Critique de l’exploitation

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Critique de l’exploitation

Publié le 13 janvier 2012
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Suite de l’article Loi et morale de l’échange, une mesure de l’ « exploitation ». Où l’on tente de porter un jugement sur certains équilibres particuliers produits par les mécanismes de l’échange : l’ « exploitation » est-elle injuste, immorale, une forme d’esclavage ?

Par Domi

Après avoir défini dans une première partie ce en quoi consistait l’exploitation (voir sur ce point « Loi et morale de l’échange » : l’exploitation caractérise l’échange qui s’éloigne du milieu de l’espace de négociation en raison de l’échelle subjective des valeurs adoptées par les parties), nous tentons ici de l’apprécier du point de vue de la justice et de la morale.

Partie philosophique – Aspect moral de l’exploitation

Pour faire la critique de l’exploitation, nous tentons d’apporter une réponse aux trois questions suivantes :
– l’exploitation est-elle injuste ?
– l’exploitation est-elle immorale ?
– l’exploitation est-elle une forme d’esclavage ?

 

1 – L’exploitation est-elle injuste ?

La réponse dépendra du choix entre échelle subjective et objective des valeurs. La préférence pour l’échelle subjective des valeurs conduira à justifier l’exploitation.

En faveur de la subjectivité, on peut noter qu’elle est le critère retenu par le bon sens dans d’autres contextes.

Par exemple, si deux productions doivent recevoir une contrepartie monétaire, comment évaluer la juste récompense de chacune ? On arriverait difficilement à formuler ce que serait le critère objectif dans ce cas. Entre un vendeur de crevettes et un vendeur de viande de bœuf, faut-il comparer à l’unité (chaque crevette devrait rapporter autant qu’un bœuf) ou au poids (le kilogramme de bœuf devrait être rémunéré aussi cher que le kilogramme de crevette) ? Si l’on retenait la dernière solution, on ne pourrait faire de différence entre de la viande de bœuf pourrie et de la viande de bonne qualité dont les producteurs devraient être rémunérés de la même manière par la société.

Le sens commun commande de déterminer la récompense en fonction de l’utilité des produits pour la population. Cette utilité correspondant à la satisfaction ressentie par chacun est par conséquent essentiellement… subjective ! Critère de la juste contrepartie d’un produit ou d’un service spontanément adopté dans d’autres contextes, l’utilité subjective apparaît comme le fondement naturel de la justice dans l’échange : il n’y a pas de raison de faire exception pour la question qui nous occupe.

En revanche, l’injustice des situations de départ influençant l’équilibre de l’échange, ne pourrait-elle être dénoncée ? Paul est pauvre, Pierre a un bon patrimoine, ce qui permet à Pierre d’acquérir un net avantage dans la négociation du contrat. Il faudrait aborder ici la question de l’égalité des chances, de l’héritage ou du droit de tester, voire la lutte contre les discriminations. Tel n’est pas le sujet ici.

En revanche, nous pouvons poser la question suivante : en admettant que la situation de départ soit injuste et que la norme devrait être l’égalité de départ des deux contractants, le contrat qui en résulte est-il lui-même injuste ?

Deux réponses pourraient être formulées par un défenseur de l’égalité des chances. Le plus exigeant n’accepterait que le contrat qui « réparerait » totalement l’inégalité de départ. Un modéré tenterait de déterminer si l’échange apporte une amélioration sur ce point. Le problème est que le contrat d’«exploitation» qui sera conclu procède de l’inégalité des chances, il n’en est pas la cause. Cependant, comme il est possible d’envisager une situation médiane qui serait la conséquence prévisible de l’inégalité des chances, le contrat, s’éloignant favorablement ou défavorablement de cette situation pour celui dont les chances étaient les plus faibles, sera jugé à l’aune de ce critère.

Serait injuste le contrat plus défavorable que celui qui résulterait des conséquences prévisibles de l’inégalité des chances. Pourtant, est-il cohérent de présenter ainsi un acte favorable à la « victime » de l’« injustice » ? C’est une question à laquelle l’examen de la moralité de l’exploitation nous permettra d’apporter une réponse.

2 – L’exploitation est-elle immorale ?

Les défenseurs de l’exploitation, la mettent en balance avec l’absence d’échange : ils mettront ainsi en évidence les avantages de l’échange pour la partie que celui-ci favorise le moins. La question dépend en effet des avantages présentés par les différentes situations pour celui qui est supposé être lésé par l’exploitation.

Or, l’analyse des adversaires de l’exploitation ne correspond pas à la hiérarchie des satisfactions du supposé lésé puisque l’absence d’échange qui est pour lui moins utile y est mieux considérée que l’exploitation. Nous aurions : absence d’échange 0, exploitation –1, échange juste 0 ou 1 selon les cas, alors que la hiérarchie des satisfactions font se succéder absence d’échange, exploitation et échange juste.

Peux-t-on considérer immoral un acte dont l’ensemble des conséquences est positive pour autrui, alors que la perception de cette immoralité est exclusivement fondée sur le sort d’une personne qui profitera du contrat ? Si l’absence d’échange est neutre sur le plan moral, il n’y a pas d’argument pour caractériser l’immoralité de l’exploitation.

En revanche, la défense de l’échange inégal n’entre pas en contradiction avec la hiérarchie des utilités. Elle est compatible avec la préférence donnée à l’échange égal dans la comparaison avec l’exploitation. L’exploitation peut lui être inférieure sans être blâmable. Dès lors que l’exploitation était possible, l’échange égal est en partie un don, donc un acte louable. L’exploitation est, quant à elle, un acte simplement utile, qui peut être considéré de façon neutre sur le plan moral dans la mesure où il est intéressé.

Absence d’échange et exploitation peuvent enfin être placés sur le même plan sans que cela soit en contradiction avec la hiérarchie des utilités. Au total, nous aurions : absence d’échange 0, exploitation 0, échange égal 1.

Ces arguments devraient faire accepter la neutralité morale de l’exploitation.

Néanmoins, l’immoralité de conclure un contrat en poussant son avantage dans la négociation à un point tel que l’autre partie sera dans une grande détresse est presque unanimement perçue. Si la majorité se trompe en condamnant l’exploitation, connaître les raisons d’une telle erreur nous donnera une vision plus complète de la justesse de la conception contraire.

Les origines de la répulsion de la société à l’égard de l’exploitation

Comment les adversaires de l’exploitation la comparent-ils avec ce qu’ils considèrent comme un échange fondé sur la justice (celui qui se conclurait au milieu de l’axe de négociation) ?

S’il peut exister une catégorie de personne pour laquelle l’échange juste sera simplement neutre moralement, comme étant la moindre des choses, ce ne sera pas le cas de la majorité. La plupart des gens louera l’échange juste et blâmera l’exploitation.

En effet un acte est avant tout estimé en fonction de ses conséquences et de la difficulté à l’accomplir. Un acte utile sera d’autant plus louable qu’il était difficile de l’accomplir. Un acte nuisible sera d’autant moins blâmable qu’il était difficile de ne pas l’accomplir.

Si l’abstention était appréciée de la même manière, ses conséquences étant nulles, elle ne serait ni blâmée, ni louée mais elle est souvent considérée au regard de l’acte qui aurait pu être accompli. Par exemple, ne pas porter secours à une personne en péril est blâmé alors que sera admiré, au contraire, le fait de ne pas donner, sous la torture, des renseignements qu’un régime totalitaire veut obtenir pour annihiler un mouvement de résistance.

Pour qu’une appréciation morale soit ainsi associée à l’abstention, certaines conditions doivent être remplies, le principe étant la neutralité morale de l’inaction. Dans le cas contraire, il suffirait de placer à l’infini, en termes de difficultés et de résultat, les exigences morales auxquelles nous serions à tout instant tenus pour décupler notre culpabilité en raison de l’abstention qui s’oppose à de telles obligations. Le critère qui différencie les abstentions est une certaine proximité entre les personnes, que celles-ci aient d’abord été en relation, ou que l’une d’entre elles soit la seule qui, en des circonstances données pourrait apporter une aide à l’autre.

Précisons que la condamnation de l’abstention n’empêchera pas de considérer favorablement l’acte auquel celle-ci s’oppose. Laisser une personne se noyer est condamnable mais la sauver est tout de même estimable.

Il serait tentant de mettre en valeur l’origine culturelle d’une telle interprétation. Le christianisme nous dit en effet : « aime ton prochain comme toi-même » mais la cause en est plutôt à mon sens la psychologie humaine elle-même. De telles interprétations sont probablement inscrites dans nos gènes.

Quelles conséquences une telle conception peut-elle avoir sur la comparaison échange juste / exploitation / absence d’échange ?

Elles pourraient s’appliquer de cette manière à la question qui nous occupe :

  • L’exploitation est une abstention coupable en raison de la relation qui unit les parties.
  • À l’opposé, l’absence d’échange n’implique aucune relation et ne sera pas blâmable.
  • Enfin, conclure un échange juste alors qu’exploiter était possible est louable.

Cela expliquerait la hiérarchie adoptée par les adversaires de l’exploitation et la raison pour laquelle celle-ci n’est pas en corrélation avec l’accroissement de l’utilité de l’acte.

Cette analyse revient à adopter une analyse en deux temps. Le premier temps est la décision de contracter qui va placer les parties dans une situation de prochain à prochain ; le deuxième temps correspond à la négociation du contrat le plus avantageux possible. Cependant, une telle division est parfaitement artificielle, celui en faveur de qui l’échange est inégal étant décidé dès le départ à maximiser son avantage. Il faut donc considérer l’acte comme un tout. Il n’y a dès lors plus de raison qu’un acte utile soit moins bien considéré que l’absence de contrat.

Par conséquent, la répulsion à l’encontre de l’exploitation n’a pas de fondement rationnel, ce qui ne résout pas totalement la question des stratégies que la société peut adopter face à elle.

Stratégies existant à l’égard de la répulsion pour l’exploitation.

La première, la plus simple, serait de la combattre en soi en raison de cette irrationalité et de faire de soi un partisan résolu de l’exploitation.

À l’opposé, de la même manière que certains non croyants peuvent défendre l’utilité des croyances religieuses pour le peuple, certains seront tentés de conserver cette répulsion. En effet, celle-ci étant fort répandue, que ses origines soient culturelles ou liées à la nature humaine, il est probable que ceux qui seront prêts à conclure un contrat d’exploitation seraient les premiers à accomplir des actes véritablement immoraux. Augmenter la tolérance vis-à-vis de l’exploitation ne risquerait pas alors de l’accroître à l’égard de comportement dont l’immoralité n’est pas douteuse ? Il faudrait donc conserver et entretenir cette répulsion, même si aucun argument ne vient appuyer la validité de la condamnation morale de l’acte qui en est l’objet.

Le défenseur d’une troisième stratégie, celle de la tolérance, refusera de condamner chez autrui la recherche de l’exploitation. Mais pour lui-même il se dira : « quel mal y a-t-il à suivre la voie que m’indique cette répulsion ? Il ne pourra en résulter que des bienfaits pour la personne avec qui je contracte. » Le risque serait en réalité de remplacer l’exploitation par l’absence de contrat. Cependant, la notion d’exploitation exclue cette hypothèse car celui qui est avantagé conserve une marge de manœuvre suffisante pour que le contrat reste intéressant pour lui.

Notons pourtant que cela ne serait pas le cas pour un contrat où l’une des parties recevrait une faible rémunération en raison, par exemple, d’une faible productivité. Dans ce cas, l’aversion pour une faible rémunération de l’autre partie pourrait avoir des conséquences néfastes.

Ces questions sont au cœur du problème si l’on souhaite évaluer les bienfaits du « commerce équitable ».

3 – L’exploitation est-elle une forme d’esclavage ?

Cette assimilation est parfois justifiée par le fait que l’esclave comme le salarié sont contraints de travailler, l’un pour éviter les coups de fouets, l’autre pour se nourrir. La différence est que dans un cas la contrainte est provoquée par le maître alors que dans l’autre elle existe indépendamment de l’employeur.

Si l’on adoptait le raisonnement sur lequel s’appuie cette assimilation, il faudrait considérer que l’employeur, contraint de payer le salarié pour le faire travailler, se trouve esclave de ce dernier. De même, dans les rapports entre producteurs et consommateurs ou dans le cas de troc entre travailleurs indépendants, tout le monde serait l’esclave de tout le monde puisque c’est la nécessité qui contraint chacun à fournir un bien ou un service ou à se dessaisir de la monnaie qui permet de l’acquérir. Autant dire que la notion d’esclavage perdrait toute pertinence.

Une autre raison d’assimiler exploitation et esclavage est la comparaison du rapport entre le travail fourni et ses récompenses matérielles. Sur ce plan, la situation des ouvriers au XIXème siècle rappelait celle des esclaves. Aux États-Unis les travaux historiques ont montré que les noirs du sud pouvaient avoir de meilleures conditions de vie matérielles que nombre de prolétaires. À ce titre, pourquoi ne pas interdire l’exploitation, même si elle n’était ni injuste, ni immorale si cela améliorait le sort des nécessiteux ?

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  • Entre l’esclavage et l’exploitation, n’est-ce pas le caractère limité du lien qui différencie fondamentalement les deux « contrats » ?

    Deux limites sont à prendre en compte. La première est d’ordre temporelle : un contrat de travail est par essence temporaire et se trouve limité par la faculté des uns ou des autres de le rompre à tout instant. La seconde est de nature physique : l’esclave est mis en situation de donner la totalité de son corps au bon vouloir de son maître, sans contrepartie, ce qui n’est pas le cas de l’exploitation, où le salarié échange seulement le fruit de son travail contre une rémunération et non pas lui-même.

    Une conséquence, en terme d’intérêt général, en est que l’exploitation se distingue de l’esclavage par le fait qu’elle est créatrice de richesse. Le travail de l’esclave ne crée aucune richesse puisqu’il n’y a pas échange. Dans le cas de l’esclavage en effet, il y a simplement transfert de richesse de l’esclave au maître.

    Dans une certaine mesure, il y a assimilation possible entre esclavage et impôt, mais c’est un autre débat.

    • Encore la légende selon laquelle il y a forcément création de richesse dans un échange…

      « Une conséquence, en terme d’intérêt général, en est que l’exploitation se distingue de l’esclavage par le fait qu’elle est créatrice de richesse. Le travail de l’esclave ne crée aucune richesse puisqu’il n’y a pas échange. Dans le cas de l’esclavage en effet, il y a simplement transfert de richesse de l’esclave au maître. »

      Si un esclave est nourrit et logé par son maitre, c’est exactement équivalent à si un salarié est payé par son employeur, et que cette paye suffit juste à le nourrir et le loger. Il y a transfert de richesse du salarié vers l’employeur, simplement.

      Une autre démonstration de cette fausseté est faite dans le commentaire du lien suivant : http://www.tetedequenelle.fr/2011/12/monnaie-inegalites-richesses/#comment-13999

      Plus précise, et démontrant cette fausseté selon un autre angle.

      • J’aurai du préciser « l’échange volontaire », mais cela allait de soi.

        Mais si, l’échange crée la richesse. D’où sort-elle, sinon ? Comment se fait-il que les milliards d’humains sortent de la pauvreté précisément au moment où l’échange leur devient accessible ? Quant à la paye de subsistance, il y a bien longtemps que ce stade primitif est dépassé. D’ailleurs, il n’y a pas d’échange possible en économie vivrière, puisque tout est auto-consommé.

        Enlevez vos lunettes noires et observez le monde autour de vous, plutôt que de perdre votre temps avec les fariboles du genre du dividende universel.

        • J’ouvre les yeux, et ce que je vois, c’est que toute la création de richesse n’est pas monétisée. Mais celle qui est monétisée est au profit de ceux qui émettent la monnaie.
          Ceux qui ne monétisent pas leur richesse ne peuvent démarrer le moindre échange malgré leur travail et leur création de valeur évidente. C’est le cas notamment des développeurs de logiciels libres, pour ne citer qu’eux.

          Il n’y a pas que l’échange marchand et mercantile sur terre. C’est bien là le problème dans la théorie de « Tout le monde s’enrichit dans l’échange volontaire ».

          • Rien n’empêche les créateurs de logiciel de commercialiser leur production. S’ils ne le font pas volontairement, c’est leur choix, au demeurant tout à fait respectable. Mais il n’y a aucune raison d’obliger autrui à participer à cette activité sous la contrainte du DU ou de l’AU.

            Vous devez d’abord considérer l’échange pour ce qu’il est : la rencontre de deux volontés, une offre et une demande. Vous pouvez produire le meilleur code possible, selon votre point de vue. Mais s’il ne rencontre pas le souhait d’autrui, il ne vaut rien. Produire n’est pas suffisant pour créer la valeur ou la richesse : il faut que cette production rende service. Dès lors que vous rendez service, il n’y aucune raison que celui qui en profite ne vous rende pas la pareille d’une façon ou d’une autre.

            Si vous observez attentivement le monde du libre, vous constaterez qu’il y a bien échange, par mise à disposition commune des ressources de chaque producteur (en laissant de côté la question des passagers clandestins). Ici, ce que vous qualifiez de don est en réalité du troc. Certes, ce petit monde qui troque des lignes de code n’a pas un besoin immédiat de monnaie, parce que qu’il ressemble à un marché très étroit concernant des produits homogènes. Mais un tel système est impossible à étendre à une échelle plus large, avec des produits et services extrêmement hétérogènes.

            Je vous invite également à considérer le fait que les créateurs de logiciels libres ne vivent pas uniquement d’amour (du code) et d’eau fraîche. Ils disposent nécessairement d’une ressource préalable, fruit d’un échange marchand (leur job rémunéré), de subventions publiques (spoliation de l’échange marchand) ou du soutien de leurs proches (qui, eux, participent à l’échange marchand).

            L’échange volontaire, l’échange marchand, précède systématiquement le don. Sans lui, le don est impossible. En poussant la logique au bout, le don est comparable à un loisir, autrement dit une consommation (destruction de richesses et non création). En première intention, si le monde du logiciel libre pouvait sembler être un marché de troc, il semble en définitive plus proche d’une activité de consommation. Les créateurs de logiciel libre pensent créer de la valeur. En vérité, au total, ils en détruisent (ce n’est pas péjoratif, ils sont libres d’occuper leurs loisirs comme ils le souhaitent).

            Sur cette terre, tout est lié à l’échange marchand, même le don. La condition humaine est ainsi ; il est vain d’espérer la changer, même par la contrainte.

        • Oups, « J’aurais dû » est mieux que « J’aurai du »…

  • La meilleure preuve que les gens s’enrichissent grâce à l’échange volontaire est de constater la différence entre le pouvoir d’achat qui résulte des échanges qu’ils font et ce qu’ils auraient s’ils fonctionnaient en totale autarcie ( c’est à dire s’ils ne pouvaient consommer que ce qu’ils produisaient directement eux-même).

    Alors, on peut toujours discuter de la « juste répartition » de ce qui est produit ou réfléchir à un système qui permettrait de produire davantage de richesse, mais il faut être sacrément fort pour dire que l’échange volontaire n’enrichit pas les gens.

    Quant à affirmer que la création de richesse monétisée se fait exclusivement au profit des émetteurs de monnaie cela est infirmé pour les mêmes raisons.

    Il faudrait démontrer que les non émetteurs de monnaie ne bénéficient aucunement des échanges qu’ils font.

    Que les émetteurs de monnaie soient relativement favorisés, là aussi c’est une autre question.

    • « mais il faut être sacrément con pour dire que l’échange volontaire n’enrichit pas les gens. »

      Fixed.

    • Globalement d’accord avec ça. Sauf que vous faites l’erreur de ne voir dans l’échange que l’échange marchand. Et c’est d’ailleurs le gros défaut de la théorie libertarienne à mon sens.

      Le don de son travail à la communauté y est proscrit. Impossible, faute de pouvoir démarrer le moindre échange. Pourtant, la création de richesse est là. Mais pas monétisée. On est obligé de faire un travail réellement rémunéré en vendant ses services. Nous ne sommes pas réellement libres, donc.

      • Vous vous arrêtez sur la question de la monnaie, qui devrait être secondaire, il me semble, une fois admis qu’elle est indispensable.

        Le don n’est possible qu’après échange volontaire marchand. Le don n’est pas une production mais une consommation.

        Pour le reste, vous êtes libre mais dans un cadre restreint, la nature.

        • Quand des développeurs libres donnent internet au monde entier, c’est donc uniquement de la consommation et non de la production ?!

          • Vous idéalisez le monde du libre. « L’invention » d’internet ne peut être réduite à cet épiphénomène. Pour financer les recherches des universitaires qui ont inventé les protocoles, les normes et les instruments physiques de communication fondant internet, il a bien fallu qu’il y ait échange marchand préalable.

            Par essence, le don tend vers l’activité productive, vers l’échange marchand. Trivialement, lorsque vous aidez une personne à sortir de la pauvreté par un don, vous lui rendez son potentiel productif, son potentiel d’échange marchand.

            Il n’y a rien de péjoratif dans la distinction production / consommation puisque la production est destinée à être consommée. Mais il faut bien comprendre que la production, l’échange marchand, est à l’origine de toute consommation, y compris le don, et non l’inverse. On ne peut consommer que ce qu’on a produit, on ne peut donner que ce qu’on a, il faut d’abord créer la richesse avant de la détruire.

          • Il se trouve que Linux n’a pas demandé de création de richesse préalable particulière avant d’être développé. Et est maintenant utilisé dans tout les terminaux mobiles récents, et sur tout les serveurs web. Dans toutes les ordinateurs centraux des véhicules, dans toutes les box…

            Sans le libre, internet ne serait probablement pas à la taille et puissance qu’il fait aujourd’hui.

            Aujourd’hui une start-up qui désire développer un produit peut se baser sur 100% de logiciels libres et gratuits. Pas d’investissements énormes à faire, le potentiel de création de richesse est alors démultiplié. Bien plus que si tout le libre n’avait été que du privateur…

            « Mais il faut bien comprendre que la production, l’échange marchand, est à l’origine de toute consommation, y compris le don, et non l’inverse. »

            Et bien oui, je le constate. Pour autant, est-ce juste ? Est-ce réellement cela un monde libre ? Un monde ou l’échange marchand est nécessaire avant tout autre échange ?

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