Non Marine Le Pen, l’UMP ou le PS ne sont pas ultralibéraux

Marine Le Pen a dénoncé le 1er mai le soi-disant ultralibéralisme des partis en place. Elle souffre sans doute de deux affections : l’amnésie et l’ignorance. L’amnésie lui a interdit de retenir ce qui s’est dit pendant la campagne, même si l’ignorance n’est pas son monopole.

Marine Le Pen a dénoncé le 1er mai le soi-disant ultralibéralisme des partis en place. Elle souffre sans doute de deux affections : l’amnésie et l’ignorance. L’amnésie lui a interdit de retenir ce qui s’est dit pendant la campagne, même si l’ignorance n’est pas son monopole.

Un article de l’aleps.

Nous avons été heureux en ce 1er mai : on a enfin parlé de nous. Marine Le Pen a dénoncé « l’ultra-libéralisme » qui a été pratiqué tant par la droite que par la gauche depuis des années. À l’en croire, les candidats auraient attendu le deuxième tour pour dénoncer la mondialisation, la finance, les marchés, l’austérité, car elle aurait été jusque-là seule à prôner le protectionnisme, la souveraineté nationale, le contrôle des banques et la relance.

Marine Le Pen souffre sans doute de deux affections : l’amnésie et l’ignorance. L’amnésie lui a interdit de retenir ce qui s’est dit pendant la campagne, puisqu’il y a eu unanimité pour mettre la crise au débit du libre échange, de la spéculation, de la rigueur imposée par la Banque centrale européenne. Le degré de véhémence a été variable, mais certains ont été au moins aussi virulents que la candidate du Front national.

L’ignorance n’est pas son monopole. Elle a été largement étalée par tous les candidats, là encore sans exception. D’une part, accuser le capitalisme d’avoir engendré crise et chômage c’est ignorer que ce sont les politiques monétaires et budgétaires qui sont à l’origine de la conjoncture actuelle, accentuant les travers structurels d’économies mixtes croulant sous les réglementations, les rigidités sociales et les charges publiques. D’autre part, il n’est qu’à détailler les mesures prises par les gouvernements successifs depuis 1981 (voire même avant) pour se rendre compte que la France est le dernier pays communiste du monde, niant la propriété privée, subissant un secteur public démesuré, dirigé par une nomenklatura de politiciens, bureaucrates et syndicalistes. Au niveau international, si Sarkozy peut se prévaloir d’avoir été l’émule d’Obama et des relances keynésiennes suicidaires, il s’est heurté à la Chancelière quand il a voulu entraîner l’Europe dans la fuite en avant, et a attendu ces toutes dernières semaines pour découvrir le « modèle allemand ».

Marine Le Pen n’est pas très adroite dans sa préparation des législatives. Car les électeurs « ultra-libéraux », même s’ils ne sont pas très nombreux (à vérifier un jour), peuvent à leur tour être arbitres au mois de juin. Ils n’oublieront pas les attaques du discours du 1er mai, où l’on a senti l’influence de Monsieur Philippot, gaulliste de gauche ancien collaborateur de Chevènement, et de Maître Collard, ancien socialiste extrême. Deux ultra-libéraux sans doute.


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