Tous les clignotants sont au vert. Vif.

Nicolas Sarkozy bourré (Caricature H16)

Les signaux alarmants s’accumulent. Les politiciens ne semblent pas en prendre la mesure…

Tous les clignotants sont au vert. Vif.

Pour un mois d’août léger et serein, c’est un mois d’août léger et serein. Sur la planète Mars. Sur Terre, en revanche, on sent nos dirigeants subitement moins calmes, les mains moins assurées et les aisselles moins sèches, les anti-transpirants, même de calibre industriel, n’arrivant plus à remplir leur fonction devant des événements de plus en plus incontrôlables.

De la même façon qu’il faut une épaisse fumée pour obliger le renard à sortir de son trou, il aura fallu une douzaine de séances de baisses à la bourse de Paris pour déloger Sarkozy de ses vacances.

Ok, j’exagère. Notre überprésident ultratyroïdien n’a pas vraiment besoin qu’on le chatouille beaucoup pour revenir sur le devant d’une scène qu’il ne quitte jamais complètement. Mais bon, il n’empêche : il s’était attelé à de sportives vacances, courant un marathon par jour minimum, et ces imbéciles de financiers provoquent une crise et l’obligent à laisser tomber sa préparation pour les JO de Londres.

Après tout, ce n'est pas si mal : à en juger par les répétitions générales qui ont lieu actuellement, les JO londoniens n'auront probablement pas les spécialités auxquelles s'entraînait Nicolas 1er.

Voilà donc le président revenu, pour convoquer vite vite une réunion urgente de crise afin de déterminer rapidement un plan d’action impératif dans les plus bref délais. Oui, il y a un petit parfum de panique dans ces préparatifs, mais c’est normal : on est au plus haut niveau de l’État, et on va poser des gestes forts qui vont littéralement claquer des museaux et remettre un peu tout ce merdier d’équerre. Schlaaa.

La réunion a lieu. C’est tendu, mais les petits croissants, le calvados, le jus d’orange, le cognac, les cafés et les pousse-cafés aident à faire passer le moment pénible de prendre les décisions essentielles.

Les sourcils froncés, le regard fixe, la tête haute, Baroin annonce ensuite que la situation a été discutée, qu’on va tout faire pour tenir nos objectifs irréalistes sur le déficit, hein, parce que bon, on est déterminé vraiment vraiment comme pas deux, que ça fait au moins 35 ans que ça ne nous était pas arrivé, la niaque d’enfer, tout ça, et, pour résumer, explique que cette réunion permet de préparer la réunion du 17 août prochain dans laquelle ils prépareront tous en cœur ce qu’ils feront à celle du 24 août où des décisions opérationnelles seront prises. Schlaaa.

Oui, autant d’efforts en si peu de temps, ça fouette.

En tout cas, la nouvelle des actions gouvernementales et présidentielles couillues a été accueillie avec toute la pondération qui s’impose en pareille circonstance : Paris a flegmatiquement dévissé de 5,45%. Schlaaa. Voilà, ça, c’est fait (et ce sera peut-être refait dans les prochains jours, du reste).

Bref : une franche réussite.

Certes, on me rétorquera que s’il n’avait rien fait, on le lui aurait reproché. Mais la question, après onze ou douze séances de baisses consécutives, est surtout : pourquoi maintenant ? Après tout, jamais douze sans treize, hein, et demain aurait aussi bien pu faire l’affaire.

Pourquoi donc revenir affoler le péquin moyen qui trade gentiment avec des leviers de folie ?

Eh bien pour dire, haut et fort, à tous ceux qui veulent l’entendre, que le AAA français n’est pas sur la sellette. Pour que tout le monde comprenne bien, je vais le redire : le triple-A français va super bien, c’est du béton armé précontraint, c’est Bouygues qui fournit la semelle c’est dire. Et d’ailleurs, S&P a dernièrement confirmé que, je le répète, le triple-A français baigne dans le bonheur sucré. D’ailleurs, tous les vrais journaux de France qui vivent sous perfusion de subventions étatiques l’ont expliqué de façon gourmande dans leurs colonnes, comme Le Monde ou Libé qui se sont littéralement roulés de bonheur dans la Pignouferie de Presse qu’on leur tendait.

Le Triple-A va super bien, il roucoule d’aise, la France n’est pas si endettée que ça, nous avons encore une bonne marge de progression en termes d’essorage des moutontribuables, le triple-A est heureux, il vous rit au nez et repart en petites foulées vigoureuses parce qu’il a la pêche.

Et comme le triple-A français n’est pas menacé, il fallait que le président revienne de vacances et convoque tous ses minustres pour leur faire dire qu’une réunion hyper-importante aurait lieu le 24 où l’on déciderait ce qu’on allait faire pour remplir nos objectifs qu’on est absolument sûrs d’atteindre en 2013, finger in the nose.

Et 2013, c’est pratique, ce sera un an après la présidentielle.
Et puis d’ici au 24, tout se passera très bien, et au moins, on aura le temps de se retourner. Vous verrez. Serein.

Quant aux rumeurs sur une faillite complète de la Société Générale, il faut bien comprendre que c’est encore un coup de la perfide Albion qui a laissé fuiter des opinions irrationnelles et scandaleuses sur l’un des fleurons de l’industrie bancaire française dont l’historique donne à penser que réaliser des pertes de – au hasard – 5 milliards d’euro sur des placements hasardeux faits par des blanc-becs arrogants, non, ce n’est pas le genre de la boutique. Acheter de la dette grecque par palettes entières ? Tututut ! On ne mange pas de ce pain là à la SoGé. Tout est clean, chez eux, môssieur.

Non mais.

Au fait, comme en témoignent les cours de l’once d’or tous les clignotants sont au vert, c’est maintenant une chose certaine. Mais je vous encourage tout de même à vous renseigner sur l’achat de ce métal, d’argent, de platine et de Franc Suisse. Et de plomb, bien sûr.

Important, le plomb.


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