Le PS est fair play

Après la droite bling bling, la gauche gang bang ? Ou gang tout court ?

Le Parti Socialiste ne manque pas de parrains, qui n’ont rien à envier à la mafia.

Par Aurélien Véron.

Democratie

Début mai, le PS était donné vainqueur à la présidentielle de 2012. Face à un Sarkozy usé par cinq années de politiques incohérentes, un centre inanimé et une droite sans idées à l’électorat grignoté par un FN revigoré, la gauche avait un avantage incontestable. Fair play, le PS a involontairement sacrifié ses atouts, sans doute pour ne pas humilier trop durement ses adversaires. La droite devrait lui exprimer toute sa gratitude pour ce handicap inattendu. Le jeu reste plus ouvert que jamais.

Le PS, c’est un feu d’arti-fesses…

La droite a ses experts en harcèlement sexuel, ils commencent par les pieds. Mais la gauche a une franche longueur d’avance. Son héraut a explosé en vol sur une sordide affaire au Sofitel de New York : après avoir invité dans sa chambre deux femmes travaillant au Sofitel (qui ont refusé), il a convié une femme inconnue de l’hôtel dans la nuit, puis eu un rapport probablement non consenti avec « Ophélia » vers midi avant de tenter de s’envoler pour la France. En France, quelques semaines après, une ancienne victime, elle aussi présumée, ressort une vieille histoire (tue par sa mère pour raison de carrière… au PS), à se demander si DSK n’a pas intérêt à rester aux États-Unis pour échapper aux poursuites qui l’attendent en France. En tout cas, son avenir passe par une reconversion dans les activités coquines. Sa femme devrait vendre quelques tableaux de maîtres (la meilleure niche fiscale pour échapper à l’ISF) et investir avec lui dans le secteur du sexe qui connait une croissance à deux chiffres chaque année.

Anecdote parmi d’autres, le maire Mahéas, condamné pour agression sexuelle, a finalement démissionné du PS sous la pression médiatique. Aucun responsable du PS ne lui avait mis la pression jusqu’ici, hormis Benoît Hamon. Au pire, silence gêné des éléphants et de la grande Martine. Mais soutien implicite de cet élu, tant pis pour ses victimes.

Parrains

En pleine primaire, les candidats cherchent des parrains. Et au PS, des parrains, on n’en manque pas. A défaut de tendre vers la guérison, le PS s’enfonce dans la « Guérinisation ». Suite au rapport sur la fédération des Bouches du Rhône Guérini d’Arnaud Montebourg, le PS n’avait pas bronché. Martine Aubry n’en a jamais pipé mot. Coup de chance d’ailleurs, parce que Guérini soutient sa candidature aux primaires du PS. Mais Montebourg a vu rouge, s’est exprimé un peu fort sur le Guérini dont le frère a déjà fait un peu de prison en avouant être « inquiet que le parti socialiste soit solidaire d’élus dont les liens avec le grand banditisme apparaissent ». Résultat, voilà le parrain qui attaque en diffamation le prix du concours Lépine du bricolage économique avec son concept de « démondialisation ». Après l’affaire Frêche, le PS se montre plus que conciliant avec les parrains mafieux. Huchon, condamné, est un héros intouchable. Les Balkany et les Ceccaldi-Raynaud existent aussi à gauche, et ils sont patrons des grandes fédérations.

Un autre jeune loup socialiste a mordu un peu fort cette semaine. Lucide, il a avoué ne pas croire aux « 300 000 emplois jeunes » ni à « un retour à la retraite à 60 ans » promis dans le texte voté par le PS (et par lui-même). Le PS est le parti de l’impôt, mais à l’écouter, il pourrait ne plus rester celui de la dépense publique un jour : « Je pense qu’il faut sortir de la logique de la dépense publique ». Après s’être pris un « torrent de merde » (il utilisait ces termes pour évoquer la plainte de Tristane Banon contre Rocco DSK) sur la tête, il doit bien saisir que le PS reste le parti de « la défonce publique ».

Bref, Sarkozy a toutes ses chances. Est-ce une bonne chose ?