Les Eurobonds coûteraient 25 milliards € à l’Allemagne, 15-20 milliards à la France

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Pourquoi les contribuables devraient-ils payer la mauvaise gestion des grecs ou des portugais?

Le ministère allemand des finances a estimé le coût que représenterait la mise en place d’Eurobonds pour les finances du pays. Pas moins de 25 milliards € sur 10 ans selon eux. Les Eurobonds coûteraient la première année 2,5 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires pour le contribuable allemand, et jusqu’à 5 milliards € l’année suivante.

Les Eurobonds, défendus par certains comme solution aux problèmes de l’Euro, consiste à émettre des titres de dette non au niveau d’un pays mais pour toute la zone euro. Ainsi, cela réduirait le coût d’emprunt pour la Grèce, l’Irlande, l’Italie ou l’Espagne, qui emprunteraient moins cher, mais augmenterait fortement le coût de la dette pour la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne, dont les taux d’intérêt monteraient fortement.

Se fondant sur ces estimations de coût, la chancelière allemande, Angela Merkel, a rejeté avec force les appels à la création d’Eurobonds. Une démarche sensée puisque l’émission d’Eurobonds reviendrait à faire payer les contribuables allemands ou français pour la mauvaise gestion par la Grèce ou le Portugal de leurs finances publiques. Le ministre allemand de l’économie, Philip Rösler, a réaffirmé l’opposition allemande aux Eurobonds, en dénonçant en particulier l’impact négatif qu’ils auraient sur la croissance allemande:

Les euro-obligations sont un mauvais signal adressé aux économies nationales défaillantes. Couvrir les risques des autres pays avec les euro-obligations aurait pour effet immédiat de faire grimper les taux d’intérêts allemands. Cela aurait des effets dramatiques sur la croissance dans notre pays.

Bercy n’a pas communiqué d’estimation sur le coût que représenteraient des Eurobonds pour la France. Une estimation de Contrepoints.org fondée sur l’écart relatif des taux d’intérêts de la France et de l’Allemagne ainsi que sur le volume de la dette à financer donne un chiffre compris entre 15 et 20 milliards € pour le contribuable français.