Daniel Tourre démissionne du Conseil National du PLD

Daniel Tourre, premier conseiller du Conseil National du Parti Libéral Démocrate, présente sa démission.

Il y a deux semaines, Contrepoints relayait les différends qui opposaient les membres du Parti Libéral Démocrate (PLD) quant au soutien de François Bayrou pour la campagne présidentielle. Voici un communiqué de Daniel Tourre, premier conseiller du Conseil National du Parti Libéral Démocrate.

Bonjour,

J’ai présenté hier ma démission du conseil national du Parti Libéral Démocrate (et donc de porte parole et de premier conseiller du PLD).

Il est inutile de revenir longuement sur mon hostilité à une stratégie passant par un soutien à Bayrou. Je reste convaincu que cette stratégie est beaucoup trop prématurée le tout au moment même où une fenêtre historique s’offre à nous pour capter une attente grandissante chez nos sympathisants et dans une partie du grand public.

Ma sortie du conseil national me semble souhaitable pour plusieurs raisons :

a) Le rôle du premier conseiller est d’être le porte parole du conseil national face au bureau (président) et d’animer le conseil. Compte tenue de la stratégie adoptée par le PLD, je suis à la fois en porte à faux avec le conseil national qui a voté pour le soutien à Bayrou et vis-à-vis du bureau en qui je n’ai plus confiance pour mener le parti là où je voudrais qu’il aille. Je me vois mal accompagner les détails d’une stratégie que je désapprouve.

b) Au cours des prochains trimestres, avec d’autres, je souhaite me lancer dans différentes activités militantes destinées au grand public et aux sympathisants libéraux (bastiat2012 etc.). Ces actions que j’aurais aimé être portées en partie par le PLD sous une autre forme (évidement pas un soutien à un mort…) peuvent parfois être en contradiction frontale avec la stratégie actuelle du PLD (attaques contre Bayrou). Avec le poste de premier conseiller représentant le conseil et les adhérents, je risquerais de gêner le PLD ou d’être gêné par les positions du PLD.

c) Si la stratégie du PLD était un succès – ce que je souhaite sincèrement, le gâchis est déjà là autant en avoir les fruits – cela serait une très bonne nouvelle. Le PLD serait dans ce cas un parti très différent et je me ferais une joie de reconnaître publiquement l’erreur que constitue mon pessimisme actuel sur cette stratégie. Dans tous les cas, ma présence pendant les mois avant ce succès n’apporterait rien, tout en limitant mes actions.

d) Si dans quelques mois ou trimestres, la stratégie du PLD est un échec ou un semi-succès, modifier à la marge la stratégie du PLD ne nous permettra plus de grossir en s’appuyant sur une partie du public libéral. Les prises de position de son président Aurélien Veron marquent significativement l’image du PLD. Un changement de stratégie ne pourra donc se faire que lors de nouvelles élections du conseil et du président dans 16 mois ou prématurément en cas de démission collective du conseil. Je préfère consacrer mon temps et mon énergie à construire ce qui me plait à coté plutôt qu’à tenter de freiner ce qui ne plait pas à l’intérieur sans pouvoir construire efficacement derrière.

Je regrette bien sûr cette situation, mais mon statut de simple adhérent libre de sa parole pendant quelques trimestres me semble être la meilleure solution.

Je reste donc bien sûr un adhérent du PLD. J’ai aimé travailler au sein de ce conseil national qui compte beaucoup de personnes de valeur méritant d’être soutenues et je garde des relations cordiales avec eux. Je leur souhaite bonne chance dans la réalisation de leurs objectifs. Je ne claque pas la porte, je fais juste trois pas en arrière doucement pour permettre à chacun de travailler au mieux de ce qu’il considère être les intérêts de la défense du libéralisme.

Cordialement,

Daniel Tourre

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