La santé sous la coupe de Bercy

La subordination de la santé à Bercy peut être considéré comme une défaite personnelle de la ministre Marisol Touraine qui, en charge des affaires sociales au PS la critiquait et avait laissé entendre lors de sa nomination qu’elle tenait particulièrement à avoir la haute main sur l’élaboration du financement de la sécurité sociale.

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Ministère des Finances à Bercy (Crédits : Pline, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia.

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La santé sous la coupe de Bercy

Publié le 30 mai 2012
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La subordination de la santé à Bercy  peut être considérée comme une défaite personnelle de la ministre Marisol Touraine qui, en charge des affaires sociales au PS la critiquait et avait laissé entendre lors de sa nomination qu’elle tenait particulièrement à avoir la haute main sur l’élaboration du financement de la sécurité sociale.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Ministère des Finances à Bercy (CC, Pline)

Le décret 2012-768 paru au JO du 25 mai dernier précise les attributions du Ministre de l’Économie et des Finances. Nous pouvons lire dans l’article 1, entre autres, « Il est chargé, en liaison avec le ministre des affaires sociales et de la santé et le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, de la préparation de la loi de financement de la sécurité sociale et en suit l’exécution. Il est responsable de l’équilibre général des comptes sociaux et des mesures de financement de la protection sociale. »

La politique sociale et la santé seront gérées directement par Bercy. Ceci n’est pas complètement nouveau puisque sous le gouvernement Fillon, l’élaboration du PLFSS était déjà du ressort du Budget, donc de Bercy. Par contre, le pouvoir de Bercy en la personne du Ministre des Finances lui-même est renforcé et, surtout, sur un plan politique, ceci peut être considéré comme une défaite personnelle de la ministre Touraine qui, en charge des affaires sociales au PS critiquait cette subordination du ministère à Bercy et avait laissé entendre lors de sa nomination (journal du dimanche daté du 20 mai dernier) qu’elle tenait particulièrement à avoir la haute main sur l’élaboration du PLFSS.


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  • de façon constante, la gestion d’un pays, ses lois, ses réglementations, ne doivent jamais être du ressort des hauts fonctionnaires, jamais.
    Sinon, on en arrive toujours à la substitution des gouvernants par une haute administration anonyme, ce qui est la pire des dictatures, d’autant qu’elle est peu visible.
    ce n’est pas à un intendant de détenir les clefs du château

    • Trop simpliste. Faire gérer un pays par des élus peut donner un résultat pire ; au moins le haut fonctionnaire n’a pas besoin de distribuer des largesses prises sur la caisse publique pour se faire élire ou se maintenir.
      L’histoire est pleine d’intendants qui prennent la place du souverain, c’est quasiment la loi du genre.

      En général il est préférable que

      • @P
        se faire élire , se maintenir, éventuellement s’en mettre dans les poches n’est rien à côté de la jouissance du pouvoir: et ces hauts fonctionnaires anonymes , inhumains, qui ne fonctionnent qu’à la pensée tehnicienne disposent d’énormes pouvoirs, de vrais pouvoirs.
        Ce ne sont pas les scribes, les clercs, les mandarins, qui doivent gouverner

  • « La politique sociale et la santé seront gérées directement par Bercy. »

    Rien de neuf en réalité : qu’un ministre ou un autre perpétue le monopole public sur la santé ne change pas fondamentalement la donne. Ce choix conduira simplement à l’accélération des pénuries, à l’allongement des files d’attente, à l’atrophie des moyens, à la perte de chance pour la plupart des malades, le tout pour un coût toujours plus astronomique mais de moins en moins justifié.

    Pendant ce temps, les quelques privilégiés qui ont accès aux hôpitaux de la caste, HIA du Val-de-Grâce notamment, pourront continuer à prétendre que la France a le meilleur système de santé au monde. Ils ont d’ailleurs raison, mais uniquement pour eux : c’est la magie constamment vérifiée de l’égalitarisme, qu’il soit appliqué en URSS, à Cuba, en Corée du Nord ou en France.

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