L’écologie par le marché libre en action

Le Free Market Environmentalism met l’accent sur les marchés comme solution aux problèmes écologiques

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L’écologie par le marché libre en action

Publié le 19 mars 2012
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Le Free Market Environmentalism met l’accent sur les marchés comme solution aux problèmes écologiques. Ses partisans font valoir que les marchés libres peuvent avoir plus de succès que l’État dans la résolution de nombreux problèmes écologiques.

Par Reed Watson (*), États-Unis.

Le Centre de Recherche sur l’Environnement et la Propriété (Property and Environment Research Center, PERC) est le plus grand et le plus ancien institut de la nation consacré à l’amélioration de la qualité de l’environnement grâce aux marchés et aux droits de propriété. Fondé il y a 30 ans à Bozeman dans le Montana, le PERC a débuté en tant que think-tank où des spécialistes ont recensé les réglementations étatiques et la bureaucratie conduisant à une dégradation de l’environnement. Ils ont parallèlement cherché à expliquer comment les marchés pouvaient être exploités pour améliorer la qualité de l’environnement. De ce travail est née l’idée de l’écologie par le marché libre (Free Market Environmentalism, FME).

Qu’est-ce que le FME ?

Richard Stroup, cadre émérite du PERC, a écrit un essai sur l’écologie par le marché libre (FME) pour la Bibliothèque de l’économie et la Liberté (Library of Economics and Liberty, en). « L’écologie par le marché libre met l’accent sur les marchés comme solution aux problèmes écologiques », explique M. Stroup, « les partisans font valoir que les marchés libres peuvent avoir plus de succès que l’État – et ils l’ont été historiquement – dans la résolution de nombreux problèmes écologiques ».

L’essai de M. Stroup vaut le détour, mais en voici quelques extraits :

Bien que les défaillances du marché peuvent être bien réelles, de plus en plus de preuves indiquent que les États échouent souvent à contrôler la pollution ou à fournir des biens publics à des coûts raisonnables. De plus, le secteur privé est souvent plus réceptif que l’État aux demandes liées à l’environnement. Cette preuve, qui est davantage soutenue par la théorie économique, a conduit à une reconsidération du point de vue traditionnel.

Pour que les marchés fonctionnent dans le domaine écologique, comme dans n’importe quel autre, les droits de chaque ressource importante doivent être clairement définis, facilement défendables contre l’invasion, et dépossédables (transférables) par les propriétaires selon des termes favorables à l’acquéreur et au vendeur. Le bon fonctionnement des marchés, nécessite, en bref, des droits de propriété (en) « 3-D ». Lorsque les deux premiers sont présents – une définition claire et une défense aisée des droits – personne n’est forcé d’accepter la pollution au-delà de la norme acceptable par la communauté.

Les problèmes écologiques découlent de l’absence ou de l’incomplétion de ces caractéristiques des droits de propriété. Lorsque les droits des ressources sont définis et faciles à défendre contre l’invasion, tous les individus ou entreprises (en), pollueurs potentiels ou victimes potentielles ont un intérêt à éviter les problèmes de pollution. Lorsque la pollution de l’air ou de l’eau endommage un bien privé, le propriétaire dont la richesse est menacée gagnera à voir – au tribunal si nécessaire – que la menace est enrayée.

Est-ce que les parcs, même les parcs nationaux comme le Grand Canyon ou Yellowstone, pourraient être dirigés par des particuliers, des associations ou des entreprises…? Des particuliers et des groupes privés ont préservé des habitats naturels et des paysages pittoresques dans des milliers d’endroits aux États-Unis.

Des idées à l’action

Les chercheurs du PERC ont soigneusement documenté des exemples concrets de FME en action. Et pour passer de la théorie à l’action, le PERC a mis en place un programme pour rendre autonome des individus – des entrepreneurs écologiques – en leur montrant comment utiliser la propriété, les contrats, et les processus de marché pour améliorer la qualité de l’environnement. L’Institut d’Enviropreneur (en) du PERC attire des gens du monde entier qui cherchent à mettre les principes du FME en œuvre.

Le PERC continue de grandir par le biais de l’Université du PERC, nouvellement créée. Au fur et à mesure que le PERC cherche des solutions à certains de nos problèmes écologiques les plus complexes, l’université est un lieu où les chercheurs, journalistes, décideurs et les professionnels de l’environnement peuvent se réunir pour partager leurs connaissances, affiner leur travail, et participer à de solides discussions. L’université est en plein essor recevant les représentants de nombreuses disciplines s’inspirant les uns des autres à mesure qu’ils explorent les possibilités d’applications du FME.

Feu Julian Simon a dit : « Avec chaque bouche à nourrir viennent deux mains et un cerveau. » Toujours optimiste, en particulier sur les questions environnementales, Simon faisait allusion à la capacité de l’ingéniosité humaine pour surmonter la rareté des ressources dans un monde de plus en plus peuplé.

Ce sentiment est au cœur de L’institut d’Enviropreneur du PERC, un programme d’enseignement de deux semaines qui permet aux entrepreneurs environnementaux d’être autonomes dans l’application de la propriété, des contrats et des marchés pour améliorer les biens environnementaux. Regardez la vidéo !

L’Institut se déroulera cette année du 24 juin au 6 juillet, dans la pittoresque ville de Bozeman, Montana. Le programme comprend des conférences en économie, en planification commerciale, en marketing et gestion de projets, ainsi que des visites de terrain aux entreprises voisines qui illustrent l’éthique enviropreunariale de Simon, et enfin des mentorats en tête-à-tête de la part des experts en écologie de marché libre.
Pendant ces deux semaines, les participants développent leur propre projet commercial pour lier préservation de l’environnement et développement économique. Les candidats brillants seront des leaders environnementaux au début et à mi-carrière, avec un intérêt pour les approches innovantes à la préservation. Ceux qui seront admis recevront une allocation de voyage de 2 000 $. [1]

—-
Article original en anglais publié le 09.03.2012 sur MasterResource.
Traduction : eclipse pour Contrepoints.

Note :
[1] Le programme d’études, l’application en ligne, et plus de détails sont disponibles sur www.enviropreneurs.org (en). La date limite d’inscription est le 12 mars 2012.

(*) Reed Watson (reed@perc.org) est le directeur des programmes appliqués au PERC, ainsi que co-directeur de l’Institut Enviropreneur. Son expertise réside dans le développement et la promotion de solutions basées sur le marché aux conflits liés aux ressources naturelles, en particulier pour l’eau et la faune. Watson est co-auteur (avec Terry Anderson et Brandon Scarborough) des Marchés de l’eau potable (Tapping Water Markets, à paraître, RFF Press / Routledge). Watson est titulaire d’un doctorat en droit et d’une maîtrise en économie de l’environnement de l’Université de Duke et un baccalauréat ès sciences en économie de l’Université de Clemson.

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