Retraites, le problème reste entier selon le COR

Un rapport du COR sonne une nouvelle fois l’alarme : menace sur les retraites. C’en est au point que les proches de François Hollande commencent à parler de « réforme systémique », avec une capitalisation « par points ».

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Retraites, le problème reste entier selon le COR

Publié le 17 mai 2012
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Un rapport du COR sonne une nouvelle fois l’alarme : menace sur les retraites. C’en est au point que les proches de François Hollande commencent à parler de « réforme systémique », avec une capitalisation « par points ».

Article publié en collaboration avec l’Aleps.

Le recul de l’âge légal de la retraite de 60 à 61 ans a été salué comme une vraie révolution. Injuste dit la gauche, qui veut revenir à 60 ans, indispensable pour sauver le système dit la droite, qui pense avoir tout réglé.

Évidemment, tout cela n’est que discours, et nous n’avons cessé de contester cette réformette, qui est un emplâtre sur une jambe de bois, alors que la seule mesure à prendre est de rompre avec le système du tout répartition pour lui substituer progressivement celui du tout capitalisation. Telle est d’ailleurs la conclusion du travail scientifique consigné dans le livre de Jacques Garello et Georges Lane « Futur des retraites et retraites du futur » (IREF, Librairie de l’Université Aix en Provence, 3 tomes, 2009-2010).

Mais voici que le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) pousse un nouveau cri d’alarme. Les hypothèses sur lesquelles ont été calculées les prévisions de cotisations et de pensions d’ici 2030 ne sont plus valables : en 2030, le chômage devait descendre à 4,5 %, la croissance se situer à 1,6 %, et la productivité du travail également à 1,6 %. Avec prudence, on avait prévu que le début de la période de « rééquilibrage » allait être moins glorieuse avec pour perspectives en 2014 un chômage de 8 % ; une croissance de 1,3 %. Hélas, ces chiffres, pour modestes qu’ils fussent, n’ont pas résisté au temps : aujourd’hui on ne peut plus garder espoir d’en avoir fini avec les retraites en 2030. C’en est au point que les proches de François Hollande commencent à parler de « réforme systémique », avec une capitalisation « par points » (chère à Jacques Bichot) mais dont Jacques Garello a dénoncé l’artifice. C’est la vraie capitalisation qu’il faut choisir : placer l’argent des cotisations sur le marché financier.

Il n’aura pas fallu plus d’une semaine pour que se dissipent les promesses et incuries électorales et que le lancinant problème des retraites, jamais vraiment abordé, réapparaisse.

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  • C’est pas 62 ans ?

  • Tant qu’on maintient le Système Pétain-Madoff …

  • Tout à fait d’accord avec l’article.
    J’aimerais cependant nuancer sur la retraite par capitalisation. Comment la mettre en place pour tous ceux qui ont cotisé au moins 42 ans et ceux qui touchent déjà à la retraite?

    De plus, vu l’imbrication des pouvoirs publics dans la finance, ce système est-il moins risqué que celui par répartition ou par point?

    Cordialement

  • Question stupide et quelque peu naïve, et si les marchés se cassent la gueule entre le moment ou je cotise et le moment ou je pars en retraite… qui va payer ma retraite ?

    • Les marchés boursiers fluctuent, mais ils finissent par refléter l’état économique du monde. Or sur cinquante ans la croissance de la richesse n’a jamais cessé.
      De plus la retraite par capitalisation implique, qu’au fur et à mesure que l’on approche de l’age de la retraite, de sécuriser son capital en arbitrant dans sa composition. ( immobilier, or, actions, obligation, cash, forêt etc …)

  • Hormis le débat répartition/capitalisation, il y en a un bien plus important. C’est le problème de la primauté de prestations/primauté de cotisations.

    Dans un système à primauté de prestations, la rente versée est directement proportionnelle au dernier salaire. Le problème se pose lorsqu’un rentier n’a pas beaucoup cotisé durant leur période active, mais a eu un gros salaire durant les dernières années de cotisation. Ce système n’est pas tenable sur le long terme, qu’il soit financé par la capitalisation ou par la répartition.

    Dans un système à primauté de cotisations, la rente versée est proportionnelle à la somme des cotisations. Seul ce système peut tenir sur le long terme, indépendamment de la démographie. C’est ce système qui est appelé « par points ».

    • C’est vrai que le systeme a points parait plus juste que le systeme a primaute de cotisations, c’est le systeme de la MSA (retraite des agriculteurs)

  • Ce que je ne comprend pas c’est comment in justifie le caracter OBLIGATOIRE de la retraite. Pourquoi ces milliers de de cretins qui croent en ce systeme pensent ils qu’il faille l’imposer par la force?

    SI c’est pour eviter que les rihes trouvent mieux ailleurs et arretent de financer les pauvres, c’est deja un aveu que c’est pas le meilleur systeme pour tout le monde…

    Si c’est au nm de la solidarite, alors comment justifier que la solidarite se fasse a la pointe du fusil?

  • Pour info, un système par point est aussi un système par répartition, tout comme un système en comptes notionnels (capital virtuel) : les modalités de calculs changent mais pas la philosophie.

  • Comment les prévisionnistent peuvent-ils faire des prédictions pour 2030 alors qu’ils sont infoutus de prévoir les évolutions économiques 6 mois à l’avance.

  • Les commentaires sont fermés.

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