Les adieux de Jean-Claude Trichet

Avant de quitter la BCE, il marque sa sollicitude pour les dettes souveraines

Avant de quitter la BCE, il marque sa sollicitude pour les dettes souveraines.

Article publié en collaboration avec l’aleps

Nous n’avons pas été toujours très tendres avec Jean Claude Trichet. Nous lui avons en particulier reproché d’avoir laissé la masse monétaire émise par la BCE se gonfler dangereusement.

Mais en revanche nous n’avons jamais accepté les reproches qui lui ont été adressés en ce qui concerne « l’euro-fort », sachant d’une part qu’il avait mission de veiller à la stabilité de la monnaie européenne, d’autre part que la valeur de l’euro ne pénalisait que les économies affaiblies par un manque de compétitivité, comme la France, qui voyaient d’un bon œil une « dévaluation compétitive », tricherie pour masquer ses propres faiblesses.

Face à la crise, Jean Claude Trichet a fait la bonne analyse, en mettant en cause les déficits et les dettes des États européens, il n’a cessé de moraliser les mœurs budgétaires et de souhaiter la compression des dépenses. Il a refusé de refinancer les dettes souveraines au niveau de la BCE.

En revanche, sans doute pour faire baisser la pression qu’exerçaient sur lui certains gouvernements (à commencer par le nôtre), il a accepté la création du Fonds Européen de Stabilité Financière, doté d’un capital de quelque 450 milliards d’euros, destiné à porter secours aux États en difficulté. Lors de sa dernière communication au Parlement européen mardi dernier, il a une fois de plus mis les dirigeants politiques devant leurs responsabilités, et ses paroles étaient fortes, même si elles étaient prononcées avec courtoisie.

Toutefois, il a ouvert une nouvelle porte à l’irresponsabilité en déclarant qu’il serait d’accord pour que le FESF (mais évidemment pas la BCE) intervienne sur le marché des liquidités pour les États en coquetterie avec leur dette souveraine. Son successeur, Mario Draghi, franchira-t-il le Rubicon ? Depuis des mois nous tremblons à la perspective d’une inondation monétaire que provoquerait le rachat par la BCE de tout ou partie des dettes souveraines, une solution que les socialistes français apprécient beaucoup !

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Sur le web

Un article du site de l’aleps, Libres.org, reproduit avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.