Il faut se réjouir de la victoire de François Hollande

Est-il possible, pour un libéral, de se réjouir de la victoire de François Hollande ? Peut-être. Est-il possible de se réjouir, par ailleurs, de la défaite de Nicolas Sarkozy ? Sans doute.

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François Hollande en 2012 (Crédits Mathieu Delmestre-Solfé Communications licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

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Il faut se réjouir de la victoire de François Hollande

Publié le 7 mai 2012
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Est-il possible, pour un libéral, de se réjouir de la victoire de François Hollande ? Peut-être. Est-il possible de se réjouir, par ailleurs, de la défaite de Nicolas Sarkozy ? Sans doute. 

Par Fabrice Copeau.

François Hollande en 2012 (Crédits Mathieu Delmestre-Solfé Communications licence Creative Commons)On ne peut pas dire que ces élections présidentielles aient été particulièrement palpitantes. Le résultat était su et connu de tous des semaines avant le premier tour de l’élection, même si des incrédules, dont je faisais partie, doutaient très fortement d’un résultat plaçant le candidat sortant à une bonne dizaine de points de son rival socialiste de gauche. Et, en effet, c’est un peu plus d’un million de voix qui séparent, parmi les suffrages exprimés pour l’un ou l’autre des candidats, Hollande de Sarkozy. Il s’agit de la deuxième élection la plus serrée de la Ve République. Je dis bien parmi les suffrages exprimés en faveur de l’un ou de l’autre, car les blancs et nuls sont aussi des suffrages, qui expriment incontestablement un choix (ou un faisceau de choix, plus exactement). Le malheur veut, simplement, que ce choix n’est tout simplement pas pris en considération par le code électoral. Il en ressort que les quelques deux millions d’électeurs qui se sont rendus aux urnes pour voter nul ou blanc ne sont pas, et ne seront pas, entendus. Ils représentent pourtant deux fois l’écart qui sépare les deux candidats en lice au second tour. Un jour ils représenteront quatre ou cinq millions d’électeurs ; j’espère qu’on ne sera pas assez fous pour ne pas réaliser ce que cela peut signifier.

Le candidat socialiste de gauche l’a donc emporté. Fort bien. Je ne peux que me réjouir de voir un président faible, consensuel, onctueux comme une crème à 0%, rond, succéder à un bateleur bonapartiste pour qui roulement d’épaules signifie conviction, autoritarisme signifie action. François Hollande n’a aucune expérience gouvernementale. Presque pas non plus, d’ailleurs, d’expérience de gestion publique locale. Il est, par nature et par tempérament, quelqu’un porté sur le rassemblement et le consensus, respectueux des droits du parlement, des corps intermédiaires et de la liberté de la presse. Je le vois donc faire plutôt profil bas que monarque inaccessible. Je doute qu’il mette à bas les libertés individuelles, au nom d’une quête folle des voix du FN, comme son prédécesseur l’a fait durant tout son mandat. Je crois même que sur la plupart des sujets de société nous gagnerons au change. Et que nos libertés, loin de régresser, progresseront peut-être un peu.

Bien sûr son programme est irréalisable, il n’y croit d’ailleurs pas lui-même. La dette publique, le déficit budgétaire, la situation des comptes publics, plus largement, l’amènera rapidement à redescendre sur terre. Et à remiser à la prochaine élection ses promesses électorales. C’est naturellement de bonne guerre et je ne connais pas de politicien qui ne s’y livre avec avidité et régularité.

J’observe toutefois que François Hollande est somme toute l’un des rares candidats, sinon le seul, à avoir replacé la croissance au cœur de son programme et de son argumentation. Il a d’ailleurs rappelé hier soir, lors de son discours de Tulle, l’importance qu’il accorde à cette notion de croissance et à celle, voisine, de progrès. C’est un déclic idéologique dont il ne faudrait pas sous-estimer l’importance, comme Pierre-Antoine Delhommais le rappelle fort justement dans Le Point de cette semaine (« La pensée magique de la croissance », Le Point n°2068, 3 mai 2012). Bien sûr, la France hollandienne ne met pas derrière ce mot de « croissance » la même signification que l’Allemagne merkelienne ou la commission draghienne. Les conceptions sont même franchement opposées, l’un vantant la relance par la demande, le soutien à la consommation, quand les autres entendent modération salariale, dérégulation, politique de l’offre, développement de la concurrence. Mais cet enterrement officiel des lunes débiles prônant la décroissance et d’autres délires d’écologistes extrémistes mérite d’être applaudi à sa juste valeur.

À droite, Sarkozy a été battu. Je soutiens que c’est une excellente chose. Pas seulement parce qu’il a conduit une politique calamiteuse sur le plan économique, contribuant à transformer une crise bancaire en une crise de la dette publique majeure, dont les effets, déjà plus que sensibles ici ou là (Grèce, Espagne, Italie) seront avec quasi certitude dévastateurs dans les années qui viennent. Mais aussi parce que les libertés, publiques comme individuelles, ont fortement reculé pendant toute la durée de son mandat, auquel on peut d’ailleurs ajouter celle de son maroquin de la place Beauvau, précédemment. Les illustrations sont trop nombreuses et connues pour que je fasse l’offense de vous les rappeler ici. Et enfin parce qu’il a franchi le rubicon qui sépare la droite parlementaire et républicaine de l’extrême droite totalitaire. Imaginer que les quelques libéraux perdus à droite, à peine plus nombreux que les libéraux perdus ailleurs, aient un quelconque atome crochu avec les descendants du vichysme totalitaire m’est impossible. La tradition fasciste n’a rien avec avec le libéralisme, c’est une évidence, mais elle n’a rien à voir avec la droite non plus. Les fascistes, du reste, ne souhaitent que torpiller et détruire la droite, pas du tout s’allier avec elle.

J’espère que la droite se reconstruira donc sur des bases nouvelles, républicaines, étatistes, centralisées. Celles qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Qu’elle retourne à ses origines autoritaro-républicaines, gaullistes et étatistes. Qu’elle assume donc sa vraie nature socialiste de droite. Dominique de Villepin, Nicolas Dupont-Aignant et d’autres pourront en être les fers de lance. Que ces gens-là refondent une droite expurgée de tout libéralisme. Et qu’ils laissent les libéraux naviguer vers d’autres rivages, qui, ma foi, pourraient bien être du bord opposé, lequel aurait tout à y gagner s’il ne veut pas plonger dans l’ornière qui le guette. De Jean-Louis Borloo à Manuel Valls, il est temps de construire quelque chose de nouveau, qui ne sera pas l’énième épisode d’une série sans fin.

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  • juste un commentaire :

    Philosophiquement, on ne peut être libéral et socialiste (et de droite d’ailleurs).

    Que ce soit Mr Valls ou Borloo, ils restent de gauche, cad que poue eux, l’individu n’est qu’un moyen, et l’état une fin (on va appeler l’état « le bien commun » pour bien enrober ce qui n’est que la même chose, un concept fumeux réifié).

    Le libéralisme, c’est l’inverse : l’état n’est qu’un moyen au service de l’individu qui est la fin ultime et indépassable.

    En ce sens, l’auteur fait une erreur fondamentale en croyant qu’un libéral puisse se retrouver sur le prisme électoral français actuel.

    c’est IMPOSSIBLE.

    • on ne peut pas être libéral et socialiste, c’est évident. Je n’ai jamais dit le contraire. Remarquez, cela n’empêche pas une bonne partie des socialistes de droite de se dire libéraux, cherchez l’erreur…

      • Je pense qu’il existe un libéralisme de pragmatisme, et un vrai libéralisme. Celui de Juppé, et celui de Bastiat.
        Les soi-disant libéraux parmi les socialistes de droite sont de la première espèce.

    • On peut etre liberal et de gauche, c’est mon cas : http://www.libgauche.fr/

    • Le socialisme est au départ le diagnostic de l’injustice du monde et qu’une liberté désordonnée aboutit à la fin de la liberté. Il y a aussi l’idée de collectivité centralisée, mais pas forcément étatique.
      Aujourd’hui le PS et l’UMP utilisent l’état comme outil de centralisation, ils sont donc à égalité sur le fond et n’ont que des divergences de forme. Que le capital soit issu du prélèvement des impôts ou du prélèvement des intérêts de crédit, n’importe plus, surtout quand les dettes privées et publiques s’interpénètrent à ce point.
      Ce qu’on peut espérer c’est que Hollande fasse voter des lois qui servent de cadre « universel » à l’économie plutôt qu’à favoriser tel ou tel business model, tel ou tel acteur économique comme Sarkozy a fait voter ces dernières années. En ce sens Hollande est une force de résistance aux changements actuels, mais Sarkozy était un virus.

    • +1. « They’re all a bunch of socialists ! »

    • Fully approved !!!

  • Si Sarkozy a été battu assez nettement , il le doit non seulement à son propre tempérament velleitaire qui en a hérissé plus d’un y compris dans son propre camp, mais aussi à quelques sinistres personnages de son entourage qu’il a mal choisi comme Guaino, Géant, Juppé, Nadine Morano ou Michéle Alliot-Marie .

    Je pense que le choix d’un Fillon pour représenter la droite aurait été meilleur et la bataille de second tour contre Hollande plus indécise.

    Maintenant quand on voit tous ces braillards, torchés à la bière, Place de la Bastille, qui ont fait une teuf d’enfer avec Yannick Noah toute la nuit…. et ne sont probablement pas allés bosser ce lundi matin, je serais à la place d’Hollande que je me ferais du souci pour rendre des comptes à ce type d’électorat.

    D’autant plus, qu’ils étaient déjà là avec des banderoles bien revendicatives.

    « Perdons pas de temps pour retrouver nos acquis que Sarkozy a commencé à démolir » Hein ! !

    Smic à 1700 euros, interdiction des licenciements, embauche immédiate de fonctionnaires, retraite à 60 ans dans le privé et à 55 ans dans la fonction publique, revalorisation du RSA et des allocs chomage, blocage des loyers et du prix des carburants etc…

    Le Hollande il n’a encore rien vu et il va être bien surpris quand il va comprendre pour quelles raisons ils l’ont élu.

    Et tous ces salariés béats de la fonction publique qui ce midi ont fété ça sur leur lieu de travail avec moultes bouteilles d’apero et cacahuètes ! Hein !

    Ceci étant l’UMP risque de se faire ,dans la foulée, déchiqueter aux Législatives.

    Tous ces petits notables, élus sous la bannière UMP en 2007, qui au lieu de se préoccuper des problèmes majeurs du pays, ont passé leur temps à la buvette de l’Assemblée Nationale où la bouteille de champagne millésimé est à 5 euros.
    L’oeil rivé sur la cote argus immobilière de leur ville, à jubiler en loucedé quand ils voyaient le prix du m2 passer de 3000 euros à 4500 euros en trois ans. ces cons là , ils savent bien que le nouveau propriétaire qui achète un appart à 4500 euros le m2 va être une proie facile pour le système clientéliste de l’UMP.
    Mais maintenant tout ça va se terminer pour eux. ils sont cuits à présent

    • « …son entourage qu’il a mal choisi comme Guaino, Géant, Juppé, Nadine Morano ou Michéle Alliot-Marie . »

      Le problème, c’est que c’est la vrai droite.
      Parce que la droite, la gauche, l’UMP, le PS (sans parler du FN), ce sont des individus sur lesquels on peut mettre des visages et des paroles, contrairement aux idéologies qui ont tjs les mains propres ….

  • D’accord sur l’ensemble, à deux choses prés :

    1/ « La tradition fasciste n’a rien avec avec le libéralisme, c’est une évidence, mais elle n’a rien à voir avec la droite non plus. Les fascistes, du reste, ne souhaitent que torpiller et détruire la droite, pas du tout s’allier avec elle. »

    Je ne crois pas qu’on puisse considérer tous les électeurs du Front National comme des fascistes. Pas plus qu’on ne peut considérer tous les électeurs du PS ou de l’UMP comme des républicains modérés. Idem sur le plan des idées de ces partis.

    2/ « Et qu’ils laissent les libéraux naviguer vers d’autres rivages, qui, ma foi, pourraient bien être du bord opposé, lequel aurait tout à y gagner s’il ne veut pas plonger dans l’ornière qui le guette. De Jean-Louis Borloo à Manuel Valls, »

    On peut réver!

    • Le FN est le seul parti à proposer d’avancer vers la démocratie directe.
      Ce qui est l’exact contraire du fascisme.

      La démocratie directe trancherait le noeud gordien de notre système.
      Toute avancée vers elle est bien plus importante que les inepties des programmes économiques – dont pas un n’est raisonnable, de toutes façons.

      • Comme ça au lieu d’avoir un parlement élu adoptant des mesures idiotes les électeurs s’en chargeraient eux-même. On est jamais mieux servi que par soi-même.

  • Je crois au contraire que le salut de la France viendra d’une synthèse entre libéralisme et souverainisme… Bref, le retour de la droite traditionnelle.
    Par ailleurs, entre Dupont-Aignan et Borloo, mon choix est vite fait.

    • Le UKIP britannique montre la voie!

    • Le salut de la france …..souverainiste… Dupont-Aignan ( Gaulliste ).
      Pas très libéral tout ça 🙂

      • Dupont-Aignan n’est pas DU TOUT libéral, on est d’accord.
        En revanche, on peut très bien concevoir que le libéralisme épouse une politique institutionnelle, européenne et internationale souverainiste. C’est même l’inverse qui serait étonnant, à mon sens. Cf. Thatcher.

        Quant à l’expression « salut de la France », où est le problème?

        • Je vous rappelle que la « france » ça n’existe pas. Vous savez roi de france, roi des français, toussa…
          La france c’est un paravent derrière lequel il y a des individus qui présentent « l’intérêt général », liée le plus souvent à ses intérêts privés .

    • La droite française traditionnelle n’est PAS libérale. Screugneugneu!

    • On ne peut pas être souverainiste et libéral. En fait… on ne peut pas être souverainiste et du 21è siècle, enfin… même la guerre n’y changerait rien (la Guerre de Cent Ans n’a absolument pas empêché la déterritorialisation de l’économie).

  • « De Jean-Louis Borloo à Manuel Valls, il est temps de construire quelque chose de nouveau. »

    Un bar à vin, une distillerie clandestine ?

  • NS a perdu sur le terrain idéologique : lors du discours de Toulon il a importé en France le problème des sub-primes qui ne l’intéressait qu » à la marge et que dans sa banque nationalisée:DEXIA et mutualiste:NATIXIS,en critiquant sans cesse les banques privées sans jamais expliquer la vérité il a donné des arguments à la gauche qui n’avait plus qu’à ramasser les voix,alors que cette crise est due au transfert de richesse du monde occidental vers les pays émergents,les états ayant du pousser les particuliers à s’endetter et ont du s’endetter eux memes en distribuant des prestations gratuites ou subventionnées éducation,logement ,santé, minima sociaux…:il s’agit en fait d’une crise de l’état social .La droite n a pas su expliquer et défendre ses idées point par point et en tous lieux :les banques privées ont fait leur travail,la TVA est un impot social car proportionnel à la consommation,les riches sont utiles car ils créent de la richesse pour tous et financent en les achetant les produits innovants,la liberté de l’homme est plus importante que l’égalité, les entrepreneurs n’ont pas été mis en valeur mais seulement les démagogues demandeurs de subventions ,les entreprises stratégiques n’ont pas été répertoriées et protégées …

  • la crème à 0% est justement tout sauf onctueuse, c’est de la flotte !!

  • « Je crois même que sur la plupart des sujets de société nous gagnerons au change. Et que nos libertés, loin de régresser, progresseront peut-être un peu. »
    Je suis dubitatif. Certes Hollande est un homme de consensus mou mais… le consensus mou en France est liberticide. Je crains fort au contraire qu’avec Hollande ce soit le double effet kiss-cool :
    -des mesures « liberticides de gauche », sous la pression des feministes/gays/anti-racistes/écolos/ »artistes »…
    -des mesure « liberticides de droite » pour éviter de passer pour laxiste et ne pas reproduire ce qui s’est passé avec Jospin.

    Alors certes le risque totalitaire ou même autoritaire me semble faible, mais c’était déjà le cas avec Sarkozy.

  • On rappelera que Sarkozy n’avait pas hésiter à claironner qu’il a allait réformer le capitalisme, ce qu’Hollande s’est bien gardé de faire.

  • Qu’en tant que libéral, on s’estime trahi par Sarkozy, soit. Mais il faut arrêter de chercher je ne sais quelle espèce de compensation en fantasmant des libéraux un peu partout sur l’échiquier politique français. On a très bien vu ce que ça a donné avec Bayrou : malgré l’évidence des faits (protectionnisme « made in France », déclarations condamnant le libéralisme sans équivoque), une heure avant qu’il n’appelle à voter pour Hollande, il se trouvait encore des libéraux pour le prétendre des nôtres au prix d’invraisemblables pirouettes. Borloo, Valls, alliés potentiels ? Quand on lit ça, on se dit qu’on est vraiment pas sorti de l’auberge !

    • Je rappelle modestement que le libéralisme ne se limite pas à la promotion du free market. Et qu’en effet, il est d’innombrables domaines dans lesquels la liberté progressera avec la gauche. Voir par exemple, pour ne citer qu’un billet récent :

      http://www.contrepoints.org/2012/05/08/82326-la-reconstruction-du-systeme-judiciaire-et-des-libertes-publiques

      D’autre part il est aisé et un peu puéril de se revêtir du drap du génie incompris. On peut toujours se dire qu’il n’y a des libéraux nulle part en France. Mais cela ne fait pas vraiment avancer la question. A croire que les libéraux se complaisent dans ce sentiment d’assiégés, un peu comme les nationalistes xénophobes, par exemple. Ce n’est pas à nous de faire des pirouettes pour que nos idées collent avec celle de Valls ou d’autres, c’est à eux de venir vers nous, en cessant de faire preuve de sectarisme. C’est un long chemin, manifestement.

      • Manifestement, le billet auquel vous faites référence n’a strictement rien de libéral mais a tout de la propagande socialiste assumée. Libertés publiques ? Le gag, quoi !

        Si on se trompe de chemin, effectivement, le chemin sera long lorsqu’il faudra faire demi-tour.

      • Non bien sûr, le libéralisme ne se limite pas à la promotion du free-market, mais c’est de l’aveuglement de ne pas voir que ce sont les libertés économiques qui sont les plus bafouées en France, au point que la notion même droit de propriété, consubstantielle de la liberté individuelle, est spoliée chaque jour davantage au profit d’un collectivisme dangereusement vorace — près de 3/4 de la richesse créée contrôlée par l’état ! Par conséquent, il me semble — c’est du moins le sens que je veux donner à mon modeste engagement personnel — qu’un libéral français, aujourd’hui, devrait
        1/ prioritairement se consacrer à la défense des libertés qui sont spoliées dans les proportions les plus inquiétantes, ce qui n’empêche pas de se préoccuper des autres ;
        2/ ne pas brader un liberté pour en défendre une autre et, conséquemment au point 1, surtout pas une de celles qui sont déjà les plus menacées au profit d’une autre.
        J’ajoute que dans bien des cas, il faut se méfier des libertés vendues par le PS : certaines ne sont que des gadgets législatifs de plus (exemple typique, le mariage gay, cité dans le texte que vous mettez en lien), d’autres sont des libertés comprises non dans le sens d’une autorisation mais dans celui d’un pouvoir, c’est-à-dire d’une créance sur autrui, selon la confusion chère au socialisme depuis près de deux siècle.
        Il ne s’agit là nullement d’entretenir une perspective sectaire ou de se mettre dans une position de « génie incompris ». Seulement, sans entrer dans des querelles de chapelle, ce qui définit le libéralisme est bien la défense d’un ensemble de libertés maintenues dans un ensemble philosophique cohérent. Des gens pour défendre des libertés par-ci par-là, il s’en est et s’en trouvera toujours dans toutes les mouvances politiques ou presque : voir des alliés un peu partout, c’est entamer une course à l’éparpillement sans fin.
        Cela ne signifie pas qu’il ne faille voir des alliés nulle part ; par des cheminements qu’on n’imagine peut-être pas, il peut même nous en venir de contrées insoupçonnées du paysage politique, et tant mieux… Mais je pense que c’est non pas tant vers la gauche que vers les ruines de l’UMP que nous aurions raison de nous tourner, du fait d’un certain intérêt de sa base militante pour les libertés économiques et du relatif consensus qui existe dans nos sociétés au sujet des libertés publiques en principe. C’est en tout cas ce que semble quelque peu montrer la pratique si l’on regarde des initiatives comme Bastiat 2012.

        • Si nous ne sommes pas capables de nous rendre compte que la propriété privée est un service en passe de changer de forme, alors oui, on peut être assurer du blocage de la société. Si la France ne bouge plus et si elle bafoue les libertés économiques c’est justement parce qu’elle se crispe là-dessus.
          Aujourd’hui nous avons un capital aux mains d’un petit nombre d’acteurs privés, globalement géré de manière administrative par le gouvernement. Je pense qu’il faut surtout arrêter de protéger systématiquement les plus gros qui, aujourd’hui, appliquent leur pouvoir de nuisance plutôt que d’accepter la concurrence par l’utilité.
          Je pense qu’à l’UMP et au PS tous les politiques ont à peu près la même approche centralisatrice et industrielle propre au 20è siècle, à quelques exceptions près qui ne sont pas connues médiatiquement (et pour cause). Il faudrait réussir à ce que le PS et l’UMP fusionnent, en faisant dialoguer les problématiques de justice, d’équité, de mérite, d’élite… etc. en interne, que l’écologie prenne enfin sa place à gauche et que le parti pirate puisse remettre les libertés et responsabilités individuelles au centre de l’échiquier politique français en rendant publique la dynamique actuelle d’individualisation des moyens de production et de gestion. Si on garde la définition du droit de propriété du 14è siècle (propre à la seconde révolution industrielle), alors nous ne nous adapterons jamais à notre époque.

          • Je comprends mal votre commentaire ; comment définissez-vous la propriété privée ?

          • Merci du lien mais je ne vois pas en quoi cette théorie fumeuse justifierait un quelconque modification de la notion de propriété privée, que je m’étonne, à vrai dire, de voir qualifiée de « service » par ropib alors que j’avais toujours cru que c’était un droit naturel.

          • @Camille> La propriété privée n’a pas la même forme à travers le temps ni à travers les cultures. Je parle de forme, et je dis que de la même manière qu’au 14è siècle nous avons inventé un certain nombre de choses (oui, je connais les théories selon lesquelles rien n’a jamais changé, que tout est immuable, mais autant être nihiliste à ce compte-là… ), nous sommes dans l’obligation de le faire à nouveau. L’appellation « droit naturel » est une tentative de sacralisation (qu’on peut dater… vous imaginez au Moyen Age quelqu’un parler de « droit naturel » ?) et c’est donc forcément historique quand bien même ce serait en rapport avec une réalité matérielle. Nous considérons à peu près tout ce qui vient de la Renaissance comme allant de soi, parce que globalement nous vivons avec les mêmes représentations culturelles, remarquons que notre approche du Moyen Age (dont la sortie n’a pas pu être évitée même par la Guerre de Cent Ans) est plus difficile. Il ne faut donc pas prendre pour argent content tout ce qui a été dit avant le 20è siècle, pendant lequel un certain nombre d’avancées dans notre compréhension des phénomènes sociaux ont été faites… et il faut continuer à mettre les choses en perspectives.
            La propriété est un service, qui a d’ailleurs un prix, qu’on peut mettre en concurrence avec d’autres services, comme la garantie de l’utilisabilité, celle de salubrité… etc. Le fait qu’elle fasse l’objet d’un droit n’est absolument pas contradictoire avec l’idée de service. Il faut être très pragmatique, et remarquer quand il y a de nouveaux comportements, de nouvelles organisations sociales: on ne va pas empêcher les gens de travailler et de se comporter autrement sous prétexte que ça nous fait remettre trop en question nos théories. C’est un mal habituel: confondre la modélisation de la réalité avec la réalité, dynamique (et parfois, c’est vrai, fumeuse, parce qu’elle va plus vite que notre compréhension).
            Pour ce qui est de l’article sur framablog, il faut évidemment chercher plus loin et ailleurs. Mais bon, relisons au moins les libéraux, même ceux du 19è siècle largement insuffisants.

  • « Cet enterrement officiel des lunes débiles prônant la décroissance et d’autres délires d’écologistes extrémistes » :

    Un « enterrement » ?? Ouh là là !…..c’est là « oublier la présence d’Eva Joly dans la course »……et « sa présence dans ce futur nouveau gouvernement » (ne rêvons pas de l’inverse) !! Or souvenons-nous de son programme : guerre au nucléaire (plus encore qu’Hollande !), « nouveau statut légal de l’animal » et…… »ralentissement de la croissance » (oui oui oui) ! Donc perso j’ai quand même un peu la trouille des « coupures de courant intempestives pour cause d’éoliennes, de la diminution de la quantité de biftecks chez le boucher et dans les grandes surfaces », un peu peur de ce genre de choses…….Et plus peur encore qu’on « finisse dans l’état (sans « E » majuscule) de la Grèce avant la fin de son mandat » !!….

    • C’est pas Bentham qui parle le premier des droits des animaux ? La question du nucléaire ne cacherait-elle pas en fait celle de sa libéralisation ? ou soutenez-vous que le secteur économique de la production d’énergie, et plus particulièrement le nucléaire est libéral (diantre!) ?

      • C’est que dans les rangs de l’utilitarisme je ne suis pas pour Bentham, qui est « excessif et autoritaire » (son « panoptique des pauvres », très peu pour moi ! Quant aux « droits des animaux », je veux bien quand on aura trouvé le moyen de « guérir le palais des personnes intolérantes aux légumes »), je préfère de loin « Stuart Mill », un « humaniste véritable défenseur des libertés individuelles » !

        • Quant au « nucléaire », ma préférence est d’ordre purement « scientifique » : il fournit « une énergie beaucoup plus puissante que n’importe quelle autre forme d’énergie » ! Donc je pose à nouveau la question : qui souhaite « un rationnement en matière d’énergie » (‘combien de temps en moins êtes-vous prêt à passer sur votre ordinateur’ cher monsieur, c’est là la question à vous poser !) ?

  • Dommage pour vous les libéraux, vous êtes condamnés à ne jamais peser dans le destin de notre pays . En tirant sur Sarko et son équipe ,vous faites fausse route . Culturellement la France n’est pas prête pour le libéralisme , seul avenir possible (selon moi). Vous avez demandé l’impossible à Sarkosy et vous avez promu un Hollande . Ce pays est foutu , grace à vous

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