Pour sauver l’école, osons l’autonomie

Le privé fait mieux que le public, avec moins de moyens. Pour le bien des élèves, laissons leur leur chance avec une autonomie bien plus grande.

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Pour sauver l’école, osons l’autonomie

Publié le 8 mai 2012
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Les études soulignent l’intérêt des modes de gestion alternatifs des établissements scolaires : le privé fait mieux que le public, avec moins de moyens. Pour le bien des élèves, laissons-leur leur chance avec une autonomie bien plus grande.

Par Anne Coffinier et Agnès Verdier-Molinié.
Article paru initialement dans Le Figaro, publié en collaboration avec le blog de la liberté scolaire.

Donner davantage d’autonomie aux établissements scolaires, c’est permettre à l’État de réaliser des économies budgétaires et d’accroître les performances éducatives. Expériences étrangères de financement public des établissements privés et indépendants à l’appui.

« Réformer l’école ? On est presque gêné de poser la question. Depuis trente ans, l’école subit un feu roulant de réformes, sans le moindre résultat. Si l’on définit l’efficacité par le rapport entre le coût et les performances, le bilan est catastrophique. Sur la période, la dépense par élève du primaire a augmenté de 76%, tandis que la proportion d’élèves sortant de l’école primaire sans savoir lire s’est envolée. Les performances des écoliers français reculent continûment dans les classements internationaux.

« De toute évidence, la « réformite » chronique qui s’est emparée du système éducatif n’est pas la solution. Alors, que faire ? Le problème est qu’en France tout le monde a son idée. Il y a, comme on dit, autant de ministres de l’Éducation nationale que de parents d’élèves… Mais après tout, ce que l’on prend pour un problème est peut-être la solution. Compte tenu des résultats peu reluisants des réformes autoritaires et centralisées, pourquoi ne pas essayer la voie de la réforme autonome et décentralisée ? Lorsqu’un système connaît un taux d’échec de 40% (proportion d’élèves ayant de graves difficultés à la sortie de l’école primaire), l’heure n’est pas aux préjugés idéologiques mais à la recherche tous azimuts de bonnes solutions.

« Or, selon les travaux menés à la Fondation iFRAP, il apparaît que le privé sous contrat, avec la toute petite parcelle d’autonomie que l’État a bien voulu lui concéder, parvient à faire mieux que le public, avec moins de moyens. Une économie qui s’élève en moyenne à 1 951 euros par élève et par an dans le primaire et à 2 788 euros dans le second degré. Ce n’est donc pas en dépensant toujours plus que l’on améliore les performances, mais en laissant les écoles s’adapter aux besoins réels de leurs élèves. C’est pour cela qu’en France les écoles privées sous contrat obtiennent de meilleurs résultats aux examens nationaux, alors que leurs élèves, contrairement aux idées reçues, sont d’origines aussi diverses qu’à l’école publique.

« En conséquence, les parents se précipitent dans le privé sous contrat, de tous milieux et de toutes origines, formant des files d’attente un peu plus longues à chaque rentrée. Cela prouve qu’il y a une demande de diversité de choix.

« D’autant plus que les lycées les mieux notés pour la valeur ajoutée apportée par l’établissement aux élèves sont les lycées privés (62 parmi les 100 premiers de France). Lorsqu’un établissement peut concevoir de manière un peu plus libre son projet éducatif, recruter ses professeurs et gérer son budget, il est en mesure d’adapter sa pédagogie aux profils des élèves.

« Certains pays l’ont bien compris. Les Suédois, les Danois et les Néerlandais obtiennent d’excellents résultats en partie parce qu’ils font confiance à la libre initiative de la société civile.

« En France, cette liberté est bridée, ce qui nuit à la qualité de notre enseignement et à l’avenir de nos enfants. Le motif le plus souvent invoqué pour refuser cette libération des initiatives est la crainte de voir se constituer un système éducatif à deux vitesses, générateur d’inégalités. Ces craintes honorent ceux qui les nourrissent. Mais force est de constater qu’elles sont infondées. Les Français sont prêts aujourd’hui à des changements majeurs : selon un tout récent sondage Ifop, « 49 % des Français sont favorables au financement par l’État des établissements scolaires d’enseignement complètement privés ». Il existe des moyens innovants de délivrer l’école du carcan qui l’étouffe sans tomber dans les travers d’un système ultralibéral.

« C’est ce que vient de démontrer la Fondation pour l’école, dans le cadre d’un colloque consacré à ces questions. Elle a en particulier mis en évidence l’intérêt de multiplier les modes de gestion alternatifs de l’école. Ceux-ci rétablissent dans de nombreux pays comme la suède, le Danemark et les Pays-Bas, l’égalité des chances en donnant à chaque famille les moyens financiers de scolariser ses enfants dans l’école de son choix.

Ainsi, la capacité de choisir l’école de son enfant cesse d’être accessible à une minorité pour devenir le choix effectif de tous. Les pays qui financent depuis longtemps leur école grâce à des solutions de type forfait par élève, quel que soit le statut de l’école (public, privé, sous contrat ou hors contrat), sont parmi les meilleurs aux tests Pisa de l’OCDE.

Ces résultats constituent par eux-mêmes une vibrante invitation à multiplier les expérimentations de financement public d’alternatives pédagogiques en France. À l’heure où les candidats à l’élection présidentielle réfléchissent à juste titre à l’avenir de l’école et de ses élèves, nous leur demandons d’oser enfin expérimenter la liberté de choix, la transparence des coûts et l’autonomie scolaire. »

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  • Tout cela est parfaitement évident, mais IMPOSSIBLE à obtenir en France actuellement.
    Il est vital de libérer l’éducation, comme il est vital d’abolir le droit du sol, mais notre système politique ne le permet pas.
    Il faut le réformer en instaurant la démocratie directe: Même l’EN ne pourrait pas faire obstacle à une décision du peuple.

  • « C’est pour cela qu’en France les écoles privées sous contrat obtiennent de meilleurs résultats aux examens nationaux, alors que leurs élèves, contrairement aux idées reçues, sont d’origines aussi diverses qu’à l’école publique. »
    Euh, faux, les écoles privés ont les meilleurs résultats aux examens nationaux parce qu’elles renvoient les « mauvais » élèves avant qu’ils ne passent les concours.

    • Encore un mensonge colporté sans honte, à partir d’une analyse extrêmement partielle et politisée de la situation : à l’autre bout du spectre des écoles privées qui ont une politique élitiste au mérite (et alors, ça vous gène qu’il y ait de très bons élèves reconnus comme tels et que l’on encourage à être encore meilleurs ?), de nombreuses écoles privées recueillent les élèves les plus en difficulté rejetés par le système public incapable de les gérer.

      • Le renvoi de certains élèves est une réalité aussi bien dans le privé que dans le public. Lorsque la demande est élevée, il est également logique de sélectionner les meilleurs élèves. Si le prive a de meilleurs resultats, il faut peut etre chercher aussi du cote de la qualite de l’encadrement. Le probleme, c’est que notre système actuel laisse pas mal d’élèves sur le carreau. La solution est peut être dans les propositions de ces deux femmes. Elles valent au moins qu’on s’y attarde face à un système qui se sclerose

    • C’est sur la base de ce mensonge statistique (mais qui semble satisfaire le « bon sens » et « l’expérience immédiate ») que l’on a crée des classements des lycées sur la base de la différence entre résultats attendus (compte tenu des caractéristiques des élèves, au sens très large) et résultats obtenus.
      Catastrophe… Ce classement est encore plus dominé par le privé que le classement brut.

      Bien sûr un certain nombre d’établissements « d’élite » écrême sauvagement pour ne garder que les tous meilleurs (ma classe de terminale dans un lycée de ce type fut en son temps -1992- jugée moyenne… seulement 80% de… mention bien et mieux). Mais cela se fait (envers et contre la bien pensance) dans le public autant que dans le privé. On n’est pris en terminale S math à Louis le Grand qu’avec des qualités scolaires avérées. Si elles ne sont pas là, on peut aller voir ailleurs, malgré la sectorisation et « l’égalité des chances ».

  • J’ai quand même l’impression que le privé à son propre circuit fermé, et mène naturellement vers des écoles supérieures privées et payantes

    Mes aînés (enfants) ont fait un cursus uniquement en publique, et sont maintenant en études supérieures universitaires et grande école, où, sauf erreur de perception, j’ai l’impression qu’on y rencontre très peu d’étudiants venant du privé.

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