Santé des Français : le parent pauvre des présidentielles

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Santé des Français : le parent pauvre des présidentielles

Publié le 4 mai 2012
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Absent des débats de la présidentielle, le système de santé français est l’incarnation d’une société assistée. Malgré ses labyrinthes bureaucratiques et ses dysfonctionnements, le système actuel demeure une vache sacrée vénérée à gauche comme à droite, incapables de remettre en question l’omniprésence de l’État.

Par Alphonse Crespo.

Emploi, crise, croissance, salaires ! Combien de fois avons-nous entendu ces mots dans les propos des présidentiables français. En revanche pour ce qui est de la santé : peu de chose. Il est  vrai que le thème n’est pas porteur dans une campagne ciblée par la force des chiffres, sur le vote du bien portant. La santé n’a d’ailleurs jamais constitué un sujet majeur de discorde entre les clans politiques qui se partagent dans l’alternance, le pouvoir en France. : ni les uns ni les autres ne remettent en question l’omniprésence de l’État dans le système social dont dépend le malade français. Malgré ses labyrinthes bureaucratiques, ses dysfonctionnements Kafkaïens et une gestion financière discutable (1),  la Sécu, incarnation d’une société assistée, demeure une vache sacrée vénérée à gauche comme à droite.

Du stéthoscope de Laennec au robot chirurgical Da Vinci, la médecine française s’est toujours située à l’avant garde du progrès médical et de l’innovation thérapeutique. À l’opposé, son cadre institutionnel reste figé sur les principes planificateurs hérités de Bismarck et ses émules marxistes. Le décalage entre la dynamique du progrès médical et un modèle d’organisation de santé obsolète crée, en France comme ailleurs, des tensions et des inégalités occultes que les professionnels de la santé connaissent et que les patients subissent. Le malade ne vote généralement pas : aucune proposition novatrice susceptible d’offrir aux français un système de santé digne de leur médecine ne ressortira donc des programmes des partis  qui se disputent le pouvoir (2).

On retrouve d’un côté (devinez lequel ?) le besoin atavique de dirigisme et de planification. On obligera les médecins à exercer en zone rurale… au dépens des zones à haute densité de population où les besoins médicaux sont infiniment plus grands. L’effet délétère sur les vocations médicales d’une telle mise sous tutelle de la profession et l’hypothèque qu’elle représente pour l’avenir n’est pas pris en considération. On construira plus d’hôpitaux publics… même si l’avènement de la chirurgie non invasive, le progrès thérapeutique et les nouvelles technologies remettent fondamentalement en question le besoin en lits hospitaliers et exigent une révision radicale de la mission des hôpitaux (3). Sans compter qu’un hôpital ne peut pas fonctionner sans un minimum de médecins et que rien n’annonce la fin d’une pénurie de personnel médical qualifié que l’interventionnisme étatique ne fera qu’aggraver.

On perçoit certes, à droite de l’élastique barrière idéologique qui sépare les candidats,  une velléité de libéraliser la pratique médicale et de stimuler l’innovation pharmaceutique. Les propositions santé de l’UMP traduisent une meilleure conscience des réalités médicales que le brouillard exhalé par la démagogie collectiviste. Le président en exercice compte un médecin éclairé dans sa fratrie : ceci explique peut-être cela. Ses timides propositions de libéralisation sont cependant loin d’être prioritaires ; rien ne garantit qu’elles se réaliseront s’il était réélu. Elles ne mettent par ailleurs aucunement en question la toute puissance planificatrice de l’État dans le domaine sanitaire.

Les vraies solutions libérales, telles que l’instauration du compte épargne santé ou la déréglementation des voies d’accès aux nouveaux médicaments proposée outre atlantique par des chercheurs tels que Bartley Madden et Vernon Smith (4) demeurent taboues. Or seule une injection substantielle de liberté et de responsabilité individuelle par un retour au marché dans le domaine de la santé, permettra à nos sociétés d’assurer une maitrise naturelle des coûts; tout en nous libérant du rationnement des soins et des passe-droits générés par la pseudo-gratuité collectiviste et l’omnipotence bureaucratique qui l’accompagne. Le retour au marché assurera en outre une harmonie entre le potentiel économique de nos sociétés et le progrès médical; il permettra aussi à l’éthique et à la philanthropie de remplacer avantageusement la démagogie solidariste et d’améliorer l’accès de tous à une médecine personnalisée de qualité (5).

—-
Références :

(1) « La solidarité de la sangsue » dans  Esculape Foudroyé pp 61-76 – A. Crespo, Les Belles Lettres ISBN 2-251-39008-4

(2) «Comparatif des programmes politiques pour les élections présidentielles 2012 » http://socialcompare.com/fr/comparison/comparatif-des-programmes-politiques-pour-les-elections-presidentielles-2012

(3) « The Innovator’s Prescription: A Disruptive Solution for Health Care» Clayton M. Christensen et al. New York, McGraw-Hill, 2009. ISBN: 978-0-07-159208-6,

(4) « Choisir pour guérir » Bartley J. Madden , préface par Vernon Smith, Prix Nobeld’Economie 2002 Publ. par Médecine et Liberté & The Heartland Institute, Chicago http://www.learningwhatworks.com/papers/dtrack_french.pdf

(5) « The End of Welfare, and Its Effect on the Poor » Alphonse Crespo, Journal of American Physicians and Surgeons, 2005, Vol 10 http://www.jpands.org/vol10no4/crespo.pdf

 

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  • Merci de cette rapide mais judicieuse analyse.
    Sur le terrain, c’est tout simplement déprimant de voir la dégradation continue du système de santé, et surtout, de voir que le pouvoir politico administratif n’a toujours rien compris…. 🙁

  •  » Sans compter qu’un hôpital ne peut pas fonctionner sans un minimum de médecins et que rien n’annonce la fin d’une pénurie de personnel médical qualifié que l’interventionnisme étatique ne fera qu’aggraver. »
    Ne fera qu’aggraver? Il faut développer et pas affirmé.

    Notre système de santé est tellement mauvais que les USA s’en sont inspiré pour développé leur système de santé où la concurrence n’existait pas dans un système de santé qui était pourtant très libérale.
    Il n’est peut être pas parfait mais le problème ne se situe pas au niveau de la demande mais de l’offre de soin.

    C’est vrai que les besoins sont plus important en ville mais est ce une raison que pour un très gros mal de ventre (bactérie), on doit aller aux urgence et attendre 4H un dimanche quand on habite en campagne?

  • Les commentaires sont fermés.

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