Le modèle aveyronnais

Les entrepreneurs avec un ancrage local créent des richesses et de l’emploi, bien plus qu’une « relance » publique de l’État

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Les hélices : le savoir-faire qui a forgé la réputation de Ratier-Figeac

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Le modèle aveyronnais

Publié le 17 septembre 2011
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Les entrepreneurs avec un ancrage local créent des richesses et de l’emploi, bien plus qu’on ne sait trop quelle « relance » publique par l’État.

Par Guy Sorman, depuis Conques, Aveyron

Les hélices : le savoir-faire qui a forgé la réputation de Ratier-Figeac

Parce que Paulin Ratier naquit à Montmurat dans le Cantal, il installa son usine d’hélices d’avion à Figeac (en 1917), région riche en bois de scieries, en un temps où les hélices étaient en bois. Voici pourquoi la zone industrielle de Figeac contribue aujourd’hui à la prospérité du Tarn et à la construction des Airbus à Toulouse.

Cette anecdote contée par Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées, a servi d’introduction judicieuse au Congrès du Conseil national des économies régionales (Cner) à Conques, en Aveyron : le Cner fédère, depuis bientôt soixante ans, les agences de développement des collectivités locales et les comités d’expansion économique. L’objet de ce congrès était de s’interroger sur les actions possibles en temps de crise qui contribueraient à l’aménagement du territoire et à une économie plus prometteuse. Eh bien, il faut des Paulin Ratier, des entrepreneurs avec un ancrage local :  eux créent des richesses et de l’emploi, bien plus qu’on ne sait trop quelle « relance » publique par l’État. Repérer les Ratier contemporains (ou les faire revenir au « pays ») est la mission nouvelle des agences de développement bien plus désormais que d’aller prospecter des entreprises aux États-Unis ou au Japon comme cela se pratiquait naguère.

La mondialisation, paradoxalement, peut aussi contribuer au réveil économique des territoires parce que le consommateur inondé de produits bon marché, mais indistincts, est en quête de marques distinctes. L’Aveyron, à cet égard, est bien doté avec les couteaux de Laguiole, les gants de Millau, les fromages de Roquefort, l’Abbatiale de Conques et le futur Musée Pierre Soulages à Rodez ( Soulages est aussi l’auteur des vitraux de Conques). Laguiole et Millau, qui avaient sombré dans l’oubli, sont de nouveau en effervescence, grâce à une diversification vers le haut de gamme de leurs productions traditionnelles.

L’histoire de notre pays a parsemé toutes les régions de « marques » célèbres et parfois endormies, et de Ratier potentiels. Les temps sont propices à leur réveil mieux que des discours généralistes sur l’aménagement du territoire. Bien entendu, autoroutes, TGV, aéroports et fibre optique qui relient tout canton de France au marché mondial, ne nuisent pas.

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  • Soulages, mauvais exemple.
    Le musée s’apprête à être un gouffre à subventions, et les vitraux de Conques, comment le dire poliment, sont une catastrophe artistique.
    Un peu comme une vache qui aurait ch.. sur un Botticelli…

  • Je me souviens avoir visité en région parisienne une usine ratier spécialisée dans les aubes de turbines. Ratier avait peut être ses racines en aveyron mais ses frondaisons s’étendaient jusqu’en ile de france.
    Soulages faire des vitraux? ça ne doit pas laisser passer beaucoup de lumière!

  • marrant d’illustrer l’ideologie liberale avec une photo de l’A400 d’airbus
    vraiment très drole !

  • « Repérer les Ratier contemporains […] est la mission nouvelle des agences de développement »

    Et là, c’est le drame. Il y a des gens dont c’est la spécialité, le métier de faire cela, et qui ont tout intérêt à ne pas (trop souvent) se tromper puisqu’autrement ils « perdraient leur chemise ». Cela s’appelle des investisseurs, et ils ont un excellent outil pour mesurer s’ils ont parié sur le bon cheval ou sur une mule: le couple pertes/profits.
    Mais en France, on préfère que l’Etat prenne l’argent de ces sales riches que sont les investisseurs et qu’il se charge d’investir à la place de ceux dont c’est le métier, le tout sans l’horrible pression sauvage du profit, alors miser sur des entreprises promises à un bel avenir ou sur celles qui n’en ont aucun, n’a pas d’importance. L’important c’est de DÉ-PEN-SER, « je dépense donc je suis » étant le credo de tout bon politique qui de respecte, même si c’est de l’argent dépensé en pure perte. Pourquoi s’en soucier, cet argent n’est pas le leur, et ils n’ont aucune contrainte de le gérer correctement…

  • « Cette anecdote contée par Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées, a servi d’introduction judicieuse au Congrès du Conseil national des économies régionales (Cner) à Conques, en Aveyron : le Cner fédère, depuis bientôt soixante ans, les agences de développement des collectivités locales et les comités d’expansion économique » voila le liberalisme de Mr SORMAN !!!!
    autant j apprecie votre site, autant considerer cet auteur de liberal est une vaste blague, aucun article que vous publiez de lui n est en rien liberal, d ailleurs comment pourrait il l etre quand on se vante d avoir fait l ENA

  • Les commentaires sont fermés.

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