Où sont passés tous les « europhiles » ?

Le moment est venu pour un règlement de comptes et tirer à boulet rouge contre les politiciens qui jadis ont plaidé en faveur de l’adhésion à l’euro

Nous relayons ici un savoureux article de Mary Ann Sieghart – cette fameuse noniste à l’ancienne campagne européenne au Royaume-Uni – écrit dans The Independent plus tôt dans la semaine. N’épargnant personne, Mary Ann tire à boulet rouge contre les politiciens britanniques qui jadis ont si passionnément plaidé en faveur de l’adhésion à l’euro :

« Bonjour, bonjour ! Que les personnes du fond de la salle s’expriment ! Blair ? Clarke ? Mandelson ? Heseltine ? Clegg ? Huhne ? Sûrement l’un de vous pourrait lever le doigt ? Bien joué, Alexander ! Merci d’admettre que vous aviez tort de vouloir cette adhésion à l’Union européenne. Peut-être que vous pourriez en toucher deux mots aux autres gars dorénavant ? »

Elle passe en revue les divers arguments que le camp pro-euro utilisait, ceux qui se sont avérés être complètement faux, ainsi que les «mythes» qu’ils ont prétendu dénoncer (répertoriés ici) et qui se sont révélés être tout à fait vrais.

Les euro-enthousiastes nous ont toujours accusés, nous autres, d’être des anti-européens… Mais si les anti-européens avaient été invités à concevoir un système pour saboter le projet de l’UE, ils ne pouvaient guère faire mieux que celui qui existe actuellement. Qu’est-ce qui pourrait être plus dommageable qu’une zone monétaire vouée à l’échec, dans laquelle les nations les plus pauvres sont contraintes d’accepter des mesures d’austérité et de sauvetage et les plus riches sont obligées de se sacrifier pour elles ? Près des trois quarts des Allemands déclarent maintenant avoir peu confiance dans l’euro et les deux tiers d’entre eux sont opposés au sauvetage de la Grèce. Drôle de recette pour garantir l’amitié européenne.

Les militants pro-euro étaient prompts à dénigrer ce qu’ils appelaient des « mythes », forcément « colportés » par nous. Il y avait le « mythe » que l’union monétaire mènerait à l’union fiscale et politique. Ce principe est maintenant accepté comme la seule solution possible aux difficultés de la zone euro. Il y avait le « mythe » que les pays riches pourraient avoir à renflouer les plus pauvres. Cela était censé être interdit par un traité, mais c’est arrivé. Et il y avait le « mythe » selon lequel un choc extérieur pourrait frapper certains pays plus que d’autres, provoquant des bouleversements énormes. Eh bien, c’est là sous nos yeux.

Mary-Ann poursuit :

Le moment est venu pour un règlement de comptes. Saluons les héros qui ont réussi à nous garder hors de la zone euro. James Goldsmith, dans la dernière année de sa vie, a contraint les conservateurs à accepter un référendum avant de l’intégrer. Cela a forcé le parti travailliste d’en promettre un aussi. Sans cet obstacle, Blair nous aurait sans doute fait signer. Puis ce fut le problème d’établir de solides arguments pour rassurer le peuple britannique qu’il avait raison de pressentir que l’adhésion à l’euro était une mauvaise idée. Tout le crédit revient aux Lords Leach et Owen, coprésidents de l’ensemble des partis faisant campagne pour le « non ».

Mais sur une question aussi vaste, il appartient sûrement à ceux qui ont essayé de nous pousser à l’euro d’abjurer leurs propos à présent. Blair est devenu un catholique, il devrait comprendre ce que recouvrent la confession, la repentance et la conversion. Danny Alexander a montré la voie l’automne dernier lorsqu’il a reconnu s’être trompé. Nous attendons toujours d’obtenir des excuses de Lord Mandelson, Ken Clarke, Nick Clegg, Lord Heseltine, Lord Ashdown et Chris Huhne. Ils sont aussi mauvais que ces vieux marxistes qui n’ont jamais concédé que le communisme était une erreur même après l’effondrement de l’Union soviétique. Nous méritons des excuses. Comment osaient-ils se moquer de nous d’être des anglais bornés, des little Englanders, voire des xénophobes alors que nous avions simplement vu que l’économie allait manifestement mal tourner ? »

—-
Sur le web