« Les agences de notation sont responsables de la crise »

Une fois qu’il sera devenu clair que la Grèce et le Portugal sont en faillite, la faillite de la BCE elle-même deviendra impossible à cacher.

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José Manuel Barroso (Crédits European Parliament, licence Creative Commons)

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« Les agences de notation sont responsables de la crise »

Publié le 7 juillet 2011
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Quand les chefs de l’UE commencent à prétendre que la crise de la dette est un complot des agences de notation de crédit, on réalise qu’ils perdent prise sur les événements.

Lors d’une conférence de presse troublante, le président de la commisssion européenne, José Manuel Durrão Barroso, a mis la faute de la crise financière portugaise sur les épaules de l’agence de notation de crédit américaine Moody’s, dont il qualifie l’analyse de « biaisée » et « spéculative ».

Les agences de notation de crédit, apparamment, sont un outil de l’impérialisme américain. Des spéculateurs anglo-saxons conspirent contre l’Europe.

M. Barroso a même sérieusement suggéré que, pour casser la domination des trois grandes agences, Moody’s, Standard & Poors et Fitch, Bruxelles pourrait avoir à développer sa propre agence rivale (comme si quiconque croirait alors un traitre mot de ce qu’elle écrirait).

Et M. Barroso n’est pas le seul. Comme un rappel qui tombe à pic, de pourquoi les conservateurs britanniques ont bien fait de quitter le groupe PPE au parlement européen, le premier ministre polonais, Donald Tusk a râlé à l’unisson : « seul un naïf pouvait s’attendre à ce que les agences de notation se transforment en anges, et qu’elles n’aient rien d’autre à l’esprit que des manières d’aider la Grèce ou d’autres pays en difficultés. Personne ne met sur pied une agence de notation pour aider quiconque ».

La vérité, bien sûr, c’est que les agences de notation ont été trop optimistes sur la zone euro, trop prêtes à croire les eurocrates. Leur retour tardif à la réalité pose des problèmes massifs à Bruxelles. Ce n’est pas seulement que le Portugal doit payer plus pour emprunter. C’est que la banque centrale européenne a accepté ce qui devrait, normalement, être appelé de la dette pourrie comme collatéraux. Comme l’explique Alistair Heath, elle doit continuer à tordre les règles pour garder le système solvable. Une fois qu’il sera devenu clair que la Grèce et le Portugal sont en faillite, la faillite de la BCE elle-même deviendra impossible à cacher. Tout le système monétaire européen repose sur ce qui est, selon la plupart des définitions, une banque pourrie.

La réponse des chefs de l’UE ? Se mettre les doigts dans les oreilles et chantonner la 9ème symphonie de Beethoven. Exiger que certaines institutions européennes proposent des statistiques plus riantes. Mettre la faute sur des spéculateurs imaginaires.

Nous sommes arrivés à l’étape du bunker. La fin ne peut plus être très loin.

—-

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  • « Les agences de notation sont responsables de la crise »

    Quand on a 40°C de fièvre, c’est plus simple de dire que le thermomètre est défectueux.

  • Notez qu’il y a déjà une agence européenne, puisque Fitch ratings est sous contrôle français… mais ce n’est pas la Pravda que Barroso appelle de ses voeux

  • « La vérité, bien sûr, c’est que les agences de notation ont été trop optimistes sur la zone euro, trop prêtes à croire les eurocrates. »

    Les pauvres agences de notation !
    Je n’ai rien à dire sur le reste du billet, tout cela est en effet sur le point de craquer, mais dire que les agences de notation ont été naïves et ont été flouées est une ‘possibilité’… Est-ce vraiment la plus probable?

    Rappelons d’autres erreurs : Standard & Poor’s notait encore AAA la banque Lehman Brothers quelques jours avant sa faillite. Quelques années auparavant, les trois agences notaient AAA le courtier en énergie Enron, quatre jours avant sa chute. La plupart des actifs toxiques liés aux subprimes étaient notés AAA.
    Leur naïveté est-elle systématique ?

    L’autre possibilité est que ces « agences de notation » ont des intérêts propres, liés au intérêts de ceux qui les paient : 90% de leur chiffre d’affaire provient d’entités ‘notées’. Une belle situation de rente mais qui met en question la fameuse indépendance de ces agences.

    Même si l’argument de Barroso est hors-sujet, on est en droit de se demander les conflits d’intérêts qui conditionnent les ‘notes’ de ces agences.
    Celles-ci, plus qu’un rôle de régulation de l’économie, semblent plutôt jouer un rôle d’amplification des crises…

    • Mais bien sûr. Ce sont les agences qui ont recommandé aux gouvernants de pratiquer la sociale démocratie à grande échelle, de dépenser sans compter de l’argent qu’ils n’avaient pas pour s’acheter des clientèles électorales, d’empiler les dettes et d’aider ceux qui parmi eux trichent et se foutent de la gueule du monde sans vergogne (les Grecs) depuis des années.

      « Standard & Poor’s notait encore AAA la banque Lehman Brothers quelques jours avant sa faillite.

      Ca prouve rien. Une agence se fonde sur des résultats anciens pour faire ses pronostics. Enron magouillait et maquillait ses comptes depuis des années, et tout le monde s’en était aperçu, sauf les la SEC. La France maquille aussi ses comptes pour conserver son AAA.

      • Ou alors tout le monde a raison, simplement. Car il est effectivement vrai que les agences sont payées par ceux qu’elles servent, et sont de fait fortement poussées à la subjectivité. Sauf que ce sont les Etats qui ont créé ce système de merde.

        • « Sauf que ce sont les Etats qui ont créé ce système de merde. »

          Oui tout à fait. Il faut le dire et le redire mais si les agences de notation fonctionnent parfois mal (cf les exemples donnés par Vinzzzz), c’est encore une fois parce-que les Etats, plus précisément l’Etat américain, ont mis leur nez dedans.

          Pour résumer et simplifier, auparavant lorsqu’un prêteur recevait une demande de prêt d’une organisation importante (grosse entreprise, État etc.), il demandait à une société experte dans le domaine, une agence de notation, d’analyser les capacités de remboursement de l’emprunteur.

          Puis un jour l’Etat US a décrété que dorénavant ces grosses institutions devaient obligatoirement être notées par les agences de notation « reconnues »… par l’Etat. Du coup les emprunteurs ont été dans l’obligation de se faire noter. D’où le conflit d’intérêt, puisque ce n’est plus le prêteur qui demande à l’agence de noter l’emprunteur, mais l’emprunteur qui demande à l’agence de le noter lui-même.

          À cela s’ajoute le fait que pour qu’une agence de notation soit reconnue par l’Etat il faut qu’elle « fasse ses preuves » mais étant donné que seules les notations effectuées par les agences reconnues ont une valeur légale, aucune entreprise ne choisira une agence non reconnue, et elle ne pourra donc jamais « faire ses preuves ». D’où l’oligopole que nous connaissons, d’origine 100% étatique.

          Plus d’explications (et de bien meilleures) ici: http://ordrespontane.blogspot.com/2011/05/le-surprenant-pouvoir-des-agences-de.html

      • vous avez tout dit. Malheureusement ils ne pourront maquiller éternellement.En conclusion la crise européenne , la vraie qui est jusque la dissimulée est a venir.

    • http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/nigel-farage-les-bons-a-rien-de-30883

      Admirez Barosso dans cet extrait, face aux critiques d’un parlementaire européen.
      Le message est démocratique à souhait : tout débat est interdit et contrevient au ‘plan’ des grands.

  • On a atteint le troisième et ultime stade du déni :

    Phase 1 : il n’y a pas de problème

    Phase 2 : il y a un problème mais nous le maitrisons

    Phase 3 : le problème est la faute de quelqu’un d’autre…

  • Les commentaires sont fermés.

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