeux.

    Alors je me dis que si on arrive à convaincre du bon gros gauchiste que ce principe n’est pas une mauvaise idée, c’est que l’idée a de bonnes chances d’être acceptée par la majorité.

  • Le mythe suédois a la vide dure! La Suède s’est réformée par nécessité, le dos au mur, un peu comme la Grèce, car elle a été à plusieurs reprises au bord de la faillite!

    Pour ceux que l’histoire économique récente de la Suède intéresse :
    http://mises.org/daily/2259
    http://mises.org/daily/4936

  • Faut arrêter le mythe du système des vouchers en Suède.
    Il n’y a pas de chèque éducation, les écoles sont payées directement par les pouvoirs publics.
    Le système de financement suédois est basé sur le fait qu’une école reçoit une somme fixe par élève, mais ce ne sont pas les familles qui touchent les chèques à dépenser. Ça ressemble au système des vouchers, mais c’en est pas, car la particularité du système des vouchers est que le consommateur reçoive la somme à dépenser.
    De plus, les activités extrascolaires, les frais scolaires et la cantine sont entièrement payés.

    Ce qu’il se passe aussi est que les écoles privées sont financées de la même façon et ne touchent pas un centime en plus. Elles ont cependant le droit de bénéficier de dons.

    Aussi, le système est nettement plus indépendant, décentralisé, le directeur d’école a le pouvoir d’un chef d’entreprise, l’école fonctionne comme une entreprise et le directeur fait ce qu’il peut pour faire une équipe de prof cohérentes. De plus, avoir un diplôme de prof ne garanti pas de trouver un travail, à l’inverse de la France où l’éducation nationale est une planque.

    La Suède reste un système très socialisant ; certaines industries comme l’alcool sont entièrement étatisées.
    Il y a une prise en charge sociale des gens très forte. Cependant, les entreprises sont très peu règlementées et il y a peu d’interventionnisme. Cependant, les syndicats sont forts, mais la mentalité est nettement plus consensuelle, ce qui reste préférable à imposer des règles sociales par l’état.
    C’est surtout que la gestion publique est plus rigoureuse: pas de statut privilégié de fonctionnaire, si un poste est inutile, on le supprime, évolutions fréquentes de la productivité d’un fonctionnaire, véritable tabou concernant les déficits publics et le gaspillage…

    Ce qui se passe est que les Suédois ont compris que les moyens de l’état sont limités et que l’action de l’état doit rester réaliste. Il y a des choix à faire dans les missions de l’état et celles-ci doivent avoir les moyens suffisant, On préfèrera peu de missions bien faites à trop de missions mal faites, tout au contraire de la France, où l’état est dilettante, aboutissant à trop d’administrations qui manquent de moyens et en voudront toujours plus.

    Sur certains points, la Suède est plus socialiste que la France alors que sur d’autres, elle est très libérale, mais son système socialisant est géré de façon efficace et ne semble pas laisser de place à l’inutile et au gaspillage.

    Cependant, il faut reconnaitre que si on cherchait à appliquer ce modèle, on aurait une grève générale de la fonction publique, le gros problème en France étant avant tout la parasitocratie.

    • « Il n’y a pas de chèque éducation, les écoles sont payées directement par les pouvoirs publics.
      Le système de financement suédois est basé sur le fait qu’une école reçoit une somme fixe par élève, mais ce ne sont pas les familles qui touchent les chèques à dépenser. Ça ressemble au système des vouchers, mais c’en est pas, car la particularité du système des vouchers est que le consommateur reçoive la somme à dépenser. »

      Ph11, je crains de devoir être en désaccord avec vous. Si ce n’est pas un système de chèque éducation qui soit une parfaite transposition de tous les principes mot pout mot, ça y ressemble infiniment plus que la plupart des autres systèmes.

      Si ça ressemble à un saumon, si ça nage comme un saumon et si ça a le goût du saumon, alors c’est sans doute un saumon. Et si c’est une truite saumonée, alors tant mieux, c’est presque aussi bon.

      • Oui, c’est très proche, mais il y a une différence de taille: il n’y de facto pas de libre fixation des prix par les établissements. Avec les conséquences que ça peut avoir, bonnes (par ex. pas « d’inflation » des prix de l’enseignement à cause des vouchers) ou mauvaises (moins d’innovation, moins de variété des prestations etc.)

        • Le chèque-éducation se dit school voucher en anglais. Par définition un voucher est un bon utilisable uniquement pour un service particulier, ici l’instruction. Il n’y a pas d’incitation pour les parents à économiser l’argent non dépensé puisqu’il est inutilisable ailleurs, et donc pas d’incitation pour les établissements à proposer un service moins cher que le montant du chèque.

          La différence importante ici ce n’est pas subvention per capita contre chèque scolaire mais plutôt que les écoles ne peuvent pas demander un supplément que ce soit pour le service d’instruction ou pour certains services annexes. Mais hormis cette restriction (qui n’a rien d’inhérente à la subvention par tête aux écoles) il n’y a pas vraiment de différence pertinente entre les deux systèmes.

          Aux USA la situation est différente : les subventions directes aux écoles religieuses posent un problème constitutionnel, alors que les vouchers ont vu leur constitutionnalité reconnus dans Zelman v.Simmons-Harris ( http://en.wikipedia.org/wiki/Zelman_v._Simmons-Harris ). L’une des conditions posées dans la décision est que l’argent aille aux parents et non directement aux écoles.

      • Oui, c’est proche. Cependant, par définition, le SV implique que le consommateur obtienne l’argent ou ce qui le représente.
        Le Canada Dry ressemble à de la bière, mais n’en est pas.^^

  • Regardez et s’inspirer de ce qui marche ailleurs c’est très bien mais en pratique la politique de la « tabula rasa » avec transplantation du modèle étranger ne donne rien de bon. Il faut partir de l’existant, même quand il est mauvais. En plus, réformer est excessivement difficile : même dans le privé, il est très rare qu’une entreprise qui fonctionne mal arrive à se rétablir, le plus souvent elle est simplement supplantée par d’autres entreprises plus efficaces.
    Ce qui marche, donc, c’est l’implantation de solutions alternatives qui progressivement, quand elles sont bonnes, prennent la place des mauvaises solutions en place.
    Et pour ça il faut de la liberté (pour l’émergence du nouveau) et de la stricte contrainte budgétaire (pour que la montée des bonnes solutions affament et fasse disparaitre les mauvaises). Dans un tel cadre, même le secteur public peut s’améliorer. Sans grève notable.

  • la suede est pété de thunes ils ont les mines d’argent les plus FATTY d’europe c’est facile d’être prospère. Pi c’est un ensemble de choses ils sont peu nombreux, ont pas une administration bureaucratique de cerberes, pas d’immigrations incontrolées ect…

    • Les ressources minières n’ont jamais été ni nécessaires, ni suffisantes pour enrichir un pays riche de manière durable : demandez d’un côté au Congo, à l’Espagne avant le 20ème siècle, et de l’autre côté au Japon ou aux cités-Etats.

      Quant à l’immigration, la Suède compte de mémoire plus d’un million d’immigrés, dont une bonne proportion venant loin d’Europe. L’immigration ne pose pas de problème de chômage quand les gens sont libres de travailler et d’embaucher.

  • La suède est très loin de l’idéal libéral, mais effectivement, la « défonctionnarisation » de la production de services dits « publics » a donné de bons résultats.

    Une autre caractéristique du modèle suédois, mise en évidence par Pierre Cahuc dans « la société de défiance », est que chaque prestation de l’état est fondée sur les mêmes règles pour tous. Ainsi, la retraite : plus de « régimes spéciaux », la retraite est calculée de la même façon pour le privé, le public, les parlementaires, le premier ministre, etc. Et comme il a été transformé en un système non garanti (Jacques Bichot, qui écrit régulièrement dans CP, dirait « à cotisations définies et prestations non garanties en sortie »), il est financièrement insubmersible.

    Idem pour l’éducation, la somme par élève d’une classe donnée est la même quelle que soit l’école. etc.

    La redistribution étant élevée, l’impôt est élevé. Les dépenses publiques restent au dessus de 50% du PIB. Mais l’état ne fait plus de déficit.

    Le résultat de tout ceci est que l’acceptabilité du modèle est forte: les gens ont l’impression de payer pour qqch d’équitable, et de soutenable dans le temps.

    Tout n’est pas rose mais la situation est indiscutablement plus saine que chez nous, économiquement parlant. Par contre, la Suède est prisonnière d’une culture du politiquement correct qui apporte bien d’autres désagréments. Autre sujet.

  • Cher Charles, quand vous dites que l’Omerta vous étonne …

    http://www.contrepoints.org/2012/06/09/86348-ils-ont-achete-la-presse

  • Ou comment contrepoints tombe d’accord avec r/politics, c’est assez rigolo.

  • Eh oui, tu avais raison!

    • Alors la Suède ? une réussite libérale ou pas ?

      Si oui : le libéralisme sait être socialement protecteur, et réussir !

      Si non : Un état protecteur, sans être libéral, peut réussir !

  • Les commentaires sont fermés.

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