Attendre pour réformer les retraites, c’est voler les jeunes générations

Plus on attend pour faire la réforme des retraites par répartition, plus les jeunes d’aujourd’hui seront dépouillés par leurs aînés.

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Attendre pour réformer les retraites, c’est voler les jeunes générations

Publié le 23 février 2012
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Plus on attend pour faire la réforme des retraites par répartition, plus les jeunes d’aujourd’hui seront dépouillés par leurs aînés.

Par David Descôteaux, de Montréal (Québec).

La semaine dernière, Stephen Harper a fait peur au monde. Littéralement. Il a dit que son gouvernement voulait réformer le système de pension de la Sécurité de la vieillesse, pour en assurer sa pérennité.

La plupart des Canadiens âgés de 65 ans ont droit à cette pension pour assurer leurs vieux jours. Une des options discutées est de faire passer l’âge d’admission de 65 à 67 ans. Ce n’est rien de réjouissant. Mais quand on regarde les chiffres, on se dit que ça pourrait être bien pire.

Un fardeau sur les jeunes

À l’émission de Jean-Luc Mongrain sur LCN, le fiscaliste Luc Godbout a expliqué le problème de façon limpide :

D’abord : il n’y a pas d’argent mis de côté pour les pensions de vieillesse. Les travailleurs d’aujourd’hui payent, avec leurs impôts, pour les personnes âgées d’aujourd’hui.

— Il y a, au moment où vous lisez ces lignes, 4,8 millions de Canadiens âgés de 65 ans et plus. À cause du vieillissement de la population, en 2031 (dans 20 ans), il y en aura le double, soit 9,6 millions.

— Les 15-64 ans (ceux qui payent la pension des retraités) sont environ 24 millions aujourd’hui. En 2031, ils seront moins de 26 millions.

Donc, les travailleurs seront à peine plus nombreux, mais devront payer deux fois plus pour garantir la pension des plus vieux.

Nous vivons plus vieux

Ce n’est pas fini. En 1960, on avait droit à la pension de vieillesse à 70 ans. Et à cet âge, il nous restait huit ans à vivre (selon espérance de vie à l’époque). Aujourd’hui, nous avons droit à la pension plus tôt, à 65 ans. Et il nous reste, en moyenne, 18 ans et trois mois à vivre. En 2056, il nous restera 21 ans à vivre…

Donc, non seulement un nombre semblable de travailleurs payera deux fois plus cher pour maintenir à flots le régime, mais en plus, ce régime coûtera beaucoup plus cher. Parce que les prestations seront payées sur une période plus longue. Selon les estimations, le coût du régime passera de 35,6 milliards $ aujourd’hui, à 108 milliards $ en 2030. Le triple.

On fait quoi ?

Pour assurer la survie du régime, nous aurons deux choix : couper des dizaines de milliards ailleurs dans le budget de l’État, ou bien réformer les pensions. Par exemple en repoussant l’âge de la retraite.

Mais rassurez-vous. Comme le soulignait M. Godbout, le changement ne se ferait pas du jour au lendemain. Au Royaume-Uni par exemple, le gouvernement a fait passer l’âge de la retraite de 65 à 68 ans. Sauf que le changement se fera progressivement. À partir de 2024, on va tranquillement commencer, en ajoutant deux mois par année à l’âge admissible de la retraite, pour atteindre 68 ans en 2045. Rien de brutal, vous en conviendrez.

En fait, les retraités et pré-retraités actuels n’ont probablement rien à craindre. Les changements affecteront plutôt leurs enfants. D’ailleurs, si les conservateurs expliquaient plus clairement leur stratégie, ils éviteraient à nos aînés de se faire du mauvais sang pour rien.

Enfin, plus tôt on fera cette réforme, mieux ce sera. Simple question d’équité. Évitons l’erreur de nos gouvernements successifs au Québec, qui ont tous beaucoup trop attendu pour hausser les cotisations au régime des rentes. Résultat : les jeunes d’aujourd’hui devront contribuer beaucoup plus au régime que leurs aînées, pour une rente probablement moindre.

Sur le web

Note de Contrepoints : il va de soi que Contrepoints défend le passage à la retraite par capitalisation, seul système efficace et moral.

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