Les hommes, premières victimes des plans de relance

Comme bien souvent, les actions politiques sont prises en otage pour la satisfaction d’intérêts particuliers, au mépris de la réalité des faits. Un exemple avec les plans de relance aux Etats-Unis.

Comme bien souvent, les mesures politiques sont prises en otage pour la satisfaction d’intérêts particuliers, au mépris de la réalité des faits. Un exemple avec les plans de relance aux États-Unis.

Par Pierre-Yves Saint-Onge, de Montréal (Québec).

Selon Mark Perry, économiste à l’Université du Michigan, la crise économique aux États-Unis a été un ralentissement pour les femmes, et une catastrophe pour les hommes. 80% des 5,7 millions d’emplois perdus entre décembre 2007 et mai 2009 l’ont été par des hommes.

La raison est simplement que les domaines les plus touchés par la crise, la construction et les manufactures, sont majoritairement masculins, tandis que les femmes sont plutôt dans les domaines résistants à la récession tels que la santé et l’éducation qui ont créé environ 600 000 emplois durant la même période. Le but de la relance [n’était pas] pour le gouvernement d’aider à retrouver de l’emploi à des soudeurs, des opérateurs de grue et des machinistes… mais la réalité de la situation n’était même pas son pire obstacle…

En novembre 2008, le président Obama avait annoncé un vaste programme de deux ans de  projets d’infrastructures « shovel-ready » pour rafraichir les barrages, les routes, le réseau électrique, etc. Aussitôt annoncé, des éditoriaux ont apparu dans les journaux avec des titres comme « Où sont les emplois pour les femmes » et « Le plan de relance macho ». Un groupe de 600 économistes féministes ont fait circuler une pétition pour demander plus de programmes d’investissement en santé, éducation et services sociaux. Pendant ce temps, 1000 historiens féministes ont écrit une lettre au président pour lui demander de ne pas investir tant d’argent dans un secteur principalement masculin comme la construction.

Les choses ont commencé à changer lorsque ces groupes se sont aperçus de l’existence des autres pour joindre leurs forces sous un groupement appelé WEAVE – Women’s Equality Adds Value to the Economy. La National Organization for Women (NOW), la Feminist Majority, l’Institute for Women’s Policy Research et le National Women’s Law Center se sont ensuite joints à la lutte contre le plan de relance sexiste des emplois masculins.

Les politiciens se sont mis à la tâche… et ont fièrement remis leur rapport en janvier 2009 : 42% des emplois qui seront créés par le plan de relance seront dans des positions propices a être comblées par des femmes. Grand succès, quand on se rappelle que celles-ci ont subi 20% des pertes d’emplois…

Ceci est un excellent exemple de l’inefficacité des programmes gouvernementaux, cette fois-ci par cause de manipulation de l’agenda initial. Un tel programme, dans un cas régulier est une source majeure de distorsion des signaux du marché et d’une allocation efficace du capital. Dans ce cas-ci, l’effet est amplifié en envoyant le capital prélevé des contribuables et des sociétés en santé non vers les industries en difficultés, mais vers celles qui sont favorisées par les politiciens.

Source: Weekly Standard

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