Une solution libérale à la crise

La Grèce est au bord de la faillite. Sans nouvelle aide, d’ici un mois et demi, elle devrait se retrouver à court de liquidités et entrainer, par effet domino, dans sa chute de nombreux autres pays. Parmi ceux qui commencent ainsi à voir la gestion de leurs finances critiquée par les agences de notation se trouvent notamment l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et maintenant l’Italie. Quid de la France ? Et bien, elle  risque d’être la prochaine sur la liste.

Par Léo Castellote

Alors que les politiciens de l’extrême-gauche à l’extrême-droite s’empressent tous de nous délivrer leurs solutions miracles pour nous sauver, réemployant les méthodes qui nous ont plongés dans cette situation. Notre choix devrait donc selon eux se faire entre le keynésianisme le plus total augmenté d’un financement à fonds perdus de pays dont la gestion a été encore plus irresponsable que la nôtre (quel exploit !)  et le repli identitaire stoppant net la construction européenne et rétablissant des frontières dignes de temps anciens ainsi  que l’« État fort » qui va nécessairement avec.

Et les libéraux dans tout ça ? Accusés par tous, écoutés nulle part ! Et pour cause, nous sommes divisés, nous ne savons quel projet soutenir voyant partout la menace d’un État qui, profitant de la crise qu’il a causée, en profiterait pour renforcer ses prérogatives ou celle d’un Léviathan technocratique encore plus éloigné des citoyens et qui, de Bruxelles, nous dicterait nos moindres faits et gestes.

Face à ce constat pour le moins effrayant, j’aimerais humblement vous présenter une autre solution, une solution libérale… Correctement appliquée, je crois qu’elle nous permettrait non seulement d’éviter le mur vers lequel nous nous dirigeons actuellement mais aussi de retrouver le chemin du marché libre et de la responsabilité, le chemin de la paix et de l’ouverture, le chemin de la croissance et de la prospérité. En un mot, le chemin de la Liberté !

Cette solution, la voici : tout d’abord, l’aide à la Grèce ne peut se faire que dans le cadre d’un fédéralisme européen, un fédéralisme qui nous permettrait de dépasser les États-nations qui nous ont entraînés dans les deux guerres les plus meurtrières de l’Histoire de l’Humanité. Mais un fédéralisme qui ne serait pas un prétexte des politiciens pour accroître l’emprise de la bureaucratie sur les citoyens et les accabler de régulations et de taxes tout aussi fantaisistes qu’abondantes. Ce qu’il nous faut, c’est une nouvelle constitution, une constitution que j’aimerais être inspirée de celle qui incarne le mieux dans le monde l’esprit de la Liberté, j’entends la constitution américaine. De plus, l’opinion publique européenne étant en moyenne plus libérale que la française, nous libéraux avons tout à y gagner. Enfin, la création d’un Gouvernement européen élu démocratiquement (et non plus seulement un Parlement supervisant plus ou moins une bureaucratie gigantesque) et ayant des prérogatives propres n’implique pas la disparition des échelons nationaux qui auraient, eux aussi, leurs domaines réservés dans lesquels ils pourraient se faire concurrence. Pour preuve, il suffit de regarder une nouvelle fois les Américains qui restent très attachés à leur État et méfiants envers l’État fédéral (ce qui les amène forcément à exiger plus de clarté de sa part) et profitent de la concurrence entre les États fédérés, leur évitant ainsi l’émergence d’un État-Providence à l’européenne, en garantissant des impôts faibles et des réglementations claires, fixes et peu nombreuses.

Pour en revenir à la Grèce, ce fédéralisme nous permettrait d’accompagner les plans d’aide interétatiques et l’émission d’eurobonds par la BCE par une vraie responsabilité budgétaire, il nous serait ainsi possible d’instaurer une règle d’or stricte à tous les échelons européens (car il nous faut des réformes structurelles) et un plan d’austérité généralisé (pour résoudre la crise actuelle).

Enfin, vient le problème de l’euro. La BCE a jusqu’ici évité une politique trop inflationniste sous la pression des libéraux allemands. Mais, face aux conditions actuelles de la crise, il pourrait être tentant pour les politiciens de faire tourner la planche à billets afin de ne pas avoir à appliquer une austérité budgétaire, accusant ensuite le grand méchant marché de la hausse des prix et de la prochaine crise. Pour mettre fin à cela de façon définitive, il nous faudra faire preuve de pédagogie pour expliquer à tous que, sans rattachement de la monnaie à l’or, celle-ci continuera à perdre sa valeur (ce qui touchera les plus pauvres en premier) et à provoquer bulles immobilières et financières et donc crises destructrices.

En conclusion, un fédéralisme démocratique pourrait donc nous permettre à la fois, sur le court terme, de sauver les pays en difficulté financière (dont nous faisons partie) par une aide responsable car conjuguée à un plan d’austérité et, sur le long terme, d’établir une saine méfiance envers l’État fédéral en profitant notamment du plus grand libéralisme du reste de la population européenne, ce qui nous rendrait capables de l’astreindre définitivement à la responsabilité financière, réglementaire et monétaire. Enfin, et ce n’est pas le moindre, cela nous permettrait aussi de finaliser la construction européenne, ce qui ferait de l’Union Européenne la première puissance mondiale, nous permettant, ensemble, de tenir à nouveau notre place sur la scène politique internationale aux côtés de nos alliés, notamment américains, et de redevenir le modèle que nous avons longtemps été pour le reste du Monde.