Louis Michel est choqué par « la connerie des banquiers » !

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Comme Degrelle et Pétain avant lui, Louis Michel a besoin d’un bouc émissaire à cette crise.

Un homme politique, comme Louis Michel, député européen belge, qui est par définition à la base de l’endettement de l’État, et critique la moralité des banques, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Par Fosc Zaga, depuis la Belgique

Rien de neuf sous le soleil. Lorsqu’il y a une crise, il faut un bouc émissaire. Comme Degrelle et Pétain avant lui, Louis Michel pointe les banques du doigt. Tout ceci a un inquiétant air de déjà vu.

Louis Michel, député européen

L’État à rasé gratis pendant 50 ans et on se rend compte que finalement, ce n’était pas gratis. Les banques ont prêté l’argent des épargnants à l’État, ce qu’elles n’auraient jamais dû faire. L’État n’a pas de ressources propres ; il n’a que l’argent qu’il confisque au citoyen au travers de l’impôt. Une banque ne prête normalement jamais d’argent à quelqu’un qui n’a pas de revenus.

Et comme la source se tarit, peu importe les nouveaux impôts décrétés, l’État ne peut plus rembourser ses dettes, donc vos économies… et c’est de la faute des banques. Belle logique que voilà.

Un homme politique, qui est par définition à la base de l’endettement de l’État, et critique la moralité des banques, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Dire que ce n’était pas prévisible est une vaste blague. Dira-t-il aussi qu’il n’était pas prévisible qu’Electrabel répercute sur le consommateur la taxe sur la rente nucléaire ?

Les banques sont dans un triangle impossible. Elles doivent à la fois augmenter leurs marges pour financer les provisions obligatoires sous la règlementation Européenne « Bâle III », elles doivent s’acquitter d’impôts spécifiques pour combler la prodigalité de l’État, et elle ne devrait pas augmenter leurs marges sur taux d’intérêts ni leurs frais.

Au passage, Louis Michel oublie aussi de dire ce que « aider les banques » rapporte à l’État en termes de dividendes (l’État Belge est le principal actionnaire de BNP en Belgique), et d’intérêts. Il oublie de dire que les garanties qui ont été octroyées par l’État aux banques ne l’ont pas été gratuitement, mais bien avec un taux d’intérêt sur le montant de la garantie (qui n’a pas été effectivement déboursée par l’État).

Que l’État ait dû emprunter pour financer ses participations dans les banques soit à l’origine d’une augmentation des taux sur la dette belge, c’est sans doute exagéré. D’une part, l’État possède des participations qui ont une valeur, qui peuvent être vendues et par-là même accroissent la solvabilité de l’État. D’autre part, les entreprises subsidiées comme Mittal (vous vous souvenez des quotas carbones ?), les primes aux voitures propres, les primes à l’énergie verte, et tant d’autres mesures dilapidatrices et sans contrepartie (contrairement à la possession d’actifs réalisables comme les actions de BNP détenues par l’État),  ont certainement une responsabilité importante dans l’endettement récent du Léviathan.