Les mythes des Jeux Olympiques, ancien et moderne

Les Jeux Olympiques des deux dernières décennies sont devenus exponentiellement plus orientés vers le divertissement. Même la prolifération d’un mercantilisme grossier est un élément positif puisqu’il renvoie les JO au rôle qu’ils remplissent le mieux.

Les Jeux Olympiques des deux dernières décennies sont devenus exponentiellement plus orientés vers le divertissement. Quant à la prolifération d’un mercantilisme grossier, c’est un élément positif puisqu’il renvoie les JO au rôle qu’ils remplissent le mieux.

Par Ilya Shapiro, depuis les États-Unis.
Publié en collaboration avec le Cato Institute.

Les Jeux Olympiques commencent, ce qui veut dire qu’à côté des parades d’athlètes, nous allons devoir supporter la parade d’infatués qui essaieront d’utiliser les Jeux pour leur propre promotion. Le Comité Olympique International pense que ce spectacle sportif de plusieurs milliards de dollars est en pratique une sorte de mouvement mondial pour la paix, pendant que les politiciens locaux voient les Jeux comme la toile sur laquelle ils peuvent projeter leurs opinions sur l’économie, le commerce international, les politiques environnementales, et tout ce dont ils peuvent imaginer. Ils ne parlent que de ça. Comme je l’explique dans le Huffington Post :

La réalité historique ne pourrait être plus éloignée de nos idées fausses modernes, quand les armées grecques violaient régulièrement la trêve olympique, allant parfois même jusqu’à livrer bataille sur le sanctuaire olympique lui-même. Le succès personnel était bien plus estimé que la participation elle-même, et la richesse avait préséance sur l’idéologie.

Pindare, le poète lyrique dont les odes nous racontent la plupart de ce que nous savons sur le début des Jeux Olympiques, écrivit sur ordre et patronné par de riches athlètes, qui cherchaient avant tout la gloire personnelle plus que la justification de leur ville-état et de son système politique. Le grand champion Alcibiade utilisa ainsi son prestige pour récolter gloire et richesses, souvent au détriment de l’ « intérêt national »…

Sous les conditions actuelles de la mondialisation — homogénéisation culturelle, interdépendance économique, déclin des nations-états même à l’égard de nos ennemis en temps de guerre — la compétition athlétique internationale poursuit une trajectoire toujours plus parallèle à celle du monde dans son ensemble. Comme tout événement sportif, les JO des deux dernières décennies sont devenus exponentiellement plus orientés vers le divertissement. Même la prolifération d’un mercantilisme grossier est un élément positif puisqu’il renvoie les Jeux au rôle qu’ils remplissent le mieux : donner une occasion aux meilleurs athlètes du globe de nous divertir.

Les Jeux nous offrent le meilleur, indépendamment de la couleur, de la religion, des contrats ou du Rideau de Fer. Le « mouvement » olympique, pendant ce temps, est retourné à sa nature de divertissement, de rituel et de valeur athlétique des Jeux originaux.

Ira Stoll établit d’ailleurs un argument similaire dans Reason.

Ce qui ne veut pas dire que les Jeux Olympiques ne sont pas bons — je les aime tant que j’ai écrit ma thèse sur leur transformation à la sortie de la Guerre Froide — mais cela veut dire que s’ils vous plaisent, vous ne devez pas y voir plus que les meilleurs athlètes du monde venus faire leur travail.

Que les Jeux Olympiques commencent !

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Sur le web.