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Publié le 27 mai 2011
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Par Yoani Sánchez, de La Havane, Cuba

Pedro Pablo Oliva

L’intolérance connaît un nouveau tour de vis. Juste au moment où l’audace individuelle gagnait ici et là du terrain, est arrivé le temps des remontrances. Les premiers signes sont apparus avec la série télévisée « Les raisons de Cuba » dont le scénario semblait plus avoir été écrit dans la Russie de Staline que dans cette île des Caraïbes au XXIème siècle. Puis sont venues les réunions éclair de répudiation, les opérations policières renforcées, la surveillance des mobiles en temps réel, les détentions et les perquisitions. Tout ceci pendant que la presse officielle continuait à raconter que « le perfectionnement du modèle économique » était en bonne voie et que le VIème Congrès du PCC avait été « un succès total ». Nous vivons donc dans la peur des corrections et aucune effronterie n’échappera au châtiment éternel.

Parmi les coups commandités cette fois par l’État papa, figure la fermeture du centre culturel dirigé par le peintre Pedro Pablo Oliva dans la ville de Pinard el Rio. Appelé en urgence devant les autorités locales, cet artiste, prix national des arts plastiques, a vu lui tomber dessus une pluie de critiques et de réprimandes. On l’a accusé d’avoir déclaré dans un entretien qu’il était en faveur du pluripartisme et d’avoir envoyé une lettre très cordiale à votre servante pour que celle-ci la publie dans son blog. Il a également été accusé d’ouvrir les portes de sa maison à des contre-révolutionnaires et même de fréquenter des diplomates d’autres pays. Il a été démis de sa charge à l’assemblée Provinciale du Pouvoir, et une heure après une affiche de répudiation était apposée à la porte de son atelier.

Jusqu’à présent les artistes de l’UNEAC ont choisi de garder le silence et de regarder ailleurs. Comme les figurines aux orbites vides et prémonitoires qu’Oliva peignait depuis des mois sur ses tableaux. Je prétends que c’est le moment de le soutenir, de lui dire « du calme, ton pinceau sera plus libre sans ces liens idéologiques, sans ces formalités partisanes ». C’est aussi une bonne occasion pour que ceux qui ont été sanctionnés par l’insulte, la censure et la surveillance fassent quelque chose. Si nous n’avons pas convergé en matière d’opinions et de propositions pour le futur, nous pourrions au moins nous articuler dans la douleur et nous rapprocher pour que les coups subis par l’un d’entre nous soient partagés entre tous.

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