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Le Royaume Uni, esclave de la dette

Publié le 2 mars 2012
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Le Royaume-Uni devient une nation d’esclaves de la dette tandis que la régulation et l’inflation découragent l’épargne.

Par Ian Cowie, depuis le Royaume Uni.

Les ménages britanniques croulent sous les dettes.

Maintenant que les intérêts sur la dette absorbent pratiquement un quart du revenu net des ménages britanniques selon la CCCS (Consumer Credit Counselling Service), bien des familles sont en train de découvrir à quel point les intérêts composés peuvent être des maîtres cruels.

Si vous pensez que les produits d’épargne conventionnels, tels que les retraites et fonds de gestion, fournissent trop peu de valeur, dans ce cas-là, attendez de voir à quel point les « retours  » sur l’emprunt sont mauvais. Alors que le plaisir immédiat est quasiment devenu un « droit’umain » dans les sociétés du monde développé, nourries au crédit, les coûts de cette illusion vont s’amonceler dans les décennies à venir. Pire encore, le gouvernement encourage activement les jeunes à encourir des dettes massives avant qu’ils aient les moyens de les rembourser.

Même avec les bas taux d’intérêt actuels, la dette que l’on laisse ainsi s’accumuler sur de la dette augmentera souvent plus rapidement que la capacité de remboursement du débiteur. Par exemple, quelqu’un qui emprunte 10000£ à un taux de 3,5%, fréquent pour un emprunt immobilier, remboursera un total de presque 15000£ au cours d’une période standard de 25 ans.

Peu d’étudiants ont entendu parler de la « règle de 72  » ces jours-ci, mais davantage s’y intéresseront probablement dans le futur. C’est le raccourci pour calculer combien de temps il faudra pour que la dette double : il suffit de diviser 72 par le taux d’intérêt annuel pour arriver au nombre d’années. Albert Einstein aurait décrit les intérêts composés comme « la plus grande force dans tout l’univers ». À l’avenir, les étudiants pourraient être excusés s’ils continuent de penser que les questions concernant la précision de cette citation sont purement académiques.

Malheureusement, les épargnants ont été si maltraités au Royaume-Uni pendant si longtemps qu’il n’est pas difficile de comprendre pourquoi beaucoup ont décidé que la prudence n’en vaut pas la peine. Des millions de gens qui mettent à la banque ou dans des building societies (sortes de coopératives pour l’immobilier, ndlr) une poire de côté pour la soif ont vu la valeur réelle de leurs économies, leur pouvoir d’achat baisser de manière constante du fait de la politique officieuse du gouvernement de maintenir des taux d’intérêt réels négatifs.

Le compte courant de base moyen a pratiquement perdu 2500£ de sa valeur moyenne ou pouvoir d’achat au cours de la dernière décennie selon les calculs de la Yorkshire Building Society. L’inflation est l’ennemi insidieux des épargnants, car elle réduit progressivement ce que leur argent peut acheter. Cependant, étant donné que les mesures privilégiées du gouvernement sont le Consumer Price Index (CPI) et le Retail Prices Index (RPI) et affichent des valeurs actuellement à un chiffre et basses, il se pourrait bien que beaucoup sous-estiment la menace cumulative.

Simon Broadley de la Yorkshire Building Society déclare : « avec un compte épargne moyen de 11648£, cela pourrait avoir un effet significatif sur l’épargne d’une personne, en particulier sur le long terme étant donné les circonstances actuelles. Au bout des dix dernières années, quelqu’un avec un pot d’économies dans un compte courant de base aurait gagné 1624£ en intérêts, amenant sa valeur nominale à 13272£. Cependant, pour que le pouvoir d’achat de l’épargnant se soit maintenu au fil des investissements, ses économies auraient dû s’accroître pour atteindre 15700£, un écart de 2428£ ».

Pas étonnant que le Royaume-Uni se soit transformé, d’une nation d’épargnants, en une nation d’emprunteurs. Les exigences réglementaires signifient que cela prend des heures pour ouvrir un plan d’épargne retraite, mais juste quelques minutes pour obtenir une carte de crédit. Après plus d’un quart de siècle de réglementation approfondie et coûteuse des services financiers, l’effet net a été de remplacer des produits d’épargne standards de faible valeur par du crédit dont la valeur est encore plus faible.

—-
Article titré « Britain becomes a nation of debt slaves as regulation and inflation deter saving » et publié le 27.02.2012 par The Telegraph.
Traduction : Jacques Roberts pour Contrepoints.

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  • Une petite erreur dans le texte sur la règle de 72: c’est l’inverse, il faut diviser 72 par le taux pour obtenir une bonne approximation du nombre d’années.

    On peut aussi calculer le taux nécessaire pour doubler le capital en divisant 72 par le nombre d’années souhaitées.

    • En effet, c’est tout à fait exact, l’équation est bien 72/r. En fait, j’ai traduit bêtement sans m’apercevoir que l’auteur avait fait une erreur (car il y a bien erreur dans la version originale).

      Le texte ci-dessus a été modifié.

  • Les commentaires sont fermés.

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