L’Histoire de France, et autres fadaises

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Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, par François Reynaert (Crédits Fayard, tous droits réservés)

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L’Histoire de France, et autres fadaises

Publié le 1 avril 2012
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Nous avons tous appris un jour que Clovis était le premier des rois de France. Or, il était Français pour la France, il était Belge pour la Belgique et il était Allemand pour l’Allemagne. De Saint Louis, on garde l’image d’un grand souverain, rendant la justice sous son chêne. On ignore qu’il imposa aux Juifs de porter l’équivalent de l’étoile jaune. Jeanne d’Arc est la grande héroïne du Moyen Âge. Pourquoi a-t-on oublié toutes les autres ?

Par Fabrice Copeau.

Revue de l’ouvrage de François Reynaert, Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, Fayard, 2010.
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Nombreux sont les Français qui s’intéressent à leur passé, nombreux aussi ceux qui se désolent de mal le connaître. François Reynaert, chroniqueur au Nouvel Observateur, nous livre ici un ouvrage qui non seulement met à mal les préjugés de l’école de la IIIe République et les images d’Epinal du Mallet et Isaac, mais aussi les laudateurs d’une France millénaire… et fantasmée.

L’histoire dite de France a de tous temps été manipulée, réécrite, récupérée par les différents courants politiques religieux, royalistes ou nationalistes, qui en avaient un besoin idéologique. Ce phénomène se poursuit aujourd’hui. Et il reste bien des traces des manipulations passées. Les Gaulois qui ouvrent le livre, découverts au XIXème siècle et transformés en nos ancêtres dans un temps de nationalisme anti allemand, nous ont été transmis sous la forme risible d’Asterix. Aujourd’hui, si tout le monde croit savoir qui étaient les Gaulois, combien en ont une idée à peu près juste ? Combien comprennent à quel point il est absurde d’en faire les descendants fort opportuns des « Français » ?

 

La plupart du temps, les Gaulois suffirent, ils disposaient d’un avantage certain : ils plaisaient à tout le monde. La droite nationaliste était contente de voir ainsi la « race française », comme on disait encore, assise sur cette souche issue du fond des âges. La gauche anticléricale voyait dans ces ancêtres un atout majeur : ils permettaient de commencer l’histoire de France avant l’arrivée du christianisme. C’était bien la preuve qu’elle pouvait éventuellement se perpétuer après sa disparition. Les historiens, puis les romanciers, les dramaturges ou même les chansonniers, en touillant tant et plus les rares sources dont ils disposaient dans les casseroles de leurs fantasmes, réussirent peu à peu à forger une idée des Gaulois correspondant opportunément à l’image que les Français voulaient bien avoir d’eux-mêmes : querelleurs, un peu grossiers parfois, mais au grand coeur et si braves. Et les Français, ravis, adorèrent d’autant plus leurs nouveaux grands-pères : comment ne pas les aimer ? Ils nous ressemblent tellement !

 

La manière dont nous percevons la « chute » de l’Empire romain, assiégé et envahi par les Barbares, ne correspond en rien à la manière dont celui-ci a été perçu en Orient, à Constantinople en particulier, pas plus qu’il ne correspond à l’Empire d’Otton Ier.

Autre exemple, la poussée Arabe en Europe, portée par la richesse et la splendeur d’Al-Andalus. Si l’on a porté aux nues la bataille de Poitiers par laquelle Charles Martel arrêta Abd El Rahman, ce fut avant tout, explique Reynaert, pour valoriser le fondateur de la dynastie carolingienne et cacher son coup de main sur l’Aquitaine, but réel de l’opération.

En passant au Moyen-Âge, l’auteur s’amuse avec une ironie savoureuse à montrer l’absurdité de vouloir interpréter l’histoire de l’époque en fonction des valeurs nationalistes des XIXe et XXe siècles.

L’histoire populaire continue en effet de fonctionner sur de vieux archétypes… C’est à travers les films, la télévision que l’on continue à véhiculer certains clichés. Par exemple, le Robin des Bois de Ridley Scott, qui a fait l’ouverture du festival de Cannes, véhicule de mauvaises images : on y voit deux peuples ennemis avec deux identités particulières. Or à cette époque, il n’y avait pas d’idée de nation, c’était un système féodal. Les rois s’échangeaient des terres… comme le Duché de Normandie. Et puis, on voit Richard Coeur de Lion comme un grand roi d’Angleterre, or il était le fils d’Aliénor d’Aquitaine, il a été élevé dans le Poitou et il y est mort. Il ne parlait pas anglais et n’a vécu que six mois en Angleterre…

Les « trahisons » de Ferrand de Flandre à Bouvines (1214) et du connétable de Bourbon à Pavie (1515) sont à relativiser en des époques où les Nations n’existaient pas encore.

Autre illustration, le traité de Troyes de 1420, qui, durant la Guerre de Cent ans, marque la suprématie anglaise et qui prévoit que le roi de France Charles VI aurait à sa mort pour successeur le roi d’Angleterre Henri V. En réalité, et contrairement à la propagande nationaliste, les grands opposants au traité de Troyes et à ce qu’il impliquait se comptèrent surtout au parlement de Londres, et parmi eux les grands de ce côté-là de la Manche. Leur raisonnement était simple. L’Angleterre était bien moins vaste, bien moins riche, bien moins peuplée que la France.

En devenant souverain à la fois des deux pays, le roi finirait bien vite par s’occuper uniquement du gros pour délaisser le petit. En outre, le choix même de ce prince-là ne leur plaisait guère : quelle confiance accorder à ce petit Henri, élevé en France par une mère princesse française ? Il leur paraissait évident qu’un tel individu n’aurait de cesse de chercher à les franciser. Avaient-ils tort ? Sans doute pas.

Plus encore :

Si Jeanne d’Arc n’avait pas été là, entend-on parfois, nous serions devenus anglais, nous parlerions leur langue, nous roulerions à gauche. Erreur, sans Jeanne d’Arc, le contraire aurait pu se produire : les Anglais se seraient remis à parler le français et ils rouleraient à droite. La France n’aurait pas été perdue. Elle aurait été doublée.

L’Allemagne décrétée «ennemie héréditaire» en 1914 et 1939 succède dans ce rôle à l’Angleterre qui l’a été jusqu’en 1898 (Fachoda) et à l’Autriche, qui le fut par épisodes.

Reynaert essaie aussi de voir comment est perçue l’histoire de l’autre côté… Qu’est-ce que l’histoire allemande raconte de la guerre de 1914-1918 par exemple ? On n’a toujours vu que le côté français. Mais personne ne sait, par exemple, que les blocus anglais ont affamé la population berlinoise en 1916-1917. 800 000 personnes sont mortes de faim. Ça n’a jamais été le cas le cas dans les villes françaises par exemple… même si la Première Guerre Mondiale a été atroce pour une petite partie de la France occupée. Selon les époques, la guerre n’a pas été traitée de la même manière.

Derrière les mots se dévoile un auteur plein d’empathie et d’amour pour la France. Il donne vie aux grands personnages du « roman national » et à d’autres moins connus, comme le vigneron juif Rachi (1040-1105).

Lutter contre ces « clichés nationalistes » est le programme que se donne ce livre. Avec souvent quelques formules savoureuses, qui raisonnent particulièrement de nos jours :

Pour les nationalistes que le nom de Charles Martel fait vibrer encore, Jésus-Christ est aussi français que le roquefort ou le général de Gaulle. Ils oublient juste que si ce malheureux arrivait aujourd’hui de sa Palestine natale avec ses pratiques bizarres et son dieu étonnant, ils appelleraient la police pour le faire reconduire à la frontière.

Maintes fois, il nous met en garde contre le risque d’anachronisme, le péché mortel de l’historien qui nous amène à juger nos ancêtres avec nos « valeurs » d’aujourd’hui.

François Reynaert atteint l’objectif louable affiché en quatrième de couverture : « Offrir au lecteur une synthèse claire des vingt siècles qui nous précèdent et donner à la France d’aujourd’hui une histoire ouverte et généreuse… »
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  • Haha, ce n’est pas forcément inintéressant, mais l’article se détruit tout seul à la fin: il ne faut pas être subjectif et ne pas tomber dans le travers du « péché mortel de l’historien qui nous amène à juger nos ancêtres avec nos « valeurs » d’aujourd’hui. »
    La phrase suivante: « François Reynaert atteint l’objectif louable [de] donner à la France d’aujourd’hui une histoire ouverte et généreuse »
    C’est pourtant bien ça les valeurs d’aujourd’hui ! J’avais lu deux trois chapitres à la Fnac, et je ne l’avais pas acheté puisqu’il ne dit ce qui l’arrange, uniquement par parti pris. Il pratique exactement ce qu’il dénonce, mais simplement avec un biais opposé.
    Simple exemple: sa petite sortie sur Jeanne dArc et totalement hors de propos, puisque tout historien s’accorde à dire que l’idée de nation est justement née avec la guerre de 100 ans, première guerre de l’histoire européenne qui voit s’esquisser un clivage dépassant les simples intérêts féodaux.
    Inutile de préciser que François Reynaert, qui a fait ses armes dans la presse de gauche et subventionnée, n’a pas la moindre qualification en tant qu’historien.

    • J’allais répondre quelque chose dans cet esprit, vous avez tout à fait raison. de toute façon ce n’est pas un livre d’histoire sérieux mais un ouvrage de vulgarisation (non pas dans le sens d’ouverture au grand public, mais bien de rendre vulgaire) destiné à bien se vendre. C’est la mode de ce genre de compilations d’anecdotes soi-disant novatrices et brisant les préjugés. C’est bien entendu motivé par une lecture « moderniste » de l’histoire qui n’a pas lieu d’être … Critiquer une histoire politisée, faite par le nationalisme français (de gauche comme de droite faut il le rappeler ?), et tomber dans son inverse c’est tout de même bien dommage !

      Bref c’est bon pour ceux qui pensent pouvoir embrasser l’histoire de France de manière totale (douce utopie) en un seul ouvrage … les bienheureux.

  • Et j’ajoute que célébrer Vercingétorix n’est pas réductible à un coup idéologique des nationalistes français: les Allemands célèbre Arminius, les Anglais célèbre Boadicéa, etc. Si ces héros reviennent autant à l’époque romantique, c’est qu’il s’agissait déjà de « déconstruire » une autre la tendance historiographique de l’époque précédente. Celle pour qui la France n’existait pas avant les Capétiens.
    François Reynaert n’échappe pas au courant de son époque en fait. L’heure est au « vivre-ensemble » et autres fadaises, alors il écrit dans ce sens. Deux siècles auparavant, il aurait « déconstruit » la mythologie de l’époque précédente.

    • (Désolé pour le triple post)
      Je finis enfin: si Reynard voulait justement dénoncer « le péché mortel de l’historien qui nous amène à juger nos ancêtres avec nos « valeurs » d’aujourd’hui », pourquoi juge-t-il certains souverains du passé avec les valeurs d’aujourd’hui: Napoléon rétablissant l’esclavage (curieux de juger l’action d’un souverain passé avec les valeurs morales du présent hein!), et St Louis antisémite (là encore, le jugement moral est totalement anachronique, et la considération de l’antisémitisme n’a pas le même sens au XIIIe siècle et après 1945 !)

      • D’autant qu’il n’y a aucune notion de morale dans le rétablissement de l’esclavage par l’Empereur, c’était là une décision strictement économique prise sous la pression de la famille Beauharnais qui y avait des intérêts financiers.

      • Napoléon n’est pas un empereur romain , à son époque l’immoralité de l’esclavage était déjà admise par tous les esprits éclairés, et par l’église. La preuve : si il a rétabli l’esclavage c’est bien qu’il avait déjà été aboli (au moins formellement). Il sera d’ailleurs définitivement aboli seulement 46ans plus tard.

        Ce n’est pas le rôle de l’historien de le lui reprocher, mais il n’y a rien d’anachronique à le faire : c’est même la moindre des choses.D’une manière générale si remettre les choses dans la perspective de leur époque est utile, le relativisme lui est condamnable.

        • Les remarques de Wills et de Arn0 sont interessantes.

          Pour moi les faits historiques sont les faits : un massacre est un massacre, une torture, une torture, quelle que soit la période. Et on a le droit de prendre du recul et de dire : « avec la vision d’aujourd’hui, cela s’apparente à ceci ou cela ».
          Mais pour juger un personnage de l’Histoire, je pense que la difficulté réside en ceci : il faut « juger » avec les considérations de l’époque, ce qui suppose de bien les connaître, et c’est là la difficulté.

          Ainsi en espérant à peu près connaître le contexte, je pense qu’on peut dire que Napoléon sait qu’il fait quelque chose de « pas très moral » en autorisant l’esclavage. Mais à l’époque la vie est aussi plus rude qu’aujourd’hui et le problème des esclaves dans les colonies (dont probablement une poignée de français du continent sait exactement de quoi il s’agit) est certainement considéré comme un problème très accessoire équivalent à ce que serait pour nous le problème de l’abatage des animaux (sans vouloir d’amalgame idiot) ou la pêche des baleines. Je ne pense pas que beaucoup de gens à l’époque aient trouvé Napoléon vraiment cruel ou même simplement immoral sur ce point. Les esprits étaient ailleurs à mon avis. C’est sur d’autres problématiques qu’on jugeait Napoléon.

          • Un historien ne juge pas.
            Les faits sont les faits, oui, mais il y a plus. Sinon, le champ de l’histoire aurait été totalement défriché.

      • Plus près de nous, Jaurès était un antisémitisme « oublié » de la gauche mais néanmoins virulent.
        Voir Jean Jaurès, « Programme économique », La Dépêche, 1er septembre 1889 :
        « [Le libre échange] sacrifie les producteurs aux échangeurs, aux transporteurs, aux manieurs d’argent, à la banque cosmopolite. Il livre aux frelons juifs le miel des abeilles françaises »
        * Jean Jaurès, « Programme économique », La Dépêche, 1er septembre 1889 l

  • Clovis n’a jamais été roi de France, mais bien Roi des Francs.
    Les Francs étaient un peuple germanique dont le territoire était réparti sur ce qui est aujourd’hui la Belgique, l’Allemagne et l’Alsace-Lorraine.

    Personne n’ignore le marquage des juifs sous St Louis, exceptés les bien pensants…

  • François Reynaert évite soigneusement de s’attaquer à d’autres poncifs que l’on matraque insidieusement à notre époque : par exemple, l’idée selon laquelle la France aurait de tous temps été une terre de métissage et de migrations : Or, entre la fin des migrations germaniques et des incursions hongroises et arabes, jusqu’à la seconde moitié du 19eme siècle, on a une période de 1000 ans pendant laquelle la France a reçu très peu d’immigrants et a vu relativement peu de personnes quitter son territoire pour s’établir ailleurs (par comparaison avec les Anglais ou les Espagnols) : une longue période de stabilité et d’homogénéisation qui a lentement produit la civilisation et la culture française.

    Mais comme François Reynaert est un cuistre gauchiste pour lequel tout est bon pour taper sur ce qui ressemble à de l’identité française et du patriotisme, on ne doit guère s’en étonner. Il est regrettable que des libéraux tombent stupidement dans le panneau, à moins que leur « libéralisme » soit en fait un atomisme absurde et déconnecté du réel.

    • Sur les soi-disant « grandes migrations » qui suivent les soubresauts de l’empire romain mourant, je ne saurais trop conseiller la lecture de la volumineuse histoire du peuple français de Dupaquier. On y apprend que la tarte à la crème des progressistes, le métissage, n’est qu’une vaste escroquerie et que les français de souche ne sont pas aussi rares qu’on aimerait le faire croire. Les envahisseurs successifs ne furent jamais que quelques milliers, que beaucoup ne firent que passer et que ceux qui restèrent disparurent en une génération, parfois si rapidement que même l’onomastique n’en a gardé trace.

      En fait, même si certains travers du roman national écrit au XIXème sont parfois ridicules, on s’aperçoit que l’auteur sacrifie, à sa manière, aux travers qu’il dénonce. Il s’attache à déconstruire une histoire parce qu’elle reste malgré tout ce à quoi s’attache ce sacré peuple qui rechigne à disparaître dans le mondialisme et le métissage voulu par nos élites.

      J’ajoute qu’il se conduit comme un cuistre de la plus belle eau en imaginant qu’il apprend quelque chose à ses lecteurs, ces français si incultes et naïfs pour croire à « nos ancêtres les gaulois ». Et pourtant, lorsqu’on regarde les morphotypes des provinciaux de souche on s’aperçoit qu’ils diffèrent d’une région à l’autre, comme les langues vernaculaires, certaines pratiques rituelles, etc. Jusqu’à très récemment, les gens ne bougeaient guère que dans un rayons de 5 à 10 km autour du village natal. J’en veux pour preuve que fils d’auvergnat, lorsque je remonte dans ma généalogie je ne trouve pas le moindre non auvergnat, pas le moindre étranger. Et je suis loin d’être le seul dans ce cas. Et, crime suprême, mon patronyme est gaulois. Mes ancêtres ? Assurément.

      • Si on prend les chiffres historiques de la population française (voir lien en bas), en prenant les chiffres les plus favorables, il fallait au moins 60 000 hommes pour qu’une migration ait un impact d’au moins 1% sur la plus petite population qu’ait connu la France depuis Clovis.

        Effectivement, ce ne sont certainement pas quelques milliers de soldats envahisseurs qui ont pu métisser la population française.

        Les vraies migrations ne se donc pas faites avec des batailles.

        Il faut plutôt regarder du côté des estomacs vides, des maladies ou et des chefs qui chassent une partie de la population.

        Car sinon dans la mesure où une terre produisait assez, en général la population ne bougeait pas.

        Et au regard de ces évènements, il est vrai que depuis Clovis jusqu’au 19e, il semble qu’il y a eu peu d’immigration . Il y en a eu mais pas suffisamment pour « métisser » significativement la population française sauf peut-être après la Grande Peste au 14e.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89volution_du_nombre_d%27habitants_sur_le_sol_fran%C3%A7ais

  • Les critiques dans les commentaires qui précèdent sont sans doute justes, mais par le fait qu’il déboulonne des conceptions erronées (même si c’est implicitement ou explicitement en faveur d’autres conceptions tout aussi contestables) ce bouquin reste salutaire. L’esprit critique et le doute sont des ferments d’esprit libéral : nous n’avons pas LA vérité, et même quand nous l’avons nous savons qu’elle ne suffit ni à convaincre ni à agir ou faire agir comme il conviendrait. D’où l’importance de laisser chacun se faire sa propre idée et agir à son niveau sans forcer autrui à le suivre dans une aventure qui sera peut-être merveilleuse … ou pas.

    • exact ; mais tu ne peux nous empêcher d’avoir une réaction épidermique à la seule évocation du « nouvel obs »

      • D’autant moins que j’ai le même réflexe 🙂 ! Mais enfin, on peut être raisonnable et dépasser ce genre de réflexe pour apprécier à la fois les qualités et les défauts d’un ouvrage.

  • François Reynaert aurait du parler de Victor Hugo, auteur fétiche pour la gauche caviar. Voici quelques extraits de son discours daté du 18 mai 1879 à l’Assemblée Nationale …..Acrochez vos ceinturons!!!!!

    « Que serait l’Afrique sans les blancs ? Rien ; un bloc de sable ; la nuit ; la paralysie ; des paysages lunaires. L’Afrique n’existe que parce que l’homme blanc l’a touchée. Est-ce que vous voyez le barrage ? Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce morceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait obstacle à la marche universelle, ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité, -l’Afrique. (…) Au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. (Applaudissements) Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez là. À qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde ».

    • Un des plus beaux discours de Victor Hugo:
      « Prenez là. À qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes. » On savait à l’époque, expliquer très simplement des choses très complexes.

      Ainsi, parler de Clovis comme 1er roi de France est un hommage à l’avènement de la monarchie mérovingienne, perfectionnée par le système caroligien pour aboutir ensuite à la perfection capétienne et ses générations de règne glorieux qui ont conduit à Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.
      Clovis, 1er roi de France, est un bel exemple de concision.

      A ce sujet, je conseillerais le texte d’Orwell sur le « modern english ».

      Ainsi, parler de Clovis comme 1er roi de France est une référence à la monarchie mérovingienne, perfrectionné par le système caroligien pour aboutir à la perfection capétienne et ses générations de règne glorieux.

  • Comme P, je pense que tout libéral se doit de pratiquer le doute méthodologique et je bien désolé si Reynaert déboulonne quelques certitudes. D’ailleurs, en histoire, je vois mal quelle certitude on peut avoir.

    De plus, il me paraît incontestable que lire l’histoire d’une zone géographique à l’aune du fait national, apparu fort tard, est au mieux ridicule. C’est d’ailleurs un poncif de la gauche républicaine, celle de Michelet et Soboul, qui est mis à mal ici. Je suis étonné que les lecteurs de droite de Contrepoints (si bien sûr on peut être de droite et lire Contrepoints, ce qui me paraît relever de la schizophrénie) s’offusquent de ce genre de développements. Et peu m’importe si l’auteur est un représentant de la gauche caviar, ce qui ne m’a pas échappé. Elle n’a pas de leçon de libéralisme à recevoir de la droite française dont le penchant autoritaire et conservateur crève les yeux.

    • Vous confondez le fait national et le concept d’Etat-Nation apparu au 19ème siècle avec le romantisme, le nationalisme etc…

      Les Grecs de l’Antiquité se considérait comme une nation, malgré leur différences. La citoyenneté romaine a longtemps eu une véritable substance.

      Bref, le fait national a existé avant le 19 eme siècle, contrairement à ce que vous semblez penser.

    • Ne te formalises pas Xavier, je sais bien que tu es de droite. Ma tentative de trolling n’ayant pas rencontré un franc succès, je te remercie de ta réponse 😉

      Sur le fond, pas plus que la « droite » ne signifie quelque chose, tant elle est diverse, la « gauche » ne signifie rien non plus. Si je suis libéral de gauche, je ne me sens pas du tout représenté aujourd’hui par un quelconque parti.

  • Traité de Troyes 1420 … enfin une vision saine de l’histoire.
    L’histoire, ce n’est pas (ou ne devrait pas être) la présentation et l’analyse des faits à travers le prisme de nos moeurs et mentalité du XXIe siècle, mais l’exercice difficile de replacer ces faits dans le contexte d’alors. Exemple.
    Jeanne la Pucelle n’était pas « patriote » ou « nationaliste », notions incongrues au début du XVe siècle. Elle était avant tout « légitimiste » dans une époque qui n’avait pas d’alternative à la royauté.
    A l’instar des habitants de Domrémy et de la petite châtellenie de Vaucouleurs, elle était pro valoisienne et soutenait la cause du dauphin « légitime » face à Henry VI, officiel roi d’Angleterre et de France.
    Un tiers des « futurs Français » soutenaient cette cause, moins par enthousiasme personnel qu’à cause des positions de leurs princes.
    Autre tiers, les Bourguignons épousaient d’abord la cause du duc de Bourgogne, opposé au légitime Charles VII. Un duc plus puissant que le « roi de Bourges » et allié à l' »usurpateur » Henry VI comme le présentait le parti armagnac.
    Le troisième tiers, Paris et Nord-ouest de la France, s’accommodait du souverain fraîchement désigné par le réputé « ignoble » traité de Troyes.
    Paris ne voulait pas entendre parler des Armagnacs, le parti qui soutenait Charles VII. On se méfiait des Bourguignons, on rejetait les « amis » de Jeanne d’Arc pour les désordres que leur incurie causait, et l’on trouvait que le pouvoir « anglais » au moins, assurait l’ordre et la sécurité, protégeait les accès à la capitale, gérait la ville avec efficacité.
    Deux Français sur trois étaient-ils de « mauvais Français »? Bien sûr que non. L’opinion publique, en 1431, était fort contrastée à propos de la Pucelle.
    Présenter aujourd’hui Jeanne d’Arc comme la rassembleuse d’un peuple « martyrisé » est une imposture. C’est simplement gommer les faits et recréer, recycler, remastériser une jeune fille qui, certes, fit de son mieux – dans sa propre acception de la situation – pour restaurer l’autorité d’une monarchie en passe de s’effondrer, mais qui, en aucun cas, ne libéra la France. Cela n’enlève rien à l’estime et la sympathie que l’on peut éprouver pour elle. Au contraire. La vérité est toujours préférable aux sempiternelles louanges excessifs.

    Alain VAUGE
    auteur de « J’ai nom Jeanne la pucelle, Journal d’une courte vie », Editions Bénévent.
    http://jeannedarc.monsite-orange.fr

    • « De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, je n’en sais rien, mais je sais bien qu’ils seront tous boutés hors de France, excepté ceux qui y périront. »

      Non Jeanne d’Arc n’était pas patriote, vous avez raison.

      • C’est agaçant, Arthur, de constater que vous avez raison à chacune de vos interventions mais que personne ne vous répond.

    • Merci de votre propos. C’est tout à fait le genre de considérations qui m’ont fait apprécier l’ouvrage de Reynaert, qu’au final je trouve moins cuistre que certains de commentaires plus haut !

      • À quand une recension du dernier ouvrage de Jacques Attali ou d’Alain Minc sur la crise ? Depuis quand Contrepoints se fait-il le relais des bobos éditocrates de la presse subventionnée, dont ce Reynaert est une caricature ?

        On a besoin d’un peu d’air frais, du genre de celui qu’offre d’habitude Contrepoints.

  • « En réalité, et contrairement à la propagande nationaliste, les grands opposants au traité de Troyes et à ce qu’il impliquait se comptèrent surtout au parlement de Londres, »
    Rien de nouveau sous le soleil, donc le « en réalité » pour faire croire à une découverte… cette affirmation se trouve déjà dans le livre de référence sur la guerre de cent ans de Nimois, à la différence que Nimois n’en fait pas un contre-argument à la naissance du fait national français…
    Un exemple parmi d’autre que cet article et l’ouvrage dont il fait la promotion manque singulièrement de subtilité. Un ouvrage à conseiller aux nuls en Histoire, car il leur donnera peut-être envie d’en savoir plus. Quant aux autres, ils s’abstiendront.

    • Je rappelle modestement que cet ouvrage ne s’adresse absolument pas aux érudits, mais aux clichés enseignés à l’école. Avant de critiquer cet ouvrage, il serait bon de le lire, ou à tout le moins son introduction, en l’espèce.

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