Vers la mort de l’UMP : ce que nous dit l’exemple des Bouches-du-Rhône

Pour Mathieu Morateur, secrétaire départemental du Nouveau Centre et militant libéral, la réaction très molle des cadres locaux et nationaux de la majorité parlementaire sortante signe l’arrêt de mort de l’UMP et de ses alliés dans ce territoire

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Maryse Joissains, maire UMP d'Aix-en-Provence.

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Vers la mort de l’UMP : ce que nous dit l’exemple des Bouches-du-Rhône

Publié le 13 juin 2012
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Dans ce département, trois candidats investis par l’UMP pour les législatives de dimanche ont franchi la ligne séparant droite de gouvernement et populisme ethno-socialiste. Pour Mathieu Morateur, secrétaire départemental du Nouveau Centre et militant libéral, la réaction très molle des cadres locaux et nationaux de la majorité parlementaire sortante signe l’arrêt de mort de l’UMP et de ses alliés dans ce territoire.

Par Mathieu Morateur.

Il est 20h, le 22 avril 2012. À l’UMP des Bouches-du-Rhône, vent de panique. Certes, Nicolas Sarkozy est en tête dans l’ensemble du département. Mais Marine Le Pen dépasse les 23%, et les candidats aux élections législatives tremblent. Pendant deux semaines, c’est la déprime. On ne croit plus vraiment à la victoire du président sortant, et c’est la peur d’une « vague rose » qui s’installe. Puis, le 6 mai, c’est soir de victoire. Ou presque. Le candidat de la droite n’est finalement que 3 points derrière l’ultra-favori Hollande, donné bien plus largement vainqueur par les près de 400 sondages effectués au cours de cette campagne. Et surtout, le report des voix FN sur le candidat de l’UMP est excellent dans toute la région PACA : s’il avait été le même partout en France, Sarkozy serait resté à l’Élysée. C’est ainsi que germe dans l’esprit des candidats menacés par des triangulaires l’idée que la stratégie de Patrick Besson donne la bonne direction, mais s’arrête au milieu du guet : il faudrait proposer aux électeurs un « front de droite », alliance de ce que Jean-François Copé appelle depuis le premier tour le « bloc de droite », face à la gauche accusée d’être irresponsable, laxiste et traitre à la Nation.

Dans un département où le PS est empêtré dans les affaires, l’argument est facile. Il suffira d’instruire des procès en guérinisme à toute opposition. Et l’arithmétique est partout favorable : FN + UMP + environ la moitié des électeurs de Bayrou = une majorité.

C’est la maire d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, pour qui la gauche est surtout à blâmer pour avoir porté illégitimement au pouvoir un Hollande qui « ne fait physiquement pas Président », qui ouvre le bal. Sur la lancée de ses commentaires aux soirs du 6 mai, elle fait le pari d’une OPA, pas si hostile que ça vues les déclarations de Marine Le Pen à son propos, sur le vote FN, en se présentant comme une candidate portant les « valeurs » de l’égérie du Rassemblement Bleu Marine. À tel point que lors du débat télévisé entre les principaux prétendants à la députation dans la 14ème circonscription, dans laquelle madame Joissains est élue depuis 10 ans, la première magistrate d’Aix a passé son temps à acquiescer les propos de son adversaire.

C’est devant ce curieux manège que pointent les premiers doutes face à cette orientation : dans une circonscription bien à droite mais au profil plutôt modéré, cette ligne peut-elle tenir ? Il faut se rappeler que, contrairement à beaucoup de ses collègues, Maryse Joissains avait déjà sous performé de 3 points au deuxième tour les scores nationaux de l’UMP dans sa circonscription en 2007, signe d’un malaise. Or, Nicolas Sarkozy y a réuni 53% des suffrages exprimés en 2012. Ce virage pourrait faire perdre à l’UMP l’un de ses bastions (la circonscription, créée en 1988, a toujours été tenue par la droite). D’ores et déjà, les électeurs de la droite républicaine l’ont sanctionnée, en accordant plus de 8% des suffrages et la quatrième place au candidat soutenu par le Nouveau Centre et le Parti Libéral Démocrate, Michel Boulan.

Bien sûr, Maryse Joissains, bien que passant de 44 à 28% des suffrages exprimés, a pu éviter la triangulaire dans cette circonscription très favorable, et sa notoriété lui a assuré de se placer en tête des candidats de droite. C’est aussi le cas de ses collègues du collectif  « Droite Populaire », Guy Tessier, Bernard Reynès, Eric Diard et Richard Mallié. Mais ces derniers, dans des circonscriptions historiquement plus frontistes, n’ont pu échapper à la présence du Front National au second tour. Ce résultat signe l’échec de cette stratégie de droitisation. Car, si les deux premiers nommés devraient s’en sortir dimanche prochain, la partie sera extrêmement serrée pour les sortants de la 12ème (Marignane-Vitrolles-Côte bleue) et de la 10ème (Gardanne-Allauch). Si l’on ajoute la nouvelle 8ème (Salon-de-Provence) où le quadra Nicolas Isnard, lui aussi converti au marinisme d’opportunité, est également opposé à la fois au président du think tank du PS, Olivier Ferrand, et au garde du corps de Jean-Marie Le Pen, Gérald Gérin, ce sont trois sièges qui sont fortement menacés, là où Nicolas Sarkozy est à plus de 56% à la présidentielle.

Mais le plus grand péril du rapprochement est celui de se faire absorber par le FN !

Ainsi, la première émule suscitée par la faconde de la « Dame d’Aix » est la candidate UMP dans la 13ème circonscription, qui s’étend sur les rives de l’Étang de Berre, où se dressent les torchères des raffineries, ancien fleuron de l’industrie locales. Dans ce territoire dont les socialistes ont tenté, avec violence, d’arracher le contrôle aux communistes, Michèle Vasserot n’a pas hésité pas à déclarer aux caméras de Canal + qu’elle aurait souhaité une alliance avec les frontistes : elle prône un désistement réciproque au deuxième tour pour battre la gauche. Problème, Marine Le Pen est arrivée en tête dans ce fief ouvrier, plus de 6 points devant Nicolas Sarkozy, qui doit se contenter du 4ème rang, derrière François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Et ce n’est pas la personnalité de la candidate, de l’aveu même de Jean-Claude Gaudin envoyée au casse-pipe pour essayer de remplir le quota de femmes candidates, qui a inversé la tendance. Elle a terminé avec moins de 15% des voix, loin des 21,7 de la candidate FN, dont on pourra pourtant apprécier la crédibilité

Mais c’est son voisin Roland Chassain (16ème, Arles) qui a mis le feu aux poudres. Cinq jours avant le 1er tour, celui-ci a déclaré vouloir mener un front « anti-Vauzelle », du nom du député PS sortant, Président de la Région PACA, ancien Ministre de la Justice et Secrétaire Général de l’Élysée sous la présidence Mitterrand. Une prise de position qui l’a amené à se retirer au profit Valérie Laupies, conseillère de Marine Le Pen sur les questions scolaires. Une décision unique dans le département depuis 1988, contestée par le groupe de droite à la mairie d’Arles, qui laisse au Front National incarner seul l’opposition à François Hollande !

C’est pour éviter cette impasse que les trois prétendants à la présidence de l’UMP (Copé, Fillon et Juppé) tentent de faire passer un message commun : « aucune alliance possible avec le FN ». Ce leitmotiv ne va pas assez loin : si Nicolas Sarkozy a réussi à éviter la cinglante défaite qu’on lui prédisait, c’est parce qu’il a porté avec succès l’idée que la droite qu’il représentait est, sur le plan économique, responsable et courageuse. Et en cela, la droite républicaine française est aux antipodes de la démagogie de Marine Le Pen, dont la campagne a patiné à chaque fois qu’elle s’écartait de ses « fondamentaux ». Si, comme tentent de le faire les candidats cités plus haut, l’UMP choisit l’angle identitaire comme marqueur du clivage gauche-droite, alors elle perdra immédiatement la bataille des idées, et le leadership de l’opposition. En revanche, qu’elle combatte pied à pied les mesures économiques dirigistes du gouvernement Ayrault, et c’est vers de nettes victoires aux élections intermédiaires puis en 2017 qu’elle se dirigera.

Car entre la défaite probable de son leader départemental Renaud Muselier, emporté par la vague rose, la fin de règne difficile de Jean-Claude Gaudin et les guerres de clans larvées pour la succession (toute ressemblance avec la situation nationale serait bien entendu fortuite), la droite provençale doit se réinventer si elle veut survivre !

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  • Votre article montre bien que la droite du sud n’est pas la droite parisienne. Qu’est-ce que la droite ? Plus personne n’est capable de définir précisément ce que sont la droite et la gauche. Ce sont des mots creux et vides de sens. La tentative de Sarkozy de bipolariser la vie politique française à l’américaine est un échec patent car cet machine électoraliste qu’est l’UMP est totalement illisible pour l’électeur de base. Il y a tant de lignes de clivages europe/nation ; libre-échange/protectionisme; progressisme/conservatisme que les notions de droite et de gauche sont devenues totalement inopérantes. Il faut impérativement que l’UMP explose et que l’on abandonne le mode de scrutin majoritaire à deux tours afin de redonner de la lisibilité à la vie politique française et de mettre fin à crise de la représentation nationale qui mène la France vers le chaos.
    J’espère que les libéraux réussiront à former un parti politique cohérent et indépendant. Il vaut mieux une alliance claire libéraux/démocrates-chrétiens ou « ex RPR »/souverainistes que la confusion actuelle.

  • « Ce leitmotiv ne va pas assez loin : si Nicolas Sarkozy a réussi à éviter la cinglante défaite qu’on lui prédisait, c’est parce qu’il a porté avec succès l’idée que la droite qu’il représentait est, sur le plan économique, responsable et courageuse. Et en cela, la droite républicaine française est aux antipodes de la démagogie de Marine Le Pen, dont la campagne a patiné à chaque fois qu’elle s’écartait de ses « fondamentaux ».  »

    Bullshit. Si Sarkozy a évité une cinglante défaite, c’est uniquement parce qu’il a fait une très bonne campagne sur le retour à la Nation, aux frontières et à la restriction de l’immigration, autrement dit la ligne Buisson.

    La ligne NKM-Juppé-Raffarin, elle pèse combien dans l’opinion ? 10 -15 % grand maximum ?

    • « Elle a terminé avec moins de 15% des voix, loin des 21,7 de la candidate FN, dont on pourra pourtant apprécier la crédibilité… »

      Cette dame me parait moins débile que Ségolène ou Rama Yade. Le délit de sale gueule, c’est comme ça qu’on traite les adversaires politiques au Nouveau Centre ?

      • Un jugement de valeurs qui n’engage que vous. Tout ce que je vois, c’est une candidate qui ne sait même pas ce qu’elle est censé défendre, et ne comprend pas les questions de la journaliste. Profondément ridicule en somme.
        Quant au délit de sale gueule, je m’en tiens à commenter ses dires, pas son physique, qui n’a rien de particulièrement disgracieux.

    • Elle représente la majorité des parlementaires de droite. C’est ballot le résultat des urnes, surtout quand il est contraire à ce qu’on pense et qu’on se dit populiste.
      Sur l’efficacité de la ligne Buisson, je referai un article si vous voulais. Mais à chaque annonce nationaliste, Sarkozy perd des intentions de vote. Et il remonte quand il reste sur ses fondamentaux. #teasing

      • Bon, on attends avec impatience vos lumières sur la ligne Buisson.

        Vous le dites vous-mêmes dans votre article : la droite peut gagner sur un « bloc de droite », c’est-à-dire en rassemblant l’électorat UMP traditionnel (classe moyenne et petite bourgeoisie) et l’électorat populaire conservateur. Or, l’affirmation de l’identité nationale et la volonté de maitrise de l’immigration sont des thématiques qui rassemblent ces deux électorats.

      • « Elle représente la majorité des parlementaires de droite. C’est ballot le résultat des urnes, surtout quand il est contraire à ce qu’on pense et qu’on se dit populiste. »

        Le résultat des urnes, à priori, ça va être une majorité de gauche. Donc pas de quoi se féliciter pour les notables de droite, donc vous rêvez visiblement de faire partie un jour.

        La droite la plus bête du monde, c’est celle qui se soumet à l’idéologie de gauche, comme le montre Marc Crapez : http://www.contrepoints.org/2012/06/13/86762-pourquoi-la-droite-est-dominee

    • Si Sarkozy a évité un défaite cinglante, c’est uniquement parce que son adversaire est un nul. Faut pas aller chercher plus loin.

      Ses positions ignobles sur l’immigration lui ont au contraire couté la victoire.

      • N’importe quoi. Ce qui qui a couté la victoire, c’est très clairement le fait que seulement 55% des électeurs de Marine Le Pen ont voté pour lui au second tour, alors qu’il y eu un nombre anormalement élevé de votes blancs (deux millions) et que l’écart Hollande-Sarkozy était de 1 million de votes.

        C’est parce que beaucoup d’électeurs FN avaient le sentiment d’avoir été trahi par Sarko en 2007 qu’ils n’ont pas voulu revoter pour lui.

  • L’erreur fatale de la droite française est d’avoir diabolisé le FN au lieu de faire comme Berlusconi avait fait en Italie avec G. Fini, cad l’intégrer au sein d’une majorité plurielle. Au,lieu de çà, les socialos font alliance avec les cocos sans que l’UMP ne trouve rien à redire et donne des leçons à l’UMP qui se sent mal à l’aise. L’attitude de l’UMP est intolérable, sa position intenable : d’un coté l’UMP dit que le FN incarne le mal et de l’autre caresse dans le sens du poil les électeurs du FN lesquels ne sont pas dupes. L’UMP veut les voix du FN tout en lui interdisant toute représentation nationale. Et çà parle de Démocratie! M Morateur doit revoir sa copie à propos de l’UMP et de Sarkozy! Il y a longtemps que la majorité de l’UMP est socialiste en Economie pour notre plus grand malheur!

    • Tu nous fais le coup du front républicain? Franchement je ne veux pas choisir entre FN et UMP, si on nous refaisait le coup de 2002, je ne voterais pour personne pas même Chirac.

    • Les systèmes politiques sont très différentes. En Italie les élections sont beaucoup plus proportionnelles. Et la parti de Berlusconi était bien assez fort pour absorber celui de Fini. En france, le seul baiser que Marine Le Pen donnera à la droite, c’est le baiser de la mort !

  • La ligne Guaino Buisson a clairement fait fuir les libéraux et les centristes qui avaient cru en 2007 aux promesses de Sarkozy en matière de dettes et de réformes.
    En 2012 cette ligne n’avait pas pour but d’éclaircir pourquoi il y eût tant de socialisme au niveau économique pendant 5 ans puisqu’eux-mêmes rejètent « l’ultra-libéralisme » . Ils ont préféré racler sur les terres du front national en parlant de produire français, schengen, l’immigration etc…
    Ils ont perdu, bien fait pour leur gueule, ce sont les plus mauvais conseillers que l’UMP n’ait jamais eu.

    • Tremendo : « la ligne Guaino-Buisson a clairement fait fuir les libéraux »

      euh… les libéraux, au sens strict, en France, c’est pas grand chose électoralement parlant.

      Ensuite, les enquêtes d’opinions montrent que les centristes ont plus voté Sarkozy que Hollande au second tour, malgré la prise de position de Bayrou.

      Et le score final de Sarko est supérieur à la totalité des sondages faits pendant la campagne, et ce malgré le procés en pétainisme et droitisation que lui ont fait les médias. Si Sarko a perdu sur le fil c’est uniquement à cause de son bilan.

      Bref, la future ligne gagnante de la droite, c’est la ligne Buisson.

  • Ce sont plutôt certains libéraux qui se sabordent avec leur soutien absurde au fédéralisme européen (construction typiquement technocratique et socialiste) et une bonne partie de la droite qui se saborde dans une stratégie de diabolisation du FN complètement dépassée et hors du temps, alors que l’alliance est la seule solution possible. Cette alliance est d’ailleurs souhaitée par une grande majorité de la base.

    Avec la crise qui se développe, la prochaine grande ligne de clivage se fera à mon avis entre les fédéralistes partisans de l’euro (pour l’instant majoritaires et aux commandes via le PS et une bonne partie de l’UMP) et les souverainistes opposés à l’euro (mais pas à une coopération économique entre nations européennes souveraines).

    Je suis persudadé que la crise fera pencher la balance en notre faveur (du coté souverainiste), et que le courant centriste-fédéraliste sortira complètement laminé et discrédité après ce qui va arriver dans les années à venir.
    L’alliance avec le FN apparaîtra alors comme une évidence à droite…n’en déplaise à ceux qui se soumettent aux leçons de morale pondues par la gauche étatiste.

  • Une dernière chose, qui me semble essentielle :

    Il ne faudrait surtout pas laisser à la gauche radicale le thème de l’opposition à l’euro et à Bruxelles : les libéraux doivent aussi se positionner sur ce terrain, sinon il y a un réel risque de voir un Mélenchon surfer sur l’implosion à venir de l’U.E comme le fait Syriza en Grèce.

    Et je préfère largement que ce soit une alliance de souverainistes regroupant les bonnes volontés de l’UMP, du FN et d’autres partis qui profite de cette future implosion, avec un programme économique inspiré par des libéraux à tendance souverainiste comme Maurice Allais ou JJ.Rosa, plutôt que les staliniens du front de gauche !

    • Oui, bien sûr, un programme inspiré de Maurice Allais. Avec donc collectivisation des terres et rétablissement des barrières douanières. Voilà qui est intéressant.

      • J’ai bien dit « inspiré », ce qui signifie prendre les bonnes idées de plusieurs économistes, sans les mauvaises.

        Personne chez les souverainistes de l’UMP, du FN ou d’ailleurs ne milite évidemment pour la collectivisation des terres !

        Sur Maurice Allais, lire cet article de contrepoints qui montre que c’est loin d’être un étatiste :

        http://www.contrepoints.org/2010/10/11/3483-maurice-allais-un-liberal

        Je reste persuadé que si on mettait en pratique une bonne partie des idées de JJ.Rosa et de Maurice Allais, nous n’aurions plus un état qui dépense 56% de notre PIB (résultat de décennies de keynésianisme renforcé par la technocratie européenne et par un système à réserve fractionnaire instrumentalisé par les politiques et les autorités monétaires pour gonfler les bulles de crédit).

        Il n’y aura pas de réformes possibles de notre structure étatique tant que nous n’aurons pas restauré une marge de manoeuvre totale pour notre nation, sans dépendre des contraintes européennes (et des plans de secours bisounours et autres eurobonds qui poussent à toujours plus de fuite en avant dans la dette).
        Les années qui viennent en feront la démonstration…wait and see !
        Cela passe par le retour à la monnaie nationale, et à l’application des règles que nous aurons choisies à nos frontières.

  • Et si le FN n’était pas socialiste. Ca vous dérangerait de voter pour un national-libéral ?

    • Pour ma part je suis un partisan de « l’hyperimmigration sans frontière » (enfin en fait simplement favorable à la libre circulation) mais je suis aussi partisan du moindre mal : je voterai sans hésiter pour une politique économique libérale même accompagnée d’une politique migratoire restrictive (après tout c’est la ligne de Ron Paul).

      Avec le Fn la question ne se pose pas.

  • @Mathieu, j’ai dit « inspiré », ça signifie qu’on prend les bonnes idées de plusieurs auteurs, et non les mauvaises.
    A ma connaissance, aucun candidat souverainiste, qu’il soit de l’UMP, du FN ou d’ailleurs, ne prône la collectivisation des terres.
    Sur Maurice Allais, on pourra lire utilement cet article de contrepoints :
    http://www.contrepoints.org/2010/10/11/3483-maurice-allais-un-liberal

    Je reste persuadé que si on appliquait une bonne partie des idées de JJ.Rosa et Maurice Allais, nous n’aurions plus un état boulimique qui dépense 56% de notre PIB.

    C’est le résultat direct de décennies de keynésianisme, largement renforcé par la technocratie européenne et à présent les plans de sauvetage à répétition, le quantitative easing de la BCE qui prête à tour de bras à des acteurs insolvables et bientôt les eurobonds.

    http://www.bloomberg.com/quote/EBBSTOTA:IND

    La monnaie unique et la construction européenne sous sa forme actuelle ne sont que des machines à encourager l’irresponsabilité générale et la fuite en avant dans la dette.

    Nous ne pourrons pas réformer notre état tant que nous n’aurons pas restauré une marge de manœuvre pleine et entière pour notre nation. Cela passe par le retour à une monnaie nationale, et la possibilité de faire ce que nous souhaitons à nos frontières.

    C’est en tout cas le point de vue des libéraux souverainistes dont je fais partie, et je suis persuadé que les années à venir nous donneront raison face aux fédéralistes.

    • Je suis peut-être un peu défaitiste, mais je crains qu’on ne reprenne absolument pas les bons côtés mais surtout les barrières douanières. Mais je peux me tromper.
      Quoiqu’il en soit, le FN est un parti qui défend l’accroissement de la progressivité de l’impôt, le blocage des prix et qui conçoit la croissance comme un bienfait de la Providence. Il vaut son siamois de gauche sur le programme économique.

  • Tout à fait d’accord pour une alliance avec le FN que l’on veut absolument stigmatiser alors qu’il défend (en partie) une idéologie qui, même imparfaite, est au moins une contre-proposition au nouveau président et gouvernement qui ne réalise pas (ou ne veut pas réaliser) les « immigrés » qui ne viennent en France que pour « profiter » des avantages sociaux !!! Sans parler du reste !!!
    Tôt ou tard il y aura une réaction face aux abus et à la dystortion « droits/devoirs » ! Autant régler ce différent en temps de « paix » plutôt qu’en temps de « crise » !!!

  • En complément j’ajoute que l’on « stigmatise » le FN car associé au « racisme et à l’intolérance » mais rien n’est dit sur les propos et les idéologies de l’extrême gauche « front de gauche et NPA » qui sont encore plus destructeurs et en apparence « anti-racistes » et qui prônent des positions « staliniennes » qui ne sont pas des plus « honorables » . Mais cela est accepté ???

  • Le programme du FN c’est le programme du front de gauche avec une différence sur l’immigration je me vois mal voter pour des socialistes…

    • C’est affligeant de constater que 25 ans après le piège mortel tendu à la droite française par Mitterrand (alias le Grand Enfumeur) fonctionne encore et y compris auprès de jeunes responsables politiques.
      Le PS est allié depuis des lustres à un parti qui se réclame de la pire des dictatures que le monde n’ai jamais connu, mais c’est normal, la France a été l’un des derniers pays au monde, avec Cuba et la Corée du Nord, à avoir des ministres communistes, mais c’est normal…
      Alors que si la droite cherche des points de convergence avec une droite certes populiste et « dure », mais qui ne se revendique d’évidence d’aucun régime totalitaire, scandale et tempête dans le petit milieu des appareils gauchistes et de leurs alliés médiatiques.
      Le crypto-marxiste Chirac a été suffisamment con pour se jeter la tête la première dans le piège, ce qui nous a valu les calamiteuses années Jospin, gouvernement minoritaire en fonction grâce à cet anathème.
      Les socialistes ont inventé le FN pour pouvoir gouverner tranquillement tout en étant minoritaires.
      Certains enfin le comprennent.
      Je n’approuve pas le programme du FN, qui est économiquement devenu anti-libéral (quoique du temps du père Le Pen, qui avait d’autres défauts, il ne l’était pas), mais ses électeurs sont majoritairement opposés au moins à l’assistanat et au matraquage fiscal. De ce point de vue là, je le préfère encore aux socialos.
      Mais ça, cher « libéral du Nouveau Centre » (rien que ça me fait rigoler) vous ne le comprendrez décidément jamais, alors continuez à vous voiler la face et à servir la soupe aux faux culs collectivistes du PS, à qui vous assurez le pouvoir pour des années, quand bien même une majorité n’en veut plus.

      • Je ne fais qu’analyser les résultats dans cet article. Et c’est sans appel : les candidats qui se sont rapprochés le plus du FN vont tous perdre.

        • Peut être perdront ils mais si tel est le cas c’est justement que les appareils sont encore prisonniers du fameux piège à perdre.

          Si on analyse les résultats, c’est très clair. Prenons le cas emblématique de la 15% : 35% pour Reynes, 25% pour le FN, soit 60% à droite…et avec ça un vrai risque de voir la socialiste élue. C’est n’importe quoi.
          Entre gens sensés, qui ne se trompent pas sur qui est l’adversaire et qui est l’ennemi, on discute et on se met d’accord.
          1 retrait UMP et 5 retraits FN, ça aurait fait 6 circonscriptions sauvées. au lieu de cela, il y en aura 1 à 2.
          Bravo, les socialistes vous remercient.

          • Tout à fait. Si j’ai bien compris M. Morateur souhaite renforcer l’ostracisation du FN, ce faisant il ne fait que se soumettre au petit jeu de la gauche qui s’appelle « diviser pour régner ».

            On le verra d’ailleurs aux élections locales : dans des régions comme le PACA ou Champagne-Ardennes où la gauche est nettement minoritaire, elle peut quand même gagner et gouverner parce que l’électorat de droite est divisé entre l’UMP et le FN.

            Le fait que Jean-Marie Le Pen ait été remplacé par quelqu’un qui n’a jamais commis de dérapages racistes et antisémites et qui a fait le ménage dans le parti crée une occasion très claire pour la droite de faire cesser ce petit jeu. La diabolisation du FN ne sert QUE la gauche et le pouvoir socialiste. L’UMP a tout intérêt à permettre des alliances de circonstances et à normaliser ses relations avec le FN pour améliorer les reports de voix FN dans sa direction.

            Avec des stratèges comme Mathieu Morateur, la gauche est là pour 20 ans.

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