Le libre-échangisme de l’Union Européenne, source de tous nos malheurs?

L’étude des taux d’ouverture des pays de la zone Euro nous prouve que c’est une idée reçue

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Le libre-échangisme de l’Union Européenne, source de tous nos malheurs?

Publié le 21 octobre 2011
- A +

Pour les protectionnistes, plus un pays est ouvert aux importations, plus sa situation économique est alarmante. L’étude des taux d’ouverture des pays de la zone Euro nous prouve que c’est une idée reçue.

Par Georges Kaplan

Il est de bon ton, ces dernières années, d’affirmer que l’euro et la politique libre-échangiste de l’Union Européenne sont la source de tous nos malheurs. De cette proposition, on peut déduire raisonnablement que (i) tous les pays de la zone Euro doivent donc connaître des difficultés analogues aux notre (dette publique, chômage…) et (ii) plus un pays est ouvert aux échanges internationaux et en particulier aux importations, plus sa situation doit être alarmante.

Sur la base des données d’Eurostat pour l’année 2010, voici un petit tableau qui résume, pour les différents pays de la zone Euro (EA16), le taux d’ouverture – (X+M)/PIB – de leur économie respective [1], le solde de leur balance commerciale rapporté à leurs PIB – (X-M)/PIB – et le montant total de leurs importations en proportion de leur PIB – M/PIB.

(X+M)/PIB (X-M)/PIB M/PIB
Allemagne 71.1 6.2 32.5
Autriche 82.0 -1.7 41.8
Belgique 170.9 4.6 83.1
Chypre 43.1 -30.8 37.0
Espagne 39.8 -4.9 22.3
Finlande 57.8 0.5 28.7
France 44.0 -3.3 23.6
Grèce 28.1 -13.9 21.0
Irlande 85.5 27.5 29.0
Italie 45.4 -1.8 23.6
Luxembourg 81.7 -8.2 44.9
Malte 82.0 -20.2 51.1
Pays-Bas 139.8 7.2 66.3
Portugal 54.3 -11.7 33.0
Slovaquie 151.0 -1.4 76.2
Slovénie 126.7 -1.3 64.0
EA16 33.6 -0.1 16.9

 

Quelques petites observations :

En matière d’ouverture de son économie au commerce international, la France est 13ème sur 16 avec un taux de 44% ; seules les économies chypriote (43,1%), espagnole (39,8%) et grecque (28,1%) sont plus fermées que la notre.

Les PIIGs sont parmi les économies les moins ouvertes de la zone Euro. Toutes sont moins ouvertes que la moyenne de la zone Euro (81,5%) à l’exception de l’Irlande (85,5%). On notera cependant que l’Irlande affiche un excédent de sa balance commerciale de 27,5% (record absolu de la zone Euro) tout en traînant un taux de chômage de 14,4% (le 3ème après l’Espagne et la Grèce) [2].

Les Pays-Bas (139,8%), l’Autriche (82%) ou l’Allemagne (71,1%) sont beaucoup plus ouverts que nous et pourtant ne semblent pas connaître de difficultés financières particulières et affichent des taux de chômages nettement inférieurs (respectivement 4,1%, 3,9% et 6,1%) au notre (9,8%).

Si c’est un problème lié aux importations, comment expliquer que l’Autriche et les Pays-Bas, qui importent proportionnellement beaucoup plus que nous, affichent les taux de chômage les plus pas de la zone tandis que l’Espagne et la Grèce, qui importent moins que nous, affiche les taux le plus élevés de la zone ?

En résumé, je joins ci-dessous un tableau de comparaison des taux d’ouverture 2010 et du taux de chômage harmonisé en juin 2011.

(X+M)/PIB Tx. Chôm.
Grèce 28.1 16.7
Espagne 39.8 21
Chypre 43.1 7
France 44 9.8
Italie 45.4 8
Portugal 54.3 12.5
Finlande 57.8 7.8
Allemagne 71.1 6.1
Luxembourg 81.7 4.6
Autriche 82 3.9
Malte 82 6.7
Irlande 85.5 14.4
Slovénie 126.7 7.9
Pays-Bas 139.8 4.1
Slovaquie 151 13.3
Belgique 170.9 7
EA16 33.6 10

 

No comment…


Sur le web

Notes :
[note][1] Le taux d’ouverture étant définit comme la somme des exportations (X) et des importations (M) en valeurs absolues ramenée au PIB.

[2] Taux de chômage harmonisés en juin 2011 selon Eurostat.[/note]

Voir le commentaire (1)

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  • La liaison du taux d’ouverture au taux de chômage ne semble pas coller. Il y a d’autres facteurs qui interviennent de manière importante. Concernant le taux d’ouverture, la comparaison entre la France et la Belgique est intéressante, car ces deux cas sont diamétralement opposés :
    – La Belgique est un petit pays, multilingue, à la frontière des cultures germanique et latine, et donc forcément très ouvert sur le vaste monde. Son taux d’ouverture est conséquemment important, sous peine de ne pouvoir survivre.
    – La France vit traditionnellement en économie fermée, car refermée sur sa culture. D’expérience, j’ai pu constater que les entreprises françaises ont d’énormes difficultés à exporter, que ce soit en UK ou en Allemagne par exemple. La barrière de la langue est terrible pour les français, ainsi que les barrières culturelles. Il s’en suit fort conséquement un taux d’ouverture assez faible.

    Est-ce pour cela que l’économie française va mal ? En regardant le taux de chômage, ma foi, on est loin de PIIGS (et j’enlèverais un des « I » pour l’Irlande, dont la situation est très différente). Je me demande s’il ne serait pas judicieux de pondérer ces résultats par la taille des pays. Le nombre d’habitants, par exemple. A mon sens, cela modulerait les trop bons résultats de pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche ou le Luxembourg, tous petits pays. Voyez l’Allemagne : le taux n’est pas si bon… Et c’est logique !

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